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29/09/2017

Eau & Assainissement sur le Clermontais, pourquoi une telle hausse des prix à l'horizon 2024 ?

Au vu du document qui nous a été présenté en commission des moyens généraux de la CCC le 13 septembre, les prix de l'eau et de l'assainissement sur le Clermontais vont converger d'ici 2024 pour atteindre un prix de 429,07 € HT pour 120 m3. Mais pour une commune comme Paulhan qui a toujours mené une politique de prix modéré pour ces deux services, la hausse sera plutôt significative ; ci-après pour une consommation annuelle de 120 m3 et de 60 m3 (les redevances de l'agence de l'eau sont comprises) :

Prix_Paulhan.jpg

J'ai contesté ces perspectives en assemblée communautaire le 20 septembre, et le maire de Canet a même fustigé mon manque de respect vis à vis des élus communautaires et des agents des services qui travaillent sur ce dossier depuis plus d'un an. Non seulement je ne suis pas le bienvenu dans ces cénacles d'initiés (conférence des maires, comités techniques, comités de pilotages, ...), mais contester leurs travaux au sein d'une assemblée d'élus est pointée du doigt ... Étonnant respect de la liberté d'expression d'élus de la République :=(

Néanmoins, je ne suis pas un opposant dogmatique, avec comme certains me le reprochent la pratique du buzz ... Non, je travaille les dossiers, je cherche et je fais des propositions. Alors quelles pistes pour que la facture à l'horizon 2024 ne soit pas aussi salée ?

Il y a déjà l'abonnement à ces deux services, fixé à 40 € par an pour chacun d'eux. Je n'ai aucune explication sur la règle de calcul qui fixe ces prix-là, mais ils semblent très approximatifs. Quand je prends l'abonnement payé dans chacune des communes du Clermontais pour les deux services cumulés de l'eau et de l'assainissement, la moyenne pondérée par habitant [*] est autour de 50 € (contre les 80 € qui sont proposés par la CCC). Cet abonnement sert à payer le service, indépendamment de la vente d'eau aux abonnés, et il dépend donc fortement des moyens mis à disposition par chaque commune (personnel, matériel, véhicules, charges courantes, ...). Sur les plus grosses communes du territoire (avec  plus de 1000 abonnés), les abonnements sont de 59,52 € sur le SEPAC, 40 € à Canet, 35 € à Paulhan et 25 € à Aspiran. A l'inverse, certaines communes ont des abonnements très chers : 105 € à Cabrières, 100 € à Ceyras ou encore 96 € à Usclas-d'Hérault (dont 86 € pour l'eau payée au SIEVH). En réunissant 17 services en un seul (excluant ici Péret qui a sa DSP, Usclas-d'Hérault adhérant du SIEVH, et réunissant les trois communes de Clermont l'Hérault, de Nébian et de Villeneuvette au sein du SEPAC), le prix du service devrait pouvoir tendre vers un prix inférieur à l'actuelle moyenne pondérée. Donc l'abonnement pourrait être de 40 € plutôt que de 80 €, ce qui corrige la hausse pour les consommateurs raisonnables (autour de 60 m3 par an).

Un autre paramètre, ce sont ces 0,60 €/m3 que la CCC ajoute au prix de l'eau afin de financer les investissements ; et parce que les communes préfèrent conserver les excédents de leurs budgets annexes de l'eau et de l'assainissement dans leur budget principal plutôt que de le transférer à l'intercommunalité. Sur la Vallée de l'Hérault, qui prend elle aussi ces compétences au 1er janvier 2018, toutes les communes de l'EPCI vont transférer leurs excédents budgétaires. Il y a en réalité sur le Clermontais un côté « chacun pour soi » qui est préjudiciable à l'intérêt général. Et puis les excédents constatés dans chaque commune sont d'abord ceux des abonnés, qui se voient confisquer ces capacités d'investissement et qui vont devoir payer 0,60 € par mètre-cube à la communauté de communes pour qu'elle puisse investir ; c'est la double-peine.

Ma proposition est simple, et c'est ce que pratique notre voisin de la Communauté d'Agglomération Hérault-Méditerranée, les communes qui ont des besoins d'investissement sur leur territoire communal doivent abonder directement les budgets de l'intercommunalité. Car en réalité, avec ce que propose la CCC aujourd'hui, ce sont par exemple les abonnés d'une commune qui vont payer pour les investissements qu'une commune du Clermontais n'a jamais réalisé jusqu'ici.

Et puis aujourd'hui, en 2017, le prix moyen pondéré [*] de l'eau et de l'assainissement est de 388 € pour 120 m3. C'est le prix qui doit servir de projection pour le juste prix intercommunal. S'agissant d'un service public industriel et commercial (SPIC), et que je souhaite voir maintenir en régie publique, les abonnés doivent payer le prix du service, celui-ci ne pouvant s'évaluer qu'au fil du temps, année après année. Et c'est remarquable que le prix ciblé à l'horizon 2024 (429 € HT) soit plus proche du prix pratiqué actuellement par la SAUR en délégation de service public (DSP) pour le SEPAC (423 € HT en 2017), que d'un prix que nous élus intercommunaux tendrions à optimiser au mieux.

Il s'ajoute à tout ça que le transfert des réseaux pluviaux, que la publication d'un règlement et que la gestion du grand cycle de l'eau (cf. GEMAPI) n'ont pas été travaillé suffisamment pour leur transfert à la Communauté de communes au 1er janvier 2018 ; je plaide donc pour que le transfert de l'eau et de l'assainissement soit reporté au 1er janvier 2019. Rien ne nous contraint à bâcler le travail pour tenir une échéance arbitraire, et il serait donc raisonnable de prendre le temps d'y travailler sereinement et efficacement.

N'hésitez pas à interpeller votre maire ou vos élus communautaires sur ce sujet ; leur dernier arbitrage sera donné en comité de pilotage à la mi-octobre, les éléments d'information que je fournis ici ne sont encore que des bases de travail. Mais il sera trop tard après le 1er janvier quand au vu des premières factures les abonnés tireront le signal d'alarme. « Gouverner c'est prévoir », et c'est pour cela que nous avons été élus.

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[*] : Moyenne pondérée intercommunale = Multiplier dans chaque commune le prix de base par le nombre d'abonnés, faire la somme sur les 21 communes et le diviser par le nombre d'abonnés intercommunaux.