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15/04/2016

L'économie touristique peut créer de l'emploi, mais ce n'est pas vraiment la préoccupation de nos élus intercommunaux :=(

Le 23 mars en commission des affaires générales, et alors que nous abordions le budget annexe de l'office de tourisme intercommunal, j'ai interpellé mes collègues sur l'évaluation de cet outil que constitue le réseau des points d'information du Clermontais. En effet, nous avons là un budget annexe avec 380.975 € en fonctionnement pour 2016, en hausse de 8,3% par rapport à 2015, et avec une subvention d'équilibre provenant du budget général de 286.675 € (en hausse de +11% par rapport à 2015). Et lorsque nous avons un service qui dépend aux trois-quarts du budget général, budget dont nous cessons de dire qu'il faut le réduire à tout prix, il est légitime de se demander si le choix de mettre autant d'argent dans l'office de tourisme est à la hauteur du retour sur investissement. Car elle est là la particularité de ce budget annexe, c'est que l'argent qu'on y met doit créer de la valeur ajoutée.

Et il y a deux éléments que j'ai développés en commission. Tout d'abord, il y a le millefeuilles des interventions publiques qui fait que l'on ne sait pas mesurer les effets produits par chacune ... Le Clermontais gère les offices de tourisme, le Pays Cœur d'Hérault et le Département mettent des moyens sur la promotion touristique, et la Région assure la formation des professionnels du tourisme. Mais alors, qu'est-ce qui influence le plus significativement la fréquentation des campings, des restaurants, des hôtels, des festivals, des chemins de randonnée, des bâtiments historiques, des sites classés, etc ? Est-ce un office de tourisme ? Est-ce le label "Vignobles et Découvertes" du Pays Cœur d'Hérault ? Est-ce le site Web d'Hérault Tourisme ? Et puis les touristes préparent leurs vacances ou leurs escapades touristiques depuis chez eux, longtemps à l'avance. Hérault Tourisme a ainsi mis en ligne une application mobile pour Smartphone et pour Tablette, Cirkwi, qui permet de télécharger ses circuits de vacance. Explorer les ressources des nouvelles technologies pour promouvoir notre territoire et ses atouts est donc une priorité.

Le 30 mars, en Conseil communautaire à Cabrières, j'ai repris les mêmes arguments pour justifier mon abstention sur ce budget annexe (télécharger le rapport au format PDF). Et le seul argument qui m'a été rétorqué est que les offices de tourisme connaissent une forte affluence, sont très utiles pour guider les visiteurs et que de plus en plus de professionnels deviennent des partenaires de l'office de tourisme intercommunal (cf. rapport d'activité de l'office intercommunal du Clermontais pour 2015). Mais rien sur le retour sur investissement de l'effort réalisé par le Clermontais en matière de tourisme ... Car quand la commune de Clermont l'Hérault réussit à trouver un repreneur pour le camping du Salagou, elle pourra mesurer au fil des années si son choix améliore la fréquentation du lieu (cf. article de Midi Libre). De même pour un festival comme celui de Mourèze, le rôle de la commune est majeur car elle met en place les infrastructures et les équipements qui assurent le bon déroulement de la manifestation ; elle peut mesurer au fil des éditions si ses choix sont pertinents.

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Mais de façon générale, les structures intercommunales n'ont pas la culture de l'évaluation. Habituées à dépenser [sans compter], elles continuent à suivre le même rythme de dépenses sans trop se poser de questions. Et le 7 avril en commission tourisme, certains de mes collègues m'ont attribué la volonté de vouloir fermer les offices de tourisme ! Tout simplement parce que j'avais demandé la semaine précédente en Conseil communautaire quels seraient les effets sur la fréquentation des structures touristiques si nous fermions un office de tourisme ... Ce n'était juste que l'exposé d'une équation dont les offices de tourisme sont les variables. Et quel est le résultat si la variable "Offices de tourisme" vaut 0, 1, 2, 3, ... ? Mais mes collègues n'avaient cure de poser des équations, ils considèrent que c'est bien que le Clermontais, que le Pays Cœur d'Hérault et que le Département financent la promotion touristique, et sans se préoccuper de savoir ce que chacun doit y mettre, car notre territoire attire des touristes et que le résultat est évident.

