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26/01/2017

La commune de Paulhan dit unanimement NON au pompage de centaines de milliers de mètres-cubes d'eau dans le fleuve Hérault

logo_paulhan.jpgLe Conseil municipal de Paulhan a adopté à l'unanimité ce soir une motion qui s'oppose à ce que le projet de domaine immobilier touristique à Montagnac se réalise dans des conditions aussi dévastatrices pour la ressource en eau de tout le territoire de la Vallée de l'Hérault. Le Conseil municipal a donné mandat à son maire, M. Claude VALERO, pour aller formaliser cette opposition dans le cahier d'enquête publique.

Ci-après le texte de la motion (en version PDF) : motion_captage_Lavagnac.pdf

Le débat autour de cette motion a donné lieu à une proposition alternative concernant la ressource en eau, c'est celle de réaliser des retenues collinaires. C'est un procédé bien connu des agriculteurs, mais il semble totalement ignoré des ingénieurs et des bureaux d'étude.

Et comme l'ordre du jour du Conseil municipal avait un point concernant le débat sur le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) de notre Plan Local d'Urbanisme (PLU) qui est en cours de révision générale, nous allons nous rapprocher de la commune d'Aspiran, elle aussi en train de réviser son PLU, afin que nous puissions inscrire des retenues collinaires pour les espaces agricoles entre nos deux communes. Ces terres ne sont pas irriguées par BRL, alors qu'elles constituent un potentiel agronomique inexploité.

En tous cas, une action de résistance n'est pas toujours qu'un statu quo, et nous prouverons que l'on peut remplacer NON par AUTREMENT.

05/03/2016

Quels usages de l'eau en Coeur d'Hérault ?

Se tenait hier en fin d'après-midi à Aumelas une réunion publique du collectif Lavagnac. Ce collectif animé par Jean-Claude Poncé, l'ancien maire d'Aumelas, a pour objet de faire partager de l'information sur les impacts du projet de golf à Lavagnac sur la ressource en eau. Il y avait dans la salle des élus locaux, des agriculteurs et des citoyens désireux d'en savoir plus, et soucieux d'un usage économe et responsable de l'eau.

Sur le projet de golf, avec son hôtel de luxe et son lotissement de pavillons pour résidents fortunés, il s'agit bien maintenant d'une réalité. Toutes les autorisations ont été données et plus rien ne s'oppose à la réalisation du projet tel qu'il a été conçu. Le représentant de la confédération paysanne, Thierry Arcier, a rappelé le déroulé de ce projet qui n'aura été finalement que peu combattu. René Moreno, nouvel élu régional et toujours président de la cave coopérative de Montagnac a informé l'assistance qu'il avait écrit noir sur blanc dans les registres des commissaires-enquêteurs son opposition au projet. Pour le Département, Christophe Morgo indiquait que sa collectivité n'avait pu émettre que des réserves, faute d'argument vraiment opposable.

Mais un préalable accompagnait ce projet de golf, c'est qu'il ne prendrait pas une goutte d'eau dans le fleuve Hérault. C'est du Bas-Rhône ou de Aqua Domitia que devait venir cette eau, mais les élus présents hier à Aumelas nous ont informé que Aqua Domitia était saturé et que le projet avait été largement sous-dimensionné au regard des besoins en irrigation agricole. Les 10 000 ha de terres agricoles prévues au départ sont en deçà des besoins nouveaux.

Sur Aqua Domitia, le projet décidé en 2012 se composait de maillons indépendants, depuis le maillon Nord-Ouest de Montpellier au maillon Minervois, et en passant par un maillon Val d'Hérault qui avait pour but "de répondre aux besoins agricoles, de sécuriser l'adduction en eau potable et de soulager le fleuve Hérault, tout en pointant l'utilisation accrue du Salagou".

 Télécharger la plaquette qui présente les décisions de la Région Languedoc-Roussillon et de BRL.

Mais il n'y a plus de maillon Val d'Hérault (cf. description) dans le projet en cours de réalisation ; il y a désormais un maillon Nord Gardiole qui pourra irriguer 500 ha de terres agricoles.

2013_feader_legende_950.jpg

Et pour pourvoir 4000 ha de terres irrigables supplémentaires, BRL a prévu d'autres ouvrages pour lesquels il n'existe aucune documentation en ligne. Juste une carte :

ouvrages_brl_2013_rhr_feader_04_950.jpg

Alors quelles ressources et quels partages possibles ? Pour le partage, c'est Christophe Vivier, directeur du syndicat mixte du bassin du fleuve Hérault qui a expliqué hier aux participants quel rôle majeur était celui de la commission locale de l'eau (CLE). Il s'agit là de ce qu'il appelle un "Parlement de l'eau", l’État ayant délégué à ces CLE la mission de décider comment devait se partager la ressource en eau à l'échelle d'un bassin versant, entre l'équilibre naturel des milieux et de la ressource, l'adduction en eau potable, les usages agricoles et tous les autres usages divers. Aujourd'hui, cette CLE pour le bassin versant du fleuve Hérault est inopérante car elle attend la désignation des délégués de la Région :=(

Pour la ressource, la question du Salagou a été abordée. Le Département a réalisé une étude sur la capacité du lac à pourvoir le fleuve Hérault en eau, sans trop nuire à sa nouvelle destination touristique, mais le rapport n'a toujours pas été rendu public. Le conseiller régional René Moreno a défendu lui la réalisation de retenues collinaires (comme à Sivens), mais il ne se rend pas compte du morcellement des terres cultivées et des difficultés qu'il y aurait à réaliser un réseau de distribution d'eau brute. Même si chaque village avait sa retenue collinaire, qui financerait la réalisation du réseau ? BRL ? La Région ?

