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01/08/2015

Le Clermontais économique, un oxymore ?

C'est le 31 juillet que la Communauté de communes du Clermontais (CCC) a mis en ligne sur son site Web une lettre d'information économique : L'info économique du Clermontais - n°1 de juillet 2015. C'est un premier numéro, mais il n'est pas indiqué la périodicité de cette publication ... tous les 31 juillet ? Ça a au moins l'avantage de passer totalement inaperçu dans la torpeur de l'été, mais au moins le job est fait ;-)

Info_Eco_CCC.pngOui, cette publication est décevante, mais pouvait-il en être autrement ? La communication devient de plus en plus la pochette surprise de politiques publiques improbables, et le Clermontais cache mal ici la vacuité de son action économique. Dans son édito, le Président Lacroix avance que cet outil de communication « affirme sa volonté de travailler en concertation avec les chefs d’entreprises, les commerçants, les artisans, les agriculteurs locaux... et en toute transparence ».

Ça fait un peu penser à Manuel Valls lors de l'université d'été du Medef en août 2014, affirmant « Moi, j'aime l'entreprise », et avec en sous-entendu « que puis-je faire pour vous ? ». Et c'est le sens que prend cette fameuse charte de développement économique qui n'est uniquement destinée qu'aux commerçants de Clermont l'Hérault avec qui il faut composer pour remplir la Salamane. Quelle charte ? Elle a été très brièvement présentée aux élus communautaires en commission "aménagement, environnement et développement durable" le 1er avril 2015, dans un ordre du jour bien rempli, et puis c'est tout ... J'avais demandé ce jour-là que nous recevions au moins une copie de cette charte, histoire de ne pas finir plus idiots, mais elle doit être classifiée "Secret Défense" car sa diffusion reste très discrète. Il est d'ailleurs étonnant de lire "A la une" de cette communication du 31 juillet que « A ce jour, les signataires de cette charte sont la Communauté de communes du Clermontais par la voix de son Président et de ses Vice-présidents, MM Brun et Ruiz ainsi que les associations de commerçants (Clermont à Plein Cœur, Zone vivante Tanes Basses Salamane et l’Association des commerçants et artisans de Paulhan) et les partenaires dans le domaine de l’emploi : Cap Emploi et la Mission Local Jeunes du Cœur d’Hérault ». Disons donc que cette charte est avant tout un engagement politique personnel du Président Lacroix qui n'engage en rien son assemblée communautaire.

Autre point faible de la politique économique du Clermontais, que cette communication illustre d'ailleurs très bien, c'est l'absence de synergie avec le Pays Cœur d'Hérault, voire même avec nos deux communautés voisines du Cœur d'Hérault. Le service de développement économique du Clermontais se concentre sur une seule chargée de mission, alors qu'il faudrait mettre en avant tous les partenaires qui sont à nos côtés : l'agence économique du Cœur d'Hérault, la maison de l'emploi du Cœur d'Hérault, le PLIE Cœur d'Hérault, la pépinière d'entreprises du Pays Cœur d'Hérault, la bourse immobilière et foncière du Pays Cœur d'Hérault, la plateforme d'initiative locale (PFIL), l'ARIAC, etc. Mais cela vaut aussi pour les déchets, pour la culture, pour le logement, pour le tourisme, ... nos trois intercos ne savent pas travailler ensemble.

