Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

04/03/2017

Ne faisons plus de l'emploi un prétexte mais une cause !

J'avais publié il y a quelques jours une note sur la préservation des terres agricoles à l'occasion de la révision des documents d'urbanisme (SCOT, PLUi, PLU, PLH, PDU, ...), et de souligner que cette dans cette voie-là que s'oriente la révision générale du PLU de Paulhan.

Aujourd'hui, c'est le Figaro qui publie un article sur ce sujet-là : « L'Hérault face au défi de l'urbanisation galopante » - cf. version papier JPG / version numérique PDF. Et il me permet de revenir sur ces mirages que sont tous ces projets qui vont créer de la richesse et des emplois, comme la ZAE de la Salamane à Clermont-l'Hérault. Je me souviens de mes échanges en assemblée communautaire avec Alain Cazorla ; il jurait déjà en 2009 que ce projet allait créer 500 emplois, et en tous cas autant que la ZAE voisine des Tanes-Basses. Et puis cela allait générer des recettes fiscales abondantes pour financer des missions de services publics auprès des habitants du territoire.

balance.png

Nous devrions aujourd'hui faire de la création d'emplois une priorité, parce que c'est là un fléau qui gangrène notre société. Et dans les orientations stratégiques du Pays Cœur d'Hérault comme de ses trois communautés de communes, ce devrait être de favoriser les secteurs créateurs d'emplois locaux (tourisme, agriculture, artisanat, commerce de proximité, professions libérales, ...) et de former les jeunes qui sortent de nos écoles à ces métiers-là. Mais cela semble inentendable pour tous les élus que je croise sur ce territoire du Cœur d'Hérault. Et effectivement, comme le relate le journaliste Guillaume Mollaret, les élus ont d'un côté les recettes fiscales à faire croître pour financer leurs projets et de l'autre la pression démographique qui pèse sur les budgets des collectivités locales ... Et on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

1054232_mf-nachez-maire-arboras-2014_667x333.jpgMais cela illustre aussi le fait que tous les élus locaux et communautaires ne se parlent qu'entre eux sur des sujets de pure gestion locale. Jeudi soir au Sonambule à Gignac pour la diffusion du documentaire sur la permaculture, dans une salle bondée, nous n'étions, avec Marie-Françoise Nachez, que deux élus locaux à nous intéresser à cette thématique. Or, nous ne devons pas évoluer dans des bulles d'élus ! Parce que nos concitoyens se moquent un peu que la mise en conformité d'une station d'épuration soit compliquée ou que l'organisation des temps d'activité périscolaires soit un casse-tête, ils veulent qu'on leur parle des boulots qu'il y a sur le territoire pour eux et pour leurs enfants, de leur capacité à pouvoir continuer à vivre décemment.

15/04/2016

L'économie touristique peut créer de l'emploi, mais ce n'est pas vraiment la préoccupation de nos élus intercommunaux :=(

Le 23 mars en commission des affaires générales, et alors que nous abordions le budget annexe de l'office de tourisme intercommunal, j'ai interpellé mes collègues sur l'évaluation de cet outil que constitue le réseau des points d'information du Clermontais. En effet, nous avons là un budget annexe avec 380.975 € en fonctionnement pour 2016, en hausse de 8,3% par rapport à 2015, et avec une subvention d'équilibre provenant du budget général de 286.675 € (en hausse de +11% par rapport à 2015). Et lorsque nous avons un service qui dépend aux trois-quarts du budget général, budget dont nous cessons de dire qu'il faut le réduire à tout prix, il est légitime de se demander si le choix de mettre autant d'argent dans l'office de tourisme est à la hauteur du retour sur investissement. Car elle est là la particularité de ce budget annexe, c'est que l'argent qu'on y met doit créer de la valeur ajoutée.

Et il y a deux éléments que j'ai développés en commission. Tout d'abord, il y a le millefeuilles des interventions publiques qui fait que l'on ne sait pas mesurer les effets produits par chacune ... Le Clermontais gère les offices de tourisme, le Pays Cœur d'Hérault et le Département mettent des moyens sur la promotion touristique, et la Région assure la formation des professionnels du tourisme. Mais alors, qu'est-ce qui influence le plus significativement la fréquentation des campings, des restaurants, des hôtels, des festivals, des chemins de randonnée, des bâtiments historiques, des sites classés, etc ? Est-ce un office de tourisme ? Est-ce le label "Vignobles et Découvertes" du Pays Cœur d'Hérault ? Est-ce le site Web d'Hérault Tourisme ? Et puis les touristes préparent leurs vacances ou leurs escapades touristiques depuis chez eux, longtemps à l'avance. Hérault Tourisme a ainsi mis en ligne une application mobile pour Smartphone et pour Tablette, Cirkwi, qui permet de télécharger ses circuits de vacance. Explorer les ressources des nouvelles technologies pour promouvoir notre territoire et ses atouts est donc une priorité.

