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13/05/2017

Un député écologiste sur la 4ème de l'Hérault ; si on veut on peut !

On me demande souvent, « alors, ta campagne est lancée ? » ou « comment on peut te donner un coup de main ? ». En réalité, j'ai été investi par EELV le 12 décembre 2016 pour être candidat sur la 4ème circonscription de l'Hérault, et puis chacun a suivi ce long et tortueux cheminement de la présidentielle puis de négociations unitaires pour les législatives. J'en ressors un peu affecté, car pendant tout ce temps-là nous n'avons pas été réellement en campagne sur le territoire de la circonscription. Pire, l'absence de candidat écolo à la présidentielle ne nous permet pas de nous inscrire dans la continuité d'un processus électoral ; on s'attendrait presque à ce que tous les militants EELV soutiennent d'autres candidats que les leurs ...

Alors il ne m'était pas possible de choisir entre Ganges, Mèze, Gignac, Saint-Mathieu-de-Tréviers, Lodève ou tant d'autres des 99 communes de cette circonscription pour faire une conférence de presse de lancement de campagne ; il n'y en a donc pas et c'est sur la toile que les annonces et autres communications se feront. De toutes façons, nous sommes plus entendus et lus sur le Web que sur un marché ou dans des réunions publiques. Vous nous verrez néanmoins dans les rues de ces communes, sur les places de marchés ou lors d'évènements festifs ou culturels, mais cela ne peut plus être l'unique vecteur de campagne.

C'est en tous cas un plaisir que de faire campagne avec Clothilde, maire de Murles. Je ne dirai pas qu'elle avait suffisamment de temps libre pour faire une telle campagne, mais elle déborde d'énergie (beaucoup le confirmeront) et elle y prendra donc toute sa place.

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Pour cette campagne, vous pourrez nous suivre sur facebook, pour Clothilde comme pour moi, mais aussi sur notre site Web de campagne. Vous y trouverez notre agenda de campagne et des articles sur nos projets.

Enfin, et parce que « l'argent est le nerf de la guerre », vous pouvez nous aider financièrement en faisant un don pour notre campagne. Je rappelle que seules les personnes physiques peuvent contribuer par un don à une campagne électorale, plafonné à 4600 €, et que cela donne droit à 66% de déduction fiscale sur ses impôts sur le revenu. Ainsi, en donnant 100 €, on peut « réduire » sa déclaration de revenus de 66 €. Ces dons sont à mettre à l'ordre de ASSOCIATION DE FINANCEMENT LAURENT DUPONT 2017 et à adresser : 8 rue du château – 34540 Balaruc-le-Vieux ; un reçu sera délivré en retour.

Et tous les soutiens sont les bienvenus !

10/05/2017

Services d'urgence et permanence des soins, Guy Lassalvy et Jean-Claude Lacroix se veulent être au centre du Coeur d'Hérault ...

La séance du Conseil communautaire du Clermontais a débuté ce mercredi 10 mai par une intervention de Guy Lassalvy, du docteur Laurent Garcin et de la directrice de l'hôpital local de Clermont l'Hérault, madame Florence Fries. L'objet de cette intervention était d'informer les élus et de les mobiliser pour les aider à structurer et à pérenniser l'unité médicale d'urgence et de permanence de soins (UMUPS) créée en mars 2013 à Clermont-l'Hérault. A l'époque, un Contrat local de santé était signé par le Pays Cœur d'Hérault et l'Agence Régionale de Santé (ARS) ; l'UMUPS était et reste toujours une expérience exemplaire en France.

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Ce Contrat local de santé signé pour trois ans prenait fin au début de l'année 2016. Il avait ensuite été prorogé pour deux ans, mais Guy Lassalvy (Président de la commission « Santé » du Pays Cœur d’Hérault nous informait ce soir que cela fait quatre mois que l'ARS est aux abonnés absents ; le docteur Garcin était lui aussi en attente de réponses. Ils craignent tous deux que l'ARS qui a déménagé à Toulouse cesse de soutenir ce projet, d'où leur présence ce soir pour que l'assemblée communautaire adopte une motion de soutien, et puis que les communes en fassent de même.

