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31/10/2016

L'appétit d'urbanisation de la métropole de Montpellier se heurte à la réalité économique ...

Le contournement de Nîmes et de Montpellier (CNM) par une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse, et qui plus est une ligne mixte permettant aux trains de marchandise de ne plus passer dans les gares de centre-ville, voilà un projet qui était économiquement viable, bénéfique pour l'environnement et innovant ; beaucoup plus de fret pourrait transiter par le rail au lieu de passer sur les autoroutes. Ce CNM coûtera 1 757 M€ et sa réalisation passe par un partenariat public-privé (PPP) concédé à Oc'Via, un consortium lié au Groupe Bouygues. Le chantier sera livré en octobre 2017, et les trains pourront alors emprunter ces nouvelles voies ferrées.

Mais pour alléger un peu la facture, SNCF Réseau (ex-RFF) qui investit 323 M€ (soit 18,3% de la facture totale) a proposé aux collectivités locales, à savoir les agglomérations de Nîmes et de Montpellier, de placer des gares nouvelles sur cette ligne qui ira jusqu'à Perpignan et Barcelone. La gare nouvelle de Nîmes-Manduel coûtera 95 M€ et celle de Montpellier-La Mogère coûtera 135 M€, mais les deux agglomérations y ont vu là une formidable opportunité d'étendre leur aire urbaine, d'y attirer des entreprises et d'y construire des logements. Pour les élus des deux agglomérations, cet étalement urbain était synonyme de développement économique, de croissance démographique et donc de leadership territorial.

Car ce n'est pas un simple projet de contournement qui a été formalisé, mais trois projets complémentaires ; les conventions de financement ont été signées le 25 avril 2012 entre La Région Languedoc-Roussillon, RFF, l’État (au travers de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France), le Conseil général du Gard, l'agglomération de Nîmes et l'agglomération de Montpellier. Mais cet appétit d'urbanisation galopante ignorait totalement les nombreuses études, les autres expériences de gare excentrée, ... parce que les élus de Nîmes et de Montpellier ont totalement occulté la dimension "transports", pour n'y voir que des outils d'aménagement urbain.

A Montpellier, c'est l'ancien président de l'agglomération Jean-Pierre Mourre qui avait décidé d'un futur quartier d'affaires, le quartier Oz, dont la gare TGV était l'une des composantes majeures. Le président de la CCI de Montpellier André Deljarry se projetait comme le futur gérant des 350 000 m2 de bureaux, ainsi que du futur campus de Sup de Co. La plaquette publiée en 2013 par l'agglomération de Montpellier témoigne de cette gloutonnerie d'aménagement urbain, projet contre lequel le candidat Philippe Saurel était vent debout au moment des élections de 2014 (cf. plaquette).

Or, en 2013, le gouvernement avait déjà reporté sine die le projet de ligne nouvelle de Montpellier à Perpignan (LNMP) ; ce projet évalué à 6,3 milliards d'euros n'a pas été jugé prioritaire, car il n'y a pas à moyen terme de risque de saturation de l'infrastructure actuelle. Et trois ans plus tard, c'est SNCF Mobilités qui anéantit tous les rêves des édiles de Nîmes et de Montpellier. Le 26 octobre en réunion du comité de suivi du contournement à grande vitesse Nîmes-Montpellier, la SNCF a annoncé qu'il n'y aurait pas plus de 2 TGV par jour dans chaque sens, dont un Ouigo pour Marne-la-Vallée, et ceci pendant au moins 18 mois.  Et pour la gare de Nîmes-Manduel, la douche était encore plus froide, avec une date de livraison reportée à 2023 et une fin de non recevoir pour une troisième voie permettant à des TER de relier la gare de Nîmes centre.

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La réalité, c'est que le trafic TGV stagne en France depuis 2008, et malgré l'ouverture de la ligne nouvelle Rhin-Rhône (LN7) en 2011. En 2012, la SNCF a enregistré 122 milliards d'unités de trafic, soit autant qu'en 1980 (121 milliards d'unités de trafic) ; car si 2 000 kilomètres de lignes à grande vitesse ont été mises en service pendant cette période, la hausse du trafic voyageur n'a pas compensé la chute du trafic de marchandises. Aussi, mettre en service de nouveaux équipements tels que des gares TGV loin des centres-villes ne ferait que renchérir le coût des billets, déjà fortement concurrencés par les lignes de bus et par l'avion.

