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13/10/2017

Les offres de médecine à distance sont à l'aube d'une révolution dans la santé au quotidien, essentiellement dans les territoires ruraux

Les déserts médicaux sont une source inépuisable de promesses, d'investissements, de plans et de déclarations politiques toujours très engageantes, mais force est de constater que les cabinets médicaux dans nos villages ne désemplissent pas et que le remplacement des médecins qui partent à la retraite est redouté par tous les élus locaux et bien évidemment par leurs patients. Par exemple sur le Cœur d'Hérault, l'offre de soins, en médecine générale comme en médecine spécialisée, n'augmente pas au même rythme que la population. Par ailleurs, les médecins intègrent une part de plus en plus importante d'écoute sociale dans leurs consultations ; et certains médecins refusent désormais de nouveaux patients.

Le Premier ministre Édouard Philippe et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, inauguraient aujourd'hui une maison de santé dans la Haute-Vienne, occasion donnée pour ... ne rien annoncer d'extraordinaire. Il faut qu'il y ait « plus de médecins », mais sans stratégie incitative particulière, et la « télémédecine » comme pis-aller.

En rentrant d'une réunion sur la santé à Gignac hier soir, la radio a diffusé un spot de publicité pour un service de télémédecine promu par une mutuelle complémentaire. Et il y a là un terreau d'une étonnante fertilité pour la e-Santé. Les compagnies d'assurance et les mutuelles ont d'ailleurs bien appréhendé les enjeux économiques, les premières qui pourront ajouter à leur offre de complémentaire santé l'accès à un médecin sur simple appel téléphonique vont remporter le jackpot ! Le journal l'Opinion y consacre un article fort intéressant : « Les complémentaires santé investissent le marché de la e-santé ».

Alors de quoi s'agit-il en réalité ? médecindirect est l'une de ces plateformes déjà opérationnelle de consultation à distance. Plus besoin d'attendre 2 à 3 heures dans un cabinet médical parce que le petit à de la fièvre ou parce qu'il a des boutons, un simple appel téléphonique suffira désormais. Et à la fin de cette télé consultation, le médecin vous envoie une ordonnance à imprimer pour aller à la pharmacie. De nouvelles applications sur Smartphone ne manqueront pas de se développer pour faciliter l'échange avec le médecin (température, rythme cardiaque, photos, ...).

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Des sociétés engagent des recherches et proposent déjà des prototypes de kit ou de box avec tous les équipements (tensiomètre, stéthoscope connecté, ...) qui pourront donner au médecin à distance toutes les indications dont il a besoin. En parallèle, celui-ci pourra consulter sur le site Web du laboratoire les résultats d'une analyse de sang ou sur le site d'un radiologue les images de votre organisme.

A Marseille, la société Procramé développe des bornes-laboratoires, d'abord pour le marché maritime, et ensuite pour les déserts médicaux terrestres. Une telle borne pourrait demain être installée dans une salle de la mairie du village, avec une connexion très haut débit à Internet, et les patients pourront alors bénéficier d'une consultation médicale pointue.

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Nul doute que d'ici quelques années, l'acte de consultation médicale aura été profondément transformé. Pour gagner du temps le plus souvent, et pour s'épargner des déplacements difficiles dans les territoires ruraux, il est prévisible que la e-Santé prenne un essor considérable. Et pour cela, l'accès au très haut débit pour la téléphonie mobile comme pour Internet est un facteur décisif ; les collectivités territoriales s'y engagent, les plus rurales y voyant là un axe de désenclavement.

Alors, dans ce concert d'espoirs et de progrès, je vois un bémol, c'est notre hyper dépendance à ... l'électricité. Tout cet édifice moderne ne fonctionne bien que s'il y a de l'électricité et que les équipements intermédiaires (relais téléphoniques, relais numériques terrestres, ...) fonctionnent eux aussi. Nous avons vu les conséquences d'un ouragan sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, privant leurs habitants d'eau, d'électricité, d'alimentation, etc. Alors imaginons que demain la télé médecine devienne pratique courante pour se faire soigner, et que par conséquent les médecins aient déserté les campagnes pour se concentrer sur des territoires plus attractifs comme les métropoles, qui soignerait les habitants de territoires coupés du monde suite à une catastrophe climatique ou technologique ?

A ce bémol près, je pense surtout que les médecins qui resteront sur des territoires ruraux auront plus de temps pour se former, pour prendre des missions de soins d'urgence et aussi pour avoir une vraie vie privée. Bref, la technologie peut nous faire progresser socialement, mais il faut conserver et entretenir un écosystème médical sur le terrain.

