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16/04/2017

Le projet de Golf résidentiel à Lavagnac ranime les craintes sur les usages de l'eau ... Un Observatoire de l'Eau sur le Coeur d'Hérault est l'une des réponses.

La salle des fêtes de Paulhan était pleine ce vendredi 14 avril en fin d'après-midi, et c'est à l'initiative des filières agricoles que professionnels, citoyens et élus étaient réunis.

Lavagnac_SdF_Paulhan_1.jpgIci de dos à la tribune, étaient assis Nicolas Lienart (Hydrogéologue du Département de l'Hérault), Christophe Vivier (Directeur du Syndicat du Bassin du Fleuve Hérault), Louis Villaret (Président de la CC de la Vallée de l'Hérault et du Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault), René Moréno (Président de la cave coopérative de Montagnac et Conseiller régional), Claude Valéro (Maire de Paulhan), Christophe Morgo (Président du Syndicat du Bassin du Fleuve Hérault, Maire de Villeveyrac et Conseiller départemental), Philippe Doutremepuich (Maire de Causse-de-la-Selle et Président de la Commission Locale de l'Eau du SAGE du Bassin du Fleuve Hérault), Jean-François Soto (Maire de Gignac et Conseiller départemental), Audrey Imbert (Conseillère départementale), Béatrice Négrier (Maire de Plaissan et Conseillère régionale), Jérôme Despey (Président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault), Christian Ballester (Viticulteur et conseiller municipal à Paulhan). Je suis exhaustif dans cette énumération, car il est assez rare qu'autant d'élus et de responsables de structures publiques puissent répondre aussi promptement à l'urgence que suscite le projet de golf touristique sur le domaine de Lavagnac.

Dans la salle, de nombreuses filières agricoles étaient présentes, la viticulture principalement, mais aussi un représentant des producteurs d'oignons doux de Lézignan-la-Cèbe, des maraîchers, des semenciers, etc. Pour tous, la ressource en eau est vitale pour leur exploitation. Un participant évoquait par exemple qu'une interruption récente de l'adduction d'eau brute de BRL pendant 48 heures avait réduit à néant ses plantations de fraisiers. Le Président de l'ASA du Canal de Gignac, Jean-Claude Blanc, évoquait lui les efforts importants pour réduire les prélèvements et pour sensibiliser les agriculteurs aux usages de l'eau brute.

Tous les participants ont évoqué le réchauffement climatique, la croissance démographique, le niveau d'étiage du fleuve Hérault, les divers usages de l'eau, les restrictions estivales décidées par le préfet, et ce projet de golf à Lavagnac avec ses centaines de villas avec piscine est d'une évidente incongruité.

Alors qu'elle est la situation ? Déjà, les informations et les données chiffrées fournies par le Syndicat du Bas Languedoc, par le préfet ou par le promoteur France Pierre changent tout le temps. Ainsi, l'enquête publique menée en début d'année pour le captage d'eau potable à Lavagnac évoquait deux fois plus de villas et deux fois plus de besoins en eau que les données fournies récemment par le préfet. Or, comme l'indiquait un participant, ce qui va compter ce sont les conclusions du commissaire-enquêteur sur les données qu'il a soumis à enquête publique. Donc, si le préfet minimise aujourd'hui les besoins, d'autres après lui pourront s'appuyer sur cette enquête publique pour augmenter les prélèvements d'eau. Il est donc impératif de savoir de quoi on parle !

Sur l'enquête publique, elle prenait fin le 8 février 2017. Le commissaire-enquêteur avait ensuite un mois pour rédiger son rapport et le remettre au Syndicat du Bas Languedoc. Cela fait donc un peu plus d'un mois déjà que ses conclusions ont été transmises au maître d'ouvrage du projet de captage d'eau potable à Lavagnac ; et là le syndicat mixte est peu disert ... Idem pour la mairie de Montagnac qui avait délivré les autorisations d'urbanisme, et qui semble peu soucieuse de l'intérêt général tel qu'il s'est exprimé une nouvelle fois à Paulhan ce 14 avril.

