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01/06/2018

Notre Coeur d'Hérault Numérique ;-)

Trois mois après la signature officielle de la convention qui lie le Département de l'Hérault à l'entreprise COVAGE pour une délégation de service public (DSP) de 25 ans, tous les héraultais qui résident en dehors de la zone d'initiative privée (autour de Montpellier, Sète et Béziers) peuvent savoir quand, d'ici 2022, leur domicile verra la fibre optique arriver à leur porte > http://numerique.herault.fr/

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Mais ce qui intéresse les acteurs locaux (élus, entrepreneurs, citoyens, associations, ...), c'est d'avoir une vision plus globale à l'échelle d'un territoire du rythme de ce déploiement. Parce que de voir arriver la fibre optique en 2018 ou en 2022, ça ne se gère pas de la même façon ... D'ailleurs les premiers servis vont en quelque sorte "essuyer les plâtres", quand les derniers n'auront plus "qu'à se brancher". En effet, l'arrivée de l'infrastructure à sa porte ne signifie pas qu'il y a des opérateurs prêts à proposer des offres concurrentielles, et il faudra bien un an ou deux pour disposer d'offres commerciales comparables à celles que l'on trouve en zone urbaine.

Sur le Cœur d'Hérault, le déploiement est assez hétérogène ; les 77 communes du territoire seront déployées par vagues sectorielles, mais sans que les communes les plus grosses soient les premières à être raccordées. C'est assez équilibré.

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La méthodologie pour constituer cette carte a été de saisir l'adresse postale de chacune des 77 mairies dans l'interface Web d'Hérault-Numérique (cf. tableau détaillé) ; excepté pour Celles, où les Vailhés sont plus habités que le secteur de la mairie, et pour Clermont-l'Hérault où l'interface ne semble pas connaître de place de la Victoire. Attention, l'année de déploiement attribuée à une commune ne vaut que pour le lieu de sa mairie, et il est fort possible que des bâtiments excentrés soient desservis plus tôt ou plus tard ; la commune d'Aumelas doit en être un bon exemple. D'où la nécessité d'aller sur l'interface Web pour le vérifier.

Aujourd'hui, un citoyen, ou même un maire a très peu de moyens d'actions pour tirer le meilleur parti de ce déploiement, d'où l'intérêt majeur d'appréhender la question à l'échelle intercommunale. Ainsi, pour avoir l'offre la plus diversifiée de la part des opérateurs, il faut que les négociations soient appuyées par les responsables économiques de nos intercommunalités (vice-présidents en charge du développement économique, chargés de mission économie, ...). Et il en est de même pour les usages. Nous constatons comme le numérique modifie nos comportements de consommateurs, consommateurs de biens comme de services, et là il y a de l'information à faire auprès des publics. Je pense par exemple à la télémédecine, où demain nous nous ferons ausculter par une webcam et l'ordonnance du médecin sera directement transmise à notre pharmacien ; le médecin, lui, sera à Montpellier ou sur une île des Antilles ;-)

Et puis il y a aussi le numérique comme atout de développement économique. Un cabinet d'architectes, une start-up de chercheurs, une structure artistique, ... pourront résider dans des communes très rurales, mais seront à un clic du monde entier pour leurs activités professionnelles. Le tourisme en sera aussi un grand bénéficiaire. Le marché immobilier y gagnera aussi et des bâtiments au passé industriel notoire pourraient y retrouver une seconde vie ; je pense par exemple aux caves coopératives.

D'ici 2022, il y aura 2020 et les élections locales ; une étape-clé pour que ce réseau de fibre optique ne reste pas qu'une simple infrastructure technologique, mais qu'il devienne un atout majeur pour le développement du Cœur d'Hérault.

13/10/2017

Les offres de médecine à distance sont à l'aube d'une révolution dans la santé au quotidien, essentiellement dans les territoires ruraux

Les déserts médicaux sont une source inépuisable de promesses, d'investissements, de plans et de déclarations politiques toujours très engageantes, mais force est de constater que les cabinets médicaux dans nos villages ne désemplissent pas et que le remplacement des médecins qui partent à la retraite est redouté par tous les élus locaux et bien évidemment par leurs patients. Par exemple sur le Cœur d'Hérault, l'offre de soins, en médecine générale comme en médecine spécialisée, n'augmente pas au même rythme que la population. Par ailleurs, les médecins intègrent une part de plus en plus importante d'écoute sociale dans leurs consultations ; et certains médecins refusent désormais de nouveaux patients.