29/03/2016

A ma demande, le Conseil municipal de Paulhan reporte sa délibération sur le compteur de gaz intelligent

Jeudi 24 mars en Conseil municipal, le dernier point de l'ordre du jour portait sur l'adoption d'une convention avec GRDF relative à l'installation et l'hébergement d'équipement de télé-relève. Quand ce point-là a été évoqué en commission municipale le 26 février, aucun autre document que l'intitulé de la délibération ne m'avait été présenté, et je pensais naïvement qu'il s'agissait de permettre la télé-relève par des agents de GRDF, comme le fait actuellement la CESML à Paulhan pour les compteurs électriques.

Mais la lecture de la convention jointe à la délibération, avec la convocation au Conseil municipal, en donnait un tout autre aperçu ! Sur dix pages, annexes comprises, il s'agissait bien de mettre en place un système de compteurs dits  « intelligents ». Et même si la Directrice Générale Adjointe des Services s'est voulue rassurante en nous disant qu'il ne s'agissait que d'un accord préalable, et qu'un autre accord à faire voter en Conseil soit nécessaire avant que le système des « Compteurs Communicants Gaz » ne puisse s'imposer à tous les abonnés de la commune, j'ai insisté auprès de mes collègues pour que nous reportions cette délibération à une prochaine séance.

Je suis depuis longtemps conscient des dérives des « compteurs intelligents ». Quel est le message des opérateurs d'électricité et de gaz ? Qu'au travers des consommations régulièrement transmises par les compteurs, l'opérateur dispose d'une mesure plus fine des consommations et qu'il peut alors aider les abonnés à faire des économies. En gros, en se connectant sur le site Web de l'opérateur, on peut suivre sa consommation quotidienne, hebdomadaire et saisonnière avec des graphes, des camemberts et des histogrammes, et on peut ensuite étaler ses consommations dans le temps (machine à laver, chauffage de la maison, éclairage des pièces, ...).

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Or, la première responsabilité de la commune est que si elle adopte une telle convention avec un opérateur, alors elle ne lui permet plus de s'opposer au remplacement de son vieux compteur par un nouveau compteur, Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz. Et dans la convention que nous avions sous les yeux jeudi dernier, il état déjà précisé la localisation des concentrateurs qui allaient relayer à Paulhan la transmission des données des compteurs (gymnase de la route d'Usclas, les halles du boulevard de la Liberté, l'église, la mairie, la bibliothèque et la salle des fêtes) ... C'était un peu plus avancé qu'un simple accord-cadre.

Mais au-delà de la transmission des données de consommation instantanée, ces compteurs ne trahissent-ils pas simplement notre présence et notre activité à la maison ? L'opérateur peut même savoir si nous sommes partis en vacance ou si nous passons les fêtes en famille ... Et toutes ces données transitent par des échanges radio. Et dans l'autre sens, l'opérateur peut aussi couper l'approvisionnement d'énergie si la facture n'a pas été réglée (ou si elle est contestée). Plus besoin d'envoyer un technicien pour couper le compteur, un simple clic sur un écran de contrôle permettra à un opérateur de suspendre l'approvisionnement. Et un stagiaire potache pourrait même s'amuser à faire des blagues :=(

Rendez-vous sur le site de GRDF pour avoir l'avis de l'opérateur sur son projet : http://www.grdf.fr/dossiers/gazpar-le-compteur-communicant. On nous parle bien évidemment de création d'emplois (1000 emplois créés, mais combien d'emplois de releveurs supprimés ?). On touche aussi à notre patriotisme en indiquant que ces compteurs sont fabriqués en France ... C'est le moment de verser une larme ;-)

Le maire de Cazouls-les-Béziers vient lui aussi de refuser l'accès de Gazpar dans sa commune (cf. article de Midi Libre), arguant très justement qu'il vaut mieux payer des agents pour relever des compteurs (comme il le fait pour sa régie municipale d'électricité), plutôt que d'améliorer les dividendes des actionnaires. Je m'étais moi aussi opposé lors du précédent mandat au remplacement des vieux compteurs d'eau par des compteurs plus modernes qui transmettent le relevé d'index par impulsion radio. Car le passage du releveur permet aussi d'établir un contact avec les administrés ; les agents du service de l'eau ont aussi une mission de service public et ils sont un lien entre les habitants et la mairie. Et d'un point de vue comptable, c'est aussi coûteux de remplacer 2000 compteurs d'eau et de les maintenir que de payer deux agents à faire deux campagnes de relevé de compteur par an. Et là en plus c'est de l'emploi local.

Jeudi soir, en Conseil municipal, j'ai demandé qu'une réunion publique soit un préalable à toute nouvelle inscription de cette délibération à l'ordre du jour. Il est en effet indispensable d'informer nos concitoyens, mais aussi les abonnés au gaz, et de recueillir leurs avis. Et un représentant de GRDF serait le bienvenu ! Tout le Conseil municipal a été d'accord.

