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21/04/2017

A 48h du premier tour, Mélenchon peut encore se substituer à Le Pen dans le duel de second tour contre Macron

L'analyse des sondages publiés avant le premier tour des élections présidentielles de 1997, 2002, 2007 et 2012 nous enseigne que les tendances observées dans les derniers jours se concrétisent le jour du scrutin.

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Il ne fait plus aucun doute pour personne aujourd'hui que les deux candidats qui iront au second tour de cette élection présidentielle 2017 seront soit Emmanuel Macron, soit François Fillon, soit Marine Le Pen ou soit Jean-Luc Mélenchon. C'est ce que disent les sondages publiés depuis le mois de décembre 2016 (cf. détail des enquêtes d'opinion en version PDF).

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Près d'une centaine de sondages ont été publiés en quatre mois, et tous les instituts de sondage convergent sur les mêmes résultats. Emmanuel Macron est stable autour de 23%, autant sur la totalité des sondages que sur les tous derniers. Ce candidat est original pour les scrutins présidentiels de la 5ème République, hors parti politique, et les algorithmes des instituts de sondage sont peut-être erronés ; cela signifie qu'il peut être stable à 17% comme à 28% depuis le début de l'année. Néanmoins, le bond qu'il réalise en mars suite à l'accord avec François Bayrou semble valider les évaluations des instituts de sondage, le transfert des voix de François Bayrou confirmant le gain observé.

François Fillon est lui aussi très stable, autant sur une durée longue que sur la dernière semaine, autour de 19,5 %. Nous pouvons légitimement porter les mêmes interrogations sur le calibrage des redressements que pour Emmanuel Macron, mais le PenelopeGate est un évènement qui se traduit en chiffres dans les intentions de vote. François Fillon était quand même au dessus de 30% en fin d'année 2016.

Il reste Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, le premier en hausse depuis les débats télévisés et la seconde en baisse dans la même période. Le premier est autour de 19% quand la seconde est à 23% ; un transfert de 2% des suffrages de Le Pen vers Mélenchon peut ainsi inverser l'ordre d'arrivée ...

Mon pronostic pour l'annonce télévisée de 20h ce dimanche 23 avril, surtout avec des bureaux de vote qui ferment à 19h minimum et ce qui réduit le délai donné aux instituts de sondage pour consolider leurs évaluations, c'est que nous n'aurons pas deux mais trois visages à l'image.

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Alors d'ici dimanche, il ne faut pas ménager sa peine pour promouvoir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il est la seule chance pour la gauche et pour l'écologie de ne pas passer sous le rouleau compresseur de la mondialisation financière dans les cinq prochaines années !

03/04/2017

Le 23 avril 2017, on continue comme maintenant, on refait comme avant ou bien on change enfin nos modèles ?

Il est désormais dépassé ce traditionnel clivage gauche/droite, et les affrontements PS contre RPR ou Mitterrand contre Chirac sont à classer dans les archives de notre histoire politique. Le point d'articulation entre ces deux côtés du paysage politique de cette époque-là, c'était le travail et les revenus que l'on pouvait en tirer, comme salarié(e) ou comme actionnaire. Et avec la rémunération du travail, c'est toute une ère de consumérisme qui s'est développée, avec le concept d'Henry Ford mis en œuvre au début du 20ème siècle, à savoir que les ouvriers de ses usines automobiles devaient gagner suffisamment pour pouvoir s'acheter eux-mêmes des voitures ; les gains de productivité générant des gains salariaux qui devaient ainsi alimenter une croissance sans fin. Sur le plan politique, la gauche arguait que c'était le progrès social qui favorisait le progrès technologique et donc l'efficacité économique, quand la droite assenait que c'étaient les fruits du progrès économique qui permettait de financer le pacte social. Ce clivage-là valait à l'échelle d'un bassin de vie, d'un pays comme de toute la planète.

