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29/09/2012

Pourquoi le pacte budgétaire européen est-il rejeté par les écologistes ?

La sortie tonitruante de Dany Cohn-Bendit en début de semaine témoigne de son tropisme européen. Et José Bové en est l'illustration la plus éblouissante ! Et ça me fait penser au paradoxe de la grenouille et de l'eau bouillante ... Une grenouille plongée dans une eau froide que l'on fait chauffer finit par s'étourdir et cuire à petit feu, alors qu'il serait plus difficile de plonger une grenouille dans une eau déjà bouillante.

La position de José Bové est intéressante car elle démontre l'ambiguïté de la construction européenne. Personne n'a oublié les combats de José Bové pour la PAC (politique agricole commune) dans les années 90, contre la mondialisation dont le bras armé était l'OMC (organisation mondiale du commerce) et contre le TCE (traite de constitution européenne) en 2005. Mais depuis qu'il est député européen, José Bové est à bord du "vaisseau Europe" et c'est en étant dans la place qu'il compte modifier les orientations de la commission et du conseil.

Or, pour beaucoup d'entre nous, la construction europénne c'est Maastricht (l'Euro et les règles de convergence budgétaire), le traité de Nice (conditions de l'élargissement de l'union européenne), le TCE puis le traité de Lisbonne et enfin ce nouveau traité sur la stabilité, sur la coordination et la gouvernance (TSCG) qui jalonnent une forme de fuite en avant de l'économie européenne. Et à côté de ça, rien sur les aspects fiscaux, sociaux ou environnementaux !

Les écologistes sont profondément européens, et il est inutile de vouloir opposer Europe Ecologie et les Verts  ; les nouveaux comme les anciens aspirent à plus d'Europe. Mais la réalité est qu'EELV en a marre de tourner autour du pot et qu'il devient nécessaire de repartir de zéro. Les prochaines élections européennes se tiendront en 2014, alors pourquoi ne pas réclamer l'élection d'une assemblée constituante qui permettrait ainsi aux citoyens européens de jeter de nouvelles bases à la construction européenne ?

Certains vont estimer qu'un tel projet risquerait de voir les souverainnistes imposer leur approche nationale des enjeux européens, mais pour ma part je crois que ce serait prendre les citoyens pour des imbéciles, ce serait renoncer à la capacité d'enthousiasmer les européens autour d'un projet fédéraliste et puis cela répond à un principe fondamental de démocratie.

Mais d'ici 2014, ce pacte budgétaire aura été adopté et mis en oeuvre. En parallèle, la croissance de l'économie européenne n'aura pas décollé, le chômage va encore croître et la rigueur budgétaire des Etats membres va contracter l'économie européenne ... La BCE va faire tourner la planche à billets pour renflouer des Etats et des banques qui appellent au secours ; qu'y a-t-il de positif dans tout cela ? Et pourquoi ne pas doter la zone Euro de son propre budget constitué par une nouvelle fiscalité européenne ? Par exemple avec une fiscalité douanière qui protégerait les entreprises européennes ...

Dany et José nous disent que l'on doit voter oui au TSCG et que l'on peut derrière faire avancer l'Europe dans le bon sens. D'autres disent qu'il faut voter non et s'attaquer sans tarder à faire avancer les choses autrement. Au final, c'est la question de "quelle Europe pour demain" qui se pose à tous. Et là, Europe Ecologie comme Les Verts plancheront ensemble sur ces enjeux considérables.

Télécharger le tract d'Europe Ecologie Les Verts sur le TSCG.

14/08/2011

Mesdames Aubry et Pécresse complètement à côté du problème ...

La première s'en prend aux niches fiscales et à la défiscalisation des heures supplémentaires tout en promettant la création de 300.000 emplois jeunes, et la seconde propose pour 2012 de faire 2 milliards d'euros d'économie sur les dépenses de l'Etat ... En gros, elles se focalisent sur la fuite d'eau au fond de la baignore sans se préoccuper du robinet qui ne se ferme plus.