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La présidente de la Région Occitanie a pris la bonne décision, à savoir d'arrêter les frais (inutiles). La Région a déjà mis 6 M€ sur la gare de la Mogère, mais Carole Delga a décidé de geler les 26 M€ qu'elle devait ajouter pour achever le chantier ; elle poursuit ce moratoire conclu avec ses partenaires écologistes en début de mandat, et tant que la SNCF ne proposera pas que cette gare nouvelle serve réellement à accueillir des TGV en nombre suffisant pour garantir sa pérennité. C'est le 14 décembre prochain que Carole Delga présentera sa feuille de route pour le rail dans notre région, et l'accent sera mis sur les lignes secondaires, ces lignes que les participants aux États généraux du rail et de l'intermodularité (EGRI) ont plébiscité, des lignes qui  assureront des dessertes du quotidien et de proximité !

Il reste néanmoins une gare en construction à la Mogère, cette gare que le maire de Montpellier s'émerveillait de voir "pousser" depuis son bureau. En juin 2016, Philippe Saurel portait un projet alternatif à celui de son prédécesseur, le quartier urbain de la Mogère (60 ha au lieu des 300 ha du quartier Oz de J-P. Moure). Et Philippe Saurel de préciser à propos de la gare TGV : «  La gare est quasiment terminée ! La dalle est réalisée, les murs latéraux sont faits, les poutres sur le toit sont mises, les murs anti-bruit sont faits, les rails arrivent ! Le problème n'est pas la gare de la Mogère, mais son usage. Elle a été a été prévue dans l'ensemble du Contournement Nîmes-Montpellier, avec une autre à Nîmes-Manduel. Le contrat prévoit 20 TGV par jour à la Mogère en 2020. Mais à ce jour, le permis de construire de la gare de Manduel n'a pas été déposé ni l'accord pour son financement trouvé. Le ministre Vidalies confirme son soutien au projet. Mais si la gare de Manduel ne se fait pas, ce sera un scandale national ! Si cette gare arrive seulement en 2022, qu'est ce qu'on fait de La Mogère ? On ne fait pas une gare de 135 M€ pour regarder passer des trains de fret ! L'agglomération a financé la gare de la Mogère à hauteur de 100 M€. Je demande que les délais prévus au contrat soient respectés. J'ai demandé à Christian Fina (directeur général des services, NDLR) de saisir nos avocats car si le contrat n'est pas respecté, je pourrais alors demander le remboursement des 100 M€ auprès de la Région, de RFF et de l'État. Je souhaite que nous n'en arrivions pas là, donc il convient d'accélérer les travaux de Manduel ». La plaquette présentée le 15 juin 2016 par Philippe Saurel rivalise d'imagination avec celle de son prédécesseur sur le quartier Oz (cf. plaquette).

Les travaux de la gare sont presque achevés et ce sont près de 800 mètres de voies en gare qui permettront aux trains de marchandise de stationner. A partir de là, on peut imaginer des options de développement plus conformes au transport de marchandises, avec des entreprises de logistique et peut-être des investissements favorables au ferroutage.

06/10/2015

Construire des parkings inondables, mais si c'est (encore) possible

Voilà une étrange décision d'un préfet que d'accorder un permis de construire en zone inondable pour la future gare TGV de la Mogère, au sud de Montpellier. Un collectif et de nombreux mouvements dénoncent ce projet dont la gare n'est que le germe ; la métropole de Montpellier y voit là son nouveau puzzle urbain.

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Dans l'interview qu'il donne à TV Sud, le prefet de l'Hérault précise que : « S'agissant de l'inondabilité, il y a de fait une petite partie du parking, donc pas du tout une zone habitée, qui se trouve potentiellement dans une zone inondable telle que nous-mêmes l'avons repéré dans le PPRI ». Est-ce vraiment sérieux ? Vous imaginez celles et ceux qui laissent leur voiture pour un déplacement à Paris ou à Lille et qui reviennent le soir pour voir leur voiture inondée ? Et vous pensez que les assurances vont continuer à rembourser des dégâts prévus ? Et puis les drames de ce week-end dans les Alpes-Maritimes montrent bien que même des parkings peuvent devenir des pièges mortels.

