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02/09/2017

Bilan de mi-mandat, le maire de Paulhan n'a pas d'autres actions à présenter que celles de ... son prédécesseur :=(

Dans l'édition de Midi Libre du 30 août (cliquer sur l'image ci-dessous pour l'agrandir), Claude Valéro a présenté son bilan de mi-mandat. C'est là un exercice classique pour un maire, mais encore faut-il avoir de la matière ... et savoir « rendre à César ce qui appartient à César ».

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Si dans le domaine de la sécurité les engagement de campagne ont bien été tenus (caméras et renforcement de la police municipale), j'ai été surpris de lire comme engagements tenus les « animations à la piscine », « la mise à disposition de la salle des jeunes aux associations », des « conférences à thème » et des « rencontres intergénérationnelles à l’EHPAD » ; tout cela se faisait déjà au mandat précédent de Bernard Soto. Quant au maintien des « bébés lecteurs », nous n’en trouvons aucune communication sur le site Web de la bibliothèque Jeanne Grizard, et pour cause, l’association porteuse de cette action phare, l’association « Boulevard de la Liberté », a cessé de fonctionner en 2015.

Sur les équipements publics, l’achat de la gare avait été voté et financé en mars 2014 après que la Communauté de communes ait renoncé à faire cette acquisition, mais qu’elle a pourtant faite pour la gare de Clermont-l’Hérault. Par contre, c'est le projet de « logements sociaux » à la gare qui est toujours dans les limbes alors qu'il conditionne la subvention de 50% de l'achat du bâtiment par le Conseil départemental. De même le maire s’attribue la paternité de la « maison médicale Saint-Sébastien » alors qu’elle est le fruit d’un long travail de la précédente équipe municipale, et avec l'investissement de Monsieur Patrick Perez.

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Pour la construction de la seconde tranche du groupe scolaire (les financements et les délibérations avaient été votés au précédent mandat), mais le maire de Paulhan a suspendu ces investissements pour y inclure un restaurant scolaire. Sauf que la Communauté de communes aurait dû faire cet investissement, et que là c'est la commune qui le réalise à ses frais (subventions de dotation rurale DETR déduites). Avoir des « relations apaisées » avec l'intercommunalité signifie ici que Paulhan est écartée des investissements intercommunaux. Car le Clermontais investit pour la petite enfance à Ceyras ou à Clermont-l'Hérault, pour le tourisme à Mourèze, etc. Et à Paulhan, l'intercommunalité a fermé l'office de tourisme ainsi que la déchetterie :=(

A mi-mandat en 2011, le PLU avait déjà été révisé trois fois pour permettre la réalisation de projets significatifs, et dont les inaugurations ont jalonné le mandat de Bernard Soto (d'ailleurs, il n'y a eu aucune inauguration à Paulhan depuis 3 ans). A noter d’ailleurs que la révision générale du PLU prescrite le 9 juillet 2015 est au point mort, ... deux ans plus tard !

Je n'aurai pas publié cette notre si le maire s'était contenté de décliner sincèrement son bilan de mi-mandat, et même de reconnaître que la tâche est plus compliquée qu'il ne l'avait prévu en se présentant au suffrage des Paulhanais. Mais je pense que tous nos administrés qui auront lu cet article ne sont pas naïfs ...

Cave coopérative de Paulhan, la mairie doit revoir son projet ...

Au mandat précédent de Bernard Soto, le terrain de la cave coopérative était passé dans le PLU en zone UD suite à une enquête publique ; la cave et le terrain attenant pouvaient alors faire l'objet d'un aménagement, mais à condition que la station d'épuration fasse l'objet d'investissements pour que sa capacité nominale (de 3750 "équivalent-habitants") soit rehaussée, conformément aux besoins grandissants de la commune. Et c'est ainsi que le dernier budget annexe de l'assainissement voté en 2014 par la municipalité de Bernard Soto avait inscrit la construction d'un nouveau clarificateur pour 280 k€ ; cet équipement est le maillon faible de la filière boues de la STEP, avec une capacité de 2900 EH. Le remplacement des six lits de séchage des boues par une centrifugeuse à polymères avait soulagé la filière et pallié à la faible capacité du clarificateur, mais ce n'était pas suffisant.