Le 30 mars, en Conseil communautaire à Cabrières, j'ai repris les mêmes arguments pour justifier mon abstention sur ce budget annexe (télécharger le rapport au format PDF). Et le seul argument qui m'a été rétorqué est que les offices de tourisme connaissent une forte affluence, sont très utiles pour guider les visiteurs et que de plus en plus de professionnels deviennent des partenaires de l'office de tourisme intercommunal (cf. rapport d'activité de l'office intercommunal du Clermontais pour 2015). Mais rien sur le retour sur investissement de l'effort réalisé par le Clermontais en matière de tourisme ... Car quand la commune de Clermont l'Hérault réussit à trouver un repreneur pour le camping du Salagou, elle pourra mesurer au fil des années si son choix améliore la fréquentation du lieu (cf. article de Midi Libre). De même pour un festival comme celui de Mourèze, le rôle de la commune est majeur car elle met en place les infrastructures et les équipements qui assurent le bon déroulement de la manifestation ; elle peut mesurer au fil des éditions si ses choix sont pertinents.

un-camping-sur-un-site-merveilleux_1844530_667x333.JPG

Mais de façon générale, les structures intercommunales n'ont pas la culture de l'évaluation. Habituées à dépenser [sans compter], elles continuent à suivre le même rythme de dépenses sans trop se poser de questions. Et le 7 avril en commission tourisme, certains de mes collègues m'ont attribué la volonté de vouloir fermer les offices de tourisme ! Tout simplement parce que j'avais demandé la semaine précédente en Conseil communautaire quels seraient les effets sur la fréquentation des structures touristiques si nous fermions un office de tourisme ... Ce n'était juste que l'exposé d'une équation dont les offices de tourisme sont les variables. Et quel est le résultat si la variable "Offices de tourisme" vaut 0, 1, 2, 3, ... ? Mais mes collègues n'avaient cure de poser des équations, ils considèrent que c'est bien que le Clermontais, que le Pays Cœur d'Hérault et que le Département financent la promotion touristique, et sans se préoccuper de savoir ce que chacun doit y mettre, car notre territoire attire des touristes et que le résultat est évident.

Shadok_1.jpg

Et dans mon élan, j'ai posé le même débat en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault le 8 avril alors que nous avions à l'ordre du jour une convention de partenariat pour les actions touristiques du Pays (cf. texte de la convention au format PDF). J'ai réitéré que je n'avais aucun doute sur le fait que les agents de nos collectivités étaient efficaces et qu'ils apportaient un concours utile aux professionnels de notre territoire, mais alors que le texte de la convention débute par "définir le rôle respectif de chacun dans ce projet collectif", puis de "mutualiser les moyens et de réaliser des économies d'échelle", mes collègues n'ont su me répondre une fois de plus qu'il ne fallait pas remettre en cause les offices de tourisme. C'est là une approche très manichéenne qui ne laisse aucune place à l'optimisation des moyens réellement mis en œuvre.

Shadok_3.jpg

Ce que je regrette à l'issue de cette séquence de réunions intercommunales, c'est que remettre en cause un système est impossible. Et il ne s'agit même pas de vouloir s'en passer, mais simplement de l'évaluer pour l'améliorer ; et c'est un tabou.

Shadok_5.jpg

Et puis nous oublions trop systématiquement pourquoi nous siégeons dans ces assemblées et pourquoi nous votons l'usage des impôts de nos concitoyens ; nous dépensons ces contributions en multipliant les annonces et les publications, mais ces structures intercommunales qui ont une vocation économique prioritaire permettent-elles de créer des emplois et de la richesse ? Combien d'emplois dans le tourisme sur le Clermontais ? Combien sur le Cœur d'Hérault ?

