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17/01/2016

Les chiffres de la croissance démographique en Coeur d'Hérault

L'INSEE a publié récemment les nouveaux chiffres de la population basés sur les enquêtes de 2013, et ils révèlent en Cœur d'Hérault des disparités remarquables. Entre 2008 et 2013, la population du Cœur d'Hérault est passée de 70 567 à 77 975 habitants, soit une hausse de 10,5% et une croissance de 1 482 nouveaux habitants chaque année.

En France, la croissance démographique pour la même période a été de 2,5% et de 5,7% en Languedoc-Roussillon. Alors où vont se fixer ces nouveaux habitants, qu'ils soient nés sur le territoire ou qu'ils soient de nouveaux arrivants ? Et comment les 77 communes du Cœur d'Hérault sont-elles impactées par cette forte croissance démographique ?

Les tableaux ci-dessous présentent les données de l'INSEE par communauté de communes :

Clermontais Vallée de l'Hérault Lodévois-Larzac

CCC.jpg

CCVH.jpg

CCL&L.jpg

Ci-joint les données globales au format Excel : tableau.xls

Ce qui saute aux yeux, ce sont quelques communes dont la croissance est vertigineuse : 47% à Usclas-du-Bosc,  41% à Puilacher, 37% à Soumont, 34% à Brignac, 31% à Ceyras, etc. Et en même temps, les grosses communes du territoire contiennent leur croissance, avec seulement 2% à Lodève et autour de 12% à Gignac, Saint-André de Sangonis et Clermont l'Hérault.

Ces chiffres témoignent d'un très large étalement urbain qui grignote les terres agricoles. De petites communes rurales s'ouvrent à l'urbanisation, en périphérie de leur centre ancien, alors que les plus grosses villes sont souvent freinées par le prix du foncier, par la saturation foncière ou par les exigences du plan local d'urbanisme.

L'A75 et l'A750 structurent fortement cette croissance démographique, mais ce n'est pas exclusif. On trouve dans les plus forts taux de croissance des communes assez éloignées des grands axes routiers ; Salasc et Roqueredonde ne sont par exemple pas les communes les plus accessibles, et elles attirent certainement des personnes qui ont moins besoin d'aller à Béziers ou à Montpellier tous les matins.

Reste que cet accroissement remarquable de la population pose des questions structurelles pour l'emploi, pour le logement, pour les établissements scolaires, pour l'offre de soin, pour le commerce, etc. Ces chiffres témoignent de l'urgence à disposer d'outils d'aménagement du territoire à l'échelle du Pays Cœur d'Hérault. Le SCOT est à la fois une démarche et un document qui va aider les acteurs locaux (élus, organismes publics, professionnels, ...) à mieux anticiper ces arrivées de population, mais il faut aussi faire évoluer (quand ils existent) les programmes locaux de l'habitat (PLH) et les schémas de mobilité.

On peut qualifier la croissance démographique sur le Cœur d'Hérault d'anarchique, car chaque Conseil municipal voit midi à sa porte. Mais quand arrivent les questions de carte scolaire, de desserte par les transports en commun, de désert médical, de ressource en eau potable, ... on a alors l'impression d'avoir mis la charrue avant les bœufs :=(

07/08/2013

Pour le premier trimestre 2013, l'INSEE pointe la stagnation de l'activité économique en Languedoc-Roussillon

C'est par une note de conjoncture économique que l'INSEE a dressé la situation du travail et de l'emploi en Languedoc-Roussillon pour le premier trimestre 2013. Midi Libre s'en est fait l'écho en fin de semaine dernière en déclinant plus particulièrement les données pour le département de l'Hérault qui est le second département métropolitain, après les Pyrénées-Orientales à subir le plus fort taux de chômage : 15% !

C'est l'économie présentielle qui pâtit de la conjoncture, l'économie présentielle étant liée à la consommation des ménages et des entreprises présentent sur le territoire régional. Le chômage croissant et le pouvoir d'achat qui manque d'oxygène incitent les personnes à faire des économies plutôt qu'à consommer. Cela se répercute d'ailleurs sur les dépenses énergétiques, ce qui permet paradoxalement de réduire le volume des importations extérieures.

Le secteur du bâtiment pâtit du ralentissement des constructions et des rénovations, et ce secteur perdra des milliers d'emplois en Languedoc-Roussillon cette année. A l'inverse, trois secteurs résistent mieux, il s'agit du tourisme (hébergement & restauration), de l'agro-alimentaire et des services aux entreprises. Cela permet dans l'Hérault de stabiliser l'emploi salarié, mais pas l'intérim.

Graphique_5.png

Avec un taux de 15%, l'Hérault confirme sa très mauvaise position à l'échelle nationale, mais c'est surtout sa croissance en un an qui est alarmante (ce taux était de 13,9% au premier trimestre 2012). Les personnes de plus de 50 ans et celles inscrites depuis plus d'un an à Pôle Emploi sont les plus touchées par le chômage, et ces situations sont stigmatisantes.

L'emploi intérimaire est au plus bas en Languedoc-Roussillon (à l'inverse de la situation nationale), aggravant ainsi le bilan de l'emploi global. Or, l'intérim constitue un sas pour les entreprises qui commencent d'abord à y recourir avant d'embaucher et qui s'en séparent avant de licencier des salariés. Ces mauvais chiffres de l'intérim sont un signal d'alarme pour l'emploi en Languedoc-Roussillon.

Le Coeur d'Hérault se situe dans la moyenne du département de l'Hérault, et on peut donc estimer à 15% le taux de chômage pour les catégories A, B et C inscrites à Pôle Emploi. Mais cet indicateur écarte les personnes en formation et il ne prend pas en compte tous ceux qui sont à la recherche d'un emploi sans être inscrits à Pôle Emploi, essentiellement les moins de 26 ans.

En tous cas, ces éléments tirés de la note de conjoncture de l'INSEE me confirment que l'emploi en Coeur d'Hérault doit être tiré par l'agriculture et par le tourisme. Et comme le Coeur d'Hérault est déficient dans ces secteurs, il y a donc un potentiel de travail important à exploiter et des emplois non délocalisables et peu qualifiés à pourvoir.