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15/03/2017

Clôture de la ZAC de la Barthe

Logo_CCC.jpgC'est un sujet que j'ai déjà abordé ici deux ou trois fois, à savoir de clôturer le budget annexe de la ZAC de la Barthe pour permettre à des opérateurs privés d'aménager les 4 hectares de foncier encore cessibles. Les coûts de viabilisation de la Communauté de communes (CCC) étant rédhibitoires, la CCC abandonne ici sa principale mission statutaire, à savoir d'aménager l'espace pour promouvoir le développement économique sur le territoire communautaire. Mais dans la délibération du 15 décembre 2016 de la CCC qui adoptait ce processus de clôture, il était précisé : « La commune de Paulhan qui accueille cette ZAC sera consultée avant la suppression de la ZAC ». Aussi, en commission des moyens généraux le 1er mars, j'ai fait part de mon étonnement que le Conseil municipal de Paulhan n'ait jamais eu ce point-là à son ordre du jour. Il m'a été répondu que je confondais la procédure budgétaire (qui relève de la CCC) et la procédure urbaine dans laquelle la commune de Paulhan est légitime à modifier ses documents d'urbanisme. Sauf que quoique décide la commune de Paulhan, si la CCC n'y met plus un sou, alors qu'importe que cette ZAC figure encore dans les documents d'urbanisme de la commune.

Cette délibération ce soir mettait fin à plusieurs mois de tergiversations de la part des services communautaires, mais il donne surtout un mauvais signal à tous les promoteurs qui voudraient s"implanter sur notre territoire du Clermontais. Une commune qui a quelques dizaines d'hectares sur son territoire peut les inscrire dans son PLU comme des zones à urbaniser pour des activités économiques et en confier l'aménagement à un opérateur privé ...

Et plus concrètement pour Paulhan, c'est le renoncement de la puissance publique à organiser l'aménagement de son territoire. C'est un échec, c'est un aveu d'impuissance et j'ai voté contre.

12/07/2016

CC du Clermontais, l'avenir est ailleurs ;-)

Ce soir en assemblée communautaire, deux délibérations portaient sur la ZAC de la Barthe à Paulhan, la première pour réduire le périmètre de la ZAC, et permettre ainsi à l'enseigne Carrefour de s'étendre sans être sous maîtrise d'ouvrage communautaire (et donc payer moins cher sa viabilisation), la seconde pour vendre une parcelle sur la Salamane à un artisan installé sur la Barthe. C'étaient deux délibérations au travers desquelles j'ai interrogé sur le soutien qu'apportait la Communauté de communes au développement économique sur Paulhan. J'ai développé moult arguments, mais la seule réponse que j'ai obtenue de la tribune de l'exécutif a été d'essayer de me salir.

Le premier a été Claude Revel, maire de Canet et vice-président délégué à la prospective territoriale, qui a dénoncé le fait que pendant le mandat précédent où j'étais maire-adjoint délégué à l'urbanisme j'aurai délivré des permis de construire sur la Barthe pour que se construisent des villas et des piscines, et donc que je n'aurai rien fait pour l'attractivité de cette zone d'activité artisanale, bien au contraire. Le second est Claude Valéro, maire de Paulhan et vice-président délégué à la jeunesse, ajoutant que j'étais élu à l'époque avec celui qui était président de la Communauté de communes, et que je devais donc balayer devant ma porte avant de critiquer ... Bien évidemment le Président Lacroix n'a pas souhaité arbitrer ce déballage et mes dénégations sont passés à la trappe.

Ce blog me permet de rétablir la vérité, publiquement, et surtout d'échapper à la petitesse des échanges que nous avons habituellement en conseil communautaire.

Pour répondre à Claude Valéro, je tiens à lui préciser que le Président de la communauté de communes à l'époque où j'étais maire-adjoint à Paulhan s'appelait Alain Cazorla, et que je n'entretenais pas avec lui des relations suffisamment privilégiées pour que nous fassions ensemble de la ZAC de la Barthe autre chose qu'un outil au service du développement économique local.