Shadok_2.jpg

Pôle emploi vient de publier les besoins en main d’œuvre (BMO) pour l'année 2016. Et que constatons-nous pour notre bassin de vie, justement celui du Cœur d'Hérault, c'est que sur les 1 975 projets de recrutement, il y en a 25% qui sont liés aux activités touristiques (artistes, serveurs de café et de restaurant, employés de l'hôtellerie, cuisiniers, vendeurs de produits alimentaires, ...). Voilà un indicateur intéressant. Et l'équation à poser revient à mesurer comment les apports des uns et des autres font augmenter cet indicateur-là ! Alors je ne dis pas qu'il faut faire des mathématiques pour orienter nos politiques économiques, mais faisons au moins l'effort de mesurer ce que nous faisons et surtout de ne pas oublier pourquoi nous le faisons. Et si les budgets annexes du Clermontais pour l'aire d’accueil des gens du voyage, pour le Centre aquatique ou pour le théâtre répondent à des objectifs radicalement différents, nous sommes avec le tourisme sur une filière économique qui ne doit pas échapper aux exigences de création de valeurs ajoutées, de création d'emplois et de développement durable. Dans l'article que Midi Libre consacrait à l'ouverture du camping de Clermont l'Hérault, il était annoncé l'embauche de 15 saisonniers cet été, mais aussi que les travaux de rénovation et d'agrandissement ont fait travailler des entreprises locales et que les touristes bénéficieront d'activités ouvertes sur l'extérieur du camping.

Shadok_7.jpg

Notre rôle d'élu(e) ne se cantonne pas à des discours et à de la promotion facile, nous avons le devoir d'améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, et ça passe pour moi par la création d'emplois.  Mais pour ça, il faut évaluer nos potentiels, nos contraintes et faire des choix stratégiques. Et il faut cesser de tout miser sur la ZAE de la Salamane qui n'a guère créé plus d'une quarantaine d'emplois. Le Président Lacroix nous a aussi annoncé en Conseil communautaire qu'il voulait clore cette année le budget annexe de la ZAE de la Barthe à Paulhan, et donc sortir du périmètre environ deux hectares de parcelles appartenant à la CCC et non encore aménagées ainsi que deux autres hectares de parcelles privées (cf. plan ci-après).

pays coeur d'hérault,ccc,hérault tourisme,salagou,paulhan,salamane,la barthe,vareilhes,pôle emploi,bmo

Il y a là derrière le magasin Carrefour Contact de Paulhan ces quatre hectares de foncier non aménagés que la Communauté n'a pas réussi à commercialiser ... Pour mémoire, nous n'aurions pas ce Carrefour Contact à Paulhan si le maire de Paulhan Bernard Soto, avec Claude Gil, n'avait pas recherché lui-même cette enseigne. Et il y a derrière la Barthe les sept hectares de la ZAE de Vareilhes, que Jean-Claude Lacroix qualifie [à juste titre] de réserve foncière pour un projet de développement économique, mais qui semblerait destiné à l'implantation d'une ferme de panneaux photovoltaïques au sol, c'est à dire à zéro emploi :=(

Shadok_4.jpg

27/02/2016

Salamane City, le futur coeur du bassin de vie du Coeur d'Hérault

Le conseil communautaire du mercredi 24 février à Fontès a réuni peu de conseillers (moins d'une trentaine sur 45), mais les débats furent nourris pendant plus de trois heures. La ville de Clermont l'Hérault et la Salamane sont revenus à de nombreuses reprises au cours des délibérations, au grand dam du maire Salvador Ruiz qui y voyait là une séance particulière (et hostile) de son conseil municipal.

A l'arrière-plan de quelques points à l'ordre du jour (vente de lots à la Salamane, convention FISAC, débat d'orientation budgétaire, assistance juridique de la CCC auprès du SEPAC, ...), c'est réellement le projet de développement urbain de Clermont l'Hérault qui se dévoilait petit à petit.

Le premier épisode concernait la vente de deux lots à la Salamane au profit de la SCI Castellum ; sur environ 5 hectares, cette société envisage de construire des espaces commerciaux pour de la vente de biens d'équipement de la personne, des biens d'équipement de la maison, de l'hôtellerie, de la restauration, des services, des produits de jardinerie et de bricolage. Or, cette SCI portait déjà un même projet il y a deux ans sur le lot désormais destiné à une aire de service, et elle a donc négocié deux autres lots fonciers sur l'entrée de la zone. Alors pourquoi la CDAC autoriserait ce projet que la CNAC avait rejeté l'an dernier ? Parce que selon eux le Président Jean-Claude Lacroix et le Maire Salvadar Ruiz auraient obtenu de nouvelles garanties. En tous cas, c'est à l'unanimité de ses onze membres que l'exécutif intercommunal a approuvé cet accord de vente ; le vote de l'assemblée communautaire n'était plus qu'une formalité.

