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27/04/2012

Le chômage hypnotise les observateurs, économistes comme politiques.

Les derniers chiffres du chômage sont tombés ce jeudi et ils occupent déjà les discussions des journaux et des débats politiques. Tous les mois, ces chiffres viennent alimenter un discours dominant qui vise à rendre le travail toujours plus flexible, à réduire la portée des protections sociales et à précariser les salariés.

Regardons ces derniers chiffres. 2 884 500 personnes sont sans emploi et sont inscrites à Pôle Emploi ; cela constitue 9,4% de la population active. Mais il s'y ajoute des demandeurs d'emplois qui travaillent moins de 72h par mois (Catégorie B) et ceux qui travaillent plus de 72h (Catégorie C). Au total, il y a 4,6 millions de personnes qui cherchent un emploi en France (métropolitaine et départements d'outre-mer).

Nicolas Sarkozy a décliné sur France 2 son programme volontariste pour lutter contre le chômage (comme si il n'avait jamais été au pouvoir), avec un vaste plan de formation qualifiante des demandeurs d'emploi. Mais il n'y a aujourd'hui que 300 000 emplois non pourvus en équivalent temps-plein (dont 230 000 chez Pôle Emploi) ! Alors le discours sur les nouveaux droits et donc les nouveaux devoirs des chômeurs est une escroquerie ... Mais la défiscalisation des heures supplémentaires qui permet à ceux qui travaillent déjà de gagner plus, sans se soucier des millions de personnes qui cherchent un emploi, c'est une injustice sociale coupable.

Le graphique ci-dessous (cliquer pour agrandir) illustre cruellement la situation des demandeurs d'emploi. Evidemment que toutes ces personnes recherchent un emploi, évidemment qu'elles acceptent de suivre des formations adaptées aux besoin du marché de l'emploi, mais l'offre est ridiculement dérisoire au regard des besoins !

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Je le disais déjà dans une toute récente note, seule la réduction du temps de travail accompagnée d'une augmentation significative des minima sociaux peut produire plus de justice sociale. Mais cela nécessite de penser à une autre organisation du travail, de se conformer à d'autres indicateurs de richesse que le seul PIB, à renoncer au mythe de la croissance consumériste et à retrouver un goût partagé des liens plutôt que des biens.

Le programme de François Hollande ne porte pas une telle ambition politique, le possible successeur de Nicolas Sarkozy à l'Elysée reste dans une certaine orthodoxie socio-économique. Mais c'est un peu comme pour le nucléaire, il avance dans la bonne direction même s'il ne fait qu'un tout petit pas dans cette direction ...