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03/05/2013

Les écologistes divisés sur la croissance

La majorité des partis politiques vouent à la croissance un culte effréné, seule la croissance peut créer de la richesse et dans cette idéologie l'accumulation de biens est synonyme de progrès social. Et la croissance dont je parle ici est celle du fameux PIB. Je l'ai déjà détaillé dans de précédentes notes, le PIB (produit intérieur brut) donne la photographie sur un mois, sur un trimestre ou sur une année des productions de biens et de services commercialisées par un pays. Donc, plus un pays vend de biens matériels et de services et plus il s'enrichit et plus sa population gagne en pouvoir d'achat.

Mais je l'ai déjà expliqué, tout cela est très théorique. Ainsi, quand la croissance du PIB provient d'une amélioration de la productivité, alors cet enrichissement profite seulement à ceux qui sont dans le système, des employés aux patrons (et je n'oublie pas la question de la répartition). Les chômeurs et autres laissés pour compte continuent de s'appauvrir.

A noter d'ailleurs que les USA sont en train de changer le calcul du PIB afin d'y intégrer leurs investissements immatériels. Ainsi, les brevets issus de la recherche ou les films d'Hollywood vont pouvoir intégrer le calcul du PIB parce qu'ils constituent de la valeur ajoutée ... à venir ;-) Ca permet surtout de faire baisser arithmétiquement la dette d'un pays :=(

Mais revenons à la croissance. D'abord, ce qui unit tous les écologistes, c'est le constat que nous vivons sur une planète aux ressources finies et qu'il faut cesser d'en dépendre. Pire, la croissance économique du PIB coïncide avec l'augmentation des émissions de CO2 qui produisent le réchauffement climatique. Et même si tous les pays n'ont pas la même corrélation PIB/CO2 (cf. statistiques), chacun y prend sa part à l'échelle mondiale.

planete-temperature-moyenne-1.jpg

Ainsi, faire de la croissance du PIB une exigence pour le développement d'une économie signifie que l'on accepte sciemment que des pays voient leur littoral submergé, que des populations se déplacent massivement pour fuir les conséquences du changement climatique (ça vaut autant pour un village de pêcheurs sur une île de l'océan indien que pour un village d'agriculteurs au pied des Alpes que la fonte des glaciers condamne à des pénuries d'eau).

CO2_footprint.jpg

Or, ce qui divise les écologistes est de savoir si nous avons encore un peu de marge pour une croissance vertueuse, en gros une croissance économique qui réduirait graduellement sa dépendance vis à vis des ressources de la planète, ou s'il est déjà trop tard et que la décroissance que nous subissons n'exigerait pas que nous nous engagions sans attendre vers un autre modèle économique. Pour les premiers, espérer que nous avons encore un peu de marge fait aussi écho à la difficulté de faire admettre au plus grand nombre que la sobriété doit s'imposer ; il faut le temps de la pédagogie. Pour les seconds, le nucléaire "énergie d'avenir" et les gaz de schiste sont des fuites en avant, une forme de suicide collectif.

Bien évidemment, l'urgence n'est pas la même à Montpellier qu'à Pekin :

Pekin_pollution.jpg

tramway_montpellier_ligne1.jpg

Alors, nous pourrions nous satisfaire des contraintes environnementales que nous nous imposons et qui placent la France sur le podium des pays développés pour le décrochage entre croissance du PIB et émissions de CO2 (0,20 Kg de C02 par dollar de PIB contre 0,63 aux États-Unis et 2,68 en Chine). Sauf que le climat ne s'arrête pas à la frontière de notre hexagone, ni même les crises sociétales qui poussent des populations dans le radicalisme politique ou religieux.

D'autres diront que les peuples ont aujourd'hui d'autres préoccupations : du travail, de la nourriture, de l'eau, un logement, etc. Mais l'un n'empêche pas l'autre. Et il est même tout à fait opportun de créer des emplois locaux, de générer des circuits-courts alimentaires, de préserver la ressource en eau et de construire des maisons économes en énergie.

Personnellement, je suis favorable à ce que nous soyons plus exigeants au regard des ressources naturelles. Qu'importe que nous soyons proches du pic ou qu'il soit déjà dépassé, ça concernera de toutes façons nos enfants ou nos petits-enfants ; alors montrons leur l'exemple.

25/07/2012

Evolution du climat, s'adpater à long terme ou lutter à court terme ?

Météo France et divers instituts de recherche dévoilent leurs simulations sur le changement du climat au cours de ce siècle (voir le simulateur de Météo France). Saison par saison, région par région, ce simulateur indique les évolutions attendues sur la température, sur les précipitations et sur les réserves d'eau dans notre sous-sol. Et ce n'est malheureusement pas une surprise de constater que le Languedoc-Roussillon va subir une évolution majeure de son climat qui aura des conséquences directes sur l'agriculture, sur le tourisme, mais aussi dans notre vie quotidienne.

Et il y a deux attitudes possibles face à ces données scientifiques ; soit nous suivons la théorie de l'évolution de Charles Darwin et nous aurons alors à nous adapter à ces évolutions, soit nous faisons le maximum pour que la température moyenne à la surface de la Terre n'augmente par de 3 à 5° d'ici la fin du 21ème siècle. Dans les deux cas nous aurons des sacrifices à faire : nous disposerons de moins d'eau potable si nous laissons faire, mais nous pouvons aussi émettre moins de gaz à effet de serre si nous avons la volonté de lutter contre cette prévisible catastrophe climatique.

Or, nous connaissons bien les solutions à mettre en oeuvre pour émettre mois de gaz à effet de serre, et donc réduire petit à petit cet effet de serre qui augmente la température de la Terre. Nos autoroutes, et surtout l'A9, témoignent de l'absence de volonté politique pour réduire les flux de camions. L'alternative du rail n'est pas un gadget, elle doit s'imposer ! Idem pour les transports en commun et la voiture individuelle qui doivent passer à l'électrique.

Autre source d'émission de gaz à effet de serre, le chauffage des habitations et des locaux professionnels. Pour les constructions neuves, la réglementation thermique 2012 incite déjà très fortement aux basses consommations. Mais il reste le foncier bâti existant, avec un vivier d'emplois à la clé.

Derrière ces axes urgents, se cache la fée électrique. Electricité pour nous déplacer, électricité pour se chauffer, électricité pour nous éclairer, et électricité pour tous les équipements de travail sur lesquels repose notre activité économique. Oui, mais une électricité produite à partir d'énergies renouvelables ! Depuis le début de cette année, une ferme photovoltaïque expérimentale fonctionne près d'Ajaccio (projet MYRTE) ; elle permet de stocker l'énergie sous forme d'hydrogène et donc de toujours pouvoir produire de l'électricité (même la nuit). Cette installation de 3.000 m2 de panneaux photovoltaïque produit 560 Kw et alimente 200 foyers en toute autonomie. C'est là où doit se focaliser la recherche publique et privée, et non pas sur de nouvelles générations de réacteurs nucléaires ou sur l'exploitation de gaz de schiste. Un exemple de recherche utile, le rendement des cellules photovoltaïques.

Enfin, n'oublions pas la sobriété (ne consommer de l'énergie que lorsque cela est nécessaire, et par exemple se déplacer en vélo plutôt qu'avec sa voiture en ville) et l'efficacité des équipements électriques.