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12/11/2016

Poutine à Montpellier et Trump à Béziers, lequel des deux maires ridiculisera-t-il le plus ses administrés ?

Ils sont les maires des deux principales villes du département de l'Hérault, et ils jouent dans la même catégorie, celle de l'outrance en communication politique. Fin octobre, alors que François Hollande avait fait comprendre à son homologue russe qu'il n'était pas le bienvenu à Paris, suite à  l'engagement militaire des russes auprès de Bachar el-Assad dans le siège d'Alep, le maire de Montpellier s'empressait d'inviter Vladimir Poutine dans sa ville. Et Poutine au Clapas, voilà un rendez-vous sans queue ni tête ...

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Mais le maire de Béziers y a peut-être vu là une incitation à la surenchère, car dès l'annonce de l'élection de Donald Trump à la présidence des USA, Robert Ménard l'a invité à venir dans sa ville.

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« Tout ce qui est excessif reste insignifiant » ; cette phrase que l'on prête à Talleyrand insulté par Napoléon, et qu'un Georges Frêche ressassait souvent, est adaptée aux postures altières de ces petits barons de province. Les citoyens de Montpellier comme de Béziers méritent mieux que cette inflation de petites phrases et de provocations très médiatisées. Mais cette communication exacerbée ne sert-elle pas uniquement à nous détourner du fond des dossiers municipaux ? Robert Ménard comme Philippe Saurel seront bientôt à mi-mandat, l'occasion de nous montrer ce qu'ils ont fait pour leur ville en trois ans ... et là, ça ne tiendra pas dans un tweet.

06/05/2015

Hypocrisie, conformisme et fuite en avant d'une classe politique servile ; indignons-nous toujours !

En 2007, alors que j'étais responsable local et départemental de la FCPE, je m'étais joint au combat contre le logiciel Base Élèves. Ce logiciel devait être alimenté par les enseignants de primaire et il devait servir aux services du rectorat ainsi qu'à la mairie où se situe l'école. Le but était de rendre plus efficace une bonne administration de l'école, anticipant les évolutions d'effectifs et donnant aux autorités publiques locales des informations sur les « cas difficiles ». A l'époque à Paulhan, en novembre 2007, j'avais soutenu les enseignants en conseil d'école. Puis j'avais porté le débat au Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), et cela avait suscité une motion du Conseil municipal contre Base Élèves. A l'époque, je n'étais pas élu au Conseil municipal (cf. lien de la Ligue des Droits de l'Homme).

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Alors pourquoi j'évoque ce souvenir ? Parce que le maire de Béziers, Robert Ménard, est accusé aujourd'hui de faire du fichage ethnique des élèves de primaire dans sa ville. Il a indiqué dans l'émission Mots Croisés sur France 2 qu'il disposait de statistiques sur le nombre d'enfants musulmans inscrits dans ses écoles. Et depuis, il est la cible de tous les biens pensants qui le mettent au ban de la République. Or, ce n'est pas lui qui fait du fichage, il ne fait que du comptage sur des fichiers que les gouvernements successifs et que les administrations ont imposé. Ça ne retire rien au caractère intolérable de ces dénombrements, sur le critère de prénoms a consonance musulmane, et qui sont contraires aux valeurs de la République, mais c'est une vraie hypocrisie de la part de ceux qui promeuvent le fichage.

Ceci me permet de revenir sur la loi Renseignement que l'Assemblée Nationale a adopté ce mardi 5 mai, car là aussi il y a de multiples bonnes raisons pour adopter cette loi. Mais dans 10 ans, dans 15 ans ou dans 20 ans, qui sera le Premier ministre qui donnera son feu vert sur des dispositifs de renseignement, et après un simple avis consultatif d'une malheureuse Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR) que les procédures d'urgence court-circuiteront sans complexe ?

Mais surtout, je suis très fâché aujourd'hui que 5 députés écologistes aient voté cette loi (cf. l'analyse du scrutin sur le site de l'Assemblée).

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Nous constatons que les militants écologistes sont de plus en plus dans la ligne de mire des pouvoirs financiers, économiques et politiques. Ils alertent ou ils s'opposent à des projets qui mettent en péril notre santé, notre environnement, la biodiversité et l'avenir de nos enfants, mais au passage ils égratignent quelques puissants intérêts privés. Je l'ai écrit dans une autre note, il y a des pays où les écologistes sont assimilés à des terroristes, et il est évident qu'ils seront des cibles privilégiées pour ces dispositifs de renseignement de masse. Et plutôt que de se battre au Parlement pour que l'on cesse de poursuivre des vignerons bio qui refusent de traiter préventivement leurs vignes avec des pesticides, plutôt que de légiférer sur l'enfouissement des déchets radioactifs du nucléaire civil et militaire, et en bref de peser sur la majorité gouvernementale pour imposer nos propositions, ces cinq-là tournent le dos aux militants pour caresser leurs électeurs et leur partenaire socialiste dans le sens du poil.

Dans l'édition gardoise de Midi Libre de ce lundi, le député EELV du Gard tente maladroitement de justifier son soutien à cette loi. Et il s'enlise définitivement quand il énonce : « Et, contrairement à tout ce que j'ai pu entendre, en protégeant la société, on protège nos libertés publiques. Donc notre liberté. Le problème, c'est que ces services souffrent de leur image ». Quels aveux de servilité ! Il était une époque pas si lointaine où la gauche et les écologistes portaient un projet d'émancipation individuelle ; c'est l'esprit critique, la liberté de penser et de s'exprimer, l'accès aux savoirs et aux connaissances, le droit de suivre son propre cheminement dans la vie, l'opposition intellectuelle et démocratique, ... C'est tout ça qui alimente nos libertés individuelles. Car depuis quand « protéger la société » garantit les libertés individuelles ? Tous les régimes fascistes fondent leur idéologie sur ce paradigme-là. Dans 1984, le roman de George Orwell, le Ministère de la Vérité, le parti et la police de la pensée sont des armes au service du maintien d'un ordre social, territorial et humain ; le tout sous le slogan d'un hypothétique « Big Brother vous regarde »