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10/11/2017

UMUPS, il y a urgence à la transformer en SMUR

Ce vendredi soir à Clermont-l'Hérault, près d'une centaine de personnes étaient réunies dans la salle Georges Brassens pour évoquer la fin programmée de l'UMUPS (Unité Médicale d'Urgence et de Permanence de Soins) ; l'expérience débutée en 2013 prend fin au 31 décembre 2017. Le docteur Laurent Garcin a donné la genèse de cette UMUPS, il a expliqué comment elle intervenait au quotidien sur tout le territoire du Coeur d'Hérault, avec un taux d'intervention moyen de 3,9 par jour, pour une moyenne nationale de 3,6.

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C'est l'ARS (Agence Régionale de Santé) qui finance ces services d'urgence (SAMU, SMUR et UMUPS), et les prises de parole dans l'assistance convergeaient toutes vers la nécessité de peser sur elle pour que le Cœur d'Hérault ne se retrouve pas au 1er janvier sans unité mobile d'urgence. Les collectivités locales délibèrent. Une association d'usagers, le comité des usagers du service public du Cœur d'Hérault, a lancé une pétition qui réunit déjà plus d'un millier de signatures, qui va sur le marché pour informer et pour mobiliser.

Alors si l'appel à faire passer le message et à mobiliser pour peser sur l'ARS est fondé, il n'en reste pas moins que l'ARS aura beau jeu de pointer les divisions sur le Cœur d'Hérault. Sur le Clermontais comme sur le Lodévois, les élus ont délibéré (des motions différentes), les citoyens se mobilisent (sur des objectifs différents) et des pétitions recueillent des milliers de signatures, mais les uns pour que l'UMUPS basée à Clermont-l'Hérault devienne une antenne SMUR, et les autres pour qu'un service d'urgences soit créé à l'hôpital local de Lodève. Évidemment, l'ARS ne donnera pas de suite favorable à ces deux revendications-là en 2018.

Il est urgent que les associations citoyennes se rencontrent. Il est urgent aussi que les élus trouvent un consensus avec une délibération commune. Ce n'est qu'à partir du moment où l'ensemble du territoire sera mobilisé sur un même objectif que le message s'imposera à l'ARS. Comme le disait le Dct Garcin ce soir, l'ARS d'Occitanie finance des antennes SMUR qui font 500 sorties par an, alors que l'UMUPS en fait le triple ...

Le temps presse ! Au 1er janvier, les personnes qui appellent le 15 depuis le Cœur d'Hérault ne verront pas de véhicule d'urgence médicale arriver en moins de 45 minutes, au lieu de 17 minutes actuellement avec l'UMUPS ; c'est revenir 5 ans en arrière. « L'union fait la force », alors faisons en sorte que ce ne soit pas qu'un slogan.

09/11/2017

Lauréats du Coeur d'Hérault pour le 15ème prix de la TPE, deux entrepreneurs de Clermont-l'Hérault justement récompensés

C'est dans les locaux de la Communauté de communes du Lodévois que le territoire du Coeur d'Hérault désignait ses lauréats pour la 15ème édition du prix de la TPE (très petite entreprise). Ce prix est d'ailleurs né en Cœur d'Hérault, sous l'impulsion de la Maison des Entreprises du Cœur d'Hérault, et très rapidement l'idée s'est répandue aux territoires voisins.

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Suite à une sélection « passionnante » parmi des entrepreneurs « passionnés », comme l'indiquait Jacques Bauclair, douze entreprises étaient nominées ce soir. Parmi elles, trois devaient être désignées pour participer à la finale départementale le 8 décembre au Corum à Montpellier.

L'entreprise NINO ROBOTICS (Clermont-l'Hérault) a obtenu le prix « Être », l'entreprise METAL SOUNDS (Saint-André-de-Sangonis) a obtenue le prix « Faire », et l'entreprise ROLLER DANCE (Clermont-l'Hérault) a obtenu le prix « Piloter ». Ce sont les trois entreprises du Cœur d'Hérault qui iront en finale. Et pour ne pas rester sur ce podium-là, le « Coup de cœur » du jury a été attribué à l'entreprise LAURENT MADAILLE REALISATIONS (Bédarieux).

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Les deux lauréats de Clermont-l'Hérault représentent deux beaux projets, innovants, fédérateurs, risqués et qui donnent au Clermontais une image plus enthousiasmante que ces zones d'activités en périphérie des bourgs-centres ou que des cœurs de village qui se vident.

