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23/04/2016

Carole Delga n'a pas de majorité à la Région et ses Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité ne feront pas changer d'avis ses partenaires du Nouveau Monde en Commun

Cela a été un point d'achoppement majeur pendant la campagne des élections régionales entre la candidate socialiste Carole Delga et ses futurs alliés du Nouveau Monde en Commun : le tracé de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) entre Nîmes et Perpignan et ces gares nouvelles éloignées des cœurs de ville. La future présidente de Région y était très favorable (et elle continue de l'être), et l'accord signé le 21 décembre avec Gérard Onesta pour la mandature 2016/2021 contenait une concession sur le rail, à savoir d'engager une large concertation citoyenne au premier semestre 2016 et d'imposer un « moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat » (cf. texte intégral de l'accord en PDF). Les États Généraux du Rail [et de l'Intermodalité] étaient dans cet accord et ils se déroulent d'avril à juillet.

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Alors, succès politique pour l'écologiste Gérard Onesta et pour ses colistiers du Nouveau Monde en Commun ? Ou simple trompe-l’œil avec Carole Delga et ses communicants à la manœuvre ? J'opte résolument pour la seconde option.

Depuis cet accord de gouvernance du 21 décembre 2015, la très souriante Carole Delga n'a cessé de donner des gages aux promoteurs de ces infrastructures à grande vitesse et à tous les projets d'urbanisation qui vont avec. Elle presse la SNCF de boucler son projet pour la gare nouvelle de Nîmes-Manduel, elle rassure Philippe Saurel sur l'avenir de la gare de la Mogère et elle salue les annonces du ministre des transports Alain Vidales sur les arbitrages de l’État.

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Le conseiller régional écologiste Christian Dupraz est depuis longtemps un farouche opposant à la gare TGV de la Mogère, et il lui est revenu la tâche d'organiser cette concertation. Mais il est en réalité devenu l'otage de Carole Delga, ce que les communistes des années 50 nommaient l'idiot utile. Il n'ira quand même pas encenser la stratégie de Carole Delga, comme Jean-Paul Sartre légitima le régime soviétique pour ne pas désespérer Billancourt, mais sa parole est désormais contrainte.

Nous pouvons désormais parler d'enfumage à propos de ces États Généraux du Rail et de l'Intermodalité (EGRI), avec cette étape de 36 réunions publiques au cours desquelles les citoyens sont invités à venir s'exprimer. S'exprimer sur quoi ? Sur ce qu'ils veulent ... Il n'y a aucun cadre précis, il n'y a pas de document d'information pour se faire une opinion ; il faut juste remplir les salles et qu'il y ait un débat sur le rail. Delga aura alors rempli une part du contrat. Ainsi, pour la réunion prévue le 24 mai à Lodève, je ne sais pas ce que les participants pourront dire sur le train, vu que des trains en Cœur d'Hérault il n'en passe plus depuis 40 ans.

Autre manipulation subtile des communicants de Delga, ce questionnaire qui est en ligne sur le site de la Région. Les questions sont orientées de façon à ce que l'analyse des réponses soit favorable aux projets de Delga & Co. Ce questionnaire ne s'intéresse déjà qu'à ceux qui prennent le train, même occasionnellement ; et il ne demande pas aux autres les motifs de ce renoncement au train (gares trop lointaines, accessibilité des gares, horaires des trains, le prix, ...). Et puis les questions conduisent très vite à demander s'il faut des gares TGV hors des centres-villes, et si un TGV circulant à 320 km/h c'est mieux qu'un train roulant à moins de 250 km/h ... mais sans mettre en face de cette alternative les impacts financiers, environnementaux et économiques sous-jacents. Cf. questionnaire à télécharger en PDF.

L'enjeu majeur que soulèvent les écologistes est celui du fret ferroviaire. Historiquement, le contournement Nîmes-Montpellier (CNM) était prévu pour favoriser le développement de cette alternative à l'engorgement d' l'A9 par des noria de camions, et les aides européennes étaient exclusivement dédiées à cette finalité. Mais au fil du temps, les élus du Gard et de l'Hérault ont projeté de pharaoniques projets urbains avec des gares nouvelles excentrées. Et pour cela, ils font miroiter des temps de parcours de trois-quarts d'heure de moins grâce à des TGV circulant à plus de 300 km/h, mais avec une cadence ne faisant pas la place attendue pour le fret ferroviaire. Pour faire circuler des TGV à plus de 300 km/h entre Nîmes et Perpignan, le coût estimé est de 5,2 milliards d'euros, alors qu'une ligne mixant grande vitesse et fret coûterait 3,9 milliards d'euros ; le voyageur gagnerait 35 minutes sur son voyage contre 45 minutes à plus de 300 km/h. Est-il utile de gaspiller 1,4 milliars d'euros pour gagner 10 minutes de voyage ???

