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09/04/2017

Le compostage ludique et sociable avec Gigi

J'ai assisté samedi midi à Lodève à l'inauguration d'une aire de compostage partagé. Le principe est que dans un quartier ou dans un village les habitants gèrent ensemble des composteurs collectifs pour l'élimination de leurs déchets fermentescibles (restes de repas, épluchures, légumes et fruits avariés, ...). Quand ces déchets sont jetés avec le reste des déchets résiduels dans notre poubelle grise, et ils constituent un quart du contenu de cette poubelle, tout cela va sur le site d'enfouissement à Soumont où les composants organiques fermentent et produisent odeurs et lixiviats qui nécessitent des traitements complémentaires. Sur le Cœur d'Hérault en 2016, ses 76 000 habitants ont produit chacun 550 kg de déchets (contre 590 kg/an à l'échelle nationale), et dont 37 kg de biodéchets (contre 19 kg/hab/an à l'échelle nationale). Outre que le compostage collectif évite de jeter dans sa poubelle grise des déchets qui peuvent se valoriser en compost, la démarche réunit des voisins qui peuvent ainsi partager leurs problématiques de déchets tout en alimentant du lien social.

Composteur_partage_SCH.jpg

Cette inauguration était organisée par le Syndicat Centre Hérault, la Communauté de communes du Lodévois-Larzac et la ville de Lodève, accompagnés par l'association Terre en Partage. Mais la participation de la comédienne Ghislaine Berthion (Compagnie Mungo) était un véritable enchantement. ghislaine berthion,cie mungoJ'avais évoqué en Conseil syndical du Centre Hérault cette plus-value à informer au travers de spectacles participatifs qui interpellent, et là ce samedi à Lodève c'était vraiment très réussi. Des aires de compostage facilitant les rencontres sentimentales aux bio-sceaux habillés en Louis Vuitton, et en passant par une interprétation hyper-réaliste des décomposeurs du compost, Ghislaine Berthion nous a offert un moment fort savoureux.

Coopérons !

J'ai assisté en fin de semaine à la projection d'un documentaire réalisé par Sabine Ternon, « Tous pour chacun, chacun pour tous ». Cinq caves coopératives sont au cœur de ce documentaire d'une heure-vingt qui exhale les métiers de la vigne ainsi que le mouvement coopératif. La coopération, c'est être plus forts ensemble, c'est s'entre-aider et c'est aussi s'adapter plus facilement aux aléas économiques, sociaux et climatiques.

tous_pour_chacun_chacun_pour_tous.jpgComme je l'ai indiqué lors du débat qui suivait la projection, je souhaite à ce documentaire une diffusion la plus large possible, car il a une vocation pédagogique précieuse en ces temps de sécheresse économique. Nous avons vu ces derniers mois des filières agricoles asphyxiées par leurs donneurs d'ordre ; les producteurs de lait, les éleveurs de porc et de volaille, les arboriculteurs, ... vendent leurs produits sur des marchés concurrencés par nos voisins européens et ils ne touchent pas le juste prix des ventes en grande surface. La société Lactalis a ainsi résilié unilatéralement son contrat d'achat de lait auprès de producteurs qui avaient témoigné peu de temps auparavant dans un reportage de France 2.

Les coopératives viticoles en Languedoc-Roussillon se caractérisent par leur implantation locale ; chaque village a sa cave coopérative, même si aujourd'hui bien peu sont encore en exploitation. D'autres coopératives existent dans les filières agricoles en France, comme chez les céréaliers ou dans l'agro-alimentaire. Mais une cave coopérative artisanale comme celle de Montpeyroux ou une coopérative comme Axereal sont toutes deux sur des marchés concurrentiels, et en particulier à l'export. Nos coopératives viticoles ont peu à peu fusionné pour peser plus sur ces marchés, mais le fonctionnement ne change pas ; c'est toujours le principe « un coopérateur, une voix » dans une gouvernance d'entreprise démocratique.

J'avais assisté en novembre 2016 à une table ronde «CoopérationS» à Gignac : regards croisés sur culture et agriculture. Cette thématique de la coopération qui est partie prenante de l'économie sociale et solidaire mérite plus de promotion, et ça tombe bien parce que ça va dans le sens de l'histoire ;-)

06/04/2017

Comment Mélenchon pourrait ne pas s'arrêter à la troisième marche du podium ?