Mais depuis une vingtaine d'année, voire une trentaine, la mondialisation a brisé ce modèle-là. Les marchandises, les personnes et les capitaux voyagent désormais sans frontière, et Henry Ford serait désespéré de voir ses ouvriers de Detroit acheter des voitures importées de Corée du sud ou du Mexique. Le commerce international existe depuis la nuit des temps, mais les marchands vendaient (ou échangeaient) à l'étranger ce que les autochtones n'avaient pas chez eux. Pour nous, le laboratoire de la mondialisation a été la construction européenne ; après que l'Europe Occidentale ait œuvré pour structurer les marchés du charbon, de l'acier, de l'énergie et l'agriculture, et après qu'elle ait rayonné dans le monde entier avec ses industries aéronautiques, chimiques, nucléaires, pharmaceutiques, ... elle a pris le chemin de la délocalisation de ses activités manufacturières. Et l'élargissement de l'Europe était à la fois une volonté politique de permettre à des pays européens de se développer qu'une volonté économique d'optimiser des coûts de production.

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Si je dresse cet état des lieux historique, c'est qu'il justifie à mon avis la fin du clivage gauche/droite dans notre pays, mais aussi dans tous les pays voisins. Aujourd'hui, le clivage oppose la mondialisation au patriotisme, l'Europe à la Nation. Et si les inégalités sociales ont toujours existé, elles trouvaient au sein d'une même société des instruments d'atténuation : des délégués du personnel dans une entreprise, des syndicats dans les négociations de branche professionnelle, des leaders politiques au Parlement, des intellectuels pour porter les éléments du débat. Le traité de constitution européenne (TCE) de 2005 a révélé cette rupture, et le NON du peuple français a été occulté. Or, les français ont une longue culture politique et ce déni de démocratie demeure une plaie non cicatrisée.

Or, il n'est plus possible de continuer à faire comme si, comme s'il suffisait de vouloir copier l'Allemagne ou la Grande-Bretagne pour vaincre le chômage, comme si l'abandon de l'Euro pour un nouveau nouveau franc suffirait à améliorer notre balance commerciale, comme si la fermeture de nos frontières ou un protectionnisme douanier suffirait à créer de l'emploi en France. Il est des peuples qui se sont toujours alignés sur de plus puissants, de plus exemplaires ou de plus convaincants, mais pas la France. Et je ne dis pas cela par chauvinisme exacerbé, mais parce que notre histoire est jalonnée de réussites scientifiques, démocratiques, sociales, industrielles, littéraires, artistiques, sportives, ... qui ont depuis toujours contribué au rayonnement de la France dans le Monde. Et les attentats à Paris en janvier puis en novembre 2015 ont bouleversé tous les habitants de la planète, parce qu'autant il était admis qu'une telle violence aveugle et insupportable puisse sévir dans de multiples pays du monde, autant Paris demeurait un mythe, un havre de paix et un écrin du savoir-vivre à la française. La France est la première destination touristique du monde (plus de 80 millions de touristes étrangers visitent la France chaque année), et personne ne se demande pourquoi ?

Naturellement, l'écologiste que je suis ne peut pas négliger l'impact des activités humaines sur notre environnement, sur nos ressources naturelles, sur les écosystèmes et sur la biodiversité. Il y a là une nécessité vitale de revoir tous nos modèles à l'aune d'une transformation écologique urgente de nos modes de vie, de production, de consommation, de déplacement et d'alimentation. Ou alors tous les 5 ans nous pourrons dire comme celui-là qui tombe du haut d'un immeuble qu'à chaque étage passé « jusque là tout va bien ».

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Dans la séquence politique actuelle, il n'est pas possible d'en appréhender les ressorts si nous ne nous imprégnons pas de tous ces contextes-là. Et réduire notre réflexion politique à la durée du temps de travail, aux marges des entreprises, à la sécurité publique, au progressisme, au réformisme, au nationalisme ou aux errements éthiques de quelques candidats n'est pas à la hauteur des enjeux. Notre culture politique est nourrie d'une histoire remarquable, elle est alimentée par des auteurs et par des philosophes de toutes époques, elle repose sur la pensée moderne et intemporelle des Lumières ; et tout cela ne nous offre pas le luxe de la paresse intellectuelle. Nous sommes collectivement mus par une aspiration à rompre avec le modèle dominant, surtout s'il est oppressant et injuste.

Alors au moment de voter le 23 avril, il faut se demander lequel (ou laquelle) des candidats est apte à porter un tel projet de transformation, voire de rupture. Et si ce vote-là ne porte pas ses fruits le 7 mai avec la désignation du(de la) futur(e) locataire espéré(e) à l’Élysée, il peut germer pour la constitution d'un groupe parlementaire en juin et puis essaimer au-delà pour la recomposition des forces politiques. Personnellement, je crois plus aux messages que nous propageons qu'aux certitudes qui nous confortent dans une certaine vision du monde.