Ce projet de captage mobilise ses détracteurs, nombreux à Usclas-d'Hérault le 23 janvier, plus encore à Cazouls-d'Hérault le 3 février, encore plus le 28 février à Saint-Pargoire et là ce 14 avril à Paulhan. Comme l'on indiqué de nombreux intervenants, il n'est pas question de poursuivre ce cycle de réunions inutiles ; il faut agir. Pour le charismatique viticulteur Jean Huillier, il faut engager un rapport de force citoyen. Pour le Conseiller régional de Montagnac René Moréno, il faut créer un collectif. Pour Louis Villaret, il faut mobiliser pour témoigner auprès du préfet que ce projet est rejeté. J'avoue que la réunion de Paulhan ne s'est pas clôturée sur un plan d'action très clair. Et l'intervention du Président de la chambre d'agriculture, Jérôme Despey, était à l'image de la réunion, c'est à dire plutôt « langue de bois ».

L'expérience de 2008 est dans la mémoire de tous ceux qui militent contre ce projet. A l'époque, la chambre d'agriculture, la commission locale de l'eau et de nombreuses structures publiques avaient délibéré contre le projet, mais le préfet était passé outre. Le préfet actuel a rappelé à la délégation qu'il a reçu que la commission locale de l'eau est le « parlement de l'eau » qui arbitre les conflits d'usage de l'eau dans le respect du schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (SAGE) du fleuve Hérault, mais ces interlocuteurs en le quittant étaient loin d'en être convaincus. Pire, selon le maire de Paulhan qui faisait partie de cette délégation, des pressions ont été évoquées à l'encontre des maires qui s'opposent au projet et qui ont besoin en parallèle que le préfet les autorise à délivrer des permis de construire sur leur commune. Et c'est vrai que c'est le cas à Paulhan où les ressources en eau potable de la commune et les capacités de la station d'épuration interdisent tout nouvel aménagement urbain, sauf avis dérogatoire des services de l’État comme cela s'est passé à l'été 2015 pour un lotissement de 14 lots.

Il est par contre une échéance évoquée en début de réunion et qui est comme une alarme pour beaucoup, c'est la production du Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE). J'ai publié une note sur ce blog il y a un mois à propos de cet outil prospectif qui est mis à la disposition de l'Agence de l'Eau, et qui dans le cas présent devra être produit d'ici le mois de décembre 2017. Et c'est dans ce document-là que devront figurer les usages de l'eau du Fleuve Hérault, avec à la clé des financements publics.

Je n'oublie pas non plus que le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SAGE) du Fleuve Hérault  date de 2010 (cf. avis préfectoral du 20 octobre 2010), et il a été approuvé en novembre 2011 (cf. site Web de Gest'Eau). Il s'agit-là du document de planification par excellence encadré par la loi (cf. infographie), et il mériterait certainement une révision au vu des évolutions rapides des contextes.

Enfin, le Syndicat mixte du Bassin du Fleuve Hérault a commandé à Cereg Ingénierie la réalisation d'une étude sur l'élaboration du schéma directeur de la ressource en eau sur le bassin de l'Hérault et sur la détermination des volumes maximums prélevables (cf. rapport d'étude) ; cette étude permettra d'élaborer le PRGE d'ici la fin de cette année. A la lecture du rapport, il est évident qu'à l'horizon 2030 les prélèvements vont croître alors que la ressource de l'Hérault va diminuer. Les solutions proposées misent sur des apports extérieurs (renforcement de la station de pompage Georges Debaille sur Fabrègues pour le Syndicat Bas Languedoc, les ressources Aquadomitia, la gestion du barrage du Salagou, ...).

J'ai une proposition que je ferai lors d'un prochain Conseil syndicat du Pays Cœur d'Hérault (en l'occurrence ce 21 avril), c'est la mise en place d'un Observatoire de l'Eau. La Métropole de Montpellier vient de le mettre en place (cf. OMME), et il me paraît opportun d'en faire de même sur notre territoire du Cœur d'Hérault. En effet, l'échelle d'un bassin versant est trop vaste pour informer, pour concerter et pour sensibiliser. Or, le Pays Cœur d'Hérault est en cours d'élaboration de son Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), et un Observatoire de l'Eau est un outil tout à fait propice.

11/04/2017

Mélenchon-Macron pour le second tour le 7 mai, si c'est possible !

C'est un duel possible pour le 7 mai, c'est un duel qui est donné probable par les études d'opinion et ce serait pour moi un duel de fond : Jean-Luc Mélenchon contre Emmanuel Macron !

