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19/11/2017

Conseil municipal de Paulhan du 16/11/2017 : vote CONTRE sur les nouveaux périmètres de protection des bâtiments classés au patrimoine

La commune de Paulhan a sur son territoire deux bâtiments qui sont classés au patrimoine, il s'agit de la Chapelle Notre-Dame-des-Vertus et de la Cave coopérative. Légalement, ces bâtiments induisent un périmètre de protection qui empêche de construire ou de modifier une construction avec l'effet de porter préjudice au bâtiment classé. Et historiquement, ce périmètre se matérialise par un cercle ayant un rayon de 500 mètres. Quelle est la conséquence quand un projet de construction ou de modification d'une construction est déposé en mairie pour une parcelle qui se trouve dans ce périmètre ? Et bien le service instructeur local doit transmettre le projet à l'architecte des bâtiments de France qui vérifie que rien dans les intentions du projet ne vient porter préjudice au bâtiment classé.

Mais pour le Service Territorial de l'Architecture et du Patrimoine (STAP) dans l'Hérault, ces cercles donnent lieu à une multitude de dossiers à instruire, sans que les projets aient tous un impact sur les bâtiments classés. Ainsi, refaire sa façade dans une rue très éloignée ou sans continuité architecturale avec le bâtiment classé va donner lieu à des mois de délais supplémentaires, alors que l'instruction locale ne dure que quelques semaines. Aussi, l'architecte des bâtiments de France a proposé que ces périmètres de protection ne soient plus des cercles, mais des contours à l'intérieur desquels les constructions relèvent de critères communs.

Le premier critère retenu est la visibilité du bâtiment (cf. vues distantes) ; de tous les lieux de la commune d'où le bâtiment est visible, rien ne doit venir entraver ou polluer la perspective. C'est ainsi que des demandes de travaux pour la pose de panneaux photovoltaïque en toiture sont régulièrement retoqués par le STAP, parce que cela viendrait polluer l'image panoramique d'un bâtiment historique. Ce critère s'évalue par exemple quand le bâtiment en question est limitrophe d'une plaine agricole, où la construction d'un hangar ou d'une habitation agricole pourrait altérer le panorama global. De la même façon quand le bâtiment est visible d'une terrasse ou d'un balcon, toute construction qui viendrait s'interposer dans le champ de vision sera à étudier avec attention.

Un autre critère est la continuité architecturale. Ainsi, pour le bâtiment de la Cave coopérative, l'architecte du STAP a retenu le caractère patrimonial des constructions du 20ème siècle, qu'il s'agisse de la salle des fêtes, de la gare ou même de la maison du garde-barrière sur la route de Campagnan. Même les bâtiments d'Irrifrance sont compris dans ce périmètre, comme l'est l'ancienne rotonde presque totalement détruite au bout de la rue du dépôt. Et c'est d'ailleurs une protection pour le patrimoine des habitants situés dans ce périmètre qu'une telle continuité puisse être garantie, car cela permet à leur bien de ne pas se dévaloriser, voire même de s'améliorer si l'architecture du 20ème siècle devient demain un paramètre recherché par des acquéreurs.

Ainsi, les deux périmètres de protection sont modifiés pour ne plus être des cercles, mais des contours homogènes.

Carte_PPM_Cave_Chapelle.jpg

Ces nouveaux périmètres de protection vont être inscrits dans le PLU de la commune qui est en cours de révision générale, et ils donneront préalablement lieu à une concertation publique avant que le Conseil municipal ne les approuve définitivement. Le vote du Conseil municipal de ce jeudi 16 novembre avait surtout pour rôle de pointer des incohérences, des raccourcis ou des pistes d'amélioration qui puissent ainsi être portées à la connaissance de tous les paulhanais. Comme je l'ai plaidé en séance, ne laissons pas croire à nos administrés que nous aurions tout accepté sans réserves ...

Alors pourquoi notre groupe a voté contre ? Déjà, nous aurions préféré qu'il y ait un vote par périmètre. La directrice des services nous a confirmé en séance que c'était possible, mais le maire n'y a pas donné une suite favorable. En effet, nous n'avions aucune objection sur le périmètre de protection de la Chapelle Notre-Dame-des-Vertus, mais par contre une plus majeure sur celui de la cave. Comme le montre la carte, toute la plaine qui est au Nord de la Chapelle est dans le périmètre de protection, parce qu'il y a une évidente nécessité d'instruire dans le détail les demandes de construction qui pourraient être déposées et se trouver dans le champ de visibilité du bâtiment. Or, la plaine à l'Est de la Cave n'est pas traitée de la même façon. Il y a d'abord la plaine au Sud-Est, qui démarre aux nouveaux ateliers municipaux en cours de construction et qui est sortie du périmètre. Et puis le long de la route d'Usclas-d'Hérault, les constructions en sont toutes extraites ...

Il faut bien préciser que ces périmètres n'empêchent pas de construire ou de modifier une construction existante, mais tout simplement d'encadrer ces projets par des règles établies par le STAP. Par ailleurs, s'agissant de plaines agricoles et de quelques maisons le long de la route d'Usclas, le STAP ne va pas crouler sous les demandes d'urbanisme. Voilà en tous cas les réserves que nous avons donné en Conseil municipal et que nous adresserons directement à Monsieur Gabriel JONQUERES d'ORIOLA, architecte et urbaniste en chef de l’État pour l'Hérault.

