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16/09/2012

Electricité, la consommation plafonne ... et le nucléaire pourrait peser de moins en moins.

Alors que la consommation électrique des français a quadruplé entre 1960 et 2000, elle plafonne depuis quelques années autour de 7.500 kWh par habitant (cliquer sur le graphique ci-dessous pour l'agrandir).

consommation_elect_habitant.jpg

Autant l'industrie que les ménages surveillent désormais leur consommation d'électricité, et la fée électrique qui a illuminé la fin du 20ème siècle a cessé de briller. Dans les constructions nouvelles, le tout-électrique laisse la place à d'autres énergies (chauffe-eau solaire, chauffage au bois, géothermie, photovoltaïque, ...).

La part du nucléaire est à 77% en 2011 et le rapport annuel de RTE détaille l'apport de chaque source d'énergie ainsi que sa progression. Mais le rapport 2011 de RTE précise aussi que la France a exporté 55,7 TWh d'électricité, le double de 2009 et 2010. Cette énergie électrique exportée correspond à 10% de la production française !

Le Gouvernement a donc de la marge pour réduire la part du nucléaire dans la production électrique : cesser d'exporter de l'électricité (dont une grande partie disparaît avec l'effet Joule), miser sur une plus grande sobriété des consommateurs, améliorer l'efficacité énergétique des constructions et des équipements, mais surtout mettre l'accent sur les énergies renouvelables. Et fermer plusieurs réacteurs nuclaires d'ici la fin du mandat de François Hollande est tout à fait réaliste !

01/08/2012

Le Lodévois-Larzac bientôt au 100% renouvelable !

Sur une friche industrielle difficilement exploitable (ancienne mine d'uranium d'Areva), avec un ensoleillement très favorable et surtout grâce à la pugnacité des élus locaux, le Lodévois-Larzac disposera bientôt d'une ferme photovoltaïque de 10 MW située sur 22 ha des communes du Bosc et de Soumont.

Les panneaux et les cellules photovoltaïques seront produites en Rhône-Alpes par la société Bosch et c'est la Compagnie du Vent qui a remporté ce marché qui s'inscrivait dans un appel à projets national.

crapaud_calamite.jpg

Le crapaud calamite pourra continuer à vivre des jours tranquilles puisque les études d'impact environnemental ont pris en compte son cadre de vie et que l'installation ne lui sera pas préjudiciable.

Alors ce projet n'a-t-il que des effets positifs ? Globalement, oui. Par la suite, ce parc pourrait même être étendu puisque la friche laissée par Areva dispose encore de nombreux espaces. On pourrait aussi espérer que cette ferme photovoltaïque sera couplée avec une unité de stockage sous forme d'hydrogène (cf. prototype à côté d'Ajaccio) afin d'assurer la production d'électricité la nuit.

Reste que cette installation ne créera presque pas d'emploi, et donc qu'elle ne génèrera aucune recette dans les caisses des régimes de sécurité sociale. Mais ce site sera assujetti à l'IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau) dont 30% des recettes iront aux communes impactées et 70% à la Communauté des communes. Ces recettes permettront aux collectivités locales de réinjecter ces sommes dans l'économie locale et donc de créer de l'emploi et des cotisations sociales.

23/10/2010

L'Etat dit NON aux éoliennes dans le Golfe du Lion

Le développement massif de l'éolien était un engagement fort du Grenelle de l'Environnement, le Gouvernement en avait un objectif majeur lors des débats sur la loi Grenelle II, mais le lobbying des élus du littoral Languedocien a semble-t-il convaincu Jean-Louis Borloo de renoncer à l'installation de fermes éoliennes dans le Golfe du Lion. Toujours cette même peur irrationnelle face à l'inovation, face au progrès et donc un retard prévisible de la France vis à vis des autres pays cotiers d'Europe. A l'instar de la peur pour le train ou pour l'avion il y a un siècle, ce véto ministériel ne fait que reculer l'échéance ; la fin du nucléaire civil et les conventions signées par la France sur les gaz à effet de serre nous mèneront à moyen ou à long terme vers cette source d'énergie renouvelable en mer.

C'est l'impact visuel qui a été le plus fort argument des opposants à l'éolien en mer ; ce littoral touristique ne pouvait pas s'enlaidir de chaînes d'éoliennes sur l'horizon de nos plages. Mais une éolienne en mer mesure 150 mètres et, avec la rotondité de la terre, elle devient invisible sur l'horizon à 40 km de distance. Et à 14 Km de distance, une éolienne se perçoit comme une image de 1 cm que nous verrions à 1 mètre de nos yeux.

Deux images caricaturales s'affrontent pour évaluer cet impact visuel :

  • Cette photo (montage ?) de Midi Libre dans son édition du 23 octobre où les éoliennes sont presque à nos pieds :

    eolienne_au_bord_de_plage.JPG










  • Ce montage visuel produit dans une étude paysagère pour la Compagnie du Vent - GDF SUEZ - pour un projet éolien au large de la baie de Somme, l'image montrant l'impact visual à 14 Km de distance :

    plage_treport.JPG




Plus sérieusement, BRL Ingénierie a produit en 2002 une étude très fouillée pour les services de l'Etat en région Languedoc-Roussillon sur les avantages et les inconvénients d'un projet éolien dans le Golfe du Lion. Ce rapport est toujours d'actualité et il faut le lire pour analyser en détail l'impact d'un tel projet.

Personnellement, j'espère que ce NON de l'Etat n'est que provisoire. Je souhaite aussi que le Conseil Régional qui s'était tellement engagé dans cette voie se rende plus persuasif face à Jean-Louis Borloo. Ces élus opposés au projet (Elie Aboud et Gilles d'Ettore entre autres) sont des nimbystes (de l'anglais Not In My Back Yard qui signifie jamais dans mon arrière-cour), en gros les nuisances sont toujours mieux perçues quand elles sont chez les autres ... Belle leçon de responsabilité politique !