Depuis l'élection de Claude Valéro en 2014, les investissements sur la STEP ont été gelés. Il était alors couru d'avance qu'aucun projet d'aménagement sur la cave coopérative ne pourrait alors jamais voir le jour. C'est une donnée que je n'ai jamais cessé de relayer en Conseil Municipal ; un autre élu, Thierry Jam, a porté le même message. Thierry Jam qui a par ailleurs obtenu que la cave coopérative de Paulhan soit enregistrée au patrimoine, ce qui rend tout aménagement encore plus contraignant puisque cela conduit à un périmètre classé tout autour de la cave.

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Le maire de Paulhan a néanmoins persévéré dans un projet d'achat et d'aménagement conjoint avec un lotisseur, M. Olivier Suffit et sa société AMEHA. Un compromis a été signé fin mars 2017 avec le propriétaire de la cave, la société coopérative Clochers & Terroirs : la mairie achetait la partie avant de la cave, cette partie qui est donc aujourd'hui enregistrée au patrimoine, pour 100 k€, le reste étant acquis par AMEHA pour 300 k€ ; la société Clochers & Terroirs conservant la jouissance du caveau pour la vente directe de ses vins. L'aménageur avait pour projet d'abattre la partie arrière de la cave afin d'étendre la surface aménageable et commercialiser ainsi 15 lots à construire.

Mais comme en témoigne l'arrêté signé par le maire de Paulhan le 22 août, et affiché en mairie, le permis d'aménager est refusé. La DDTM34 étaye son avis défavorable par la capacité insuffisante de la STEP. L'Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine ainsi que BRL émettent eux aussi des avis défavorables.

La cave coopérative étant désormais inscrite au patrimoine, nous pouvons déjà nous satisfaire qu'il ne pourra jamais s'y faire n'importe quoi. Pour ma part, je plaide pour que la mairie acquière la cave coopérative pour le montant total de 400 k€ (à négocier bien entendu) afin d'y établir ses futurs ateliers municipaux, comme cela s'est fait à Mèze par exemple. Car la mairie a prévu un budget de  578 k€ HT pour construire de nouveaux ateliers municipaux dans les vignes ; je pense qu'il est plus raisonnable de laisser les terrains agricoles à leur vocation première et de reconvertir un bâtiment industriel à un usage pour l'instant plus opportun.

27/07/2017

Sur la sécurité publique comme dans tant d'autres domaines, un territoire de France n'est pas qu'une variable d'ajustement du budget de l'État !

C'est un peu moins de 10 milliards d'euros que l’État a ponctionné au budget de fonctionnement des collectivités territoriales sous Hollande, et c'est 13 milliards d'euros que Macron s'apprête à ponctionner pendant son quinquennat dans un duel sauvage ; il ne baissera les dotations de fonctionnement que si les collectivités ne réussissent pas à faire elles-mêmes les efforts attendus ... En parallèle, la taxe d'habitation ne sera plus payée par les citoyens mais compensée par l’État dans les recettes des collectivités territoriales ; encore une sacrée usine à gaz :=(

Nous entendons tous ce message selon lequel la puissance publique, c'est à dire l’État et ses agences, les collectivités territoriales et leurs syndicats mixtes, l'hôpital et la santé publique, vivent sur une dette sans cesse croissante qui pèse sur les générations futures. Mieux investir et être plus efficient en matière de finance publique sont des messages tout à fait raisonnables, mais pourquoi ne pas avoir le courage de revoir tout cet édifice public, ses missions, ses financements et sa pertinence au service du mieux vivre ensemble ?