Le Premier ministre Édouard Philippe et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, inauguraient aujourd'hui une maison de santé dans la Haute-Vienne, occasion donnée pour ... ne rien annoncer d'extraordinaire. Il faut qu'il y ait « plus de médecins », mais sans stratégie incitative particulière, et la « télémédecine » comme pis-aller.

En rentrant d'une réunion sur la santé à Gignac hier soir, la radio a diffusé un spot de publicité pour un service de télémédecine promu par une mutuelle complémentaire. Et il y a là un terreau d'une étonnante fertilité pour la e-Santé. Les compagnies d'assurance et les mutuelles ont d'ailleurs bien appréhendé les enjeux économiques, les premières qui pourront ajouter à leur offre de complémentaire santé l'accès à un médecin sur simple appel téléphonique vont remporter le jackpot ! Le journal l'Opinion y consacre un article fort intéressant : « Les complémentaires santé investissent le marché de la e-santé ».

Alors de quoi s'agit-il en réalité ? médecindirect est l'une de ces plateformes déjà opérationnelle de consultation à distance. Plus besoin d'attendre 2 à 3 heures dans un cabinet médical parce que le petit à de la fièvre ou parce qu'il a des boutons, un simple appel téléphonique suffira désormais. Et à la fin de cette télé consultation, le médecin vous envoie une ordonnance à imprimer pour aller à la pharmacie. De nouvelles applications sur Smartphone ne manqueront pas de se développer pour faciliter l'échange avec le médecin (température, rythme cardiaque, photos, ...).

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Des sociétés engagent des recherches et proposent déjà des prototypes de kit ou de box avec tous les équipements (tensiomètre, stéthoscope connecté, ...) qui pourront donner au médecin à distance toutes les indications dont il a besoin. En parallèle, celui-ci pourra consulter sur le site Web du laboratoire les résultats d'une analyse de sang ou sur le site d'un radiologue les images de votre organisme.

A Marseille, la société Procramé développe des bornes-laboratoires, d'abord pour le marché maritime, et ensuite pour les déserts médicaux terrestres. Une telle borne pourrait demain être installée dans une salle de la mairie du village, avec une connexion très haut débit à Internet, et les patients pourront alors bénéficier d'une consultation médicale pointue.

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Nul doute que d'ici quelques années, l'acte de consultation médicale aura été profondément transformé. Pour gagner du temps le plus souvent, et pour s'épargner des déplacements difficiles dans les territoires ruraux, il est prévisible que la e-Santé prenne un essor considérable. Et pour cela, l'accès au très haut débit pour la téléphonie mobile comme pour Internet est un facteur décisif ; les collectivités territoriales s'y engagent, les plus rurales y voyant là un axe de désenclavement.

Alors, dans ce concert d'espoirs et de progrès, je vois un bémol, c'est notre hyper dépendance à ... l'électricité. Tout cet édifice moderne ne fonctionne bien que s'il y a de l'électricité et que les équipements intermédiaires (relais téléphoniques, relais numériques terrestres, ...) fonctionnent eux aussi. Nous avons vu les conséquences d'un ouragan sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, privant leurs habitants d'eau, d'électricité, d'alimentation, etc. Alors imaginons que demain la télé médecine devienne pratique courante pour se faire soigner, et que par conséquent les médecins aient déserté les campagnes pour se concentrer sur des territoires plus attractifs comme les métropoles, qui soignerait les habitants de territoires coupés du monde suite à une catastrophe climatique ou technologique ?

A ce bémol près, je pense surtout que les médecins qui resteront sur des territoires ruraux auront plus de temps pour se former, pour prendre des missions de soins d'urgence et aussi pour avoir une vraie vie privée. Bref, la technologie peut nous faire progresser socialement, mais il faut conserver et entretenir un écosystème médical sur le terrain.

29/03/2016

A ma demande, le Conseil municipal de Paulhan reporte sa délibération sur le compteur de gaz intelligent

Jeudi 24 mars en Conseil municipal, le dernier point de l'ordre du jour portait sur l'adoption d'une convention avec GRDF relative à l'installation et l'hébergement d'équipement de télé-relève. Quand ce point-là a été évoqué en commission municipale le 26 février, aucun autre document que l'intitulé de la délibération ne m'avait été présenté, et je pensais naïvement qu'il s'agissait de permettre la télé-relève par des agents de GRDF, comme le fait actuellement la CESML à Paulhan pour les compteurs électriques.