Ma réaction à cette publication provient du fait que le développement économique, il faut d'abord s'en occuper avant d'en parler. Or, que fait par exemple le Clermontais en matière agricole ? Quelles aides ? Que faisons-nous pour le tourisme ? Rien ! Des offices de tourisme ne promeuvent que ce qui existe, alors que nous devrions d'abord nous préoccuper de développer l'offre touristique (hôtels, campings, restaurants, circuits touristiques, guides, offres de loisir, un patrimoine valorisé, festivals, ...). Idem pour l'artisanat et le commerce de proximité qui sont le premier employeur de France. Subventionner la rénovation du patrimoine bâti est par exemple un moyen de donner de l'activité aux artisans locaux, mais la Communauté a décidé cette année de supprimer l'aide aux particuliers pour rénover leur façade et de ramener de 50.000 à 40.000 € l'aide aux communes pour rénover leurs bâtiments publics (pour la durée du mandat). Je regrette aussi que nous n’avancions plus du tout sur le programme local de l'habitat (PLH), totalement stoppé depuis deux ans, alors qu'un programme de construction de logements porté politiquement par des assemblées communautaires permettrait à des entrepreneurs locaux d'investir et d'embaucher. Il en est de même pour le désintérêt de la CCC pour l'aménagement de l'habitat existant. Alors que nos voisins de la Vallée de l'Hérault inscrivent à leur budget 21.235 € par an jusqu'en 2017 (sur 105.000 € au total en y ajoutant les concours de l'ANAH et du Département de l'Hérault) pour un programme de rénovation de l'habitant ancien (ou indigne ou nécessitant des travaux de rénovation thermique), dans le cadre d'un programme d'intérêt général (PIG) ambitieux (cf. aides proposées), et que le Lodévois-Larzac s'engage dans la même démarche, le Clermontais ne fait rien dans le domaine de la rénovation de l'habitat, au détriment des bailleurs, des propriétaires occupants et des entrepreneurs locaux.

potentiel_en_Clermontais.jpg

Quant à la logistique, secteur pour lequel la Communauté semble découvrir 4 ans après la création de la ZAC de la Salamane qu'il y a peut-être là une filière génératrice de richesses, il faudrait aussi investir dans la formation professionnelle sur notre territoire. D'accord pour participer à des salons et à des rencontres pour développer la logistique, mais à condition que ça permette de donner de l'emploi à des chômeurs du Clermontais. Ne renouvelons pas le mauvais coup de Système U qui a fait appel à ses salariés de Vendargue pour occuper les emplois à la Salamane, au prétexte que nos demandeurs d'emploi sur le Clermontais n'avaient pas « la culture de la logistique ».

Enfin, une lettre d'information économique pourrait afficher un tableau de bord de l'activité économique locale (solde des créations/fermetures d'entreprises, nombre de demandeurs d'emploi, population vivant sous le seuil de pauvreté, nombre de touristes ayant passé X jours sur le Clermontais, nombre de chantiers privés et publics, nombre de jeunes diplômés ou formés sur le territoire, ...). Nous savons que ces chiffres ne sont pas bons aujourd'hui, et il n'est pas question de les rendre plus positifs en un coup de baguette magique, mais il est indispensable de démontrer comment les politiques publiques engagées améliorent la situation socio-économique sur le Clermontais.

Et que l'on cesse de mettre en avant un « Projet de territoire » derrière l'Agenda 21 local du Clermontais ! Un projet de territoire, et on peut prendre par exemple celui du Pays Cœur d'Hérault signé en décembre 2013 au Caylar (mais le Pays Cœur d'Hérault n'en parle plus du tout, aucune trace sur son site Web qui reste planté sur l'ancien projet 2008-2013). C'est cette démarche là qui fixe des orientations stratégiques dans les grandes compétences de l'EPCI (petite enfance, jeunesse, culture, sport et loisirs, développement économique, offices de tourisme, gestion des déchets, accueil des gens du voyage, entretien des berges des rivières, assainissement non collectif, ...). Là, l'Agenda 21 se contente de préciser dans quelles contraintes de telles politiques pourraient être engagées, et essentiellement des contraintes environnementales. N'oublions pas que les Agendas 21 sont nés au sommet de la Terre à Rio en 1992 ; ce sont des plans d'actions pour le 21ème siècle ayant pour but la mise en place d'un développement durable, qui garantit à chaque être humain, bien être et dignité, tout en préservant la planète pour les générations futures.

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23/07/2012

Le transport à la demande ... à Clermont l'Hérault :=(

Cela fait 8 ans que le Conseil général a lancé le projet Valcordia en vue d'une opération d'aménagement multipolaire sur le centre du Coeur d'Hérault ; la Communauté de Communes du Clermontais avait participé activement en 2005 à un comité de pilotage (avec le Département, la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault et les bourgs-centre de Gignac, Saint-André de Sangonis, Clermont l'Hérault et Paulhan) qui avait défini les orientations retenues à l'horizon 2015-2025. Et la multi-modarité des transports est l'un des points forts de ce projet Valcordia avec des infrastructures à développer dans chacun des bourgs-centre. Aujourd'hui, seule la commune de Gignac est vraiment au travail sur ce dossier avec un projet de bus à haut niveau de service vers Montpellier.