Photo_des_vignes.jpeg

Dans les vues distantes ci-après, captures d'écran de l'application Google Street View, il paraît évident que la visibilité sur la Cave coopérative depuis la route d'Uscals est sans conteste, alors que celle sur la Chapelle depuis la route de Clermont-l'Hérault est mois évidente. Néanmoins, l'inscription des plaines agricoles autour de ces deux bâtiments est traitée à rebours du bon sens ...

Vue_distante_Cave.jpg

Vue_distante_Chapelle.jpg

22/09/2017

Fin du PTZ en zone rurale, l'opportunité pour mettre fin aux lotissements d'entrée de village, hideux, et pour révonver nos centres anciens

Nous pouvons nous gargariser de « décentralisation » ainsi que de « démocratie locale », il n'en reste pas moins que lorsque l’État n'arrive pas à obtenir ce qu'il veut, alors il ferme le robinet à pépètes. Je l'ai déjà expliqué sur ce blog pour les dépenses de fonctionnement des collectivités locales ; ces dernières restant sourdes aux injonctions de l’État, ce dernier leur a baissé les dotations de fonctionnement tout en mettant en place un fond de soutien à l'investissement local (FSIL) afin qu'elles consacrent leurs investissements dans des thématiques choisies par l’État lui-même (mobilité, tourisme, ...). Et pour sauver les apparences, chacun se contente de son sort, et en s'auto-congratulant au moment des inaugurations.

Le logement est le dernier épisode de ce jeu de dupes ; la situation nationale est connue et inchangée depuis très longtemps, Au 1er janvier 2016, la France comptait 34,5 millions de logements (cf. INSEE). Et en 2012, la France comptait 28,3 millions de ménages (cf. composition des ménages selon l'INSEE). La France a bien plus d'habitations qu'elle n'en a besoin, mais elles ne sont simplement pas au bon endroit :=(

L’État a laissé les collectivités locales établir leur SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), leur PLH (Programme Local de l'Habitat) et autres documents stratégiques de planification urbaine, mais le constat demeure : il manque toujours des constructions dans les zones en tension (région parisienne, métropoles, territoires littoraux et touristiques, ...), alors que le dépeuplement des zones rurales libère toujours plus de logements qui deviennent sous-occupés.

Alors pour réussir à mieux orienter les constructions nouvelles, le gouvernement a glissé dans son Plan Logement (dévoilé le 20 septembre) l'abandon du Prêt à Taux Zéro (PTZ) en 2018 pour la zone C (rurale), et en 2019 pour la zone B2 (périurbaine). Le PTZ prend en charge les intérêts d'emprunt et il est est accordé, sous conditions de ressources, aux familles achetant une résidence principale pour la première fois. 

zones_ptz.jpg

Les communes du Cœur d'Hérault se situent en zone C, et les familles modestes qui veulent devenir propriétaire de leur logement ne pourront plus bénéficier du PTZ à partir du 1er janvier 2018. A noter que ceux qui sont les plus touchés par cette décision sont les constructeurs de maisons individuelles, tous ces aménageurs qui enlaidissent nos villages de leurs horribles lotissements.

Je considère au contraire que cette décision est un atout pour la rénovation de nos cœurs de village. C'est par exemple ce qui s'est passé à Aniane, où le droit à aménager a été suspendu pour des problèmes d'eau, ce qui a conduit la mairie à privilégier la rénovation des habitations anciennes. Et on le voit quand on passe à Aniane, le village se rénove autour de son centre ancien. L'Agence Nationale pour l'Habitat (ANAH) est l'un des acteurs-clés qui accompagne les propriétaires souhaitant rénover leur construction ; les dispositifs et les partenaires locaux ne sont pas assez rendus publics, et c'est bien dommage car cela permet de redonner quelques éclats au patrimoine de nos villages.

Par ailleurs, la préservation des espaces agricoles, et donc la densification de l'habitat sont des orientations que j'approuve vivement. Et mettre fin au PTZ en zone rurale est une opportunité à saisir pour investir dans nos quartiers anciens.

17/09/2017

Saint-Martin & Saint-Barth, sachons en tirer des leçons !

Le drame qui s'est abattu sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy début septembre dans les Antilles Françaises ne peut pas s'arrêter aux images diffusées par les chaînes d'info en continu ou par quelques acteurs de la politique nationale en manque de visibilité ; il faut gratter un peu ...

Les images et les témoignages (exclusivement pour Saint-Martin d'ailleurs) évoquaient et continuent d'illustrer un chaos, un effondrement de l’État (déjà si loin de Paris là-bas dans les Antilles), et cela après quelques heures du passage de l'ouragan Irma. Il faut d'ailleurs  pointer l'absence d'anticipation effective des autorités, ainsi que le délai de 48 heures pour que les secours interviennent sur place. Je ne ferai évidemment aucune comparaison avec la Floride ou avec Cuba (où est passé Irma après les Antilles), ce sont là des États avec de vastes territoires qui permettent de se déplacer préventivement, et qui disposent de moyens incomparables avec nos deux îles du bout du Monde.