Les experts estiment à 1,5 milliards d'euros le coût de toutes façons inévitable de réhabilitation du réseau ferré de cette grande région, réseau non encore modernisé. Ils évaluent aussi à 1 milliard d'euros le coût de réouvertures de lignes anciennes qui permettraient ainsi de desservir des territoires qui s'urbanisent sans desserte ferroviaire. Le gain de 1,4 milliards d'euros ne serait-il pas mieux investi dans ces réhabilitations ? Car non seulement Madame Delga ne souhaite pas faire cette économie, mais en plus elle veut investir dans des gares nouvelles à Manduel et à la Mogère alors que les gares actuelles de Nîmes et de Montpellier ne sont pas du tout saturées.

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Nous sommes ici dans le même scénario que celui de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où les pouvoirs publics opposent les défenseurs de la planète (et en l'occurrence à des morceaux de planète qui nous offrent une vie de qualité) à la démocratie. Ici en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées la Région se targue de concerter toute la population quand l’État propose un référendum pour la Loire-Atlantique. Mais ce ne sont que des artifices, et ils donnent bonne conscience à quelques Docteurs Folamour des grands projets inutiles.

Carole Delga sait qu'elle n'a pas de majorité sans ses alliées du Nouveau Monde en Commun. Elle sait que ces EGRI ne les feront pas changer d'avis, mais elle compte bien les exploiter dans le cadre des futures échéances de 2017. Elle, la socialiste progressiste favorable à des projets modernes validés par les citoyens au terme d'une large concertation aura beau jeu de taxer ses alliées d'EELV, du PG et du PCF d'être d'affreux rétrogrades nostalgiques du 20ème siècle. Elle mettra inévitablement dans la balance des milliers d'emplois que ses partenaires ne lui permettront pas de créer, mais des emplois Macron / El Khomri qui eux sont socialement rétrogrades.

Un lien utile pour en savoir plus sur les projets ferroviaires des socialos-progressistes : http://garetgv.free.fr/actus.html

11/06/2015

Europe Ecologie Les Verts (EELV), les régionales du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées se préparent

Les élections sont souvent l'occasion de conflits internes au sein des formations politiques, et EELV a très souvent alimenté les colonnes de la presse sous la rubrique des fais divers de campagne, mais ces régionales-là se préparent avec sérénité et avec une grosse envie partagée de déplacer des montagnes. Et dans notre nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, les Duflot, Placé, De Rugy et autres Pompili ne rentrent pas du tout en ligne de compte. Nous sommes bien sur une campagne locale avec des militants écolos mobilisés et des objectifs raisonnablement ambitieux.

Première étape, EELV a décidé de sa stratégie le 25 avril : une campagne indépendante des partis de gouvernement, mais ancrée à gauche et résolument écologiste. Seconde étape, EELV a désigné sa tête de liste, il s'agit de Gérard Onesta, actuel vice-président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et pendant deux mandats député européen de la grande région Sud-Ouest.

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La troisième étape franchie le 1er juin dernier a été la désignation du premier tiers de candidats de la liste EELV, soit 59 militants d'EELV (cf. liste régionale). Pour l'Hérault, ce sont les 10 premiers militants écologistes qui figureront dans la section départementale (pour un total de 30 candidats titulaires et de 2 suppléants) :

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  1. Zina BOURGUET - Conseillère municipale de Mauguio pendant plusieurs mandats, elle anime aujourd'hui la Fabrice citoyenne du Pays de l'Or. Elle a représenté les écologistes lors de nombreuses élections et elle est membre du Conseil fédéral d'EELV.

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  2. Christian DUPRAZ - Conseiller général du canton des Matelles de 2011 à 2014 et ancien conseiller municipal de Montpellier, il est ingénieur de recherche à l'INRA, spécialisé dans les domaines liés à l'agro-écologie.

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  3. Annie CABURET - Conseillère municipale de St-Mathieu de Tréviers, secrétaire du groupe local EELV du Grand Pic St-Loup. Ingénieur agronome, elle est consultante indépendante dans les domaines de l'agriculture et du climat.

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  4. Jean-Louis ROUMEGAS - Député de l'Hérault depuis 2012, il est membre de la commission des affaires sociales. Il a aussi été élu au Conseil municipal de Montpellier et à l'Agglomération, sous les mandats de Georges Frêche puis d'Hélène Mandroux.

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  5. Agnès GIZARD-CARLIN - Enseignante en SVT, elle anime le groupe local d'EELV sur le secteur Agde et elle siège aussi dans les instances régionale et nationale d'EELV. Elle a représenté les écologistes à de nombreuses élections, comme aux dernières départementales.

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  6. Laurent DUPONT - Élu et militant du Clermontais et du Cœur Hérault, il a été le secrétaire départemental des Verts de 2003 à 2007, membre des instances nationales des Verts puis d'EELV ; il représente le groupe local du Cœur d'Hérault au Conseil Politique Régional d'EELV.