Ce projet Gare Sud de France dont le préfet vient de signer le permis de construire est au cœur d'un plus vaste projet urbain : Oz Montpellier Nature Urbaine, projet porté par Jean-Pierre Moure quand il présidait l'Agglomération de Montpellier. Tout cela est dans le prolongement de l'idée fixe de Georges Frêche de voir Montpellier rejoindre la mer ... Mais qu'ils se rassurent tous, avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau de la mer, le sud de Montpellier aura bientôt les pieds dans l'eau.

Aujourd'hui, les victimes et les observateurs des conséquences terribles des inondations côtières pointent la responsabilité des services de l’État et des collectivités locales pour leurs décisions prises il y a 20 ou 30 ans. Et c'est donc dans 20 ou 30 ans, quand des drames surviendront sur ces zones-là que nous nous demanderons qui a autorisé ce type de développement urbain, là en zone inondable.

Il n'y a pas si longtemps encore, mais la tradition remonte à la nuit des temps, les anciens construisaient toujours en hauteur, pour prévenir des attaques guerrières, mais aussi pour se mettre à l'abri des risques naturels. Ce type d'urbanisme ancien a donné naissance dans notre région aux villages en circulade, avec un habitat très dense, mais qui est aussi synonyme de plus grande cohésion sociale. Évidemment, construire à flanc de colline coûte plus cher que de poser des légos en plaine, ces bâtiments parallélépipédiques qui se construisent en quelques semaines. Toujours le moindre coût à très court terme ... et personne pour penser les territoires aménagés un demi-siècle plus tard.

Je l'ai certainement raté, mais j'imagine que ces projets vont créer de l'emploi, non ? Imparable !

26/07/2015

Philippe Saurel, plus Bonaparte que Jaurès ?

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C'est à la fin du mois de juin que le maire de Montpellier, Philippe Saurel, a publié un essai intitulé « Réparer la République » (Éditeur Privat). Mais ce manifeste est aussi l'expression d'un projet politique que Philippe Saurel veut porter aux élections régionales après l'avoir validé aux municipales puis aux départementales.

Étant moi-même candidat aux régionales de décembre 2015, la lecture du livre de Philippe Saurel était un exercice obligé. J'avoue que j'ai abordé cette lecture avec un a priori plutôt positif, ayant suivi avec attention les initiatives de Philippe Saurel à la mairie de Montpellier, et son premier bilan d'étape lui est assez favorable (cf. note du 20 juin). Une première différence entre nous est notre relation aux partis politiques ; il a quitté un Parti Socialiste moribond en 2013 quand je continue de militer au sein d'EELV.

Dans son livre, Philippe Saurel consacre en effet de nombreuses pages aux partis politiques ; il les confronte à la « politique de projets » qu'il promeut et à laquelle ces derniers auraient renoncé pour des intérêts bien moins nobles. Nul doute que le divorce entre Philippe Saurel et le Parti Socialiste, dans le contexte pré-électoral des municipales de Montpellier en mars 2014, a été une séparation difficile dont il conserve de vifs griefs. Par ailleurs, son avis sur les partis politiques se fonde principalement sur son parcours au sein du Parti Socialiste, un parti qui ne produit plus de projet depuis fort longtemps et qui se contente d'exister dans le jeu stérile des alternances démocratiques.

Mais l'obsolescence d'un système justifie-t-elle de le condamner définitivement ? Est-ce qu'au contraire il ne faut pas essayer de moderniser et d'améliorer ce système ? Et d'ailleurs, Syriza comme Podemos que Philippe Saurel cite fréquemment dans son essai ne sont-ils pas une réponse à ce constat négatif sur le fonctionnement des partis politiques traditionnels ? La contestation citoyenne des indignés espagnols n'a-t-elle pas finalement pris la forme d'un parti politique ? Ce même parti, Podemos, qui vient de remporter les municipales à Madrid, à Barcelone et dans d'autres villes d'Espagne.