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Il reste trois semaines pour se décider, et c'est assez pour prendre un minimum de recul et réfléchir à ce qui est le mieux pour demain.

30/11/2014

Le Pen / Sarkozy, deux méthodes et deux messages opposés à l'occasion de leur prise de leadership interne

Ce week-end aura été marqué politiquement par l'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP et par celle de Marine Le Pen à la tête du Front National. Mais sur le fond comme sur la forme, ces deux accès au leadership de leur formation politique diffèrent considérablement.

Pour l'UMP, la procédure suivie par les militants était un vote électronique en 24 heures qui a réuni 155.801 suffrages. Nicolas Sarkozy obtient 64,5% de ces suffrages, devant Bruno Le Maire avec 29,18% et Hervé Mariton avec 6,32%. Mais cette élection ne conforte pas Nicolas Sarkozy dans un rôle de patron incontesté de l'UMP, et les prochains mois lui imposeront de composer avec de nombreux cadres de sa famille politique.

Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

Au FN, c'est par un vote par correspondance que les militants ont apporté leur suffrage à l'unique candidate au poste de président(e) du parti ; Marine Le Pen a recueilli 22.312 voix, et donc 100% des suffrages exprimés. Elle est donc reconduite dans son second mandat de présidente du FN, et elle incarne le rôle de patronne incontestée tout en poursuivant la mainmise du clan Le Pen sur cette formation.

Embrassade lors du congrès du FN, à Lyon.Crédits photo : © JEFF PACHOUD / AFP

Et si Nicolas Sarkozy a ponctué cette accession à la présidence de l'UMP par deux brèves apparitions (à son local de campagne samedi soir et au 20h de TF1 dimanche soir), celle de Marine Le Pen était inscrite à l'ordre du jour du XVème Congrès du Front National à Lyon ; et elle a enflammé une assistance galvanisée par un discours très politique, à la tribune avec tous les cadres de son parti.

Personne ne connait aujourd'hui le programme de Nicolas Sarkozy ; il est revenu parce ce que c'était soi-disant son devoir et une nécessité pour la France, mais sa courte campagne à cette investiture interne n'a rien dévoilé de nouveau. Et pourtant, il dit qu'il a changé ... Cette élection a le goût de l'inachevé, de l'incertain et il y aura encore de nombreux épisodes à ce feuilleton. Et puis l'UMP ne semble faire écho qu'à des problématiques sociétales et urbaines, très loin de ce qui préoccupe les français qui vivent loin des métropoles. A l'inverse, Marine Le Pen a ressassé dimanche après-midi les thèmes stratégiques du Front National : la mondialisation, l'Europe, l'immigration, la République, la laïcité, le social et la démocratie. Elle dit représenter le peuple et elle attaque : « Messieurs Sarkozy et Hollande, vous avez tout raté ! Messieurs Sarkozy et Hollande, il vous a été confié un trésor, la France ; un diamant, son peuple ; et vous avez abîmé l’un et abandonné l’autre », dénonce-t-elle.

Bref, Marine Le Pen va dérouler tranquillement sa feuille de route pour la présidentielle de 2017 alors que Nicolas Sarkozy s'apprête à suivre un parcours semé d'embuches. Elle affirme qu'elle sera au second tour de cette présidentielle-là, et elle y sera très certainement. Elle rejette ce système qui divise, qui appauvrit et qui inquiète la majorité des français, et elle est pour cela en phase avec l'opinion. De son côté, Nicolas Sarkozy n'est que l'un des hérauts de ce modèle dominant.

La présidentielle de 2017 verra certainement s'affronter un représentant du système et un représentant de l'anti-système. En France, c'est Marine Le Pen qui incarne majoritairement cette opposition, alors qu'en Espagne par exemple c'est la formation Podemos qui représente l'alternative au système. Le Front National se cantonne dans une contestation nostalgique qui se nourrit de clivages opportunistes, Podemos ouvre des pistes nouvelles pour changer de modèle. C'est aussi ce que propose l'écologie politique, mais elle pâtit de l'attitude de ses représentants politiques qui peinent à échapper à l'arène nationale.

Personnellement, j'estime que les pouvoirs doivent se reprendre localement, à l'échelle des bassins de vie et en coordination avec les territoires voisins, le tintamarre parisien tient plus du spectacle que de la vie réelle ...