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14/03/2015

La campagne électorale pour le 11ème canton de l'Hérault s'invite à la radio

Radio Lodève et Radio Pays d'Hérault ont programmé une série de débats entre les candidates des cantons couverts par les fréquences de ces deux radios associatives. Pour le canton de Lodève, c'est mercredi 11 mars que les candidates étaient à l'antenne ; à noter que les journalistes ont fait le choix de n'inviter que les candidates femmes, chacune étant candidate en binôme avec un homme, et cela fait écho à la démarche de parité qui sera totalement effective dans la composition des prochaines assemblées départementales.

Les cinq titulaires femme invitées à débattre n'étaient pas toutes présentes à l'antenne. La candidate du Front national a prétexté d'une exigence de totale parité, c'est à dire la présence à l'antenne des femmes et des hommes, pour s'exonérer d'un devoir élémentaire d'information. La candidate de l'UMP a prétexté pour sa part qu'en l'absence d'une participante le débat était tronqué et qu'elle n'y participerait pas non plus. Quand on dit que la porosité entre le FN et l'UMP se généralise ...

Il n'y avait donc que les candidates de gauche et de l'écologie pour débattre pendant une heure à l'antenne de ces deux radios locales : Marie-Christine Bastide pour le Front de Gauche, Marie-Christine Bousquet pour le PS et Laurence Manzanares (ma co-titulaire) pour les écologistes.

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[Article de Midi Libre sur ce débat radio]

Je vous invite à écouter ce débat, à découvrir les positions des candidates et à faire partager cette information. Il est impératif que les électeurs viennent voter le dimanche 22 mars, car l'abstention fait artificiellement monter le FN et alimente un climat délétère.

24/02/2015

Conseiller départemental, pour quoi faire ?

Les 22 et 29 mars, les Héraultais comme tous les Français vont élire leurs conseillers départementaux. Ceux-ci siègeront pendant 6 ans dans des assemblées dont les compétences porteront essentiellement sur les solidarités sociales et territoriales. Sur le plan social, le Département met en œuvre les politiques nationales (le RSA pour l'insertion par l'économie, l'APA pour l'aide aux personnes âgées, la PCH pour les personnes handicapées, le FSL pour les locataires en difficulté, ...), mais toute sa plus-value se trouve dans la qualité de l'accueil et le suivi des allocataires. Instruire des dossiers et payer les bénéficiaires est la partie émergée de l'iceberg. Sur le plan territorial, le Département intervient aux côtés des communes rurales. Il s'agit d'ingénierie ou de soutiens financiers dans la plupart des cas, mais on se souvient tous des interventions des agents du Département quand des captages d'eau potable sont à sec l'été ou quand des inondations dévastent des quartiers et des villages.

Pour les autres compétences (tourisme, culture, jeunesse, économie, routes, collèges, ...), la loi NOTRe actuellement discutée à l'Assemblée nationale semble moins audacieuse que ce qui était prévu début 2014, mais ne doutons pas que le gouvernement saura « dévitaliser » les Départements tout au long du mandat, à doses homéopathiques.

Mais le Département de l'Hérault, ce sont 49 conseillers généraux (prochainement 50) et plus de 5000 agents. Au sein de la collectivité territoriale, le rôle de l'élu(e) est un peu comme celui d'un marin à bord d'un supertanker ; la bonne marche du navire ne laisse pas un instant de répit, mais vouloir lui faire faire un écart de quelques mètres est un véritable challenge. Et il y a donc des élus qui s'attachent à la bonne marche de la collectivité, alors que d'autres orientent les politiques du Conseil général sur des terrains à forts enjeux sociaux, économiques ou environnementaux.

Et c'est dans ce sens-là qu'avec Laurence, David et Annie nous nous présentons à ce scrutin des 22 et 29 mars. Oui, être conseiller départemental est un mandat à plein temps pour mener à bien les missions de la collectivité, mais c'est aussi une extraordinaire opportunité pour impulser d'autres politiques publiques, et en l'occurrence sur la transition écologique de nos sociétés.

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Notre première priorité lors de ce scrutin sera de rompre avec la baisse continue de la participation des électeurs. Et pour cela, outre la pluralité de l'offre politique, il faut placer le citoyen au cœur du processus de co-élaboration des délibérations de l'assemblée départementale. L'élu(e) doit savoir se partager entre son rôle au sein de la collectivité territoriale et sa place sur le terrain, là où il peut être un véritable animateur territorial. Actuellement, le lien qui existe entre l'élu(e) départemental(e) et son territoire se limite souvent à des rencontres avec les maires, avec les présidents d'associations et à des visites inaugurales. Notre projet est de donner naissance à des « fabriques citoyennes », espaces permanents de production de projets dont la délibération en assemblée départementale serait l'aboutissement ; la démocratie participative et la démocratie représentative peuvent coexister efficacement.