Et qu'aurait été le parcours politique d'un Jean Jaurès sans les partis politiques, lui qui participe à la création du Parti Socialiste en 1902 puis à la création de la SFIO en 1905 ? Philippe Saurel reproche aux partis politiques d'être dogmatiques, mais l'opposition dogmatique entre Jean Jaurès et Jules Guesdes dans l'affaire Dreyfus est loin d'être futile, elle révèle au contraire l'humanisme que Jean Jaurès plaçait avant la lutte des classes.

 

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N'est-ce pas le pacifisme dogmatique de Jean Jaurès qui lui a coûté la vie ? Aurait-il du occulter ce volet-là de son militantisme politique pour être beaucoup plus un homme politique « de projets » ?

Et c'est par un sophisme que Philippe Saurel rebondit : « les citoyens rejettent de plus en plus les partis politiques aux élections » et « sa démarche a rencontré du succès aux élections municipales puis aux départementales », il en découle donc que « Philippe Saurel propose une alternative qui elle seule pallie les carences d'un système politique sclérosé ». Mais ce qui manque dans cette démonstration, ainsi que dans le livre, c'est la présentation d'orientations politiques ; ou ne serait-ce que d'indiquer qu'elles sont essentielles. Car le Président de la Métropole explique que dans l'exercice de son mandat il « prend » des projets du Front de gauche, qu'il « prend » des bonnes propositions de l'UMP et du centre, et qu'il « prend » aussi les propositions pertinentes du PS ; ça fait un peu " cocktail de circonstance ", mais ça ne structure pas un projet politique sur la durée d'un mandat.

La liberté qu'il revendique aujourd'hui, en dehors des partis politiques, mais avec les partis politiques qui vont dans le sens de l'intérêt général, n'est pas un argument suffisant. Et en citant Étienne de la Boétie dans son Discours de la servitude volontaire, Philippe Saurel reprend à son compte la revendication d'une liberté qui s'oppose à la soumission, d'une volonté qui provoque la tyrannie. Mais La Boétie a écrit cet essai au 16ème siècle, dans un monde où la servitude était un héritage. Aujourd'hui, et vis à vis de la République, peut-on parler de servitude ?

Mais ce qui ressort principalement dans l'essai de Philippe Saurel, c'est l'amalgame entre une bonne gouvernance et une orientation politique pour laquelle le peuple délègue sa souveraineté. J'adhère au triptyque transparence, proximité et modernité ; je suis favorable au tirage au sort des délégués des Conseils de quartier, pour « éviter le copinage », et j'ai un regard très positif sur les 18 premiers mois des mandats de Philippe Saurel, mais il manque dans son ouvrage un chapitre sur la légitimité démocratique des orientations stratégiques du mandat. Parce que se contenter d'un discours de la méthode et de la bonne tête de l'édile conduit plus souvent à la démagogie qu'à la démocratie.

En réalité, Philippe Saurel porte seul son projet. Et s'il est entouré de nombreux émules qui promeuvent sa démarche, le système formalisé dans ce livre ne constitue toujours qu'une démarche personnelle. Et quand il répond à la critique « Saurel est isolé », c'est par un : « comptez le nombre de personnes qui ont voté pour moi, quelle que soit leur appartenance politique ... ». Le chapitre consacré au territoire trahit la portée de cette démarche, « son parti politique, c'est le territoire », mais qui reste très localisé sur Montpellier. Car il est très insuffisant de vouloir « revenir à une pratique simple de la politique, organisée en fonction des hommes et des territoires et non en fonction des intérêts politiques des uns ou des autres, en un mot ne pas être inféodé aux chapelles politiques ». Cela suffit pour animer un Parlement des territoires, mais pas pour présenter aux citoyens à l'occasion d'une campagne électorale un projet de mandat.