Mais la lecture de la convention jointe à la délibération, avec la convocation au Conseil municipal, en donnait un tout autre aperçu ! Sur dix pages, annexes comprises, il s'agissait bien de mettre en place un système de compteurs dits  « intelligents ». Et même si la Directrice Générale Adjointe des Services s'est voulue rassurante en nous disant qu'il ne s'agissait que d'un accord préalable, et qu'un autre accord à faire voter en Conseil soit nécessaire avant que le système des « Compteurs Communicants Gaz » ne puisse s'imposer à tous les abonnés de la commune, j'ai insisté auprès de mes collègues pour que nous reportions cette délibération à une prochaine séance.

Je suis depuis longtemps conscient des dérives des « compteurs intelligents ». Quel est le message des opérateurs d'électricité et de gaz ? Qu'au travers des consommations régulièrement transmises par les compteurs, l'opérateur dispose d'une mesure plus fine des consommations et qu'il peut alors aider les abonnés à faire des économies. En gros, en se connectant sur le site Web de l'opérateur, on peut suivre sa consommation quotidienne, hebdomadaire et saisonnière avec des graphes, des camemberts et des histogrammes, et on peut ensuite étaler ses consommations dans le temps (machine à laver, chauffage de la maison, éclairage des pièces, ...).

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Or, la première responsabilité de la commune est que si elle adopte une telle convention avec un opérateur, alors elle ne lui permet plus de s'opposer au remplacement de son vieux compteur par un nouveau compteur, Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz. Et dans la convention que nous avions sous les yeux jeudi dernier, il état déjà précisé la localisation des concentrateurs qui allaient relayer à Paulhan la transmission des données des compteurs (gymnase de la route d'Usclas, les halles du boulevard de la Liberté, l'église, la mairie, la bibliothèque et la salle des fêtes) ... C'était un peu plus avancé qu'un simple accord-cadre.

Mais au-delà de la transmission des données de consommation instantanée, ces compteurs ne trahissent-ils pas simplement notre présence et notre activité à la maison ? L'opérateur peut même savoir si nous sommes partis en vacance ou si nous passons les fêtes en famille ... Et toutes ces données transitent par des échanges radio. Et dans l'autre sens, l'opérateur peut aussi couper l'approvisionnement d'énergie si la facture n'a pas été réglée (ou si elle est contestée). Plus besoin d'envoyer un technicien pour couper le compteur, un simple clic sur un écran de contrôle permettra à un opérateur de suspendre l'approvisionnement. Et un stagiaire potache pourrait même s'amuser à faire des blagues :=(

Rendez-vous sur le site de GRDF pour avoir l'avis de l'opérateur sur son projet : http://www.grdf.fr/dossiers/gazpar-le-compteur-communicant. On nous parle bien évidemment de création d'emplois (1000 emplois créés, mais combien d'emplois de releveurs supprimés ?). On touche aussi à notre patriotisme en indiquant que ces compteurs sont fabriqués en France ... C'est le moment de verser une larme ;-)

Le maire de Cazouls-les-Béziers vient lui aussi de refuser l'accès de Gazpar dans sa commune (cf. article de Midi Libre), arguant très justement qu'il vaut mieux payer des agents pour relever des compteurs (comme il le fait pour sa régie municipale d'électricité), plutôt que d'améliorer les dividendes des actionnaires. Je m'étais moi aussi opposé lors du précédent mandat au remplacement des vieux compteurs d'eau par des compteurs plus modernes qui transmettent le relevé d'index par impulsion radio. Car le passage du releveur permet aussi d'établir un contact avec les administrés ; les agents du service de l'eau ont aussi une mission de service public et ils sont un lien entre les habitants et la mairie. Et d'un point de vue comptable, c'est aussi coûteux de remplacer 2000 compteurs d'eau et de les maintenir que de payer deux agents à faire deux campagnes de relevé de compteur par an. Et là en plus c'est de l'emploi local.

Jeudi soir, en Conseil municipal, j'ai demandé qu'une réunion publique soit un préalable à toute nouvelle inscription de cette délibération à l'ordre du jour. Il est en effet indispensable d'informer nos concitoyens, mais aussi les abonnés au gaz, et de recueillir leurs avis. Et un représentant de GRDF serait le bienvenu ! Tout le Conseil municipal a été d'accord.

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