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18/05/2013

Retraites, la réforme de Sarkozy que Hollande va poursuivre ...

En 2010, nous étions nombreux dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites de Sarkozy. En gros, face au déficit prévisionnel du régime des retraites, le gouvernement UMP a passé l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, il a passé de 65 à 67 ans l'âge à partir duquel le système de décote ne s'applique plus si la personne n'a pas le nombre de trimestres requis, il a rallongé de 41 ans à 41 ans et demi la durée légale de cotisation et se sont ajoutées d'autres mesures financières pour trouver de l'argent ici et là, comme par exemple l'augmentation du taux de retraite des fonctionnaires de 7,85% à 10,55%.

Toute la gauche s'est mobilisée contre cette réforme et de nombreuses grèves et manifestations se sont déroulées à l'automne 2010 (cf. ma note sur ce blog à cette époque).

Mais aujourd'hui, le Président socialiste qui se trouve à l'Elysée, celui que la gauche a choisi le 6 mai 2012, va continuer l'oeuvre de son prédecesseur. Nous connaissons les arguments (cf. rapport du 19 décembre 2012 du Conseil d'Orientation des Retraites - COR). Tout d'abord que le système pourrait connaître un déficit de 20 milliards d'euros d'ici 2020, et que les seules options qui peuvent être utilisées sont la hausse des cotisations, la baisse des pensions ou l'allongement de la durée de cotisation, et à condition d'un retour de la croissance du PIB (évalué par le COR à +0,8% pour 2013, alors que le chiffre pourrait finalement être négatif, puis à +2% dès 2014). Les questions comme la pénébilité au travail ne sont pas oubliées, mais de même que sous Sarkozy ça fera l'objet de propositions ultérieures ...

vieux-retraite.jpg

Or, comme en 2010, les mêmes interrogations sont posées. La baisse du chômage ne serait-elle pas un objectif plus juste socialement ? Les experts prétendent d'ailleurs qu'une hausse de +5% du taux d'emploi de la population active équilibrerait le système (critère d'ailleurs non pris en compte dans le dernier rapport du COR). Alors, pour un Président qui assure inverser la courbe du chômage en 2013, ce serait pas mal d'avoir un peu de suite dans les idées ;-)

Le problème de fond pour le financement du régime des retraites, c'est qu'il est basé sur les salaires. Or, si le nombre de salariés n'augmente plus et qu'en même temps la redistribution des plus-values économiques bénéficie de moins en moins aux salariés, et avec un nombre croissant de pensionnés, alors le système est inévitablement en danger.  Je l'ai par exemple répété souvent sur mon blog, c'est anormal que les plus-values générées par les gains de productivité du travail n'alimentent pas les régimes sociaux.

Mais le gouvernement social-libéral de François Hollande assume désormais sans complexe sa préférence pour les entreprises et pour leur rôle clé dans l'avenir de notre pays ; et il ne doit rester qu'un idéaliste comme Philippe Poutou pour déclarer sur un plateau de télévision que la richesse d'une entreprise réside dans ses employés ... Mais à ce rythme, ma génération née dans les années 60 partira à la retraite à taux plein à 70 ans. Peut-on à cet âge-là enseigner à une classe, conduire des engins et des autocars, exercer un métier dans la sécurité publique, travailler sur des chantiers ou dans les champs, c'est à dire dans un grand nombre de métiers où il vaut mieux avoir 30 ans que 65 ans. Et d'ailleurs les employeurs ne s'y trompent pas puisque le taux de chômage des plus de 55 ans ne cesse de croître.

Je ne dis pas que l'on ne peut plus peindre un mur, conduire un engin, encadrer un groupe d'adolescents, élaguer un arbre ou recevoir du public après 65 ans, mais pas au rythme exigé par une entreprise dont la viabilité repose sur la productivité de son personnel. Par contre, ce serait une mesure très appréciée que les personnes de plus de 55 ans qui ont du mal à retrouver un emploi puissent percevoir la même indemnité quand ils participent activement au mouvement associatif.

Un autre contrat social doit s'imposer et les régimes sociaux doivent cesser de reposer sur les salaires. Ce qui valait en 1945 au lendemain de la guerre, avec la perspective de la reconstruction du pays et donc d'une augmentation aussi évidente que nécessaire des actifs avec emploi, ne peut plus servir de socle au système social à inventer 68 ans après ; c'est le système qui doit prendre sa retraite ;-)

Personnellement, je reste très attaché au revenu universel, et rien ne m'a encore convaincu qu'un tel système n'était pas viable. Et le RSA (revenu de solidarité active) n'en est-il pas l'ersatz ? Faisons d'un tel revenu une règle générale ; tout citoyen pourrait par exemple recevoir un revenu de 1000 €, et ceci de sa naissance à sa mort. Mais chaque euro perçu serait soumis à l'impôt sur le revenu, et c'est le barême progressif de l'impôt sur le revenu, prélevé à la source, qui garantirait l'équilibre du système. Et plus besoin de ces multitudes d'outils d'aide sociale et des coûts de gestions exorbitants, ce qui permettrait du même coup de réduire les dépenses de fonctionnement de l'Etat et de ses agences.