Bien malin qui peut prévoir aujourd'hui quels sont les deux candidats qui s'affronteront pour le second tour de l'élection présidentielle le 7 mai. Emmanuel Macron et Marine Le Pen stagnent autour de 25% depuis un mois, François Fillon résiste bien malgré ses méfaits et Jean-Luc Mélenchon est sur une pente ascendante.

Je sais que les sondages ne sont qu'une photographie et qu'ils ne prédisent pas l'issue du scrutin. Mais les données fournies par l'IFOP depuis fin 2016 donnent des tendances qui se vérifient dans les faits. La victoire de Benoît Hamon à la primaire le fait passer de 6% à 18%. Le PenelopeGate se traduit clairement dans les intentions de vote pour François Fillon. Les 4% à 5% attribués à François Bayrou se reportent directement sur Emmanuel Macron après que leur alliance soit scellée. Bref, ces sondages-là reflètent des évolutions que nous constatons dans la vie réelle. Après, se pose la question de l'étalonnage de départ et des méthodes de redressement appliquées. Si Marine Le Pen stagne depuis longtemps, est-ce bien à 25% comme l'IFOP le dit ou bien à 30% ? Mais à la limite, c'est une autre question dont la réponse nous sera donnée le 23 avril. Pour l'instant, il demeure intéressant de mesurer comment les décisions ou comment les positionnements des candidats influent sur les intentions de vote.

gaston defferre,jacques duclos,23 avril,législatives

Et ce qui m'intéresse personnellement, c'est comment Jean-Luc Mélenchon peut réussir, au moins à passer devant François Fillon et au mieux à figurer dans le duo final. Alors nous le constatons depuis deux mois, Jean-Luc Mélenchon siphonne l'électorat de Benoît Hamon. Il n'y a d'ailleurs aucune raison que cela cesse, et même cela devrait s'accentuer car l'électorat de gauche se trouve-là un candidat dont le challenge fait écho à leur attente. Cela pourrait donc lui permettre de passer devant François Fillon, et ça me paraît possible.

En 1969, après la démission de Charles de Gaulle, il y avait trois candidats à gauche. Michel Rocard (PSU), Gaston Defferre (PS) et Jacques Duclos (PCF). A trois semaines du premier tour, le socialiste était donné à 11% par l'IFOP et le communiste à 10%. Au soir du premier tour, Gaston Defferre faisait 5,01% et Jacques Duclos 21,27%. L'électorat de gauche savait que ce serait soit Georges Pompidou soit Alain Poher leur futur président, aussi ses électeurs ont voté avec leur cœur. Je pense que nous sommes un peu dans une même situation.

150px-Gaston_Defferre.jpg    Jacques_Duclos_en_1959.JPG

Pour que Jean-Luc Mélenchon soit au second tour, il faudrait soit : 1. qu'il ait été sous-estimé depuis le début par les instituts de sondage, 2. que le gros tiers d'électeurs indécis se mobilise pour lui, 3. que l'électorat populaire, celui qui auparavant votait communiste, renonce à voter Le Pen pour choisir un bulletin Mélenchon. Je lui souhaite de réussir.

Il y a par contre un effet secondaire à ce mécanisme de vases communicants entre les votes Mélenchon et Hamon, ce sont les législatives de juin. Nous savons depuis le couplage présidentielle/législatives que le score des candidats aux législatives dépend fortement du score de leur candidat(e) à la présidentielle, autant pour donner une majorité parlementaire au nouveau locataire de l’Élysée que pour constituer les rapports de force au Palais Bourbon. Avec la France Insoumise proche des 20% et avec un PS plus près de 5% que de 10%, Jean-Luc Mélenchon devra revoir le cadre des investitures autonomes de la France Insoumise et des accords avec ses partenaires. Il peut avoir à la rentrée de septembre le premier groupe parlementaire de gauche à l'Assemblée Nationale, mais à condition d'avoir dans chaque département une stratégie électorale efficace. Et d'ailleurs, la même question va se poser dans la moitié des départements de France pour les élections sénatoriales en septembre 2017.

C'est important d'anticiper que la photographie électorale qui sortira de toute cette séquence va structurer la recomposition politique dans les prochaines années. Et c'est essentiel de ne pas se rater, là à ces deux élections présidentielle et législatives.