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15/10/2014

Ce qu'aurait du être une vision prospective du développement économique sur le Clermontais à partir de la Salamane

On peut facilement me rétorquer que la critique est aisée, et que proposer des solutions réalistes et efficaces est une autre paire de manches ... Alors je vais prendre l'exemple de la Salamane puisque cette zone d'activité est d'actualité.

En 2009, une opportunité se présente pour que Système U installe au bord de l'A75 une plateforme logistique sur 20 hectares de terrain. J'y étais opposé, mais je me mets quelques instants à la place de ceux de mes collègues qui défendaient le projet.

La démarche suivie par les élus du Clermontais depuis 2009 a été d'attendre que les entreprises viennent frapper à leur porte. Et c'est Système U qui avait en premier annoncé que des partenaires viendraient s'implanter à la Salamane, des entreprises dont les activités sont dérivées de celles de la logistique, comme l'entretien et la réparation de camions. Et puis ont été annoncées en Conseil communautaire un tailleur de pierres, un magasin de bricolage, des magasins automobiles, des restaurants, etc. Et le Président Cazorla de répéter inlassablement que cette ZAE allait créer de 500 à 600 emplois. Mais à part deux sociétés qui se sont délocalisées des Tanes Basses vers la Salamane (SOCAH et Normand), le bilan est maigre.

Or, en juin 2011à Canet à l'occasion d'un atelier de diagnostic économique dans le cadre de l'élaboration de l'Agenda 21 de la Communauté de communes, l'intervenante Madame Jeanjacques a poussé la prospection un peu plus loin que Système U. Je vous invite à parcourir le diaporama qui nous avait été présenté à l'époque : Tissu économique et emplois du Clermontais.

Maison_Emploi.JPG

Que proposait la consultante de la Maison de l'Emploi du Cœur d'Hérault ? De ne pas se contenter des 120 à 150 emplois prévus par Système U, d'analyser les enjeux pour les entreprises en présence sur notre territoire, d'analyser les ressources locales (demandeurs d'emploi, offres de formation, ...), et construire à partir de là une réflexion collective territoriale à l'horizon 2040. Mais il y avait très peu d'élus présents à cet atelier, et la démarche est partie aux oubliettes ...

Quant à l'offre de formation professionnelle sur le Cœur d'Hérault, elle est quasi inexistante ; la logistique est une filière qui aurait mérité une filière de formation, et ça aurait évité au Directeur de Système U de justifier le peu d'embauches locales pour sa plateforme de la Salamane par "l'absence de vision de la culture logistique sur le Clermontais" (cf. article de l'Hérault du Jour - Décembre 2012).

logistique.jpg

Actuellement, la société Orchestra recherche désespérément 20 hectares dans la région pour y implanter sa seconde base logistique, annonçant 200 à 300 emplois à la clé (cf. Lettre M du 23/09/2014). Quand nous connaissons les difficultés de commercialisation des lots de la Salamane et que l'emploi est une urgence pour des milliers d'habitants de ce territoire, il y a des non-choix qui méritent des coups de pied au cul.

Je rassure mes lecteurs, non je ne suis pas devenu un fervent promoteur de la société de consommation et un zélé défenseur des méga plateformes logistiques qui mangent nos terres agricoles, mais j'essayais simplement de démontrer que choisir une orientation économique ne peut pas se faire en dilettante.

La Communauté de communes n'a qu'une seule compétence obligatoire, c'est le développement économique ; en réalité elle en a deux, mais ces deux compétences obligatoires visent le même objectif autour de l'implantation de zones d'activités. Et c'est écrit noir sur blancs dans les statuts : "La politique de la Communauté de Communes du Clermontais est de développer de nouvelles activités sur son territoire, de favoriser l’emploi et d’assurer une cohésion sociale sur l’ensemble du territoire". Or, le poids de la fiscalité directe des entreprises dans le budget de fonctionnement de la Communauté pèse de moins en moins, la fiscalité des ménages la suppléant. Et cette bascule fiscale se retrouve aussi dans les politiques publiques de l'EPCI ; il s'occupe désormais plus des ménages que des entreprises ...