Une telle révolution sociale ne viendra pas des cerveaux formatés des gouvernants du PS ou de l'UMP, alors faut-il une autre révolution ? La démocratie est-elle un moyen d'y parvenir ? Je l'espère ...

13/02/2013

Débat d'orientation budgétaire pour 2013 à la Communauté de Communes du Clermontais

Ce mercredi 13 février à St-Félix-de-Lodez, l'Assemblée Communautaire va débattre des orientations budgétaires pour l'année 2013. Un dossier d'une vingtaine de pages a été adressé aux conseillers communautaires, il fournit des données et des indicateurs de suivi budgétaire et il précise les orientations dessinées lors de la Commission des finances du 6 février 2013.

Il est à noter que nous voterons au printemps le dernier budget communautaire du mandat, et le rapport préparatoire ne s'inscrit pas du tout dans une approche "bilan". Or, il serait intéressant de mesurer si les cinq budgets précédents votés par notre Assemblée Communautaire ont atteint les objectifs stratégiques du mandat, ce sixième budget pouvant alors s'inscrire dans la continuité ou alors dans une démarche rectificative dans la perspective du prochain mandat 2014-2020. Car le budget n'est que la transposition en dispositions de fonctionnement et d'investissement des objectifs que se fixe l'Assemblée Communautaire, et le débat d'orientation budgétaire (DOB) est ce moment privilégié où les élus doivent envisager le moyen terme, sans par ailleurs occulter le contexte fiscal et financier de la Communauté.

Mais une autre grille d'analyse est venue se greffer aux outils de pilotage classique, c'est l'Agenda 21. Sur ses trois axes (développement économique, progrès social et préservation de notre environnement), l'Assemblée Communautaire a adopté des directives qui constituent autant d'axes stratégiques, mais aussi des éléments d'évaluation.

Par exemple sur le développement économique, les analyses produites par l'Observatoire de l'emploi sur le Coeur d'Hérault ne sont pas assez exploitées. Comment a évolué la population active sur le Clermontais depuis 2008 ? Combien de demandeurs d'emploi en plus depuis 2008 ? Les filières soutenues par la Communauté depuis 2008 sont-elles pourvoyeuses d'emploi ? Ainsi, et en dehors de la Salamane, il s'avère que les orientations de la Communauté pendant ce mandat n'avaient consisté qu'en du saupoudrage ...

Sur le volet social, nous disposons là encore de nombreuses données à exploiter ; cela va de la fréquentation croissante des organisations caritatives à la pénurie de logements en passant par l'augmentation de la dépendance des personnes âgées. Le vieillissement et la paupérisation de la population du Coeur d'Hérault sont annoncés depuis longtemps, mais la Communauté ne témoigne pas assez de ses initiatives en la matière (Plan Local de l'Habitat, Contrat Local de Santé porté par le Pays Coeur d'Hérault, ...). A noter que la Communauté porte très peu de compétences sur le volet social, les principales étant la petite enfance et la jeunesse. Et les initiatives de mise en réseau des CCAS (Canet, Clermont l'Hérault et Paulhan) ou le travail conjoint avec les MLI (Missions Locales d'Insertion) se font en marge de la Communauté de Communes, même si ce sont les mêmes acteurs qui y participent.

Enfin sur la partie environnementale, le volet "Energie" de l'Agenda 21 est désormais porté par le Plan Climat Energie Territorial (PCET) du Pays Coeur d'Hérault. Mais la Communauté est relativement écartée des enjeux sur la mobilité (alternatives à l'automobile, pistes cyclables, ...), sur l'eau ou encore sur la biodiversité. Là aussi, l'élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) par le Pays Coeur d'Hérault va s'imposer dans les prochaines années.

Mais ce qui me paraît être le principal enjeu de ce DOB 2013, c'est l'articulation entre les communes et leur Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI). A l'époque de Nicolas Sarkozy, Bercy a inventé le concept de "bloc communal" ; une façon de faire glisser diplomatiquement des compétences des communes vers leur EPCI. Et l'acte III de la décentralisation (qui sera voté en 2013) va imposer les Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) Intercommunaux. On trouve aussi dans ce futur projet de loi de nouvelles compétences comme la gestion des milieux aquatiques ou la production électrique que les communes devront déléguer à leur EPCI. Et sans oublier l'adduction d'eau potable ainsi que les eaux usées pour lesquelles l'Agence de l'Eau impose aux communes d'en déléguer la gestion à des structures intercommunales (syndicat mixte ou EPCI) d'ici 2016.

