Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/07/2018

La Salamane sous haute tension ...

La ligne haute tension de 225 kV qui longe la zone d'activité de la Salamane avait été l'un des arguments des opposants du projet à partir de 2009, mais c'est un facteur de risque que ni le commissaire-enquêteur ni les services de l’État n'a rendu rédhibitoire.

Carte_Geoportail.jpg

Depuis cette époque, la ligne haute tension n'était revenue qu'une fois dans l'actualité communautaire, lorsque qu'il s'est agit, en mars 2013, de vendre à l'entreprise Normand un délaissé de terrain au prix de 1 € HT le mètre-carré, justement pour cause de « servitude électromagnétique du poteau n°2 de la ligne haute tension Fouscaïs de 225 KV qui la rend totalement inconstructible ». Ci-joint la délibération en format PDF.

Salamane_sousèhaute_tension.jpg

Il apparaît sur la photographie aérienne ci-dessus que les entreprises SOCAH et Normand sont à quelques dizaines de mètres de cette ligne haute tension, mais il en est tout autrement pour le lot n°11 que cette ligne survole :

Plan_de_masse_sous_tension.jpg

Alors la France se caractérise par un parti-pris très favorable à l'énergie électrique, d'origine hydraulique et surtout nucléaire, et elle possède le réseau électrique haute tension le plus important d'Europe. A écouter RTE, le gestionnaire national du Réseau de Transport de l’Électricité, il n'y a aucun risque à vivre ou à évoluer à proximité d'une ligne haute tension ; les normes seraient là pour le dire ...

Il n'en reste pas moins que de plus en plus de recherches scientifiques établissent un lien de causalité entre une exposition soutenue aux champs électromagnétiques induits par ces lignes, ainsi qu'aux ondes de basse  fréquence qu'elles émettent, avec des pathologies lourdes comme le cancer (surtout des leucémies), mais aussi des troubles du sommeil, de la mémoire et de l'audition, ainsi que des états dépressifs. Aucun laboratoire ou centre de recherche public n'a jamais été mandaté pour produire une étude sérieuse, et c'est donc le principe de précaution qui doit s'appliquer ; quand on ne connait pas les conséquences d'un procédé industriel, alors on évite de le mettre en œuvre ou de s'y exposer.

Alors on commence à trouver ici et là des préfets courageux qui n'hésitent pas à publier des contraintes, par exemple sur la constructibilité des parcelles survolées, ou encore pour les animaux d'élevage, mais il manque encore une directive gouvernementale et sanitaire claire et nette sur cette question-là. Et si cette note de Rte qui indique des prescriptions réglementaires et des préconisations techniques inviterait presque à l'insouciance, elle précise par exemple que "Sous les lignes aériennes, nous recommandons d’éviter l’aménagement de zones destinées à des chargements, déchargements de matériels ou de matériaux. Si la circulation ou l’utilisation d’engins de levage ou de grande hauteur doit se faire sous les lignes aériennes, nous demandons l’installation d’une signalisation permanente rappelant leur présence".

Concernant les entreprises qui sont installées sur la Salamane à proximité de cette ligne haute tension, voire pour celles qui demain seront sous la ligne, il est essentiel d'informer tous les employés et tous les visiteurs de la présence de cette ligne, et à partir de là c'est à chacun d'apprécier les risques encourus. Certains préconisent de s'éloigner de 1 mètre pour 1 000 volts ; avec une ligne de 225 kV, il faudrait s'éloigner de 200 mètres (cf. note de 2011 sur ce blog très critique sur les lignes haute tension).

Le lot n°11 a fait l'objet de compromis de vente de la CCC avec les entreprises Tamroch (pour des activités de chaudronnerie industrielle), mais aussi Baldare TP et Astruc Matériaux pour de la revalorisation de déchets de bois, d'agrégats ou d'inertes de chantier ... J'espère qu'elles avaient fait une visite sur site avant de signer.

A partir de 2009, le collectif Salamane avait pointé les risques sanitaires liés à la proximité de cette ligne haute tension à 225 kV. C'est désormais à chaque acquéreur et à chaque visiteur des lots concernés de se faire une religion ...

31/10/2012

Réunir la SNCF et RFF, une bien mauvaise idée ...

En 1997, et essentiellement pour des raisons financières, l'Etat avait créé Réseau Ferré de France (RFF) pour gérer le réseau de voies ferrées et pour attacher à ce nouvel établissement public une dette évaluée aujourd'hui à près de 30 milliards d'euros. Depuis 15 ans, la SNCF s'était de son côté recentrée sur les transports et sur l'exploitation du réseau.

Il y a en réalité deux logiques, une logique économique qui conduit la SNCF a se focaliser sur des lignes à forte fréquentation, et en même temps à s'opposer à l'arrivée d'autres opérateurs de transport concurrents, et puis il y a la logique du service public. Au travers de RFF, l'Etat aurait du renforcer le maillage ferroviaire et faire payer les liaisons les plus fréquentées pour assurer la présence du train sur tout le territoire national. La voie ferrée est un moyen de réduire l'émission de gaz à effet de serre en prenant le pas sur l'automobile et sur le fret routier.

Je l'ai déjà expliqué sur ce blog, il est essentiel que les gestionnaires de réseaux soient des compagnies publiques dont les missions permettent d'assurer la disponibilité, la fluidité et surtout la sécurité du réseau. Dans le domaine fluvial, la compagnie des Voies Navigables de France gère un réseau sur lequel transitent des péniches de toute l'Europe. La Direction Générale de l'Aviation Civile gère tous les couloirs aériens du territoire national dans lesquels volent des aéronefs de toute la planète. Le Réseau de Transport Électrique gère le réseau haute et très haute tension, mais l'électricité acheminée provient aussi des pays voisins. Ces sociétés (VNF, DGAC, RTE, ...) jouent un rôle clé pour que des opérateurs (publics ou privés) utilisent leurs réseaux avec des missions de service public.

Aussi, d'apprendre que le gouvernement envisage de créer une nouvelle structure unifiée (rail et transport) sous la houlette de la SNCF est un mauvais signe. Cela ne mettra pas plus de trains sur les rails, la SNCF ayant aujourd'hui une stratégie essentiellement commerciale.

Une initiative plus heureuse, plus visionnaire et plus ambitieuse du gouvernement aurait été de créer un Ministère des Réseaux Publics. Les réseaux électriques, ferroviaires, fluviaux, postaux, aériens, maritimes, télécom, ... posent tous les mêmes questions de fond, avec une distinction claire entre l'infrastructure de transport elle-même et les opérateurs de transport. L'investissement dans ces infrastructures et leur maintenance sont financés par nos impôts ainsi que par une participation des opérateurs qui les empruntent, et l'Etat a donc un rôle essentiel à jouer dans ces secteurs qui permettent aux populations de vivre, de se nourrir, de se déplacer et de communiquer.