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  7. Françoise ALAMARTINE - Longtemps déléguée à l'international au sein du bureau exécutif national d'EELV, elle est responsable de la commission transnationale d'EELV. Enseignante, elle anime le groupe local de Sète qu'elle représente au Conseil Politique Régional.

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  8. Mathieu BOUCHARD - Porte-parole régional d'EELV LR, il représentait les écologistes aux dernières municipales à Pézenas ainsi qu'à l'élection départementale. Il est chargé de projets au sein d'une agence de développement économique auprès des acteurs du vin.

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  9. Nadja FLANCK - Attachée parlementaire, militante à Montpellier, elle a été candidate EELV aux élections législatives sur la 4ème circonscription de l'Hérault. Son parcours professionnel est consacré au développement de l'économie sociale et solidaire.

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  10. Michel LENTHERIC - Conseiller régional du Languedoc-Roussillon de 2004 à 2010, il a longtemps été conseiller municipal à St-Jean de Védas et conseiller de l'agglomération de Montpellier jusqu'en 2014. Il a été directeur de l'ADEME en Languedoc-Roussillon.

Mais le 1er juin à Carcassonne, l'Assemblée générale des adhérents a surtout adopté sa stratégie pour les trois prochains mois (cf. communiqué), à savoir d'ouvrir notre liste aux formations politiques et aux mouvements de citoyens qui souhaitent construire ensemble un projet humaniste, écologiste, social et solidaire au travers des missions de développement économique de la Région. La co-élaboration de ce projet sera la plus contributive possible ; le projet n'est pas un objet politique, il est avant tout une source de mobilisation citoyenne.

Le Parti de gauche ainsi que les mouvements régionalistes sous l'égide de Régions & Peuples solidaires ont déjà fait le choix de s'associer à cette démarche ; et c'est là une dynamique dont la liste des acteurs politiques a vocation à rapidement s'élargir.

C'est en septembre que les adhérents d'EELV se retrouveront de nouveau en Assemblée générale pour valider les orientations programmatiques et pour arrêter la liste définitive des candidats de rassemblement (158 candidats titulaires et 26 suppléants). Le mot d'ordre est de ne pas se laisser détournés par les annonces qui vont se multiplier dans les prochains mois, mais bien de se focaliser sur l'élaboration du projet de mandat régional.

29/03/2015

Conseil départemental de l'Hérault : plus d'écologiste et une obligation de se rapprocher des citoyens

Le Conseil départemental de l'Hérault conserve une majorité de gauche, large majorité d'ailleurs en y ajoutant les élus divers-gauche de Montpellier. Mais ces victoires dans près d'une vingtaine de cantons ne peuvent occulter le poids considérable du Front National, et les nouveaux élus vont avoir l'urgente responsabilité de reconquérir un électorat qui leur a tourné le dos. En effet, ces nouveaux conseillers départementaux ne peuvent pas se satisfaire de cette si faible légitimité démocratique ; ils ne représentent qu'un électeur sur quatre !

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La majorité départementale sortante conserve la majorité absolue, mais sa composition est profondément renouvelée (seulement une douzaine de sortants parmi vingt-huit élus). Elle devra adapter l'organisation des services départementaux et de ses politiques publiques aux nouvelles réglementations issues de la loi NOTRe, mais elle devra surtout consacrer ce mandat à multiplier les passerelles avec les intercommunalités héraultaises et à associer les citoyens aux grandes orientations stratégiques du Département.

Les citoyens ont des critiques et des propositions à faire, les citoyens sont friands de politique, mais ils ont une véritable indigestion de la politique qui leur est servie depuis une dizaine d'années. Car la politique doit être au service des citoyens, et ceux-ci s'estiment de plus en plus abandonnés. Conséquence ? L'abstention et le vote contestataire explosent !

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Bernard Stiegler donnait il y a bientôt un an un entretien à Rue89, et son message est que « les gens qui perdent le sentiment d'exister votent Front national ».

Le philosophe Stiegler appelle à mettre en place un modèle économique « contributif », c'est à dire qui place les femmes et les hommes au cœur du système ! Car le modèle économique actuel incite à de plus en plus d'automatisation, de plus en plus de rendement, et les hommes restent sur le carreau avec des questions existentielles qui peuvent conduire à toutes les extrémités.

Mais ce second tour de scrutin départemental dans l'Hérault ferme la porte de l'assemblée départementale aux écologistes. Le préjudice n'est pas tant pour les candidats eux-mêmes, c'est surtout le risque de voir les questions environnementales reléguées en programmes accessoires ... Surtout que Monique Pétard et Christian Dupraz étaient des élus très actifs sur ce terrain-là au sein de l'équipe sortante.