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Mais il ne faudrait pas s'arrêter à une cérémonie annuelle, aussi plaisante soit-elle. Je l'ai déjà demandé en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault, nous avons 15 ans de recul pour voir ce que sont devenus tous les nominés et tous les lauréats du prix de la TPE. Les outils que proposent la Maison des Entreprises (incubateur, pépinière, couveuse, formation, ...) ont-ils aidés ces entreprises ? Et y a-t-il des améliorations à apporter pour garantir la pérennité de ces entreprises ? Mais le Conseil syndical ne dispose pas des moyens (et des ressources financières) pour réaliser une telle analyse. C'est dommage ... Une politique économique qui n'est pas évaluée régulièrement ne permet pas de savoir si les investissements publics sont fructueux, s'il faut les réorienter, s'il faut abandonner tel outil pour renforcer un autre.

Donc à ce stade, il faut surtout dire merci à ces entrepreneurs pour avoir choisi notre territoire, et puis croiser les doigts pour qu'ils développent leur activité et qu'ils fassent des petits ;-)

03/11/2017

Prisonniers politiques en Espagne : l'Europe a-t-elle tant peur des peuples ?

Deux leaders indépendantistes ont été incarcérés depuis le 16 octobre, la juge espagnole Carmen Lamena sanctionnant là un délit de sédition pour les manifestations qu'ils ont organisé le 20 septembre en Catalogne.

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Jordi Sanchez et Jordi Cuixart dirigent les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l'Assemblée nationale catalane (ANC). La juge Carmela Lamela a ordonné l’emprisonnement de ces deux personnalités indépendantistes, car elle les accuse d’avoir organisé des manifestations dans Barcelone entre le 20 et le 21 septembre et d’avoir empêché que la police espagnole puisse mener son travail. Le gouvernement espagnol avait salué la décision de la juge, soulignant que c’est une façon de montrer que personne n’est au-dessus de la loi.

La même juge madrilène a inculpé ce 2 novembre les ex-ministres de la Généralité de Catalogne pour rébellion, leurs crimes étant d'avoir organisé un référendum le 1er octobre et d'avoir engagé un processus d'indépendance qui a conduit le Parlement Catalan a déclarer l'indépendance le 27 octobre. Huit membres de ce gouvernement sont aujourd'hui en prison, un neuvième qui avait démissionné du gouvernement avant la déclaration d'indépendance a été laissé en liberté contre une caution de 50 000 €, et cinq autres sont actuellement à Bruxelles d'où ils focalisent l'attention des médias européens. Le procureur de l’État espagnol a requis un mandat d’arrêt européen contre eux cinq, la juge Carmela Lamela devrait le valider ce vendredi 3 novembre.

Ci-après les huit ministres incarcérés le 2 novembre (les textes descriptifs sont extraits du site Web Equinox Magazine, les photos sont extraites du site Web du journal catalan La Vanguardia) :

Junqueras.jpgL’ancien vice-président Oriol Junqueras est le leader de la gauche républicaine (ERC). Il est donné gagnant dans les sondages lors des élections qui doivent se tenir le 21 décembre. Junqueras était absolument contre la stratégie de Puigdemont de se réfugier à Bruxelles. Les deux hommes qui ne se saluent plus depuis des jours, ont failli en venir aux mains lors des réunions marathons précédant la déclaration d’indépendance. Titulaire de l’économie, Oriol Junqueras avait chapeauté une grande partie de l’organisation du référendum et avait affronté le ministre des Finances espagnol qui avait bloqué les comptes bancaires de la Generalitat.

Turull.jpgJordi Turull est une ancienne gloire de PdeCat, le parti d’Artur Mas. Démonétisé politiquement, le processus indépendantiste l’a remis sur le devant de la scène. D’abord président du groupe majoritaire indépendantiste au Parlement et ensuite porte-parole du gouvernement, il a géré toute la communication du référendum et la diffusion des publicités autour du référendum qui avait été interdites par la justice espagnole.

Romeva.jpgRaul Romeva est un ancien député européen des écologistes catalans. Il est devenu tête de liste des indépendantistes de Junts Pel Si en septembre 2015. Au ministère catalan des Affaires étrangères, il a été très présent dans toute l’Europe pour tenter de convaincre les États de soutenir l’indépendance de la Catalogne.