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Et dans mon élan, j'ai posé le même débat en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault le 8 avril alors que nous avions à l'ordre du jour une convention de partenariat pour les actions touristiques du Pays (cf. texte de la convention au format PDF). J'ai réitéré que je n'avais aucun doute sur le fait que les agents de nos collectivités étaient efficaces et qu'ils apportaient un concours utile aux professionnels de notre territoire, mais alors que le texte de la convention débute par "définir le rôle respectif de chacun dans ce projet collectif", puis de "mutualiser les moyens et de réaliser des économies d'échelle", mes collègues n'ont su me répondre une fois de plus qu'il ne fallait pas remettre en cause les offices de tourisme. C'est là une approche très manichéenne qui ne laisse aucune place à l'optimisation des moyens réellement mis en œuvre.

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Ce que je regrette à l'issue de cette séquence de réunions intercommunales, c'est que remettre en cause un système est impossible. Et il ne s'agit même pas de vouloir s'en passer, mais simplement de l'évaluer pour l'améliorer ; et c'est un tabou.

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Et puis nous oublions trop systématiquement pourquoi nous siégeons dans ces assemblées et pourquoi nous votons l'usage des impôts de nos concitoyens ; nous dépensons ces contributions en multipliant les annonces et les publications, mais ces structures intercommunales qui ont une vocation économique prioritaire permettent-elles de créer des emplois et de la richesse ? Combien d'emplois dans le tourisme sur le Clermontais ? Combien sur le Cœur d'Hérault ?

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Pôle emploi vient de publier les besoins en main d’œuvre (BMO) pour l'année 2016. Et que constatons-nous pour notre bassin de vie, justement celui du Cœur d'Hérault, c'est que sur les 1 975 projets de recrutement, il y en a 25% qui sont liés aux activités touristiques (artistes, serveurs de café et de restaurant, employés de l'hôtellerie, cuisiniers, vendeurs de produits alimentaires, ...). Voilà un indicateur intéressant. Et l'équation à poser revient à mesurer comment les apports des uns et des autres font augmenter cet indicateur-là ! Alors je ne dis pas qu'il faut faire des mathématiques pour orienter nos politiques économiques, mais faisons au moins l'effort de mesurer ce que nous faisons et surtout de ne pas oublier pourquoi nous le faisons. Et si les budgets annexes du Clermontais pour l'aire d’accueil des gens du voyage, pour le Centre aquatique ou pour le théâtre répondent à des objectifs radicalement différents, nous sommes avec le tourisme sur une filière économique qui ne doit pas échapper aux exigences de création de valeurs ajoutées, de création d'emplois et de développement durable. Dans l'article que Midi Libre consacrait à l'ouverture du camping de Clermont l'Hérault, il était annoncé l'embauche de 15 saisonniers cet été, mais aussi que les travaux de rénovation et d'agrandissement ont fait travailler des entreprises locales et que les touristes bénéficieront d'activités ouvertes sur l'extérieur du camping.

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Notre rôle d'élu(e) ne se cantonne pas à des discours et à de la promotion facile, nous avons le devoir d'améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, et ça passe pour moi par la création d'emplois.  Mais pour ça, il faut évaluer nos potentiels, nos contraintes et faire des choix stratégiques. Et il faut cesser de tout miser sur la ZAE de la Salamane qui n'a guère créé plus d'une quarantaine d'emplois. Le Président Lacroix nous a aussi annoncé en Conseil communautaire qu'il voulait clore cette année le budget annexe de la ZAE de la Barthe à Paulhan, et donc sortir du périmètre environ deux hectares de parcelles appartenant à la CCC et non encore aménagées ainsi que deux autres hectares de parcelles privées (cf. plan ci-après).

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Il y a là derrière le magasin Carrefour Contact de Paulhan ces quatre hectares de foncier non aménagés que la Communauté n'a pas réussi à commercialiser ... Pour mémoire, nous n'aurions pas ce Carrefour Contact à Paulhan si le maire de Paulhan Bernard Soto, avec Claude Gil, n'avait pas recherché lui-même cette enseigne. Et il y a derrière la Barthe les sept hectares de la ZAE de Vareilhes, que Jean-Claude Lacroix qualifie [à juste titre] de réserve foncière pour un projet de développement économique, mais qui semblerait destiné à l'implantation d'une ferme de panneaux photovoltaïques au sol, c'est à dire à zéro emploi :=(

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29/07/2015

Un beau livre pour le Salagou, une belle collection de contributions

Pour tous ceux qui sont attachés au patrimoine naturel et à l'attractivité du Cœur d'Hérault, Il n'est pas possible de passer à côté de cet ouvrage passionnant produit par 200 contributeurs (experts, scientifiques, acteurs locaux, témoins historiques, ...).