Et j'en veux pour preuve la sécurité publique, qui dans le contexte actuel s'impose lourdement. Les communes pallient de plus en plus les services de police et de gendarmerie nationales dans leurs missions de surveillance, de prévention et de coercition. A Paulhan, et jusqu'en 2014, la police municipale n'avait pour seule mission que de faire respecter les arrêtés du maire et d'assurer la sécurité sur la voirie aux sorties des écoles. A l'époque, deux policiers municipaux non armés y suffisaient ; ils assuraient aussi des missions de conformité des permis de construire, ils dressaient des procès-verbaux pour les incivilités (crottes de chiens, déchets sauvages, ...), et ils assuraient le recouvrement des droits de place pour occupation du domaine public.

police-radar.gif

Depuis 2014, ce sont des caméras de vidéo-surveillance qui ont fleuri dans le village ; et puis l'effectif est passé de 2 à 5 agents au poste de police municipale, ensuite les policiers municipaux ont été équipés d'armes à feu à l'été 2016, et ils vont désormais partager avec leurs collèges de Clermont-l'Hérault et de Lodève des jumelles Eurolaser SAGEM pour opérer des contrôles de vitesse sur le territoire de la commune (cf. protocole adopté au conseil municipal du 20 juillet). Et c'est vrai que nous voyons de moins en moins de contrôles effectués par les gendarmes, donc là encore la police municipale se voit confier une mission qui jusqu'à présent relevait des compétences régaliennes de l’État ... Mais alors est-ce que demain nos polices municipales devront aussi prévoir dans leurs locaux des cellules de dégrisement, un garage pour les véhicules confisqués à leur propriétaire délinquant ou des équipements de séquestre pour les objets liés à des délits constatés (drogue, armes, ...), etc ?

Ce désengagement de l’État [en matière de sécurité publique] sur les collectivités locales pose de nombreux problèmes. Le premier, c'est que ce sont les communes qui en ont les moyens qui peuvent y remédier ; les autres deviennent petit à petit des zones de non droit : personne pour constater des dépôts de déchets sauvages, pour constater une construction illégale, pour contrôler la vitesse des automobilistes dans la traversée du village, pour prévenir de désordres lors d'une fête votive, etc.

L'autre problème majeur est autant opérationnel que financier, mais il pose clairement la question des missions dévolues à l’État et aux collectivités territoriales. Aujourd'hui, le Pdt Macron se la joue "pépère la vertu" avec son respect unilatéral du diktat européen de passer sous le seuil de 3% d'endettement public, et il pointe du doigt ces maudites collectivités locales qui accroissent sans cesse leur budget de fonctionnement, leurs charges de personnel et seraient incapables d'investir efficacement. Mais plutôt que de subir cette ire Jupitérienne, les 77 communes du Cœur d'Hérault ne devraient-elles pas plutôt tenir assemblée pour enfin se prendre en main de façon responsable ?

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Les temps d'activité périscolaire (TAP), le contrat local de santé du Pays Cœur d'Hérault, le développement économique, la préservation de notre patrimoine, le défi posé par le pastoralisme face à la préservation d'espèces protégées comme le loup, ... nous sommes 77 communes tout à fait capables de proposer puis de dérouler un projet intercommunal ... « de transition ».

Cessons de nous faire tondre la laine sur le dos ! Nous avons environ 80 000 citoyens qui vivent sur un territoire remarquable, et nous sommes chacun(e) dans notre commune à nous lamenter que l’État se désengage ou qu'il nous impose des chartes ou des directives rédhibitoires ; je suis convaincu, et je ne suis pas seul, qu'il y a un projet de « territoire en transition à construire », à l'échelle de tout le Cœur d'Hérault, mais il faut passer du rôle de « figurant » à celui de « premier rôle » !

Nous savons par ailleurs pouvoir nous appuyer sur le Département ainsi que sur la Région, alors pourquoi continuer à subir ??? Et n'est-ce pas le Pdt Macron, à la tribune du Congrès à Versailles, qui appelait les territoires à conclure de « de vrais pactes girondins » ? Dans son livre « Décoloniser les provinces » (Les Éditions de l’Observatoire, 2017), l’essayiste Michel Onfray proposait ainsi « une révolution pacifique inspirée des Girondins de la Révolution française », qui consisterait à « redonner le pouvoir aux communautés, aux collectivités, aux régions ».

Je pense que nos voisins de Montpellier, du Bittérois et même du Pic-Saint-Loup sont déjà dans cette démarche-là, alors n'ayons pas le bonnet d'âne de la classe ...