Si les récents scrutins et si les sondages donnent le Front National aussi haut lors des élections, mais aussi une abstention sans cesse croissante, c'est que les citoyens votent (ou s'abstiennent) plus par émotion que par raison. Comme élu local, je siège dans de nombreuses structures intercommunales qui traitent de dossiers à fort impact local. J'étais la semaine dernière au Conseil syndical de la filière viande à Pézenas, une structure publique qui gère l'abattoir local. Et on y apprend des informations étonnantes sur la production de viande issue d'élevages locaux, sur la qualité de ces viandes et sur le dynamisme de la filière. Mais ces informations ne devraient pas rester confinées dans le cercle de ces assemblées discrètes, elles mériteraient d'alimenter des débats citoyens sur les perspectives à plus long terme de l'élevage dans l'Hérault. Quand l'actualité nous noie dans la sinistrose, il est légitime de porter à la connaissance de tous ce qui fonctionne bien et qui pourrait ainsi se développer plus encore.

Cette digression personnelle illustre le potentiel de ces nouvelles formes de gouvernance citoyenne. Et c'est à l'échelle des cantons (ou des intercommunalités) que cette démocratie de proximité peut se révéler la plus efficace. En effet, les intercommunalités joueront un rôle de plus en plus prépondérant, autant par les compétences que leur transféreront les communes que par les conventions que passera le Département avec elles. En 2020, les assemblées communautaires seront élues au suffrage universel direct, nous avons donc quelques années encore pour que les citoyens prennent toute la mesure de leur place dans le choix et dans l'évaluation des politiques locales.

J'ai évoqué dans une précédente note l'attrait de ce canton rural aux paysages magnifiques, aux ressources naturelles remarquables (et à protéger sans répit), et sans oublier des activités agricoles qui s'inscrivent dans le patrimoine de ce vaste territoire. Tous ces atouts constituent des leviers de développement économique, et ils permettent de se confronter sans complexe à la métropole de Montpellier.

Mais comme futurs conseillers départementaux écologistes, c'est la transition écologique du département qui sera une autre de nos priorités. Au travers de ses compétences, le Département nous permettra d'agir sur les pratiques agricoles, sur la restauration collective, sur les ressources en eau, sur la mobilité, sur le logement, sur les énergies renouvelables, sur le tri des déchets, etc. Ce sont autant de thématiques dont les élus et les citoyens doivent s'emparer de façon collaborative. Et il faut privilégier les expérimentations, donner leur chance à ceux qui innovent.

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Laurence Manzanares est titulaire d'une maîtrise en Administration Économique et Sociale ; elle exerce dans la fonction publique. Elle habite Gorniès depuis toujours et elle est engagée au sein d'associations culturelles autour de Ganges.   Laurent Dupont est ingénieur territorial au Conseil général, en informatique. Il est depuis 7 ans conseiller municipal à Paulhan et conseiller communautaire du Clermontais, et de là délégué dans divers syndicats intercommunaux du Cœur d'Hérault.

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David Delon réside à St-Martin de Londres. Il est formateur en informatique. Botaniste amateur, il est engagé dans des associations de connaissance du patrimoine naturel.   Annie Caburet est élue à St-Mathieu-de-Tréviers. Ingénieur agronome, elle est consultante indépendante. Elle participe à de nombreuses initiatives locales sur le Grand Pic S-t-Loup.

Notre premier tract de campagne est en cours de diffusion dans les 54 communes du canton. Nous serons en réunion publique le 5 mars à St-Martin-de-Londres (salle du cinéma), le 11 mars à Lodève (Espace Lergue), le 12 mars à Claret (salle des rencontres) et le 13 mars à Ganges (salle des mariages). Nous serons aussi sur les marchés et nous organiserons des réunions thématiques sur l'eau, sur la culture et sur le patrimoine.