Pour réponde à Claude Revel, je tiens à lui préciser que pendant le mandat où j'étais adjoint délégué à l'urbanisme, j'ai signé 297 permis de construire. Et sur la ZAC de la Barthe, j'en ai signé 13 dont un a été retiré par la suite ; on tombe à 12. Parmi ceux-là, il y a un hangar et un local professionnel pour la société de terrassement Lavini (Lot n°11), une ouverture pour une porte de service sur le lot n°5 où sont implantés Ecologik Bureau et Chapus SARL, une ouverture en façade pour le bâtiment de la Communauté de communes où le centre de tri postal loue ses locaux, deux pour le même entrepôt rue du maréchal-ferrant (lot 18-4), un pour des travaux d'aménagement dans le bâtiment qui abrite La feuille d'érable, un pour le Carrefour contact, un pour le Point S, trois pour le même projet de transformation d'un garage en restaurant (la Table de Jenny), et enfin un pour un hangar qui n'a jamais vu le jour sur le lot A1, à l'angle des rues du bourrelier et du charron.

Car Claude Revel a insisté en Conseil communautaire qu'à l'époque il était vice-président en charge du développement économique, et qu'il a été témoin de cette urbanisation de la ZAC de la Barthe où il s'était fait n'importe quoi ... Et d'ajouter que cette ZAC était un gouffre financier pour l'intercommunalité. Quel rapport avec moi qui n'était pas encore élu quand cette ZAC a été créée ? Quel rapport avec moi qui n'ai jamais signé aucun de ces permis de construire qui selon lui dénaturent la vocation économique de cette ZAC ? Aucun. Aucun et aucun. Mais via des amalgames et des raccourcis historiques, depuis la tribune de l'exécutif, il est tellement simple de dénigrer son contradicteur.

Pour les élus présents ce soir en assemblée communautaire, les propos de ces deux membres éminents de l'exécutif intercommunal ne peuvent absolument pas être mis en doute ; ils savent nécessairement de quoi ils parlent, et pour ma part je ne suis que l'empêcheur de tourner en rond. L'emmerdeur ... Le paroxysme de cette arrogance élitiste a été atteint quand j'ai informé mes collègues que j'avais pris contact avec la société de Paulhan qui envisage de quitter la ZAC de la Barthe pour s'installer à la Salamane ; Claude Revel m'a carrément interpellé par un "de quoi il se mêle ..." ! Un artisan de ma commune envisage de la quitter pour s'installer à Clermont l'Hérault, et il me serait interdit de le contacter pour connaître ses motifs ???

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Nous sommes au 21ème siècle en République française, mais il existe encore des élus locaux qui administrent leur territoire depuis leurs tours d'ivoire (en position de domination), et en ne voyant les rapports aux uns et aux autres qu'au travers d'accords quasi féodaux. Ils sont ancrés dans une démocratie représentative qui ne laisse aucune place aux débats, à la participation citoyenne ou à la recherche d'innovations. Le conformisme est leur dogme, le statu quo est leur rempart et tout contradicteur est un parasite. Et ils ne demandent pas à leurs administrés de penser ou de réfléchir, mais simplement de les croire ...

Alors de tels cénacles sont-ils à fréquenter ? Oui, car cette aristocratie-là n'aurait plus de limite si l'opacité devenait la règle. Et puis il s'agit quand même de la souveraineté populaire qui ne leur est que déléguée, le temps d'un mandat, et dont ils doivent rendre compte. Ce soir dans le public, Wilfried Bonnet assistait à la séance ; il est le représentant de la société SPM6 qui porte de gros projets d'aménagement sur la Salamane. Et il fait désormais tellement partie du décor que sa présence au buffet ne dérangeait personne ; excepté moi qui y voit-là un lobbying décomplexé. Lors de la séance précédente, j'avais plaidé que pour nous conformer à la loi MAPTAM il faudrait nous doter d'un Conseil de développement, c'est à dire d'un espace de concertation avec les citoyens et avec tous les acteurs économiques et associatifs locaux. J'avais reçu un "oui on s'en occupe ...". Aussi, pour le reste de ce mandat, je m'abstiendrai d'intervenir en séance (pour guère plus de trente interlocuteurs), je vais m'économiser et ainsi avoir plus de temps pour débattre directement avec les citoyens.