Or, voilà un différend que j'ai avec Philippe Saurel, dans ce qu'il appelle la « République des communes », et qu'il confronte à la « République d'en haut », celle du gouvernement. Oui, les élus locaux ont à la fois une légitimité démocratique et une proximité citoyenne qui permet d'en faire des relais adéquats pour une politique territoriale, mais on ne peut pas occulter la République, celle que des citoyens ont instaurée en 1792 et qui depuis deux siècles est un modèle unique au monde. Unique, oui, car aucun autre pays ne place la liberté d'expression et la laïcité au même niveau que nous. Il ne faudrait pas oublier la République des « Nous sommes tous Charlie ! ».

En parallèle, Philippe Saurel insiste sur la démocratie qui s'exprime au travers des réseaux sociaux, inscrivant le mandat des élus dans un schéma de démocratie directe. Mais on connait le travers de cette forme de démocratie, elle a été théorisée sous le mandat de Nicolas Sarkozy : " un fait divers, une émotion et donc une loi ! ". Il est là le risque d'une prise directe des élus sur les réseaux sociaux, celui d'exercer son mandat au rythme des émotions. Par ailleurs, d'écrire que « le nouvel outil de la démocratie est le numérique » ou que « la nouvelle citoyenneté est celle des réseaux sociaux », c'est en exclure tous ceux qui ne vivent pas dans le monde virtuel du Web ; il y a ceux qui ne sont pas de cette génération-là, ceux qui n'en ont pas le temps et tous ceux qui refusent cet asservissement-là. Et la loi Renseignement que vient de valider le Conseil constitutionnel devrait dissuader les citoyens les plus attachés à leurs libertés de s'y épancher sans limites. Car, si Internet est une formidable ouverture sur le monde, les réseaux sociaux n'ont-ils pas quelques défauts ? Ils sont par exemple le meilleur vecteur de propagande des mouvements djihadistes ... mais dans une dimension moins extrémiste, ils permettent à des petits malins de profiter des confessions des usagers pour en faire de mauvais usages.

La citation de Philippe Saurel que j'ai découverte dans la conclusion du livre : « en marchant, on fait le chemin » (de Antonio Machado) fait écho à une autre que je cite souvent : « je marche pour savoir où je vais » (de Goethe). Nous nous accordons-là sur le fait que les certitudes, que les projets, bref que les plans tirés sur la comète sont des projections très incertaines de l'avenir. Combien de Présidents de la République et de Premiers ministres ont affiché le projet de renverser la courbe du chômage ? Mais cela ne m'empêche pas, bien au contraire, d'affirmer des valeurs, des principes et des orientations politiques majeures pour faire ce cheminement politique ; et de s'en donner les moyens !

Je suis un élu militant écologiste, et je trouve dans l'écologie politique des orientations qui structurent ma façon d'aborder les politiques publiques des assemblées où je suis élu ; et ça alimente mon action militante. Je pâtis moi aussi de la mauvaise image que véhiculent quelques leaders d'EELV, alimentant comme le décrit longuement Philippe Saurel la « perversion de la vie politique en fonction d'intérêts propres », mais nous sommes des milliers de militants à partager un même projet politique, sans compter tous les sympathisants et tous les associatifs qui se mobilisent pour un autre monde. Sur le capitalisme, sur la démographie, sur le consumérisme, sur l'énergie, sur l'alimentation, sur le matérialisme, sur la biodiversité, sur les ressources naturelles, ... j'ai des convictions qui sont publiques, sur lesquelles je communique et qui étayent mes interventions publiques.

Voilà ce qu'il manque dans le livre de Philippe Saurel, mais peut-être est-ce l'objet d'un prochain livre du même auteur ... J'estime que les citoyens ont besoin de savoir sur quels fondamentaux se bâtira le mandat d'un futur élu. Et si dans mon cas je suis "interchangeable" avec d'autres élus écologistes, quel autre élu(e) pourrait porter un même projet que celui que porte Philippe Saurel dans les mandats qu'il occupe, ou qu'il veut occuper ?

En conclusion, si Philippe Saurel est bien un acteur politique remarquable ici en Languedoc, c'est dommage qu'il donne plus de lustre à son " tiers bonapartiste ", conquérant, plutôt qu'à son " tiers issu de Jaurès ". Plus fidèle à l'esprit de Jaurès, il pourrait alors s'investir dans l'unité des formations politiques qui satisfont son "tiers anarchiste ", c'est à dire anti-système.