Voilà deux personnalités et deux projets politiques que tout oppose : l'UNEF, le PSU, l'OCI puis l'aile gauche du PS avant de créer son Parti de gauche pour l'un, et un parcours politique à peine pubère pour l'autre. La force du peuple pour l'un et l'alibi des puissances du monde pour l'autre. Deux visions opposées de l'Europe, l'une forgée dans l'histoire d'un continent et l'autre au service d'une mondialisation sans limites. En tous cas, cela donnerait un entre deux tours homérique !

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L'électorat d'Emmanuel Macron est aussi celui de François Fillon, c'est à dire ce fameux Cercle de la raison théorisé par Alain Minc.  Fillon comme Macron représentent un même modèle de société et les mêmes intérêts économiques, agglomérant une gauche sociale-libérale de Valls/Hollande et une droite bourgeoise proche du Medef et de Juppé. Dans les jours qui vont précéder le premier tour, cet électorat va se cristalliser autour d'Emmanuel Macron en garant du modèle dominant à préserver.

Pour Jean-Luc Mélenchon qui siphonnait déjà l'électorat d'un Benoît Hamon lâché de toutes parts (la gauche écolo de Hamon, Jadot et Mélenchon est autour de 26 à 28% depuis le début de l'année 2017), il reste à mobiliser les indécis, celles et ceux qui étaient jusque-là tentés par l'abstention, mais aussi cet électorat populaire et ouvrier qui trouvait un vain refuge dans le vote protestataire Le Pen.

Je pense sincèrement que Fillon est grillé, et le final sera soit Macron contre Le Pen, soit Macron contre Mélenchon. Ce dernier duel n'a pas encore fait l'objet d'étude d'opinion, et c'est tant mieux car il faut que le débat ait lieu en profondeur, exactement comme cela c'était passé au moment du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel européen (TCE) ; rien ne doit être tabou, toutes les questions doivent être sur la table.

Je me souviens qu'au lendemain du 10 mai 1981 la presse de droite annonçait l'arrivée des chars russes sur les Champs-Élysées ... Tout ce qui est excessif est insignifiant, et je réponds par avance à celles et ceux qui craignent le personnage que les institutions de la République, la cinquième ou la sixième à suivre, sont protectrices des libertés humaines, garantes des égalités sociales et territoriales, synonymes de fraternité. La République a connu de tels personnages ; son dernier livre sur la Vertu n'est pas sans rappeler Maximilien Robespierre, son hymne à la paix dimanche sur le vieux-port de Marseille avait un élan de Jean Jaurès quand ses exigences sur l'Europe et l'OTAN le rapprochent de Charles de Gaulle ; j'imagine que cela doit donner un vertige historique aux plus jeunes générations, mais la France est endormie depuis quelques décennies ;-)

17:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2017

Et si nos journées ressemblaient plus souvent à nos week-ends ?

Je me désespère que les débats politiques nationaux ne parlent que d'économie, de travail et d'argent. Et pas tant qu'on en parle d'ailleurs, car c'est nécessaire, mais qu'on ne parle que de ça. Comme je l'écrivais dans une précédente note, nous ne passons que 10% de notre vie éveillée au travail, alors si nous parlions un peu plus des 90% restants ? Parce qu'il y a là de réelles sources d'épanouissement, avec des rencontres enrichissantes et des observations à graver dans nos mémoires.

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Vendredi à 18h, j'étais à la cave coopérative de Montpeyroux pour un documentaire sur la coopération viticole d'aujourd'hui et de demain (cf. note cooperons). Samedi midi à Lodève, j'étais présent à l'inauguration d'une aire de compostage partagé (cf. note compostage-ludique-et-sociable-avec-gigi). Samedi après-midi,  j'ai rejoint le parcours de la transhumance Villeveyrac-Mèze (cf. note ne-sommes-nous-pas-nous-memes-en-transhumance). Enfin, ce dimanche matin était l'occasion de faire un tour aux puces de Paulhan où il y avait aussi la foire aux graines dans la salle des pas perdus de l'ancienne gare.

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C'est à nous aussi de ne pas subir les thématiques imposées par les médias. Nous pouvons, en famille ou entre amis, participer à tous ces moments qui s'offrent à nous et qui sont à chaque fois des occasions de nous enthousiasmer. Et puis nous pouvons aussi y contribuer, en devenir acteurs. Et pas que le week-end, mais tous les jours ! C'est une aspiration qui me paraît mûrir autour de nous ...