15/04/2016

L'économie touristique peut créer de l'emploi, mais ce n'est pas vraiment la préoccupation de nos élus intercommunaux :=(

Le 23 mars en commission des affaires générales, et alors que nous abordions le budget annexe de l'office de tourisme intercommunal, j'ai interpellé mes collègues sur l'évaluation de cet outil que constitue le réseau des points d'information du Clermontais. En effet, nous avons là un budget annexe avec 380.975 € en fonctionnement pour 2016, en hausse de 8,3% par rapport à 2015, et avec une subvention d'équilibre provenant du budget général de 286.675 € (en hausse de +11% par rapport à 2015). Et lorsque nous avons un service qui dépend aux trois-quarts du budget général, budget dont nous cessons de dire qu'il faut le réduire à tout prix, il est légitime de se demander si le choix de mettre autant d'argent dans l'office de tourisme est à la hauteur du retour sur investissement. Car elle est là la particularité de ce budget annexe, c'est que l'argent qu'on y met doit créer de la valeur ajoutée.

Et il y a deux éléments que j'ai développés en commission. Tout d'abord, il y a le millefeuilles des interventions publiques qui fait que l'on ne sait pas mesurer les effets produits par chacune ... Le Clermontais gère les offices de tourisme, le Pays Cœur d'Hérault et le Département mettent des moyens sur la promotion touristique, et la Région assure la formation des professionnels du tourisme. Mais alors, qu'est-ce qui influence le plus significativement la fréquentation des campings, des restaurants, des hôtels, des festivals, des chemins de randonnée, des bâtiments historiques, des sites classés, etc ? Est-ce un office de tourisme ? Est-ce le label "Vignobles et Découvertes" du Pays Cœur d'Hérault ? Est-ce le site Web d'Hérault Tourisme ? Et puis les touristes préparent leurs vacances ou leurs escapades touristiques depuis chez eux, longtemps à l'avance. Hérault Tourisme a ainsi mis en ligne une application mobile pour Smartphone et pour Tablette, Cirkwi, qui permet de télécharger ses circuits de vacance. Explorer les ressources des nouvelles technologies pour promouvoir notre territoire et ses atouts est donc une priorité.

Le 30 mars, en Conseil communautaire à Cabrières, j'ai repris les mêmes arguments pour justifier mon abstention sur ce budget annexe (télécharger le rapport au format PDF). Et le seul argument qui m'a été rétorqué est que les offices de tourisme connaissent une forte affluence, sont très utiles pour guider les visiteurs et que de plus en plus de professionnels deviennent des partenaires de l'office de tourisme intercommunal (cf. rapport d'activité de l'office intercommunal du Clermontais pour 2015). Mais rien sur le retour sur investissement de l'effort réalisé par le Clermontais en matière de tourisme ... Car quand la commune de Clermont l'Hérault réussit à trouver un repreneur pour le camping du Salagou, elle pourra mesurer au fil des années si son choix améliore la fréquentation du lieu (cf. article de Midi Libre). De même pour un festival comme celui de Mourèze, le rôle de la commune est majeur car elle met en place les infrastructures et les équipements qui assurent le bon déroulement de la manifestation ; elle peut mesurer au fil des éditions si ses choix sont pertinents.

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Mais de façon générale, les structures intercommunales n'ont pas la culture de l'évaluation. Habituées à dépenser [sans compter], elles continuent à suivre le même rythme de dépenses sans trop se poser de questions. Et le 7 avril en commission tourisme, certains de mes collègues m'ont attribué la volonté de vouloir fermer les offices de tourisme ! Tout simplement parce que j'avais demandé la semaine précédente en Conseil communautaire quels seraient les effets sur la fréquentation des structures touristiques si nous fermions un office de tourisme ... Ce n'était juste que l'exposé d'une équation dont les offices de tourisme sont les variables. Et quel est le résultat si la variable "Offices de tourisme" vaut 0, 1, 2, 3, ... ? Mais mes collègues n'avaient cure de poser des équations, ils considèrent que c'est bien que le Clermontais, que le Pays Cœur d'Hérault et que le Département financent la promotion touristique, et sans se préoccuper de savoir ce que chacun doit y mettre, car notre territoire attire des touristes et que le résultat est évident.