Mais le principal questionnement porte sur l'urbanisation de nos territoires. Thierry Arcier (Conf. Pays.) a très justement indiqué que le projet de golf était un projet urbain sur des terres agricoles, prévu dans les documents d'urbanisme de la commune de Montagnac. Et il est paradoxal que nous ayons en chantier un Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Cœur d'Hérault pour lequel la question de l'eau est complètement occultée. Or, le territoire du Cœur d'Hérault coïncide pour une grande partie avec celui bassin du val d'Hérault :

BRL_Val_Herault.jpg

Alors que les trois intercommunalités du Cœur d'Hérault vont prendre au 1er janvier 2018 des compétences majeures sur l'eau (compétence sur la gestion des milieux aquatiques et sur la prévention des inondations GEMAPI, compétence sur l'eau potable, compétence sur l'assainissement des eaux usées) et qu'elles sont réunies dans l'élaboration d'un SCOT qui s'imposera à tous les projets d'urbanisation. Le SCOT doit être conforme au schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) pour le fleuve Hérault, lui même conforme au schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse qui est lui même conforme à la directive cadre sur l'eau (DCE) de l'Europe :

ordre_regles_eau_plu.jpg

Alors pourquoi ne pas inscrire un chantier "usages de l'eau" dans le cadre de l'élaboration du SCOT du Cœur d'Hérault ? Surtout qu'en décalant à 2020 sa date de validation, nous avons un peu de marge pour nous consacrer à ce volet essentiel d'aménagement durable du territoire du Cœur d'Hérault.

Il y a des territoires "responsables" qui ont placé la gestion de l'eau au cœur de leur projet d'aménagement, car ils ont anticipé depuis longtemps que la pression démographique en même temps que la pollution des milieux naturels ainsi que le réchauffement climatique soient des paramètres incontournables pour prévoir un aménagement durable et responsable.

Pour beaucoup de monde, rien ne peut avancer sans une personnalité ayant une vision pour l'avenir d'un territoire ; c'est le syndrome Georges Frêche, Gérard Saumade ou encore Marcel Vidal. C'est d'ailleurs Marcel Vidal qui s'opposa obstinément à un projet de golf sur le Salagou (cf. question écrite au gouvernement). Je pense au contraire que les citoyens ont conscience de ces enjeux, mais qu'il leur manque les espaces de débats et de concertations pour formaliser leurs réflexions. Les élus doivent être leurs porte-parole.

26/01/2013

Le Coeur d'Hérault grignotté à l'est par l'aire commerciale de Montpellier et à l'ouest par l'aire touristique de la Méditerranée !

La ZAC de la Salamane est la première avant-garde d'une économie qui déborde de l'aire de Montpellier, elle grignote des terres agricoles pour y implanter le long de l'autoroute des dépôts de marchandises, des complexes commerciaux et d'autres entreprises liées à la logistique.

coeur_herault.JPG

Mais voilà que l'aire touristique du littoral méditerranéen grignotte désormais sur le coeur d'Hérault pour y attirer des touristes un peu à l'étroit en bord de mer. Et c'est encore une avant-garde avec le domaine de Lavagnac sur la commune de Montagnac ; ce projet porté par un investisseur britannique est longtemps resté en stand-by avant que tout récemment un groupe immobilier parisien, épaulé par le Groupe Vinci et financé par une banque du Qatar, ne lui redonne vie. Interviewé par Midi Libre cette semaine, le Maire de Montagnac nous a donné les caractéristiques de ce projet : "Quant au château de Lavagnac, également, le projet est sorti de la léthargie dans laquelle il avait été plongé, il y a quelques années ! Là aussi, une promesse de vente a été signée, le 19 décembre dernier. Le projet est donc rentré dans sa phase concrète et active. « Tous les obstacles juridiques, financiers ou comptables ont été levés. Malgré un changement d'orientation de la part des repreneurs, le projet n'a pas été remis en cause ». Le château devrait devenir un hôtel haut de gamme de 70 chambres, un restaurant, un spa, un golf 18 trous ainsi qu'une résidence touristique de luxe de 663 unités d'hébergement. Les travaux débuteront sous peu".

Ces projets commerciaux et touristiques qui artificialisent nos meilleures terres agricoles vont aussi épuiser nos ressources en eau ! Le Syndicat Mixte du Bassin du Fleuve Hérault (SMBFH) s'est déjà positionné contre ce projet à Lavagnac, car ses besoins en eau (brute ou potable) ne peuvent pas être satisfaits par le fleuve Hérault.

Ci-joint deux cartes qui présentent le potentiel du fleuve Hérault en matière de ressource en eau (cliquez sur les cartes pour les agrandir) :

  

ressources_prelevements_herault.JPG

  

Etiages_prelevements_herault.JPG

Le projet Aqua Domitia porté par BRL et par le Conseil Régional se compose d'un maillon "Val d'Hérault" qui passe justement à Lavagnac ... Mais ce "tuyau" destiné principalement à l'irrigation a-t-il vocation à apporter de l'eau à des touristes ?

1-maillonvalherault-avecnappesv4-460px.jpg

Mais comme pour la ZAC de la Salamane sur Clermont l'Hérault, ce type de projet ne créera pas d'emploi pérenne. Ces projets offrent des "petits boulots" et font travailler les sociétés d'intérim, mais ils ne permettent pas à des habitants de notre territoire de se former et de valoriser leur savoir faire.

Je le maintiens, il faut développer l'agriculture ! Avec l'économie agricole, nos territoires seront plus résilents et il y aura de l'emploi à la clé. Et ce sera un enjeu majeur du SCoT Coeur d'Hérault dont l'élaboration va prochainement démarrer.