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14/07/2015

La loi Macron affranchit le gouvernement de débat démocratique sur des sujets sensibles, le 49-3 est cadeau ;-)

Le traitement des déchets nucléaires est un sujet tabou ; jamais l’État n'a souhaité ouvrir un large débat citoyen sur ce sujet, et tout se passe en douce ... Tel est le cas du projet d'enfouissement de Bure où l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) réalise le projet CIGÉO (Centre Industriel de stockage GÉOlogique), projet entré en phase de conception industrielle en 2012 et censé être composé de :

  - Un site d’enfouissement à 500 m sous terre d’une surface de 15 km² et devant accueillir à terme environ 10 000 m3 de déchets HAVL (Haute Activité à Vie Longue) et 70 000 m3 de déchets MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue).

  - Un site nucléaire en surface de 70 ha comprenant : une zone de stockage intermédiaire qui accueillera les déchets le temps nécessaire à leur refroidissement et une usine de reconditionnement afin de compacter certains déchets dans leur format définitif de stockage.

  - Un puits de ventilation relié directement au site à 500m de profondeur afin de créer un renouvellement d’air (nécessaire notamment pour évacuer l’hydrogène dégagé par certains déchets). Ce puits sera également classé INB (Installation Nucléaire de Base).

Ce projet conçu en 1990 devait passer par différentes étapes d'études, de consultations et de débat public avant de devenir réalité. Son financement, sa gestion des risques et sa sécurité sur une très longue durée auraient nécessité une loi spécifique. Je souligne d'ailleurs la volonté de transparence de l'ANDRA qui n'hésite pas à publier sur son site Web dédié à Cigéo des informations relatives à d'autres projets semblables dans le monde, et jusqu'aux incidents qui sont relevés (cf. incidents de février 2014 aux USA).

Mais le gouvernement de François Hollande ne veut pas affronter les écologistes sur ce sujet-là. Car c'est comme pour les gaz à effet de serre ; nous savons que c'est notre activité moderne qui produit du CO2 qui réchauffe la planète, mais modifier nos modes de vie serait synonyme de décroissance ... Pour le nucléaire, nous pourrions commencer par avoir des orientations réalistes de diminution du parc nucléaire plutôt que de vouloir enfouir des déchets radioactifs comme si nous allions sans cesse accroître notre production d'électricité nucléaire.

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C'est d'abord Ségolène Royal qui a tenté de glisser un article sur Cigéo dans son projet de « loi de transition énergétique pour la croissance verte », en vain. Puis c'est Emmanuel Macron qui l'a glissé dans son projet de « loi pour la croissance et l'activité ». Les parlementaires écologistes ont veillé à ce que cet amendement dit « Cigéo » ne ressorte pas au fil de la navette entre les deux chambres, mais le gouvernement a glissé cette peau de banane sous les escarpins des députés écologistes en commission spéciale, en fin de semaine dernière, juste avant de passer la loi au 49-3. Le rapporteur de la loi se défend que cet amendement vient du Sénat, porté par Gérard Longuet, et que la loi ne pouvant plus être discutée en séance à l'assemblée, à cause du 49-3, le gouvernement ne se donnera pas le temps de la remanier en commission spéciale.

Et allez, une peau de banane de plus que les socialistes nous balancent sous les semelles ...

Car la loi Macron est une insulte à la démocratie. Voilà une loi de 308 articles qui aborde des sujets aussi divers que le droit du travail, le transport collectif, le travail du dimanche, le permis de conduire, les professions réglementées et ... Cigéo. A noter d'ailleurs dans les coups de Trafalgar qui accentuent l'incompatibilité entre écologistes et socialistes, cette loi Macron propose une  limitation des « actions en démolition » de constructions dont le permis de construire a été annulé ; si vous faites construire sans autorisation et que la construction est achevée avant que les autorités n'aient le temps de se retourner, et bien celles-ci ne pourront pas vous obliger à démolir ... Il y aura juste une sanction financière :=(

Et cette loi Macron que Manuel Valls n'arrive pas à faire passer à l'Assemblée Nationale sans utiliser le 49-3, et bien François Hollande vient de la faire passer en Grèce avec le soutien d'Angela, rien qu'en 17 heures. Et c'est, pour toute cette gauche béate d'angélisme, un moment historique :=(

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Pour les prochaines régionales, dans aucune des 13 régions EELV n'accepte de faire liste commune avec les socialistes en décembre prochain, car il est bien évident maintenant que nous ne partageons plus les mêmes valeurs, que nous ne défendons plus les mêmes projets politiques. Il y aura peut-être ici et là des accords techniques de second tour, mais sans aucun engagement de mandat.