13/12/2014

Elections départementales de mars 2015 : porter des valeurs communes plutôt que de négocier des places pour quelques uns

Alors que la fédération socialiste de Loire-Atlantique ne proposait dans ses négociations avec EELV qu’un simple « processus politique et démocratique soit réinstauré sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes afin de favoriser l’échange et le dialogue », les adhérents EELV réunis en assemblée générale ce 13 décembre ont préféré l’autonomie. Ils présenteront leurs candidats aux départementales de mars 2015, et ils s’ouvriront à des candidats citoyens et/ou d’ouverture auprès de partenaires de gauche dont les intentions de défendre les valeurs et les positionnements communs avec EELV sont clairement identifiés (cf. Ouest France et Presse Océan). Et parmi ces positionnements, il y a l’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes !

EELV, Elections départementales, autonomie, urgence écologique, urgence sociale

La Loire-Atlantique est un département emblématique pour ce combat mené contre l'un de ces grands projets inutiles qui ne profiteraient toujours qu’aux mêmes, comme le Tarn où les écologistes défendront leur projet politique face à une gauche institutionnelle classique (PS, PRG, PC et DVG rassemblés), mais ce mouvement d’autonomie se constate abondamment au fil des assemblées départementales d’EELV qui investissent leurs candidats.

Pour l’Hérault, c’est cette même stratégie que je défends. Il n’y a pas un jour qui passe sans que les leaders du Parti Socialiste n’alimentent la corne d’abondance des déceptions de gauche. Cette semaine, c’est le ministre des Finances Michel Sapin qui a sabordé les négociations européennes pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Alors que ce projet ne réunissait déjà plus que 11 des 28 pays de l’Union, et qu’il ciblait autant les actions et les obligations que les produits dérivés, taxés respectivement à 0,1% et à 0,01% pour générer de 30 à 35 milliards d’euros par an, Michel Sapin n’a eu de cesse depuis un mois que d’écarter les produits dérivés de cette taxe pourtant voulue en 2011 par la France et l’Allemagne. Afin de protéger les banques françaises qui ont exercé un lobbying efficace, le ministre socialiste a rompu les discussions. Adieu la taxe Tobin, la Finance a résolument vaincu !

Yves Logghe/AP/SIPA
Droits : Yves Logghe/AP/SIPA

Et si encore nous trouvions localement des militants socialistes indignés, de ces frondeurs qui résistent comme au Parlement à la victoire du social-libéralisme, alors nous pourrions envisager des campagnes électorales partenariales. Mais il n’en est rien, les adhérents socialistes sont comme des fantômes qui errent dans une société mondialisée qui leur échappe. Ils rêvent encore de croissance et ils espèrent que les grands projets bâtis sur le consumérisme vont créer des milliers d’emplois, tout en vendant l’aéroport de Toulouse-Blagnac à un groupe sino-canadien très contestable … Et ça va continuer, car le ministre Macron prévoit de vendre pour 5 à 10 milliards de bijoux de famille.

Non, l’urgence sociale et l’urgence environnementale que chacun peut constater, localement sur le terrain comme à l’occasion des grandes conférences nationales et internationales, nous oblige à rompre avec ce modèle de développement. Il faut une révolution ! Alors on ne parle plus aujourd’hui de révolutions en armes pour prendre des bastilles, mais bien de révolutions coperniciennes ; il faut révolutionner la représentation que nous nous faisons du monde et de son développement, quitter notre nombril pour appréhender cette évolution de l’anthropocène à l’échelle de la planète.

Je plaide donc dans l’Hérault pour que nous cessions de négocier pour remplir des cases dans un échiquier électoral, mais que nous rassemblions autour de nous les militants de gauche et les citoyens qui se reconnaissent dans ces enjeux. Et surtout dans le contexte de réforme territoriale, dans l’incertitude qui anesthésie les assemblées d’élus comme les fonctionnaires, il est essentiel de faire prévaloir nos valeurs. Nous ne savons pas encore quel chemin nous allons emprunter, mais nous devons conforter la façon dont nous allons cheminer. Et il n’est pas question de cap ou d’objectif, accordons nous déjà sur les valeurs communes, sur les principes fondamentaux de notre pacte républicain. C'est comme un navire où les membres de l'équipage ne parleraient pas la même langue, il n'irait pas bien loin ...

J'espère convaincre les adhérents héraultais d'Europe Ecologie Les Verts ce lundi soir, car ce serait un message politique salutaire que de pouvoir profiter de ces élections départementales pour construire une alternative politique qui mette l'Homme et son Environnement au coeur des politiques publiques, et que nous cessions d'être guidés par les aléas d'une conjoncture économique et financière qui creuse les inégalités sociales. Car sinon, elle ne sera pas que copernicienne la révolution.