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29/11/2015

Salamane, la course au gigantisme commercial continue ...

Midi Libre s’en fait l’écho cette semaine et les conseillers communautaires auront à en débattre prochainement, la zone d’activité économique (ZAE) de la Salamane (au sud-est de du territoire communal de Clermont-l’Hérault) devrait voir sortir de terre un projet commercial avec un hôtel et des magasins (sport, chaussures, électro-ménager, matériaux, jardinerie, …).

La chambre de commerce et d’industrie (CCI) évalue qu’à l’horizon de 2025 l’augmentation de la population va générer une progression du potentiel de consommation, hors inflation et évolution du pouvoir d’achat, soit un potentiel de consommation de l’ordre de 465,6 M€. Et le tourisme génèrera 20 M€ d’apports supplémentaires. Les besoins commerciaux sur le Cœur d’Hérault vont nécessiter 18.000 m2 de grandes et moyennes surfaces (GMS) supplémentaires pour répondre aux besoins des habitants (toujours plus nombreux) et des touristes. Ces besoins commerciaux portent essentiellement sur l’alimentaire, l’habillement, les loisirs, l’automobile et les équipements de la personne et de la maison.

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Mais concentrer le maximum de cette offre commerciale autour du giratoire de l’A75 à Clermont l’Hérault est un choix d’aménagement territorial qui n’a jamais été soumis à la consultation des citoyens ; il n’est que l’affirmation d’une fuite en avant d’élus locaux sans vision à moyen et long terme. Dans cette logique-là, le maire de Brignac porte lui aussi un projet commercial sur la Salamane (de l’autre côté de la route départementale qui va à Canet). Mais le prix qu’il propose pour l’achat du foncier agricole est loin de ce que proposait la Communauté de communes du Clermontais aux agriculteurs de Clermont l’Hérault (10 € le m2), et il y a là des agriculteurs fermement opposés à l’artificialisation de leurs terres agricoles.

En 2009, la Salamane était présentée comme un projet créateur d’entreprises et d’emplois. Or, la plate-forme de Système U n’a pas créée les emplois attendus pour notre bassin d’emplois (la quasi-totalité des 120 emplois viennent de leur site de Vendargues), les entreprises SOCAH et Normand ont simplement déménagé des Tannes Basses (avec leurs employés) ; seul le Leclerc Drive a créé une dizaine d’emplois.

Or, nous aurions tellement plus besoin de voir s’implanter des artisans, des bureaux et des entreprises créateurs de richesses. Dans l'Hérault, et nous savons que les secteurs Agde-Pézenas comme le Cœur d'Hérault sont les lanternes rouges, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de +2,5% en un an. Et c'est +4,9% pour les catégories A, B et C, c'est à dire 120.000 personnes en octobre 2015 à la recherche active d'un travail (cf. Pôle Emploi) !

La fièvre consumériste est non seulement une maladie qui dégrade notre planète, et donc notre vie sur Terre à long terme, mais elle aggrave les fractures sociales. Il y avait ce week-end les collectes de la banque alimentaire, et les associations caritatives accueillent de plus en plus de personnes qui en dépendent pour nourrir leur famille ... pendant que d'autres consomment sans en avoir toujours réellement besoin.

Quels projets porte le Conseil communautaire du Clermontais (CCC) pour l'agriculture, pour les circuits courts, pour l'artisanat, pour le commerce de proximité, pour les services à la personne, pour les professionnels du tourisme, etc ? Aucun ! La seule priorité de la CCC pour ce mandat 2014-2020 est de remplir la Salamane, à l'image d'un rentier qui attend de tirer les fruits de son investissement, et là le rentier est aux abois.

13/09/2015

Crues et inondations récurrentes, les EPCI doivent relever le défi

Je l'ai déjà écrit sur ce blog, c'est au 1er janvier 2018 que les EPCI prendront la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi). C'est une compétence majeure, et les crues et inondations qui surviennent de plus en plus souvent sur notre territoire illustrent les carences en matière d'aménagement et d'entretien des cours d'eau, ainsi que la détresse de nos concitoyens qui payent très cher les conséquences des inondations.