Tout cela dans un contexte de rigueur budgétaire qui verra les dotations de fonctionnement des collectivités locales se réduire fortement, le DOB 2013 devrait mieux anticiper ces enjeux de moyen terme. Et les élections municipales de 2014 ne pourront pas faire l'impasse sur l'échelon intercommunal qui va progressivement devenir le lieu exclusif pour décider des orientations de développement de nos territoires.

Aussi, conclure le rapport du DOB 2013 par les futures prises de compétence "Sport" et "Culture" dans une démarche qui "s'inscrit dans un véritable projet de promotion du vivre ensemble" et qui "donnerait tout son sens à l'intercommunalité", c'est passer complètement à côté des enjeux prioritaires. Les communes sont le véritable espace du "vivre ensemble", et cela s'évalue avec la vitalité de leurs associations et de leurs clubs sportifs. Par contre, les habitants du Clermontais attendent surtout que leurs élus les aident à garder, voire à améliorer leur emploi (et à en trouver un pour de plus en plus de demandeurs d'emploi), que leurs élus les accompagnent efficacement dans leurs démarches pour se loger, pour se déplacer et pour subvenir à leurs besoins vitaux.

Bref, le DOB ne doit pas être un exercice technique où les élus essaient de prioriser quelques actions dans un cadre financier et fiscal contraint, il doit surtout refléter des orientations politiques. Je sais que le mot "politique" est peu apprécié au sein de l'Assemblée Communautaire, mais il conservera toute sa noblesse si nous savons lui redonner un sens qui soit perceptible par tous les citoyens.

04/01/2013

En 2013, il y a urgence à changer radicalement notre vision du monde

Le Président de la République présentait ses voeux aux français en début de semaine, nous assénant un bien fade discours social-démocratie ; il a commencé par dresser un état des lieux de l'économie mondiale à laquelle nous ne pouvons échapper, il a ensuite détaillé comment les plus démunis ne seraient pas laissés au bord du chemin, et il a enfin conclu sur les valeurs et sur la place de la France dans le monde. Le discours (cf. texte en PDF) est très classique et nous pouvons déjà prévoir que François Hollande gardera la même trame pour les quatre futures présentations de voeux de son quinquénat.

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Une autre personnalité française présentait une autre vision de 2013, c'est Edgar Morin dans une tribune du journal le Monde le 1er janvier (cf. texte en PDF). Il faut lire ces deux textes pour mesurer le fossé qui sépare un discours officiel servi comme un antalgique et une tribune introspective sur l'état de notre société. Quand le premier évoque la rigueur et la croissance, le second répond illusion et erreur. François Hollande présentait ses voeux, avec l'impérieuse nécessité de rassurer mais plus sur la forme que sur le fond, et Edgar Morin était dans son rôle de sociologue et de philosophe, tirant le signal d'alarme pour nous inciter à une petite révolution intellectuelle. Les deux sont complémentaires, les deux sont dans leur rôle.

Reste que 2013 ne verra pas le chômage baisser, ne verra pas la croissance du PIB atteindre le pronostic du gouvernement, ne verra pas la balance commerciale redevenir excédentaire et qu'il est donc urgent de nous fixer un autre cap. La croissance économique est un leurre, elle ne cesse de baisser dans la plupart des pays du monde depuis trois décennies. Et quand le peu de croissance génère de la création d'emplois, ce sont des emplois précaires qui paupérisent les peuples. N'est-il pas choquant de voir des ONG organiser des centres de soins itinérants dans les grandes métropoles américaines, comme elles le font aussi dans les pays les plus pauvres de la planète ?

Mais il faut dépasser l'année 2013 pour nous projeter bien plus loin, et avec un autre modèle de développement. Oui, il faut approfondir nos connaissances, et cela commence dès l'école. Il faut aussi retrouver des âmes d'explorateurs comme il y a 5 ou 6 siècles (Ch. Collomb, L. de Vinci, ...), des esprits révolutionnaires comme au 18ème siècle (Les Lumières et la République), ou encore des politiques de reconstruction comme au lendemain de la seconde guerre mondiale (du plan Marshall au Conseil National de la Résistance). Ces rappels historiques ne peuvent que nous rendre optimistes, car qu'il s'agisse de personnalités remarquables ou des peuples, les murs qui se dressent devant eux finissent par tomber pour révéler un autre avenir.