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Lors des ateliers de concertation de l'Agenda 21 de la Communauté de Communes du Clermontais, l'atelier qui se tenait à Aspiran le 19 mai 2011 avait mis en avant la nécessité de mettre en place sur le territoire un réseau de navettes ou de transport à la demande, ceci afin de désenclaver les villages autour de Clermont l'Hérault et de Paulhan tout en évitant le recours systématique à la voiture individuelle.

Aussi, l'information fournie par Midi Libre que dès septembre 2012 un service de transport à la demande se mettrait en place sur la commune de Clermont l'Hérault est une bonne nouvelle. C'est à l'évidence un premier pas du Maire de Clermont l'Hérault, Alain Cazorla, pour amorcer le réseau intercommunal que le Président de la Communauté de Commune, Alain Cazorla, s'est engagé à étudié dans le cadre de son Agenda 21 et pour inscrire enfin le territoire du centre du Coeur d'Hérault dans les réalisations du projet Valcordia dont le Conseiller général, Alain Cazorla, est l'un des ardents promoteurs.

La principale vertu que présentent les défenseurs du cumul des mandats, c'est justement de pouvoir mutualiser des actions qui relèvent de différents niveaux d'administration territoriale, ce fameux ancrage local que les parlementaires revendiquent souvent. Là, le projet Valcordia était une initiative intéressante, ambitieuse et visionnaire, mais elle ne se résume sur le Clermontais qu'à un simple projet local de transport à la demande sur la commune "locomotive" du territoire ... Ah oui, c'est certainement la mise en pratique du "Penser global et agir local" ;-)

17/02/2010

Le bus à un euro, bravo !

Personne ne condamnera la surenchère de ces derniers jours à propos du tarif des transports en commun. Après Georges Frêche qui a annoncé le TER à 1 euro dans le cadre de sa campagne électorale pour les régionales, c'est maintenant André Vézinhet, Président d'Hérault Transport, d'annoncer pour le mois de mai un tarif unique à 1,5 € (et 1€ le ticket pour un carnet de 10 voyages).

C'est là une véritable révolution dans l'offre de transport. Par exemple, un aller-retour Paulhan-Montpellier via Clermont l'Hérault est à 15 €, un tarif totalement rédhibitoire face auquel la voiture reste une alternative plus économique et plus flexible. Là, à 3 € l'aller-retour, on peut accepter quelques petites contraintes supplémentaires comme la rigidité des horaires ou la nécessité de recourir à plusieurs modes de transport.

J'avais personnellement évoqué cette solution lors de la réunion de la commission environnement de la communauté de communes du Clermontais, le 13 janvier dernier. Nous étions réunis sur le thème des économies d'énergie, et je m'étais inspiré de l'exemple du Gard pour promouvoir des actions un peu plus ambitieuses que les aménagements habituellement proposés. Bien évidemment, mes collègues n'ont pas compris les enjeux, à l'image de l'un qui a brandi le budget exsangue du Conseil Général ou d'un autre qui me demandait si le Département du Gard finançait les communes au même niveau que celui de l'Hérault. Que de frilosité !

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Autre exemple du côté des Pyrénées-Orientales où le Conseil Général propose lui aussi un tarif unique à 1 € depuis le printemps 2009 ; et il aurait multiplié par 9 le nombre de ses usagers ! Ainsi, une opération qui au départ pouvait s'envisager à perte se révèle bien plus bénéfique et l’institution départementale se dotera dans les prochains moins de 140 bus et d’un dépôt, via une régie de transports constituée en Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial.

Outre la pertinence de ces actions qui s'inscrivent dans une démarche de développement durable, elles mettent aussi en évidence l'utilité d'institutions qui peuvent engager des politiques publiques à l'échelle d'un département (et pas seulement d'une agglomération ou d'une métropole). Si André Vézinhet n'a pas réussi à convaincre ses collègues parlementaires sur les risque de la réforme territoriale, il trouvera néanmoins l'adhésion des Héraultais à des programmes de développement réellement durables.