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02/06/2018

Subventions aux associations locales, comment utiliser efficacement les deniers publics ?

J'évoquais dans une précédente note les subventions attribuées mercredi 30 mai par la Communauté de communes du Clermontais aux associations dans les domaines du développement agricole (sic), de la culture et du tourisme ; le lendemain en Conseil municipal nous votions les subventions aux associations de la commune. Et tout comme je l'avais pour le tableau des subventions intercommunales, j'ai ici aussi effectué un rappel des subventions versées depuis 2008 (cf. tableau pour Paulhan).

Un premier constat est que le nombre d'associations est stable sur Paulhan, autour d'une quarantaine depuis 10 ans. Ensuite il est intéressant de classer ces aides plus finement que ne le fait la mairie. En effet, les subventions sont classées et traitées par les trois commissions municipales de l’Éducation, du Sport et de la Culture, mais c'est un prisme bien trop réducteur.

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Un point à souligner, c'est que les subventions aux associations ou aux actions de solidarité sont gérées par le CCAS ; cela concerne le Secours Populaire, le Secours Catholique, la Croix-Rouge, le Mamobile, le CLIC Repérage, le Fonds de Solidarité Logement (FSL), la Banque alimentaire, les Jardins solidaires, le CLLAJ Cœur d'Hérault, la Ligue contre le cancer, Terre contact, etc. Le CCAS y consacre environ 15 000 €, quand la mairie réserve 60 000 € pour toutes les autres associations. Cette séparation était très hermétique jusqu'à ces dernières années, et il est étonnant que le budget de la commune abonde désormais des associations caritatives.

Une singularité qui n'apparaît pas clairement dans le classement municipal, ce sont les aides aux associations d'entrepreneurs. Sans les exclure du soutien financier de la mairie, il est important de bien les distinguer de toutes les autres associations, car leurs membres sont des entreprises. Elles n'ont pas nécessairement besoin des 150 € pour leur fonctionnement, mais la commune doit permettre à leurs membres de développer leurs activités professionnelles.

Mais plus globalement, et ce n'est pas spécifique à la mairie de Paulhan aujourd'hui, les subventions aux associations s'inscrivent dans une histoire locale que personne n'ose vraiment bouleverser. Par exemple, cela n'étonne personne que l'on verse 3 500 € de subvention à une association qui s'occupe des chats errants, et trois fois moins à une association comme le Secours Populaire qui vient en aide aux plus démunis de nos concitoyens ? Et là ma réponse est qu'il faudrait donner plutôt trois fois plus aux associations caritatives que de toujours vouloir niveler par le bas.

Le maire de Paulhan a promis qu'il réunirait prochainement un Conseil municipal privé afin d'étudier une affectation plus efficace des aides de la commune. Mais a-t-il la même perception des enjeux que ce que je viens d'énoncer ? A suivre.

23:53 Publié dans Paulhan | Lien permanent | Commentaires (0)

01/06/2018

La Pomponnette à Paulhan, une association qui ne chôme pas ...

L'assemblée générale de la Pomponnette est depuis sept ans un évènement en soi ; elle réunit une assistance enthousiaste qui fait écho à sa dynamique présidente, Mme Véronique Mas. Ce 1er juin, la salle Georges Brassens était à sa jauge maximale, écoutant la présidente de la Pompennette égrener toutes les actions de l'année 2017.

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L'équipe de la Pomponnette ne se contente pas de nourrir les 120 chats des rues de Paulhan, l'association intervient dans bon nombre de communes voisines, auprès desquelles la Fondation 30 Millions d'Amis finance les actes de stérilisation. Les maires de Campagnen et de Nizas, MM Maurice Déjean et Daniel Renaud, ont expliqué à la suite de la première adjointe de Bélarga, Mme Roberte Julien, comment la Pomponnette leur apporte un soutien significatif, en plus de leurs employés municipaux. Véronique Mas annonçait ce soir que les communes d'Aspiran et de Péret allaient soutenir son association dès l'année 2018, son but étant que ces communes voisines puissent demain s'appuyer sur une association locale pour le volet opérationnel, et sur 30 Millions d'Amis pour payer le vétérinaire.