Philippe Martin, Matorral, Salagou

C'est autour de Philippe Martin que ce livre s'est élaboré. L'écologue Philippe Martin renouvèle ici un exercice exigeant de témoignages, d'explications et de découvertes sur le Salagou, ce site qui est devenu sa passion. Le livre ne peut pas se raconter ou se résumer, c'est comme un bon repas dans un restaurant étoilé dont la carte ne peut révéler les vrais plaisirs, il faut le lire.

Chaque page de l'ouvrage est une ardente invitation à venir sur place retrouver un paysage, un panorama, une plante ou un animal, un vestige de l'histoire du lac, un ouvrage d'art, ... car même pour ceux qui ont déjà parcouru le site, le livre nous fait découvrir des trésors qui appellent à d'autres voyages. On mesure d'ailleurs, au fil des 228 magnifiques pages du livre, que les élus locaux, que les associations et que tous les spécialistes du Salagou en ont encore sous le pied pour valoriser ce site. Et sans en faire un site touristique comme l'est le Mont Saint-Michel, un autre grand site de France, le Cœur d'Hérault dispose là, avec le cirque de Navacelles et Saint-Guilhem-le-Désert, d'un potentiel touristique à développer avec intelligence, avec responsabilité et en y associant tous les acteurs locaux.

En même temps, et à l'opposé des deux autres sites, le Salagou est un site récent (un demi-siècle) et il est en équilibre fragile entre ses deux orientations majeures, à savoir sa vocation initiale de réservoir d'eau pour l'irrigation agricole et sa dimension touristique acquise au fil du temps. Mais les infrastructures touristiques reposent sur une côte entre 139 et 142 ; il suffirait que les besoins en eau en aval de la Lergue et de la vallée de l'Hérault soient plus importants qu'aujourd'hui, et le réchauffement climatique nous y conduit, pour que le tourisme en pâtisse lourdement. La nature elle s'y adapterait, comme elle s'est adaptée à la mise en eau du barrage en 1969, mais les évolutions du climat nous montrent que même à cette échelle les activités humaines sont plus fragiles que la planète elle-même.

Philippe Martin, Matorral, Salagou

Le lecteur se laisse emporter par les contenus de toutes ces pages étonnantes, et on ne s'étonne même pas de quitter les ruffes du Salagou pour les figures du cirque de Mourèze, ou de passer du panorama du mont Liausson pour celui du pic de Vissou à Cabrières. La manufacture royale de Villeneuvette est peut-être la seule exception à ces errances paysagères, car cette cité ouvrière témoigne d'abord de l'innovation humaine.

On peut trouver cet ouvrage à la librairie du boulevard à Clermont l'Hérault, c'est là où je l'ai acheté pour 20 €. Et c'est un très beau cadeau à faire à des amis ; c'est en tous cas le cadeau qu'a fait le Président de la Communauté de communes du Clermontais, Jean-Claude Lacroix, au Président du Conseil départemental de l'Hérault, Kléber Mesquida, le 8 juillet dernier.

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05/03/2015

L'eau, un bien commun à préserver collectivement

La Lergue, la Vis, la Buèges et l'Hérault sont les principaux cours d'eau qui jalonnent mes promenades dans ce très beau canton du nord de l'Hérault, mais la ressource en eau de ce vaste territoire situé au pied du plateau de l'Escandorgue, du causse du Larzac, du causse d'Hortus (les plus connus) et de la montagne de la Séranne suscite autant de craintes que de certitudes. Ni la croissance démographique sur ce 11ème canton ni ses activités humaines ne font craindre de pénurie durable de la ressource, mais sa qualité reste très sensible et elle suscite l'attrait des zones plus urbaines au sud.

Le lac du Salagou en est un exemple significatif. Ce réservoir construit en 1968 avait une vocation agricole, à savoir d'alimenter l'Hérault d'où les agriculteurs pourraient pomper l'eau nécessaire pour leurs exploitations. Et puis les besoins agricoles ont été moins prégnants, et le site s'est transformé en un très bel espace pour le tourisme et pour les loisirs. Deux usages concurrents de cette centaine de millions de mètres-cubes d'eau s'affrontent, l'usage hydraulique contre l'usage touristique.