Je suis intervenu pour dire que les propos entendus à la tribune étaient les mêmes que ceux entendus à Lodève à l'occasion d'autres réunions. La directrice de l'hôpital de Clermont l'Hérault expliquait que l'UMUPS et que la maison médicale de garde étaient des composants d'un véritable écosystème des soins, attractif pour les professionnels de santé ; les mêmes arguments sont portés à Lodève. Alors qu'en 2012 l'ARS avait autorisé le Centre d’Accueil et de Permanence des Soins (CAPS) de l'hôpital de Lodève de devenir un véritable service d'urgence, l'agence revenait sur sa décision en septembre 2015. Le Groupement Hospitalier Territorial (GHT) de l'Aveyron et du Nord Hérault impose par ailleurs une organisation des offres de soins qui prive le Lodévois de structure d'urgence. 

Et ce que j'ai reproché à Guy Lassalvy, qui préside pourtant la commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, c'était de ne pas présenter sa motion au Syndicat de développement du Pays, mais à la seule Communauté de communes du Clermontais. Guy Lassalvy attend des élus du Clermontais qu'ils se mobilisent, mais ceux du Lodévois sont mobilisés eux-aussi, la Communauté de communes du Lodévois-Larzac et de nombreuses communes de ce territoire ont délibéré dans ce sens (cf. délibération de la CC du Lodévois-Larzac).

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Un collectif pour des urgences hospitalières à Lodève s'est constitué ces derniers mois, il informe et mobilise les citoyens du Lodévois, et son objet est bien légitime. L'un de ses représentants, Thierry Bousquel, est d'ailleurs venu à la réunion du Conseil de développement du Pays Cœur d'Hérault, le 6 mai à Lodève, pour justement étendre la question des urgences à l'ensemble du territoire du Coeur d'Hérault. Ce soir, Guy Lassalvy expliquait que Clermont l'Hérault était en position centrale, l'UMUPS pouvant très vite transférer des cas graves sur les urgences de Pézenas ou de Montpellier. Mais si quelqu'un a un accident à Saint-Privat, à Sorbs ou à Romiguières combien de temps mettra l'UMUPS pour se rendre sur place et ensuite pour rejoindre Montpellier ou Pézenas ?

Guy Lassalvy a indiqué que l'hôpital de Lodève ne serait jamais en capacité de traiter une urgence comme un infarctus, une pancréatique ou même une fracture osseuse. Je lui ai opposé qu'il fallait s'en donner les moyens, mais il a répondu qu'il fallait « cesser de rêver à l'impossible ». Et le docteur Garcin d'insister sur l'obligation d'économie de moyens. Nos collègues du Lodévois qui délibèrent pour des urgences à Lodève seraient-ils des ânes ?

Au final, le président Jean-Claude Lacroix a demandé à tous les conseillers communautaires s'ils étaient d'accord pour voter la motion ... motion dont le texte n'avait pas été rédigé et qui le serait donc ultérieurement dans l'esprit des propos de Guy Lassalvy. Et il n'a même pas procédé au décompte des pour, des contre et des abstentions.

C'est véritablement indigent de procéder ainsi, autant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, cette intervention en ouverture de séance ne permettait pas un débat sérieux, et en gros on demandait aux élus du Clermontais de se mobiliser pour un projet Clermontais. Sur le fond, la question ne peut pas être étudiée qu'à l'échelle de notre intercommunalité ; un vrai travail de concertation et de proposition avec tous les acteurs locaux de santé, avec les citoyens et avec les agences de l’État est un préalable à toute décision.

Les trois intercommunalités du Coeur d'Hérault, le Clermontais, la Vallée de l'Hérault et le Lodévois-Larzac sont en constante concurrence, chacune voulant tirer la couverture à soi. Cela vaut pour le développement économique, pour le tourisme, pour la mobilité, ... mais aussi pour la santé ; et là c'est irresponsable !