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Et dans mon élan, j'ai posé le même débat en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault le 8 avril alors que nous avions à l'ordre du jour une convention de partenariat pour les actions touristiques du Pays (cf. texte de la convention au format PDF). J'ai réitéré que je n'avais aucun doute sur le fait que les agents de nos collectivités étaient efficaces et qu'ils apportaient un concours utile aux professionnels de notre territoire, mais alors que le texte de la convention débute par "définir le rôle respectif de chacun dans ce projet collectif", puis de "mutualiser les moyens et de réaliser des économies d'échelle", mes collègues n'ont su me répondre une fois de plus qu'il ne fallait pas remettre en cause les offices de tourisme. C'est là une approche très manichéenne qui ne laisse aucune place à l'optimisation des moyens réellement mis en œuvre.

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Ce que je regrette à l'issue de cette séquence de réunions intercommunales, c'est que remettre en cause un système est impossible. Et il ne s'agit même pas de vouloir s'en passer, mais simplement de l'évaluer pour l'améliorer ; et c'est un tabou.

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Et puis nous oublions trop systématiquement pourquoi nous siégeons dans ces assemblées et pourquoi nous votons l'usage des impôts de nos concitoyens ; nous dépensons ces contributions en multipliant les annonces et les publications, mais ces structures intercommunales qui ont une vocation économique prioritaire permettent-elles de créer des emplois et de la richesse ? Combien d'emplois dans le tourisme sur le Clermontais ? Combien sur le Cœur d'Hérault ?

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Pôle emploi vient de publier les besoins en main d’œuvre (BMO) pour l'année 2016. Et que constatons-nous pour notre bassin de vie, justement celui du Cœur d'Hérault, c'est que sur les 1 975 projets de recrutement, il y en a 25% qui sont liés aux activités touristiques (artistes, serveurs de café et de restaurant, employés de l'hôtellerie, cuisiniers, vendeurs de produits alimentaires, ...). Voilà un indicateur intéressant. Et l'équation à poser revient à mesurer comment les apports des uns et des autres font augmenter cet indicateur-là ! Alors je ne dis pas qu'il faut faire des mathématiques pour orienter nos politiques économiques, mais faisons au moins l'effort de mesurer ce que nous faisons et surtout de ne pas oublier pourquoi nous le faisons. Et si les budgets annexes du Clermontais pour l'aire d’accueil des gens du voyage, pour le Centre aquatique ou pour le théâtre répondent à des objectifs radicalement différents, nous sommes avec le tourisme sur une filière économique qui ne doit pas échapper aux exigences de création de valeurs ajoutées, de création d'emplois et de développement durable. Dans l'article que Midi Libre consacrait à l'ouverture du camping de Clermont l'Hérault, il était annoncé l'embauche de 15 saisonniers cet été, mais aussi que les travaux de rénovation et d'agrandissement ont fait travailler des entreprises locales et que les touristes bénéficieront d'activités ouvertes sur l'extérieur du camping.

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Notre rôle d'élu(e) ne se cantonne pas à des discours et à de la promotion facile, nous avons le devoir d'améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, et ça passe pour moi par la création d'emplois.  Mais pour ça, il faut évaluer nos potentiels, nos contraintes et faire des choix stratégiques. Et il faut cesser de tout miser sur la ZAE de la Salamane qui n'a guère créé plus d'une quarantaine d'emplois. Le Président Lacroix nous a aussi annoncé en Conseil communautaire qu'il voulait clore cette année le budget annexe de la ZAE de la Barthe à Paulhan, et donc sortir du périmètre environ deux hectares de parcelles appartenant à la CCC et non encore aménagées ainsi que deux autres hectares de parcelles privées (cf. plan ci-après).

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Il y a là derrière le magasin Carrefour Contact de Paulhan ces quatre hectares de foncier non aménagés que la Communauté n'a pas réussi à commercialiser ... Pour mémoire, nous n'aurions pas ce Carrefour Contact à Paulhan si le maire de Paulhan Bernard Soto, avec Claude Gil, n'avait pas recherché lui-même cette enseigne. Et il y a derrière la Barthe les sept hectares de la ZAE de Vareilhes, que Jean-Claude Lacroix qualifie [à juste titre] de réserve foncière pour un projet de développement économique, mais qui semblerait destiné à l'implantation d'une ferme de panneaux photovoltaïques au sol, c'est à dire à zéro emploi :=(

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