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19/02/2012

L'Assemblée Nationale au chevet de l'Europe ... Ou plutôt l'Europe asservissant les démocraties ?

Mardi 21 février, l'Assemblée Nationale va débattre du texte adopté en décembre dernier à Bruxelles, texte qui institue le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Télécharger le document (format PDF - 138 Ko).

Tous les Parlements de la zone Euro doivent ratifier ce texte qui met en place un outil financier sensé aider les Etats en difficultés. Ce MES s'appuiera sur un pactole de 700 milliards d'euros, mais ce n'est qu'une base de départ et le MES pourra augmenter ce budget. Les Etats membres de la zone Euro devront alimenter la caisse commune de façon irrévocable et sans condition, selon une clé de répartition fixe ; les plus gros contributeurs sont l'Allemagne (27,1%), la France (20,38%) et l'Italie (17,9%).

Mais la lecture du pacte instituant ce MES donne le vertige. La zone Euro crée une nouvelle institution financière, et le texte parle de dividendes, de gouverneurs, d'immunité, etc. Bref, ce MES est une banque de d'investissement au fonctionnement totalement opposé aux valeurs de l'Europe ; les peuples et les démocraties doivent obtempérer à cette dictature financière.

Non, ce n'est pas cette Europe là qu'il faut construire ! Mais contre qui se retourner ? Merkel, Sarkozy et leurs collègues passent en force. Nous avons constaté comment en Grèce puis en Italie les Gouvernements ont été infiltrés par les technocrates fidèles à Goldman Sachs, sous couvert d'une nécessaire politique d'union nationale ...

La solution ? Tout d'abord remettre le Parlement Européen à la place qui lui revient ; c'est lui qui a la légitimité démocratique ! Et puis il faut aller plus loin vers un véritable budget européen alimenté par la contribution des Etats mais aussi par une fiscalité européenne. Enfin, il faut reprendre la construction là où Jacques Delors l'avait laissée, en dotant l'Europe de vraies instances démocratiques de gouvernance et en lançant de grands projets structurants sur l'habitat, sur les énergies, sur les transports, sur l'industrie et sur l'environnement.

Bon, si déjà on vire Sarko, on va obliger sa copine Angela à mettre un peu d'eau dans sa bière ...