Forn.jpgJoaquim Forn est membre du Pdecat d’Artur Mas. Il était adjoint à la sécurité à la mairie de Barcelone durant le mandat de Xavier Trias. Il jouit à ce titre d’une bonne réputation au sein de la Guardia Urbana de Barcelone. Ministre de l’Intérieur, il avait plusieurs fois demandé à ce que les Mossos d’Esquadra désobéissent à l’État espagnol. Forn était présent lors de la conférence de presse de Carles Puigdemont mardi à Bruxelles et a tenu des propos très durs contre le gouvernement espagnol

Rull.jpgJosep Rull est un membre du PdeCat d’Artur Mas depuis sa jeunesse. Il a sans succès essayé de prendre la tête du parti en 2016. Certains lui prêtent l’intention de vouloir se porter candidat pour son mouvement lors du scrutin de décembre 2017.

Mundo.jpgCarles Mundó, homme discret, titulaire de la justice, a fait ses premières armes en politique au sein du parti ERC ou il était conseiller municipal à Gurb (Osona). Carles Mundó était un des ministres les plus septiques quant à la déclaration d’indépendance.

Bassa.jpgDolors Bassa vient du monde syndical de la ville de Gérone au sein de l’UGT (la CGT catalane). Elle s’est rapprochée d’ERC pour finalement devenir ministre du Travail en janvier 2016.

Borras.jpgMeritxell Borràs est une figure historique du Pdecat depuis 1995. Elle a réalisé une grande partie de sa carrière dans la ville de L’Hospitalet de Llobregat. Ministre depuis juin 2015, elle avait montré en privé une grande réticence face à la déclaration d’indépendance. Elle était au côté de Puigdemont à Bruxelles, mais est rentrée mardi soir à Barcelone avec Joaquim Forn.

Le seul ministre libre - Santi Vila, proche d’Artur Mas, est considéré comme l’unique membre modéré de l’ancien gouvernement de Puigdemont. Proche des entreprises et de la présidente du Congrès des députés de Madrid Ana Pastor, Vila a présenté sa candidature contestée pour conduire PDeCAT aux élections de décembre 2017. Il opte pour une collaboration directe avec Madrid. En cas de refus du PDeCAT de l’investir, il créera son propre parti et se présentera à ce titre. Il a été libéré sous caution de 50.000 euros

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Il reste quatre ministres qui sont avec Carles Puigdemont à Bruxelles sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Clara Ponsati, Meritxell Serret, Antoni Comin et Lluis Puig.

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Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, incarne une bien étrange démocratie en Europe, un État où l'on emprisonne des militants pacifistes d'une cause politique. Et qui plus est dans un État où la corruption reste impunie. Le parti du premier ministre, le Parti Populaire, enchaîne scandale sur scandale. Dans l'affaire Nóos, c'est l'infante Cristina d'Espagne qui est mise en examen en 2011, et c'est son époux, Inaki Urdangarin qui est condamné en février 2017 à 6 ans et 3 mois de prison, mais qui est laissé en liberté en attendant un second jugement en appel.

L'argument d'inconstitutionnalité du processus d'indépendance entrepris par la Catalogne depuis des années est absurde. Le Canada a été confronté au même problème à l'époque où le Québec revendiquait son indépendance. La Cour Suprême du Canada avait alors distingué la constitution elle-même des principes qui avaient dictés sa rédaction. Entre autres au Canada, l'un de ces principes est le fédéralisme, mais il y a aussi la démocratie, le constitutionnalisme, la primauté du droit et le respect des minorités. Et c'est sur la base de ces principes-là qu'un processus d'auto-détermination pouvait légalement se dérouler. L'exemple québécois est souvent cité dans des processus de sécession, et la Cour Internationale de Justice avait ainsi donné une suite favorable pour la sécession du Kosovo, ajoutant que c'était un cas d'espèce et qu'il ne saurait avoir une portée générale relative au « droit à l’autodétermination ou à l’existence d’un droit de sécession-remède ».

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Le fédéralisme est une option à étudier dans la cas de l'Espagne. Certains États européens ont déjà cette forme d'organisation comme l'Autriche, l'Allemagne ou encore la Belgique. Dans d'autres États, comme l'Espagne, les régions disposent d'une autonomie à géométrie variable. Le Royaume-Uni reconnait par exemple les « nations constitutives » que sont l'Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galle et l'Irlande du Nord.