Nos voisins du Lodévois-Larzac n'ont pas attendu cette échéance pour s'occuper des milieux aquatiques et des inondations, et la Communauté de communes est déjà compétente pour travailler sur les cours d'eau de son territoire. Mais cet article de Midi Libre qui relate une réunion du Conseil communautaire en juin 2014 aborde clairement la question du transfert, ou de la délégation de cette compétence au syndicat mixte de gestion du bassin du fleuve Hérault.

Sur le Clermontais, les élus n'ont pas encore pris les décisions nécessaires pour que la compétence devienne une réalité. L'assemblée communautaire a bien pris une compétence « restauration et entretien des cours d'eau » en novembre 2013 (cf. délibération), ce qui concerne sur le territoire de la Communauté de Communes l'Hérault, la Lergue, la Boyne, la Dourbie et le Salagou (à l’exclusion du lac, de son plan d’eau et de ses berges), mais ça ne permet pas encore à la CCC d'être opérationnelle sur le terrain. La dernière délibération sur le sujet date de février 2014 pour une étude d’élaboration d’un plan de gestion d’aménagement de la « Lergue aval », sur une section allant de Ceyras à Canet. Or, les inondations constatées sur Brignac, et avec des dégâts matériels très lourds qui touchent les populations concernées, justifient de passer très rapidement à la vitesse supérieure !

Je renvoie à cet article de Midi Libre sur les dégâts occasionnés à Brignac le 28 août, et Brignac est régulièrement touché par les crues de la Lergue.

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Les élus sont souvent déstabilisés par les tergiversations de l’État qui légifère à hue et à dia, mais maintenant que le cadre législatif et réglementaire est fixé, il ne faut plus tortiller ; il y a urgence. La question de ces transferts de compétences, car il s'y ajoute aussi l'eau potable et l'assainissement qui seront transférées aux EPCI en 2020, a été évoquée en commission des affaires générales de la CCC cette semaine, Christian Bilhac ne souhaitant pas attendre la saint glinglin pour avancer. Le Président Lacroix nous a répondu que nous n'évoquerons pas ces sujets en 2015 et que nous aurons l'an prochain une réflexion politique sur cette question (certainement dans le cénacle à huis-clos de la conférence des maires). Nous n'avancerons donc pas "techniquement" sur ces questions d'eau avant ... 2017, juste avant de prendre la compétence :=(

Concernant la prévention des inondations, ma crainte est que les EPCI transfèrent (ou délèguent) cette responsabilité au syndicat mixte de gestion du bassin du fleuve Hérault. Mais cet EPTB intervient sur un territoire qui va de l'Aigoual jusqu'à Agde. Et si c'est cet EPTB qui décidera demain de la programmation des travaux sur le bassin versant de l'Hérault, alors les EPCI perdront toute maîtrise sur les priorités qui concernent leur territoire.

Sur la commune de Lodève, Nathalie Lopez et son mari, apiculteurs, ont vu le fruit de leur travail de ces six dernières années disparaître dans le ruisseau qui a traversé leur maison dans la soirée du samedi 12 septembre. La récolte de miel de cinq tonnes a été détruite. Interview sur le site de Midi Libre.

En attendant, des citoyens subissent inondation sur inondation, perdant leurs biens et leurs outils de travail. Les indemnisations tardent, laissant les personnes seules face à leurs banques, et les montants sont loin de couvrir tous les investissements à entreprendre pour relancer une activité agricole, artisanale ou commerciale. Les communes font face elles aussi à des dégâts coûteux, mais elles sont parfois à l'origine des décisions qui produisent ces dégâts ...

L'urbanisation est évidemment en cause. L'artificialisation des sols, la déforestation et le non respect des zones rouges sont des facteurs aggravants pour les inondations. Et là, le SCOT du Cœur d'Hérault qui est en cours d'élaboration devra fixer des règles contraignantes pour éviter que des aménagements urbains continuent de produire ces dégâts récurrents ; j'y serai vigilant !