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14/06/2013

François Hollande place la barre très bas en vue des prochaines européennes de 2014

La nuit dernière à Bruxelles, à l'issue d'une réunion de plus de onze heures, les chefs d'Etats et de Gouvernements des 27 pays membres de l'Union Européenne ont donné mandat à la commission pour démarrer (ou plutôt poursuivre) des négociations avec l'adminsitration US pour aboutir à un accord de libre échange.

Je vous invite à lire la lettre ouverte que ATTAC avait envoyée à Madame Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, afin de l'alerter sur les risques inhérents à un tel accord commercial. Il n'y a rien à y ajouter.

La France peut s'enorgueillir aujourd'hui d'avoir écarté les activités culturelles du périmètre des négociations, mais cet accord est quand même un abandon de ce qui fait toute notre histoire, toute notre culture gastronomique, toute la beauté de paysages et de lieux qui font de la France la première destination touristique mondiale et de façon générale notre modèle du vivre ensemble. Demain, une entreprise américaine pourra attaquer une municipalité ou un Département parce qu'elle (il) a confié à une association le soin d'organiser une programmation sportive.

Le communiqué d'ATTAC, ci-dessous, est là aussi à la hauteur des enjeux, pour nos enfants, pour notre morceau de planète et pour l'avenir des 7 milliards d'humains qui voient le poids grandissant des multinationales dans leur quotidien.

Il y aura en juin 2014 une élection pour élire les députés européens, ce sera alors le moment de se mobiliser pour dire NON à ces accords de libre-échange qui n'intéressent réellement que le dernier centile des rémunérations en France.

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Accord transatlantique : fin de l’exception démocratique

Communiqué de presse commun Attac – Aitec (15/06/13)

Les ministres européens du commerce ont donné mandat à la commission européenne pour négocier un partenariat avec les États-Unis, portant sur le libre-échange des biens, des services des capitaux, et surtout sur la suppression des normes et réglementations qui porteraient préjudice au commerce et à l’investissement des entreprises. La France a porté le principe de l’exception culturelle, qui pour l’instant et de manière très confuse, se trouve exclue des négociations, avec possibilité de rouvrir le dossier. Le processus est donc lancé.

Les gouvernements ont accepté de négocier leurs choix agricoles et alimentaires,  les services publics, les droits sociaux, les normes financières, les choix énergétiques et climatiques. Ils ont accepté de renoncer à la capacité politique de construire démocratiquement des normes, des règlements, et de la transférer aux entreprises et aux tribunaux ad hoc qui jugeront des litiges entre les entreprises, les États et les collectivités territoriales.

Comme nous avons su le faire au moment de l’Accord Multilatéral de l’investissement, au moment de l’ACTA, nous refusons l’engagement dans un tel processus, et nous appelons à une mobilisation très large des mouvements sociaux et des élus, parlementaires et élus locaux, pour faire connaître ce processus qui se réalise dans l’opacité sur la plus totale et pour l’arrêter. Nous travaillons dans le même sens avec nos réseaux européens et internationaux.

Attac France et AITEC,

A Paris, le 15 juin 2013


Décidément, François Hollande ne cesse de poursuivre le mandat de son prédécesseur, sans que rien ne puisse plus distinguer les politiques de l'un et de l'autre. Et c'est assez frustrant puisque le 6 mai j'avais moi-même voté pour "le changement c'est maintenant" :=(

26/04/2013

Libre-échange transatlantique, l'Europe s'égare ...

Les médias en parlent peu et les politiques sont tout aussi discrets sur le sujet, à savoir l'accord de libre-échange transatlantique entre les États-Unis et l'Europe. Sous l'impulsion de l'administration américaine et de la commission européenne, l'objectif est de faciliter les échanges commerciaux en vue de doper la croissance économique des deux côtés de l'atlantique.

Mais derrière cette vertueuse intention où on parle de nouveau de libre concurrence, tous les secteurs marchands sont concernés. Et si la France a bloqué le processus sur la culture, ce sont des pans entiers de nos libertés et de nos droits qui vont se marchandiser. Je pense par exemple aux données numériques que des firmes US veulent exploiter à des fins commerciales. Mais il s'agira aussi de lâcher du lest sur nos droits sociaux et sur la réglementation du travail, tout ça dans une optique libérale. Là où l'OMC a échoué, Obama et les dirigeants européens (Barroso et Van Rompuy) veulent avancer vite.

Le député européen Yannick Jadot donne sur son blog des explications plus détaillées :

Y_Jadot.jpg

Le site Mediapart associe à la réaction de Yannick Jadot celle de Jean-Luc Melanchon (cf. article), et les deux eurodéputés insistent légitimement pour que l'Europe se consolide plutôt que de se vendre au plus offrant. Que ce soit Nicolas Sarkozy qui ait encouragé l'avènement de ce nouvel ordre mondial, ça ne surprend pas ; mais que l'actuel gouvernement "de gauche" reste sur la même ligne est totalement déroutant.