A l'heure où les associations font face à un déficit de bénévoles pour siéger dans leur bureau et pour mener des actions, la Pomponnette fait figure de contre-exemple. Avec plus de 200 adhérents et un bureau très actif autour de la cause des chats, l'association ne chôme pas. Les chats errants font bien des dégâts, et la première réaction des habitants comme de leurs élus est de leur faire la chasse. Mais c'est avec pédagogie et persévérance que Véronique Mas et son équipe réussissent à changer les mentalités ; c'est un beau challenge, et il porte désormais ses fruits.

22:03 Publié dans Paulhan | Lien permanent | Commentaires (5)

20/05/2018

Le futur cœur de ville de Paulhan mérite mieux qu'un agrandissement de l'actuelle bibliothèque

Alors que la commune de Paulhan adhère au réseau des centres ville durables et de l'innovation, des « Centre-Ville en mouvement » (cf. délibération du conseil municipal du 12 avril 2018), mais aussi que notre commune s'intègre au Contrat « Bourg Centre Occitanie / Pyrénées-Méditerranée » coordonné par le Pays Cœur d'Hérault, il reste à proposer un projet ambitieux sur les volets urbains, patrimoniaux, économiques et sociaux.

Mais sur le terrain, l'ambition ne se limite aujourd'hui qu'à agrandir la bibliothèque municipale. Cette opération n°44 du budget d'investissement de la commune qui est programmée pour un montant total de 1,3 M€, et dont le démarrage ne devrait pas survenir avant la fin de l'année 2018, ne s'inscrit pas du tout dans une vision globale de l'avenir de notre cœur de ville [en circulade]. A noter qu'à ce jour le contrat de ruralité du Pays Cœur d'Hérault, adopté le 29 novembre 2017, abonde ce projet d'agrandissement de la bibliothèque à hauteur de 359 k€ de subventions publiques (319 k€ de la Région et 40 k€ du Département), mais il reste à obtenir les concours de l’État (DRAC, DETR ou FSIL).

Le 30 mars 2017, le conseil municipal a adopté le Projet culturel, scientifique, éducatif et social (PCSES) de la bibliothèque de Paulhan (cf. rapport joint à la délibération). Ce document vise à décrire le projet de la commune pour cet espace dédié à la lecture publique, avec un agrandissement du bâtiment, mais il reste exclusivement une bibliothèque, ou plutôt une médiathèque. Dans ce bâtiment rénové, il est prévu des espaces de lecture (livres, médias musicaux, documentaires, presse), d'expositions et des postes pour accéder à des ressources en ligne sur Internet, mais rien de très différent en réalité à ce qui existe aujourd'hui. Les mêmes services seront simplement rendus dans des espaces plus grands, plus lumineux et plus accessibles.

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Que le bâtiment actuel de la bibliothèque ait un passé notable [1] ne justifie pourtant pas un tel projet, et son volet patrimonial pourrait justifier tout autre projet qu'une médiathèque du 21ème siècle. Car plus qu'une médiathèque, Paulhan a surtout besoin d'un espace culturel qui serait plutôt de l'ordre du tiers-lieu, avec des équipements dédiés à la création culturelle, à l'expérimentation autour des pratiques numériques et à l'émergence de projets de citoyenneté locale.

Notre liste Paulhan Avenir avait un tel projet dans son programme pour l'élection municipale de 2014, et nous l'avions prévu à la halle des produits régionaux. En effet, voilà un bâtiment qui est l'un des visages de notre commune, qui offre une surface au sol remarquable mais qui surtout se dégrade au fil des ans. L'opportunité de capter des subventions pouvait permettre de réhabiliter ce bâtiment des halles tout en y installant un véritable espace culturel, multi-activités et fédérateur des initiatives locales.

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La municipalité de Bernard Soto avait anticipé ce projet en rachetant le bâtiment Jourdan, juste à côté de la halle sur le boulevard de la Liberté, et dans l'intention de le démolir afin d'ouvrir l'espace autour des halles. Le projet architectural consistait à détruire tout l'arrière du bâtiment et de ne conserver que la façade (vaste entrée du rez de chaussée, le balcon, l'horloge) qui figure sur toutes les images historiques. Derrière cette façade, il était alors possible de construire un nouveau bâtiment sur deux étages, moderne, fonctionnel et conforme à toutes les exigences réglementaires.