03/05/2017

Les villes en transition n'échappent pas à la poussée du Front National. Pourquoi ?

Dans ce marasme politique qu'est le scrutin présidentiel, d'une Vème République au bout du rouleau et de partis politiques qui ne savent plus mobiliser les citoyens, je pensais trouver quelques oasis dans ces villes très écologiques que nous montrent les documentaires. Des villes comme Ungersheim (Haut-Rhin) et Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) témoignent des efforts réalisés depuis de longues années par leur maire pour les énergies renouvelables, pour l'agriculture bio, pour les circuits courts, pour l'éco-construction, pour des transports les moins émetteurs possibles de gaz à effet de serre, pour une monnaie locale, etc.

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Dans ces deux communes, la transition écologique n'est pas une mode récente ; cela fait 20 ans au moins que leur maire mobilise toutes les ressources de sa commune pour rendre son territoire plus résilient. Cette dynamique vertueuse est souvent associée au bien vivre ensemble et donc à une forme d'harmonie collective.

Sauf qu'à regarder le résultat du premier tour de l'élection présidentielle dans ces deux communes, il y a comme un étrange décalage ... A Ungersheim, il y a 1905 électeurs ; Marine Le Pen y a réunit 585 suffrages, soit 37,6% des voix pour une participation de 81,7%. François Fillon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont loin derrière avec respectivement 16,77%, 15,23% et 13,75% des suffrages exprimés. A Loos-en-Gohelle, il y a 5397 électeurs ; Marine Le Pen est là aussi arrivée largement en tête avec 39% des voix (soit 1591 suffrages) pour une participation de 75,6%. Jean-Luc Mélenchon (20%) et Emmanuel Macron (16%) sont distancés.

Dans ces deux communes au riche passé industriel, avec les mines de potasse pour l'une et de charbon pour l'autre, manger bio, s'éclairer au photovoltaïque ou covoiturer ne suffit pas à écarter les inquiétudes des habitants sur leur travail, sur l'emploi de leurs enfants et sur le pouvoir d'achat de leurs familles. Il y a là une culture ouvrière attachée au travail comme moyen de se sociabiliser, de pourvoir aux besoins du foyer et d'être intégré à la classe moyenne de la commune. Le vote Front National est le symptôme de cette crise sociale de la France périphérique, mais il est plus surprenant que la transition écologique dans laquelle ces communes s'installent depuis des années n'y change rien. Les résultats du 1er tour le la présidentielle à Loos-en-Gohelle sont à l'image de tout le département du Pas-de-Calais ; c'est un peu moins vrai pour Ungersheim.

Le magazine Reporterre a publié fin 2016 un article : "A Ungersheim, la transition est belle, mais ne règle pas tout", en écho au documentaire de Marie-Monique Robin « Qu'est-ce qu'on attend ». La question était déjà posée au lendemain des régionales, avec 52% des voix pour le Front National ... Je n'ai pas la réponse moi non plus, mais je suis convaincu qu'il ne faut pas baisser les bras et que l'on ne peut pas en quelques années revenir sur des décennies de désindustrialisation. La transition à l'échelle intercommunale me paraît aussi être une nécessité, autant pour bénéficier de la masse critique suffisante que pour sortir de l'isolement d'une commune.

Nous sommes à un moment charnière où le modèle de l'économie mondialisée jette les classes populaires dans un légitime déni vis à vis de la classe politique. Or, on ne peut pas faire marche arrière, et d'ailleurs aucune civilisation humaine n'a jamais fait le choix collectif conscient de régresser. On ne peut pas non plus continuer dans cette fuite en avant qui ne profite toujours qu'à quelques-uns. La voie qu'empruntent les villes et territoires en transition est plus exigeante, et moins « dans l'air du temps », mais il n'y en a pas d'autre. Et il ne faut pas se laisser démoraliser par quelques mauvais symptômes politiques ; il faut cibler le long terme.