Il est urgent que le Conseil communautaire se ressaisisse et qu'il investisse pleinement des filières économiques créatrices d'entreprises et d'emploi dans le respect d'un développement soutenable de notre territoire.

24/03/2013

ZAC de la Salamane - Après les centres commerciaux puis la restauration, c'est l'automobile qui s'installe dans la ZAC

Lors de l'Assemblée Communautaire du 27 mars prochain, six lots feront l'objet d'une délibération de promesse de vente. Quatre lots iront à des activités automobiles (contrôle technique, garage de réparation et d'entretien, carrosserie et concession) ; les parcelles se situent le long du parking de Système U. Un cinquième lot est attribué à une sociéte de vente à distance sur catalogue spécialisé. Enfin, une sixième délibération porte sur un délaissé inconstructible de 118 m2 sous un pylône de la ligne haute tension ; il ira à la menuiserie qui a déjà fait l'acquisition de 3520 m2 non loin de cette ligne 225 kV au sud-ouest de la ZAC.

Le tableau ci-dessous fait la synthèse de la commercialisation de la ZAC de la Salamane :

salamane,développement économique,tourisme,agriculture,service à la personne,emploi

Si l'on considère le seul volet financier de ce projet de ZAC, cette commercialisation progressive pourrait laisser entrevoir un équilibre à moyen terme du budget. Et c'est certainement le discours optimiste que tiendra le Président Cazorla ... Mais cela nécessite de vendre encore plusieurs dizaines de lots (entre une cinquantaine de 3500 m2 à une centaine de 1788 m2). Et si les acquéreurs se jettent facilement sur les premiers lots disponibles, ils sont plus difficiles quand il faut s'installer au milieu d'un parc d'ativités pré-rempli. Et il faut aussi prévoir des avenants sur le budget initial des travaux.

Par contre, les acquéreurs sont des sociétés civiles immobilières (SCI) qui masquent l'identité exacte des entreprises qui vont s'installer à la Salamane ; il peut donc s'agir d'entreprises nouvelles sur le territoire du Clermontais comme d'entreprises de Clermont l'Hérault qui franchissent l'A75. Cette distinction est importante pour mesurer le solde net des emplois créés sur le Clermontais.

Reste que cette ZAC constitue l'unique projet du mandat d'Alain Cazorla à la tête de la Communauté de Communes. Et si pour tout le reste il a emprunté les pas de son prédécesseur (Aire d'accueil des gens du voyage, Centre Aquatique, ZAC de l'Estagnol, Jeunesse et petite enfance, Service des déchets ménagers, ...), il aura manqué d'une vision pour l'avenir du Clermontais et du Coeur d'Hérault. Notre mandat au sein du Conseil Communautaire va s'achever cette année avec le sentiment du "service fait". Sur la jeunesse, sur la petite enfance, sur le service des déchets, sur les offices de tourisme, sur le centre aquatique, sur la médiation scolaire, et sur plein d'autres opérations, les élus communautaires auront utilisé les contributions de leurs administrés de façon honnête et sincère. Mais il manque un cap, une ligne directrice qui permette à la prochaine Assemblée Communautaire de dépasser la seule gestion des affaires courantes.

Et c'est à mon avis la création d'emplois sur un territoire preservé qui doit nous guider. Il y avait plus de 2000 personnes du Clermontais inscrites à Pôle Emploi (catégrories A, B et C) en septembre 2012, et tous les demandeurs d'emploi n'y sont pas inscrits, ce qui témoigne du défi que les élus communautaire doivent affronter. Et pour cela, il faut abandonner les recettes du passé ... Pour lutter contre le chômage de masse et contre la paupérisation, il faut cibler des filières pérennes, il faut assurer des cycles de formation professionnelle adaptés et il faut aider les entreprises à s'installer sur des pôles de compétence visibles. Pour que les artisans de notre territoire aient des chantiers, pour que les commerçants de nos communes aient des clients et pour que les services et équipements publics que les collectivités locales fournissent soient fréquentés, il faut que la population dispose globalement de plus d'argent. Ce n'est pas les 10% des plus aisés qui vont tirer l'économie locale vers le haut, mais c'est toute la population. Et pour cela, il faut miser sur des filières de développement économique. Dans le Coeur d'Hérault, ces filières sont déjà identifiées : l'agriculture, le tourisme et le service aux personnes.

