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14/03/2012

Hollande et Sarkozy attaquent sur les ailes ... alors que l'issue est au centre.

Cette tactique est opportune au football, car en jouant sur les ailes on écarte le jeu et on se donne plus d'opportunités pour se démarquer, mais elle est très risquée dans cette compétition électorale pour la Présidence de la République. Au foot, il n'y a qu'un seul joueur qui marque le but ; pour la présidentielle, ce sont des dizaines de millions de Français qui vont voter.

François Hollande a fait de la finance son principal ennemi, et sa proposition phare de taxer à 75% la part des revenus supérieure à un million d'euros illustre un repositionnement à gauche. Par conséquence, il donne du crédit au discours de Jean-Luc Mélenchon qui dépasse désormais le seuil des 10% dans les sondages.

Nicolas Sarkozy inscrit la plupart de ses propositions dans le champs de la protection de la Nation, se donnant lui-même le rôle de sauveur, et il multiplie les attaques contre une Europe permissive. Au final, il braque les projecteurs sur les thèses du Front National et Marine Le Pen en bénéficie dans l'opinion.

Et c'est très étrangement le centre qui est abandonné par les deux favoris de cette élection. Or, c'est le centre qui va arbitrer l'élection ! Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen voteront respectivement très majoritairement pour François Hollande et Nicolas Sarkozy ; en quoi cela sert-il donc les deux favoris du 22 avril d'aller vers ces électorats ? Par contre, le premier des deux qui ira vers François Bayrou en tirera bénéfice pour le second tour.

Si François Bayrou renouvèle entre les deux tours son choix de neutralité exprimé en 2007, alors il rend l'issue du scrutin très aléatoire. La gauche (NPA+LO+FG+EELV+PS) obtiendra entre 42 et 45% le 22 avril quand la droite (UMP+FN) sera dans la même fourchette. Ce sont donc les 10 à 15% de François Bayrou qui feront la différence, et il est donc très risqué d'attendre le 23 avril pour convaincre cet électorat.

28/10/2010

Avec le décès de Georges Frêche, une page se tourne en Languedoc-Roussillon

Je ne pouvais pas laisser cette semaine s'achever sans mettre un mot sur le décès de Georges Frêche dimanche dernier. J'ai fait la campagne des régionales de 2004 dans le staff de Georges Frêche, comme salarié des Verts Languedoc-Roussillon, et puis j'ai passé près de 2 ans au Conseil Régional comme chargé de mission du groupe des élus Verts. Georges Frêche était un personnage inoubliable, une figure politique complètement marginale dans le paysage aseptisé de la politique française, et il avait cette faconde méridionale qui transformait toutes ses interventions en une scène irréelle. L'annonce de sa mort m'a ému, surtout qu'il avait parcourru les plateaux de télévision en septembre, avant de partir voir Gorbatchev en Bulgarie et d'aller trois semaines en Chine et en asie. Rien ne pouvait laisser prévoir cet arrêt en plein élan.

Mais le départ de Georges Frêche n'est pas sans conséquence sur l'avenir de la gauche en Languedoc-Roussillon. Les conseillers régionaux ont déjà montré l'exemple en s'accordant sur le nom du successeur ; j'espère que les autres grandes figures socialistes de la région sauront tourner la page. Aucun parti à gauche n'a rien gagné à ces années de luttes intestines au sein du PS, chaque camp mettant les autres partis en position inconfortable de juge de paix.

La situation politique nationale est insupportable. Après les retraites, Sarkozy va s'attaquer à la santé et puis à la fonction publique. On le sait, il veut réduire les dépenses de l'Etat et des collectivités territoriales pour mettre tous les services publics entre les mains du privé. On a tous lu comment son frère allait récupérer les vestiges du système de retraites avec le soutien financier de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) pour promouvoir de la retraite par capitalisation. La gauche a l'obligation de s'y opposer collectivement, et ce sont aujourd'hui le Parti Socialiste et les Ecologistes qui doivent engager des partenariats stratégiques, que ce soit pour les sénatoriales de septembre 2011 (le sénat peut basculer à gauche), ou pour les législatives de 2012.

Ce décès est donc porteur d'émotion et d'espoir, l'image de Georges Frêche allant encore longtemps nous accompagner.