Néanmoins, il est incroyable que cette partie de la France aux Antilles n'ait jamais constitué un pôle de ressources autonomes, par exemple depuis la Guyane. Nous nous plaignons souvent ici en métropole de vivre dans un État Jacobin, les moyens des collectivités territoriales étant sans cesse rognés, mais soyons sans complaisance vis à vis des moyens que l’État français consacre, ou délègue à ses territoires d'Outre-Mer. Et peut-on parler de pillages quand des familles sans nourriture et sans toit vont se servir dans des magasins abandonnés ? Pour survivre ! Les télés ont montré comment des groupes ont organisé ces razzias, mais c'est inhérent à toute situation sociale chaotique.

Mais surtout, cet effondrement à petite échelle ne doit-il pas nous ouvrir les yeux sur notre extrême fragilité ? Nous savons depuis 40 ans (cf. Rapport Meadows au Club de Rome) que la vie humaine sur Terre va sans cesse s'altérer à cause de la raréfaction des ressources naturelles, des effets du changement climatique, de la survenue de plus en plus fréquente de catastrophes, de la montée des eaux, de migrations climatiques, des pollutions multiples, de la qualité de nos aliments, de pandémies, etc. Aussi, nous pourrions nous attendre à ce que la cinquième puissance mondiale qu'est la France soit un peu plus dans l'anticipation que dans le secours à posteriori. Et si nos départements et territoire d'Outre-Mer, pourtant si coutumiers des catastrophes naturelles, sont si démunis, alors qu'en serait-il en métropole ? Et comment l’État a-t-il pu laisser construire au bord de l'eau, avec des matériaux d'aussi mauvaise qualité ?

St_Martin_Au_Bord_de_L_Eau.jpg

Surtout, et c'est le message que je tiens à faire passer par cette note, les deux îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy alertent sur la résilience des territoires, en fonction des moyens mis en œuvre, mais aussi de la cohésion sociale pour affronter de tels évènements.

Saint-Martin est pour moi un cliché de ce que pourrait être la France périphérique d'ici une à deux décennies. Un taux de chômage endémique (de 27%), une économie présentielle dominante, des inégalités d'un autre siècle entre des populations précaires, souvent issues de l'immigration, et ceux qui profitent de la manne touristique - Cf. Étude de l'INSEE sur l'île de Saint-Martin de décembre 2016 (fichier PDF de 1,9 Mo) - Alors quant survient un évènement d'une telle ampleur qu'un cyclone de catégorie 5 qui prive les populations d'eau, d'électricité, de téléphone, de nourriture et d'un toit pour s'abriter, il ne faut pas s'étonner qu'une forme de loi de la jungle s'impose aux institutions anéanties de la République ; et il est urgent de nous interroger sur notre avenir collectif.

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Sur l'île voisine de Saint-Barthélémy, elle aussi touchée par le même cyclone, avec la même violence et avec les mêmes dégâts, le tissu social a permis d'être plus résilient (cf. images de France 3 & images de France 3). Car Saint-Barth avait misé sur le tourisme de luxe, voire plus familial, alors que c'est le tourisme de masse qui fait vivre Saint-Martin ; les riches propriétaires de villas sur Saint-Barth contribuaient déjà aux infrastructures de leur île, et ils ont répondu présent après le passage de Irma. Laeticia Hallyday, Alessandra Sublet, Estellle Lefébure, Laurence Parisot, ... font partie de ces personnalités qui ont très vite contribué à réparer les dégâts de l'ouragan. On s'entre-aide à St-Barth et c'est chacun pour soi à Saint-Martin ; c'est l'image qui restera au lendemain de cette catastrophe naturelle.

St_Barth_la_vie_reprend.jpg

Mais soyons aussi conscients qu'un tel drame surviendra demain en métropole ; les spécialistes savent que le changement climatique est irrémédiable, et les plus avertis se préparent déjà à survivre à l'effondrement. Un ouragan qui arracherait les lignes électriques de toute une région en métropole la plongerait dans le chaos pour plusieurs jours. Sans électricité, il n'y a plus d'eau au robinet (les pompes des forages sont ... électriques), les pompes à essence sont inutilisables, les paiements et les retraits par carte bancaire eux-aussi impossibles, plus de lumière la nuit, plus de téléphone ni d'accès à Internet, etc. C'est un scénario tout à fait réaliste, et face à de telles difficultés je ne sais pas prédire si l'instinct humain irait vers la solidarité plus qu'à la loi de la jungle ; et le passage d'Irma sur les Antilles ne peut que rendre circonspect.

Nous devons avoir une culture du risque beaucoup plus aigüe, comme l'ont montré les néerlandais sur la partie sud de l'île à Sint Marteen. Il faut protéger nos infrastructures, par exemple avec l'enfouissement des réseaux électriques et télécom, mais aussi disposer d'équipements prépositionnés pour les secours, ainsi que des ressources de première nécessité. Il faut apprendre à devenir plus résilients !