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02/03/2018

Adieu à Denis Mallet

Denis a tiré sa révérence hier matin ... C'est bien une malédiction qui touche notre territoire, avec les disparitions ces derniers temps de personnalités qui lui ont tant apporté, et avec tant de capacités d'entraînement ; je pense ainsi à Marie-Christine Bousquet, à Josiane Ligonière.

A la Communauté de communes, Denis était un rayon de soleil dans cet environnement si terne. Et quand il présentait son budget debout au milieu de l'assemblée, ce n'était pas pour faire spectacle, mais bien pour animer son propos, pour lui donner plus de portée encore. Il était un messager, mais de cette tradition orale si captivante et si délicieuse quand la parole est si bien portée. Il y avait aussi chez Denis ce tempérament facétieux, une expression singulière du visage qui ponctuait sans cesse ses propos, d'un sourire amusé à un haussement de sourcils interrogatif, une gestuelle qui donnait la mesure de son verbe.

Denis était le seul élu à ne jamais se satisfaire de ses réussites, pourtant significatives, quand tant d'autres se réjouissent de petits riens ; cette soif de toujours faire mieux est une qualité qui se perd, et Denis l'exprimait avec une rare humilité, car il avait un vrai souci de l'intérêt général. Avec son « Paratge », terme occitan intraduisible et qui provient du langage des troubadours, évoquant la noblesse d'âme, Denis était à sa façon un chevalier portant haut ses projets culturels.

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Notre dernière rencontre était il y a une semaine à Paulhan pour la remise des lots de l'Auto de Noël ; le contexte correspondait bien peu à nos appétits, mais nous avons su nous nourrir d'autres mets. Il me disait qu'il ne serait candidat à rien en 2020, mais qu'il ne resterait pas inactif. Et nous avons alors évoqué le projet de territoire qu'il fallait construire à quelques-uns pour le prochain mandat ; il devait le rendre public dans les semaines à venir. L'approche intercommunale des enjeux du quotidien nous réunissait, et nous convenions que c'était là un terreau fertile pour nos communes.

Ce soir-là, nous avons aussi évoqué les tiers-lieux, dont celui du Cœur d'Hérault qui est à l'ordre du jour du comité syndical du 2 mars. Il était intarissable sur ces questions-là, évoquant un projet de tiers-lieu à Cabrières, et nous nous accordions sur le fait qu'avec l'arrivée du très haut débit d'ici 2022, il y avait tout un réseau de tiers-lieux à construire, irriguant le territoire du Cœur d'Hérault d'espaces de projets. Et de savoir que nous aurions cet échange-là lors de ce comité syndical exigeait que mes interventions ne soient pas décevantes, parce qu'il y avait là un propos à venir qui devait être riche et un partenaire de séance qui mettait toujours la barre très haut. Sans lui, je me suis tu.

Denis était le seul élu, dans les assemblées intercommunales ou syndicales, à se dire d'accord avec mes propos exprimés en séance ; je n'en tire aucune flagornerie, mais nous avions ces mêmes fulgurances pour l'avenir du territoire et sur l'impérative nécessité de multiplier les espaces d'échange, entre élus tout comme avec la société civile, cultivant l'esprit critique.

Je suis désormais comme un troubadour qui chemine et qui perd son ombre, ce qui n'arrive que quand le soleil se couche.

25/02/2018

Centre-ville en mouvement pour députés en marche ;-)

C'est la balade très médiatisée des députés LREM Vignal et Huppé qui a attiré mon attention sur un dispositif dont je n'avais pas connaissance, le plan national « Action cœur de ville ». Késaco ?

Ce projet de priorité nationale est sorti en décembre 2017, et par ce biais le gouvernement souhaite donner des moyens aux villes moyennes, celles qui irriguent un bassin de vie sans être des métropoles (cf. dossier de presse). Mais à la lecture de la plaquette, et derrière des intentions tout à fait louables, on retrouve des dispositifs déjà bien connus : la dotation de soutien à l'investissement local pour les projets d'investissement (déjà sous-jacents aux contrats de ruralité), l'ANAH pour financer l'amélioration de l'habitat, le Fisac pour l'attractivité commerciale des cœurs de ville, le soutien des EPF pour le portage foncier des collectivités locales et le traditionnel soutien financier de la Caisse des dépôts.

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Sur l'éligibilité des projets, ce sont les préfets qui recueillent les expressions d'intérêt, qui coordonnent les services et qui mobilisent les moyens de l’État ; ils sont les animateurs locaux des partenariats signés. Il n'y a pas plus jacobin ! Macron et son gouvernement pilotent ce dispositif dans les territoires au travers des services préfectoraux, et les députés de sa majorité en profitent pour se faire connaître des concitoyens de leur circonscription.