Le 23 octobre 2014, la Commission Nationale d'Aménagement commercial  (CNAC) donnait une suite favorable au recours déposé par l'association Clermont a Plein Cœur contre le projet de la société Delpra et de la SCI Castellum d'ouvrir un espace commercial de 9896 m2 à la Salamane. Les motifs avancés par la CNAC (décision 2348T) étaient que cet ensemble commercial était entièrement déconnecté du tissu urbain (à 4 km de Clermont l'Hérault et à 2 km de Canet), que son impact sur l'animation de la vie urbaine locale était négatif, qu'il ne disposait pas de desserte en transports collectifs, de piste cyclable et que l'accès piéton n'était pas sécurisé. Le nouveau projet répond-il aux critères énoncés à l'article L. 752-6 du code de commerce ?

picto_pdf.png Décision de la CNAC

D'emblée le maire de Salasc Jean Costes demandait à ce que cette vente soit retirée de l'ordre du jour ; il a essuyé un refus net et catégorique du Président Jean-Claude Lacroix. Jean Costes estimait à juste titre que le débat qui s'était déroulé la semaine précédente en commission était faussé, les offres portées par d'autres acteurs économiques locaux n'ayant pas été évoquées, et qu'aucun avis favorable n'avait été accordé au projet officiel de l'exécutif. Et Jean Costes d'évoquer la pétition signée par des commerçants de Clermont l'Hérault, très inquiets du déplacement de la vie commerciale vers le secteur de la Salamane.

Sur la SCI Castellum, Jean Costes soulignait l'opacité du consortium construit autour d'une banque luxembourgeoise. Jean-Claude Lacroix rétorquait qu'un associé de cette SCI était connu de ses services pour avoir porté le projet de Leclerc Drive à la Salamane. J'ai quand même fait constater à mes collègues que nous avions délibéré en septembre 2013 pour vendre à cette société San Prince Management un lot de la Salamane pour y implanter un bâtiment pouvant accueillir des activités de stockage, d'artisanat ou de messagerie, et qu'à l'arrivée nous avons ... un Leclerc Drive. Chacun sa perception de l'opacité ;-)

Quant à la pétition des commerçants de Clermont l'Hérault, l'exécutif intercommunal en a minimisé la portée ; toutes les associations ne l'auraient pas signée ... Mais la botte secrète du Président Jean-Claude Lacroix a été de promettre aux commerçants du centre-ville qu'ils bénéficiaient d'une part des recettes fiscales issues des zones des Tanes Basses et de la Salamane. Jean-Claude Lacroix avait déjà évoqué cette hypothèse en commission "moyens généraux, aménagement, environnement et développement durable" le 17 février, et il portait la même proposition à l'assemblée générale de l'association Clermont Plein Cœur le 18 février. C'est ce que rapportait Midi Libre dans ses colonnes : « Le président de la communauté de communes du Clermontais, Jean-Claude Lacroix, s'est engagé chaque année à dégager un pourcentage des retombées fiscales des différentes zones d'activité pour abonder une enveloppe dédiée aux actions en faveur du commerce. Actions que les commerçants, eux-mêmes, détermineront ».

Jean-Claude Lacroix rappellait que la Salamane rapporte déjà 1 million d'euros de recettes fiscales pour la commune de Clermont l'Hérault et pour la communauté de communes, et la zone n'est pas encore remplie, ce qui justifie ce possible soutien aux commercex du centre-ville. Mais c'est écarter plus encore des secteurs économiques totalement oubliés par l'exécutif intercommunal. Le débat d'orientation budgétaire a révélé une fois de plus qu'aucun soutien à l'agriculture n'était prévu, rien non plus pour l'artisanat ou pour les entreprises de maçonnerie générale. Or, nous avons besoin d'emplois avant de miser sur la croissance de la consommation des ménages.