13/08/2011

Le Clermontais et son scénario d'avenir : "Logistique & Transports" !

Midi Libre nous présente aujourd'hui un résumé de la réunion qui s'est tenue à Canet sur le thème du développement économique dans le cadre de la phase de concertation de l'Agenda 21 intercommunal. Mais l'article ne reflète pas l'exacte réalité de cette soirée estivale où nous étions une vingtaine de personnes pour aborder l'avenir économique du Clermontais. Et la photo utilisée par Mme Martinez dans cet article reflète toute l'escroquerie d'une telle concertation.

L'essentiel de la rencontre a porté sur la présentation par Mme Jeanjacques, Directrice de la Maison de l'Emploi du Pays Coeur d'Hérault, de la situation économique et sociale du Coeur d'Hérault, mais elle a aussi dressé des perspectives d'avenir.

Après avoir pointé du doigt le fort taux de précarité de notre territoire, que dit Mme Jeanjacques sur l'avenir du Clermontais ? Elle n'y va pas avec le dos de la cuillère : "Ralentissement de la croissance démographique prévisible, vieillissement de la population, nécessité d'adaptation des services aux besoins, nombre peut-être plus importants d'inactifs que d'actifs, baisse du pouvoir d'achat, précarisation et appauvrissement de la population, transformation non maîtrisée des activités économiques" ! Avec tout ça, faut être vraiment maso pour miser un copec sur notre territoire ...

Mais Mme Jeanjacques n'est pas du genre pessimiste, et elle a un scénario magique. Sincèrement, je ne pensais pas que ce soir là la plate-forme logistique de Système U serait au centre de notre stratégie de développement économique. Mme Jeanjacques a d'abord regretté que la Communauté de Communes n'ait pas anticipé plus en amont les enjeux de cette plate-forme. Au delà des 120 à 150 recrutements annoncés, Mme Jeanjacques aurait préféré que la CCC mette en avant les enjeux pour les entreprises en présence (112 entreprises sur le Coeur d'Hérault et 29% d'entre elles sur le Clermontais), ainsi que l'offre de formation dans les domaines de la logistique et des transports (il existe 212 diplômes d'état dans le secteur de la logistique et 226 dans celui des transports terrestres, mais il n'y aucune offre de formation sur le Coeur d'Hérault).

Et selon elle, mais y a du Cazorla la dessous, il faut "construire une réflexion collective territoriale" à partir d'un projet comme celui de Système U. Il faut se poser les questions suivantes : Quel développement durable pour le transport et la logistique sur ce territoire ? Quelles orientations et quelles implications ? Quels arguments pour attirer d'autres entreprises du secteur ? Quel projet de formation initiale et/ou continue ? Quels aménagements, infrastructures et services complémentaires ? N'en jetez plus, on a bien compris que l'emblème du Clermontais sera bientôt un gros camion sortant d'une plate-forme logistique pour emprunter une autoroute ... Nous ferons passer le permis poids lourd aux jeunes qui sortent du lycée et les collègiens feront des stages professionnels comme manutentionnaires.

Heureusement ce soir là, il y avait aussi une présentation sur l'avenir agricole autour du Salagou. Mais cela renforce le sentiment de la presque totalité des élus locaux du Clermontais, il y a une partie du territoire dans le triangle Clermont-Canet-Gignac qui sera abandonné à l'urbanisation et à l'implantation de toute entreprise créatrice d'emplois, et une autre partie qui constituera notre jardin, là où nous pourrons aller respirer un peu le soir et le week-end. Mais c'est un piège à cons, déjà il y a 15 ans on disait que le Coeur d'Hérault serait le jardin de Montpellier ... Les promoteurs et les suceurs de fric n'ont ni frontière ni morale, et nous sommes leurs pigeons.