Or, le réchauffement climatique comme la pression démographique dans le département de l'Hérault nous incitent à préserver cette ressource. Il ne doit pas être question de pomper sans mesurer au préalable les impacts environnementaux, mais il ne faut pas non plus avoir des positions trop dogmatiques (ou trop individuelles). L'eau est un bien commun, et si sa consommation au robinet ne peut pas se faire gratuitement, sa marchandisation alimente bien trop d'appétits.

Il nous a semblé évident, à nous quatre candidats écologistes et citoyens sur ce canton d'organiser une réunion publique sur le thème de l'eau. Ce sera à Soubès le lundi 16 mars à 18h30. Quel est l'état de la ressource ? Quels en sont les usages ? Quelle est la qualité de l'eau des nappes souterraines et de nos rivières ? Qu'attendre des structures (privées ou publiques) qui gèrent la ressource et qui alimentent les abonnées en eau potable ? Que penser de la tarification sociale ou saisonnière de l'eau ? Intercommunalités et syndicats mixtes de bassin versant sauront-ils rapidement se coordonner pour gérer les milieux aquatiques et prévenir des inondations ? Le Département continuera-t-il d'être solidaire des communes et de leurs regroupements pour investir dans la réhabilitation et la modernisation de leurs réseaux et de leurs équipements d'adduction d'eau potable ? Voilà tant de questions qui nécessitent que nous en parlions, que nous prenions des décisions et que nous menions les évaluations nécessaires pour améliorer nos orientations et nos pratiques.

Bien évidemment, le permis d'explorer des hydrocarbures conventionnels ou des gaz de schiste sur ce territoire (cf. Permis de Nant) ne doit plus jamais être accordé à quiconque. Il ne manque pas de résidus industriels  qui peuvent polluer nos eaux sur ce territoire pour y ajouter les cocktails de produits chimiques de la fracturation hydraulique !

Ce qui nous guidera si nous sommes élus, et cela vaut bien au delà de la problématique de l'eau, c'est l'écoute et la participation citoyenne. Déjà, une décision politique ne doit pas se prendre sur la seule base des dossiers commandés à des bureaux d'étude, il est indispensable d'écouter les acteurs de terrain. Il vaut mieux interroger un pêcheur sur l'état des rivières ou un vigneron sur l'état des vignes plutôt que de le demander à un ingénieur assis dans un bureau à Montpellier ou ailleurs ... Trop souvent, et nous le voyons avec les conseillers généraux du Tarn à propos du barrage de Sivens, les élus affichent leurs certitudes sans jamais mettre en balance des avantages et des inconvénients. A les écouter, il n'y aurait toujours que des avantages ... Ensuite, un projet éclairé par des avis multiples doit faire l'objet d'une concertation avec les citoyens. En fonction de la taille du projet, la concertation peut concerner les habitants d'un village ou les associations et les professionnels d'un territoire plus étendu, mais si cela doit dépasser les limites d'un bassin de vie, alors il faut faire l'effort d'y mettre les formes. Il est intéressant pour cela de visiter le site web de la commission nationale du débat public (CNDP), avec par exemple la possibilité offerte à ceux qui veulent se faire entendre de pouvoir diffuser un cahier d'acteur.

Mais je ne peux pas achever cette note sans évoquer un sujet vivement polémique sur ce canton, il s'agit de la source des Cents-Fonts sur la commune de Causse-de-la-Selle. Déjà en 2005, quand le Président André Vézinhet avait lancé parallèlement des essais de pompage et des réunions de concertation, j'avais pris position en tant que Secrétaire départemental des Verts de l'Hérault (cf. communiqué de presse de juillet 2005). Dix ans plus tard, les installations d'essai sont toujours en place alors que les études in situ ont démontré que cette source-là ne répond pas du tout aux attentes d'approvisionnement du territoire du Grand Pic Saint-Loup. Pire, les pompages altèrent la qualité du milieu. Aussi, le principe pollueur-payeur nous permettra de plaider au sein de la future assemblée départementale pour que le site des Cents-Font soit remis dans son état naturel de l'époque.

Le sujet de l'eau est passionnant ... et souvent passionné. Mais il doit être abordé avec les acteurs de terrain, sans tabou et avec modestie. Et nous commencerons dès le 16 mars 2015 à Soubès.