Odysseum.jpg

Mais c'est par le FISAC (Fonds d'Intervention pour les Services, l'Artisanat et le Commerce) que la communauté de communes compte aider les commerces, car elle ne dispose d'aucun autre moyen légal pour un soutien financier issu de ses recettes fiscales. La communauté a déposé un dossier FISAC pour la période 2016-2018, avec un budget total de 581 k€, mais elle n'y contribue qu'à hauteur de 68 k€. Et si l'originalité de ce dossier est d'être porté par deux intercommunalités, le Lodévois-Larzac et le Clermontais, la coordination des travaux posera d'évidents problèmes de pilotage.

FISAC.jpg

Ce projet FISAC est clairement de la poudre aux yeux ; la CCC n'y injecte en moyenne que 23.000 € par an. Mais j'ai aussi interpellé le maire de Brignac en séance communautaire mercredi dernier ; car si le maire de Clermont l'Hérault peut conditionner la signature d'un permis d'aménager ou d'un permis de construire à l'équilibre économique et urbanistique de sa commune, il ne maîtrise pas ce que font ses voisins. Et Henri Jurquet n'a pas caché qu'il avait lui aussi un projet dans la plaine de la Salamane, qu'il y faisait travailler un bureau d'études et que se profilait à moyen terme une zone d'activité multipôles Sport, Loisir, Culture et Équipement de la maison. Par la suite, à l'occasion d'une discussion sur le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), c'est le maire de Canet qui a affirmé le souhait que sa commune conserve toute son autonomie dans le possible aménagement de la plaine, dans cette aire que tous voient comme le futur cœur du Cœur d'Hérault.

L'essor des zones périphériques de la ville est inéluctable, et à l'instar d'autres villes confrontées à ce même type de développement, les cœurs de ville se vident peu à peu de leurs commerces. Nous voyons bien à Béziers comme à Montpellier comment les commerces de centre-ville ferment progressivement ; et même si une ligne de tramway relie la Comédie à Odysseum. Alors le centre-ville de Clermont l'Hérault a-t-il des atouts à exploiter, et des commerces misant sur la qualité des produits comme l'évoquent les élus de l'exécutif intercommunal peuvent s'y développer ?

Mais quand ouvrent aux Tanes Basses des espaces de loisir comme des terrains de football en salle ou comme une piste de roller indoor, la plus grande de France, les lieux de vie marchande ne sortent-ils pas de la ville ? Et que fera la CCC si demain une enseigne de fast-food veut s'implanter à la Salamane ? Et que répondra-t-elle si demain un multiplexe veut profiter de la clientèle de la Salamane et des Tanes Basses en s'y installant ? Et si ce n'est pas le maire de Clermont l'Hérault qui délivre le permis, ce sera alors le maire de Brignac qui emportera la mise :=(

Il est bien dommage que le SCOT du Cœur d'Hérault ait pris du retard (validation prévue pour 2020 au lieu de 2017), car il contient un volet "aménagement commercial" qui nous éviterait toutes ces initiatives locales concurrentes qui finiront par totalement défigurer notre paysage et par tuer le commerce de proximité.

Le maire de Clermont l'Hérault était-il au tribunal ce mercredi soir ? Il l'a évoqué ... comme il a proposé qu'aux prochains conseils communautaires un temps soit réservé aux affaires relatives à sa commune. Mais n'est-il pas normal que Clermont l'Hérault focalise une grande partie des débats de l'assemblée communautaire ? D'ailleurs, Salvador Ruiz ne réclamait-il pas la présidence de la communauté il y a deux ans au titre de la ville centre du territoire intercommunal ? Personnellement, je vais plus souvent à Clermont l'Hérault qu'à Lacoste ou à Salasc, et il est normal que nous ayons un avis sur la circulation, sur la signalétique ou sur l'accessibilité des lieux d'accueil du public de Clermont l'Hérault. Alors oui, nous sommes tous un peu concernés par ce qui se passe à Clermont l'Hérault, pour nos enfants qui vont au collège et au lycée, pour son hôpital local et sa maison médicale de garde, pour les services intercommunaux, pour le centre aquatique, pour son accès au Salagou et bien évidemment pour tous ses espaces commerciaux.

Maintenant, que les conseillers municipaux d'opposition de la ville centre profitent des séances publiques de l'assemblée intercommunale pour développer des critiques sur la vie de leur cité, c'est une opportunité dont ils usent, mais il ne faut pas qu'ils en abusent ;-)