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28/05/2015

Sécurité routière - Si même la police et la presse ne prennent pas la mesure des drames humains ...

Il y a des émissions de radio qui ravivent nos neurones, qui remplissent leur mission d'informer et d'alimenter notre esprit critique quelle que soit leur catégorie (divertissement, chronique, reportage, débats, ...), mais ce soir à 18h au journal de France Inter, je me demande si la journaliste ne faisait pas autre chose que de lire un texte. La journaliste Laetitia Gayet évoquait dans son journal un accident survenu tôt ce matin à Paris, un accident de la circulation mettant en cause deux policiers ivres qui ont tué un livreur de pain . Comment cette journaliste a-t-elle introduit cette nouvelle dans son journal ? Par un bref exposé qui se concluait par « Cet accident illustre le relâchement sur la route, ... ».

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Et après que sa consœur Lorélie Carrive a narré les faits plus en détail, la journaliste Laetitia Gayet a repris son journal en ajoutant que « L'histoire de ces deux policiers n'est qu'une dramatique histoire parmi d'autres au regard de la sécurité routière, ... ». Non !

Non, cet accident de la route n'est pas un accident comme les autres. Il implique deux fonctionnaires de police qui sont soumis à des devoirs plus exigeants vis à vis de la loi que pour tout autre citoyen. Ces policiers doivent se conformer à un code de déontologie qui insiste sur leurs devoirs de probité, de discernement, d'impartialité, de neutralité ainsi que d'exemplarité. L'article R434-14 de ce code de déontologie précise, pour le policier ou le gendarme, que « Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toute circonstance d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération ».

France Inter s'est peut-être auto-censuré sur ce flash d'infos, ou peut-être d'autres journaux ont-ils traités cet incident avec moins de détachement, mais il n'est pas possible de glisser comme ça sur l'irresponsabilité de ces policiers, et sur le discrédit qu'ils portent sur l'une des plus importantes institutions de la République. Et les autres policiers qui faisaient la fête cette nuit seront-ils entendus pour avoir laissé leurs collègues prendre la route dans un état d'ébriété évident ? Aujourd'hui, un patron de boîte de nuit ou de débit de boisson est tenu pour responsable s'il laisse un client prendre la route alcoolisé. Et on peut même être poursuivi si un ami ou un parent a provoqué un grave accident de la route en quittant une soirée ou un dîner bien arrosé.

En banalisant le statut de ces deux policiers, en mêlant leur délit aux statistiques de la sécurité routière, en évoquant « une dramatique histoire parmi d'autres » et en calquant leur comportement sur un relâchement généralisé des usagers de la route, la journaliste Laetitia Gayet ne fait pas son métier de journaliste. Au même moment où la sécurité routière intensifie ses campagnes de sensibilisation, et qui nous concernent tous, des policiers censés représenter cette mobilisation plus que tout autres la sabordent complètement. Et cette journaliste ne semble pas prendre la mesure de leur responsabilité ... ni de la sienne :=(

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