Vignal_Huppe_Pezenas.jpg    Vignal_Huppe_Clermont.jpg

Sur le fond, l'objectif est d'un intérêt évident. J'ai lu par ailleurs que les collectivités et que les EPCI signataires s'engagent pour un moratoire d'un an sur l'extension de leurs zones commerciales ; ça permet effectivement d'échapper à l'appétit des aménageurs. Par contre, sur la forme, pourquoi ne pas confier cette mission aux EPCI ? Le gouvernement restreint les moyens des EPCI (pas plus de 1,2% d'augmentation de leurs dépenses de fonctionnement), et il se place comme interlocuteur privilégié des villes-centres ; mais pourquoi ne dote-t-il pas les EPCI pour qu'ils portent eux-mêmes leurs projets à leur rythme et selon leurs besoins ? L’État pourrait fixer des règles, définir un cadre, faire des préconisations, conditionner les dotations, mais laisser les acteurs locaux assumer leurs politiques locales en faveur du logement, du commerce, du patrimoine et des circulations dans leurs cœurs de villes.

La Région a justement retenu cette forme de délégation dans son appel à projets sur les bourgs-centres. Là, pas de préfet et pas de député, juste une relation contractuelle entre la Région et les collectivités locales concernées, et sur un cahier des charges sans ambiguïté. Voilà deux approches bien différentes des politiques territoriales de l’État et la Région ; j'avoue préférer la seconde, non pas par calcul politicien, mais comme promoteur d'une décentralisation plus responsabilisante.

Je ne fais d'ailleurs pas grief envers les parlementaires cités ici, ils sont dans leur rôle. Sauf qu'ils seront jugés sur leur bilan. Par exemple, Clermont-l'Hérault attend une entrée Nord sur l'A75, et nous comptons bien sur le député Huppé pour l'obtenir ; cela vaudra toutes les actions possibles pour le cœur de ville de Clermont-l'Hérault.

Une autre réflexion liée à cette note porte sur la relation des députés avec les habitants de leur circonscription. Longtemps, les députés et sénateurs étaient aussi maires de grande ville, président(e) de Région ou de Département ; ils avaient ainsi une visibilité locale et un mandat national. Mais avec la loi sur le non cumul des mandats, les parlementaires ne sont plus ... que parlementaires. Et si les parlementaires communistes, socialistes et républicains peuvent s'appuyer sur un réseau d'élus locaux ou de militants, les nouveaux députés LREM doivent construire un tel réseau. J'y souscris volontiers, et je respecte totalement les choix politiques des élus locaux, mais ça ressemble quand même pas mal à ... l'ancien monde =:(

14/02/2018

Pas de taxe GEMAPI en 2018 sur le Clermontais !

Très longue séance pour l'assemblée communautaire ce mercredi 14 février, et la Saint-Valentin n'a pas épargnée le Président Lacroix. Les sujets à enjeux ne manquaient pas, avec entre autres le DOB ou encore le système fossilisé des attributions de compensation, mais c'est la GEMAPI qui a vu les prises de parole hostiles se multiplier. Après les élus de Clermont-l'Hérault (Yvan Poncé, Laure Robert et Bernard Baron), puis les maires de Lieuran-Cabrières et de Mourèze, et enfin moi-même et le maire de Péret (par ailleurs président de l'association des maires de l'Hérault), Jean-Claude Lacroix a vite compris qu'un vote sur la mise en place d'une taxe pour lever 200 000 € en 2018 lui serait défavorable. Il a donc préféré y renoncer, et il a mis aux voix un texte indiquant que la CCC trouverait des ressources financières dans son budget ...

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Mais c'est quand même dommage que l'exécutif communautaire ait suivi le mouvement de tous les EPCI qui délibèrent majoritairement aujourd'hui pour lever cette nouvelle taxe. Et c'est une satisfaction de voir que l'assemblée communautaire n'est pas la chambre d'enregistrement que l'on stigmatise si souvent ... enfin presque. Parce qu'il y a en réalité des sujets tabous ; la fiscalité locale en fait partie. Les prérogatives des maires sont aussi un sujet sensible, et c'est ainsi que l'assemblée communautaire n'avait pas suivi son Président il y a deux ans quand celui-ci voulait prendre la compétence PLUi (Plan local d'urbanisme intercommunal).

Sur les autres sujets, l'intercommunalité peine à devenir une ambition politique partagée ; les maires en sont encore pour beaucoup au stade de la simple coopération. Le débat sur les attributions de compensation en témoigne, mais aussi cet « effet toboggan » qu'a dénoncé Christian Bilhac, c'est à dire que les dépenses de fonctionnement ne cessent d'augmenter quand celles d'investissement ne cessent de baisser. Et à titre de comparaison, Ch. Bilhac comparait la CCC (15 M€ de dépenses de fonctionnement en 2015 comme en 2016 pour 15 M€ puis 11 M€ de dépenses d'investissement en 2015 puis en 2016), et notre voisin de la Vallée de l'Hérault (13 M€ et 14 M€ en dépenses de fonctionnement en 2015 puis en 2016, contre 35 M€ puis 40 M€ en 2015 et en 2016). L'EPCI a vocation à investir pour tout son territoire, et pas seulement à offrir des services. Les investissements d'aujourd'hui sont les recettes de demain, et s'en détourner signifie qu'à l'avenir c'est la fiscalité des ménages qui sera sollicitée ; comme cela a failli arriver avec la GEMAPI ...