Bien sur qu'il faut revenir à l'équilibre du budget de l'Etat, mais il y a des questions de fond qui se posent en amont : le poids de la dette, le rythme de l'activité économique et l'Euro. Tant que nous n'aurons pas un cadre plus vertueux, alors nous serons toujours à essayer de colmater des brèches.

Concernant la dette des États, mais de tout les États du monde, il faut un moratoire international. Et il ne faut plus laisser le Fond Monétaire International ou la Banque Mondiale s'en occuper, il faut une véritable résolution de l'ONU comme cette institution sait en prendre quand des populations sont menacées. On pourrait par exemple geler toutes les dettes des États, c'est à dire stopper les remboursements du capital et des intérêts pendant un an ou deux, et continuer à autoriser les États à emprunter pour financer des projets structurants. Un emprunt pour construire un réseau de tramway ou une université, oui, mais pas pour acheter des avions de chasse, des sous-marins et des équipements industriels sur des marchés confidentiels. On ne peut pas effacer toutes ces dettes souveraines d'un coup car cela poserait des problèmes d'équité ; pourquoi effacer tout ou partie des dettes d'un Etat et pas d'un autre ... Mais en retirant cette épée de Damoclès que cette dette fait porter au dessus de nos têtes, soit quand même 1.682 milliards d'euros pour la France et 14.598 milliards de dollars pour les USA, on libère immédiatement plus de 100 milliards d'euros par an (pour la France) qui correspondent au service de la dette (remboursement des intérêts et du capital), et qui équivalent à la totalité des recettes fiscales directes de l'État (impôts sur les sociétés et sur les revenus, ISF, ...).

Sur l'activité économique, et là je laisse de côté le PIB qui n'est qu'un indicateur productiviste, il faut relocaliser et écologiser ! En taxant les produits importés de pays qui font du dumping social et environnemental, on régule de façon équitable les échanges commerciaux internationaux. Et cela nous donne de l'oxygène pour implanter des entreprises, qu'il s'agisse d'industries ou de producteurs agricoles locaux. On le sait bien, quand les entreprises ont des commandes et que le chômage est plus proche de 5% que de 10%, alors les recettes fiscales (directes et indirectes) et sociales alimentent des budgets équilibrés. Et mettre fin à la règle de suppression d'un poste de fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite, c'est assurer la continuité du service public tout en donnant du pouvoir d'achat à des jeunes qui galèrent pour trouver un job.

Enfin, il faut régler le problème de l'euro. Nous nous sommes arrêtés au milieu du gué en 2002 quand nous avons adopté la monnaie européenne, alors soit on fait marche arrière, soit on poursuit la traversée. Revenir en arrière ne signifie pas nécessairement de revenir au franc, mais par exemple de réduire le cercle des pays qui utilisent l'euro à ceux qui ont des économies semblables. Et la question à se poser est de savoir si l'allemagne et quelques autres pays n'imposent pas des règles insupportables pour les autres ... A l'inverse, aller au bout de la démarche signifie clairement d'abandonner une part de notre souverainneté budgétaire pour la placer entre les mains de la Banque Centrale Européenne. En fin de semaine dernière, Jean-Claude Trichet aurait imposé à l'Italie un certain nombre de mesures économiques et sociales que Sivio Berlusconi a adopté sans sourciller. La monnaie est un puissant levier de régulation économique, mais aujourd'hui nous en sommes dépossédés. Alors soit nous en retrouvons un usage exclusif, soit nous le déléguons à l'échelon européen, mais on ne peut pas rester en l'état.

Voilà trois axes programmatiques majeurs pour la campagne de 2012, trois thèmes qu'il faut aborder en priorité. Et ne nous laissons pas amuser par les passes d'arme des responsables politiques de l'UMP et du PS, ayons enfin le débat politique qui nous fera sortir de la crise actuelle. Et n'ayons pas peur de dire qu'il s'agit là d'une véritable révolution dont la France doit être l'ambassadrice à l'international. Notre révolution de 1789 et l'ère des lumières ont fait écho à travers le monde pendant deux siècles, il n'y a donc aucune raison de pas pouvoir renouveler l'expérience ...