Mais là, d'ici la fin de ce mandat, plus rien n'est désormais prévu pour la halle des produits régionaux. Et si la médiathèque se réalise dans les locaux actuels de la bibliothèque, cela obèrera les subventions qui peuvent être obtenues en mixant un projet patrimonial d'envergure et la création d'un tiers-lieu de créativité culturelle.

Un autre levier est mis à notre disposition pour concevoir une rénovation de son cœur de village, c'est le PLU qui est en cours de révision générale depuis juillet 2015. Le nouveau cadre législatif renforce l'impact des OAP (Orientation d'Aménagement et de Programmation) qui s'ajoutent au PADD (Plan d'Aménagement et de Développement Durable), ces OAP étant opposables aux tiers. A ce jour, les travaux qui sont menés sur cette révision du PLU ne retiennent que des OAP d'extensions urbaines (autour de la chapelle Notre-Dame-des-Vertus et du cimetière d'une part, sur les franges urbaines à l'est de la commune du stade jusqu'au delà de la route de Campagnan d'autre part) et une OAP de rénovation urbaine (sur le quartier de la gare). Mais les OAP permettent aussi de porter sur tout un quartier en vue de sa rénovation patrimoniale. Et il me semble que notre cœur de village, sa circulade, méritent leur OAP.

Il faut voir une OAP comme une volonté pérenne d'aménager un secteur de la commune, et elle permet de fixer des orientations qui vont s'imposer à tous les propriétaires et à tous les porteurs de projet immobilier. Ainsi, autour des halles où les constructions sont anciennes et en mauvais état, une OAP peut dessiner un tout nouveau bloc d'immeubles. Et en ouvrant des espaces autour des halles, il est par exemple envisageable d'avoir des terrasses pour lire, pour discuter ou pour boire un verre ; de quoi donner vie à cet espace moribond

La place des commerces dans ce cœur de ville peut aussi être redessinée dans une OAP, pour organiser leur devanture ou pour installer des équipements urbains (banc, râtelier de vélos, candélabres, parking, ...). Le but n'est pas d'imposer ou d'interdire des commerces, mais de leur offrir un cadre qui réponde à leurs besoins tout en valorisant le patrimoine du cœur de village.

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Et puis ce cœur de village est magnifique ! Il faut d'ailleurs saluer tous les travaux coordonnés par les précédentes municipalités pour rénover les voies et les places de la circulade. Là, une OAP patrimoniale se justifierait pour achever ce travail, ne serait-ce qu'avec un enfouissement total de tous les réseaux filaires.

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Pour celles et ceux qui ont déjà suivi une visite guidée du cœur de village, par exemple avec Madame Audemard, chaque maison et parfois chaque ornement a une histoire qui mériterait de s'inscrire dans un récit itinérant.

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Le maire, Claude Valéro, a pris la mesure de ces enjeux en mettant en place un comité consultatif autour de la revitalisation des centres du village, car oui Paulhan dispose d'au moins deux pôles d'attractivité, la circulade et le quartier de la gare ; et cela ne date pas d'aujourd'hui. Ce comité consultatif est composé de 6 élus et de 6 personnalités du village [2], et ses réunions mensuelles doivent permettre de proposer des pistes de rénovation urbaine qui redonnent à Paulhan son lustre d'autrefois.

Mais ceci s'inscrit dans une continuité politique et dans le temps long. Le PLU (et ses OAP) est l'un des outils mis à la disposition des élus et des habitants de la commune, mais il y a aussi les synergies induites à l'échelle intercommunale ; autant d'axes qui requièrent consensus et solidarité pour l'intérêt général de notre village.

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[1] : Au 17ème siècle, ce bâtiment était la demeure d'Isabau de Veyrac, fille du Baron de Paulhan et épouse du Comte d'Uzès, Armand de Crussol. Au 20ème siècle, ce même bâtiment a été un café, un restaurant puis un hôtel. Il a été acheté par la commune au début des années 90 pour devenir bibliothèque municipale en 1992. 
[2] : Pour le collège des élus, Bertrand Aleix, Christine Ricard, Pierrette Arnaud-Poncy, Chantal Gaspard, Laurent Dupont et Thierry Jam. Pour le collège des habitants et des associations, Sandrine Lambert, Yves Bailleux-Moreau, Catherine Feuile, Stéphane Russo, Jean-Pierre Boutonnier-Bousquer et Jean-Pierre Blain.