Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/06/2017

La France Insoumise, simple relooking politique ou ambryon d'un nouveau souffle démocratique ?

Melenchon.jpgL'élection de députés de la France Insoumise ce dimanche 18 juin a dépassé [un peu] les pronostics d'après premier tour, mais nous restons quand même très loin de la vague d'avant le 23 avril. A 10 ou à 20, dans un groupe politique ou en non inscrits, des élus d'opposition en si petit nombre ne seront qu'un grain de sable dans la chaussure de Macron ... Jean-Luc Mélenchon peut discourir, et l’hémicycle lui donnera l'occasion d'exercer ses talents de tribun, mais je crains fort qu'il ne se cantonne dans le rôle de Rodrigue.

Je passe rapidement sur Mélenchon pour m'attarder sur les seconds rôles ; d'ailleurs, le cinéma nous a appris à nous attacher à ces seconds rôles, constants et attachants. Et là, en politique aussi, ils donnent la réplique sur le terrain, au plus près des citoyens. Leur tâche est même la plus difficile, car ils sont confrontés quotidiennement au réel sans renoncer à l'idéal.

Ressiguier.jpgJ'ai d'abord des félicitations pour Muriel Ressiguier, car elle ne s'est appuyée sur aucune vague pour être élue ce dimanche. Au soir du premier tour, le retard qu'elle avait sur la protégée de Philippe Saurel ne lui donnait pas la meilleure cote, mais avec les militants qui l'entouraient elle a su mobiliser dans les quartiers et faire revenir dans les bureaux de vote les abstentionnistes du premier tour. Et c'est là un long chemin de 5 ans qui l'attend, car elle ne pourra pas revenir devant ses électeurs pour leur annoncer demain l'abrogation de la loi Travail, plus tard la convocation d'une constituante ni même la sortie du nucléaire d'ici 2030 ; c'est donc un cheminement de résistance qui se profile, et elle devra s'appuyer sur les syndicats de salariés, sur des partenaires politiques, sur des collectifs, sur des associations et sur tous les citoyens qui pacifiquement lutteront contre le détricotage de notre contrat social.

Ruffin.jpgEt puis ce matin sur le chemin du boulot j'ai zappé sur RTL, et j'ai écouté François Ruffin. Il serait, selon tous les médias, l'un des 17 députés de la France Insoumise. Sauf que lorsque l'on reprend son acte de candidature et sa campagne, il a plutôt été soutenu par la France Insoumise, comme par le PCF et par EELV. Et quand Mélenchon revendique un groupe parlementaire discipliné, François Ruffin réaffirme sa totale liberté ; il ne suivra pas aveuglément les consignes d'un groupe politique. Et mieux que cela, François Ruffin a remis son mandat entre les mains de ses électeurs, qui pourront le révoquer s'ils le décident par un référendum révocatoire réunissant plus de 25% des inscrits. De même, il s'inscrit dans la charte des élus de Podemos en réduisant drastiquement ses indemnités, au niveau du SMIC.

Si on mélange un peu de Mélenchon, un extrait de Ressiguier et un zeste de Ruffin, et cela pour tous les députés de la France Insoumise, cela peut produire un élixir de très profond renouveau démocratique ; mais attention, ça peut aussi tourner vinaigre. Quand on regarde le pédigrée de ces 17 nouveaux députés de la France Insoumise, nous sommes loin de certificats de virginité politique comme s'en réclament bien des députés Macronistes, et il ne faudrait pas que la FI ne soit qu'un relooking du PG. Néanmoins, ces 17 députés insoumis ne sont pas des béni-oui-oui, et il y a donc du potentiel pour semer et pour moissonner demain.

Mon message est ici celui de tous les électeurs français qui attendent que leurs élus les fassent sortir de cette léthargie dans laquelle les pouvoirs de gauche et de droite les ont plongé depuis bien des années. Alors certains ont misé sur Macron, espérant qu'en faisant sauter tous les verrous la France renouera avec son lustre d'antan. Nous savons déjà qui en récoltera les fruits, toujours les mêmes. Dans d'autres camps, les députés sont des sentinelles, voire des éclaireurs ; je compte sur celles et ceux de la France Insoumise pour mobiliser les citoyens attachés à leurs droits, à leur qualité de vie, à leur histoire et à leurs cultures, et qui veulent transmettre ce patrimoine-là plutôt que de se répandre en promesses illusoires.

12/06/2017

La 4ème de l'Hérault n'échappe pas à la vague Macron, avec une gauche écologiste désormais tenue de se recomposer

Merci aux près de 3000 électeurs de la 4ème circonscription de l'Hérault d'avoir choisi l'écologie politique à l'occasion de ce premier tour de l'élection législatives. Il n'y a que 48,7% des électeurs qui sont allés voter, preuve que notre système électoral n'est plus en phase avec la pluralité des courants politiques. Après la victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, les citoyens le dotent d'une majorité présidentielle pour mener à bien son projet politique. Mais alors à quoi sert le Parlement ?

Graphique_Résultats_34_04.jpg

Mais cette séquence électorale, présidentielle & législatives, porte bien des bouleversements politiques dont il faut désormais tirer les leçons. Nous ne reviendrons plus en arrière, ni sur les formes de représentation politique, ni sur les pratiques électorales, et ça c'est une bonne nouvelle ;-)

01:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

09/06/2017

Dimanche 11 juin, voter écologiste pour notre qualité de vie !

66867364-lections-l-gislatives-fran-aises-2017-pour-l-assembl-e-nationale-en-france.jpgLes sondages se suivent et se ressemblent ; le Président Macron devrait obtenir une très large majorité parlementaire les 11 et 18 juin. Et au-delà de 400 députés (sur 577) comme cela semble se dessiner, quel peut être le rôle de députés qui ne seraient pas membres de la majorité parlementaire ?

Anecdote amusante, j'étais ce midi avec le candidat de la République en Marche (LREM) qui ressassait le poids des députés dans l'élaboration de la loi. Or, et il ne l'a pas contesté, c'est le gouvernement qui propose la loi, les députés se contentant de l'amender et de la voter (ou non). Il existe ce qui s'appelle la "niche parlementaire", qui permet aux groupes politiques de l'Assemblée de déposer des textes de loi, mais cette procédure-là est complètement marginale. D'ailleurs, les démocrates du monde entier doivent se pincer quand ils découvrent quel est le cheminement de la loi en France. J'ai même pointé à mon concurrent En Marche que des citoyens ou que des professions qui avaient à réclamer une intervention publique à l'échelle nationale allait plutôt voir le préfet, ou le sous-préfet, plutôt que leur député :=(

Je crains donc que nous ayons une majorité, "le doigt sur la couture du pantalon" ; les futurs députés LREM ont en effet signé avec Emmanuel Macron un « Contrat avec la Nation », afin que le Président de la République ne connaisse pas de « frondeurs » dans ses rangs ; à noter qu'aucun des six chantiers de ce contrat ne porte sur l'écologie ... ce qui devrait laisser quelques marges de manœuvre à Nicolas Hulot ;-)

Hulot.jpg

Alors pourquoi voter pour un député d'opposition ? Et pour lequel ? Déjà, outre le fait de participer à l'élaboration des lois, le député participe aussi au suivi de leur application. A ce titre, il peut interpeller tous les services de l’État et obtenir ainsi des explications inaccessibles au citoyen lambda. Ce rôle de contrôle est essentiel dans une démocratie, et c'est l'une des missions de toute opposition démocratique. Quand le gouvernement va légiférer sur la loi Travail, sur les collectivités locales, sur l'Europe, sur l'agriculture et sur la pêche, sur l'éducation et sur la formation tout au long de la vie, sur la sécurité publique, sur la justice, ... et bien il est impératif et démocratiquement salutaire que des députés d'opposition soient là, et en nombre pour aller voir sur le terrain la façon dont les décrets d'application sont mis en œuvre et quelles conséquences ils ont sur le quotidien des Français.

Pour l'écologie, l'atout Hulot n'est pas à négliger. Il est la personnalité politique préférée des Français, avec 60% d'opinions favorables ; Alain Juppé en seconde position est à 41%. Cela signifie qu'avec les réformes à venir qui vont écorner la popularité d'Emmanuel Macron, il ne pourrait pas s'offrir le luxe d'un départ de Nicolas Hulot de son gouvernement. Le ministre de la Transition écologique et des solidarités a donc quelques billes ... Mais cela ne suffit pas. Si Nicolas Hulot dépose des projets de loi sans avoir de député écologiste pour les défendre en commission et dans l'hémicycle, alors ces textes seront détricotés et vidés de leur substance.

Bandeau_Fin.jpg

Et pour notre territoire du Nord de l'Hérault, les questions environnementales sont sensibles, dans un contexte de pression démographique et d'urbanisation galopante. Un député-sentinelle est à mon sens préférable à un député qui ne serait qu'un dans la masse ...

19:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)