Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16/09/2018

Une campagne européenne locale des forces de gauche et de l'écologie pour rejeter la funeste impasse du duel entre libéralisme et nationalisme

LePenMacron.jpgLes élections européennes du printemps 2019 voient de bien funestes stratégies se développer, avec d'un côté la fuite en avant du libéralisme, et de l'autre le repli nationaliste. En France, cette dualité est incarnée par Emmanuel Macron et par Marine Le Pen qui se sont auto-déclarés concurrents de circonstance, espérant l'un et l'autre installer durablement ce face à face. Mais il n'est pas possible de demeurer dans cette impasse-là, réduisant la pluralité des courants de pensée politique à ces deux extrêmes. Car il s'agit bien-là de deux extrémismes ! Le très libéral Macron est le porte-flingue du capitalisme financier mondialisé, justifiant ses décisions politiques par sa soif de croissance économique, et qu'importe que les inégalités sociales s'accroissent (il paraît que ce n'est qu'un mauvais moment à passer) ou que la biodiversité se réduise à peau de chagrin. Quant à la nationaliste Le Pen, elle surfe sur les thématiques de sécurité, d'immigration et de poujadisme pour exacerber les haines. Non, ces deux-là ne peuvent inspirer aucun espoir.

Ce duel français est aussi à l'image d'un duel qui se développe à l'échelle européenne, entre les partisans du statu-quo libéral et ceux qui soufflent sur les braises de la colère des peuples. Et ce paysage-là, en Europe, nous rappelle des temps que nous pensions révolus. Or, il faut entendre les appels haineux en ex-Allemagne de l'Est, avec un culte nazi qui fait écho à l'arrivée du parti d'extrême-droite, Alternative für Deutschland (AfD), au Bundestag ; un très inquiétant parallélisme avec les années 30, où là encore la bourgeoisie des industriels et des grands financiers se satisfaisait que les conflits sociaux dans les entreprises se déplacent sur le champ politique.

Et il ne faut surtout pas minimaliser les chiffres de cette infographie du journal Le Monde,

Ext_D_Europe.jpg

car il y a un peu moins d'un siècle Outre-Rhin, le parti national-socialiste (NSDAP) a débuté avec des scores semblables, pour arriver au milieu des années 30 à construire le chaos en Europe :

NSDAP_Bundestag.png

Il n'y a pas de fatalité à nourrir cette offre délétère « Libéralisme Vs Nationalisme », et le 26 mai 2019 ces deux formations politiques et leurs satellites peuvent être reléguées loin derrière des forces progressistes et humanistes. Alors on me rétorquera que la gauche et que les écologistes abordent ce scrutin façon puzzle, mais le grand intérêt d'un scrutin de listes proportionnelles à un tour est d'offrir une pluralité de choix aux électeurs. Et Insoumis, communistes, socialistes et écologistes peuvent, et doivent constituer une offre politique alternative, et qu'importe que dans ce bloc telle ou telle formation ait un peu plus ou un peu moins de députés européens au soir de l'élection, l'essentiel est que ce bloc-là arrive largement en tête. Et ce n'est pas une tactique électorale, non, c'est une nécessité vitale pour notre démocratie.

Et si cette approche salutaire n'est pas portée à l'échelle nationale ou européenne, qu'est-ce qui nous empêche de la porter à l'échelle locale, dans nos communes et dans nos intercommunalités ? Et je souhaite vivement que les élus locaux et que les militants qui soutiendront ces listes de gauche et de l'écologie au scrutin européen de mai 2019 fassent campagne ensemble, démontrant ainsi la pluralité et la convergence de leurs propositions pour l'Europe, tout en offrant d'autres perspectives mobilisatrices pour les scrutins locaux et territoriaux à venir.

06/09/2018

Traitement des déchets du bâtiment à la Salamane, des précisions utiles !

Suite à la publication de ma dernière note sur l'installation à la Salamane de deux entreprises réalisant « une activité de revalorisation de déchet bois et agrégats ou inertes de chantier, couplé avec du négoce de TP et VRD », le gérant de la société Astruc Matériaux, monsieur Bernard Bilhac, m'a contacté pour m'apporter des informations plus précises sur sa future activité.

En premier lieu, les entreprises Baldare TP et Astruc Matériaux vont principalement entreposer et trier des déchets, mais chacun dans sa propre filière métier (travaux publics et bâtiment). Pour protéger ces matériaux des intempéries tout en faisant un investissement écologique, des ombrières photovoltaïques vont être installées sur site.

Le concassage de ces matériaux issus de démolitions ou de rénovations se fera par campagne d'une dizaine de jours, et il est prévu deux campagnes par an. En effet, le gisement que pourront capter ces deux entreprises oscille entre 60 000 et 80 000 tonnes par an, et c'est donc très loin de nécessiter une installation permanente de concassage ; une unité mobile interviendra sur site.

concasseur_mobile.jpg

Pendant ces campagnes de concassage, à un rythme de 4 000 tonnes par jour, un dispositif de brumisation permettra de limiter à seulement 10% les envolées de poussières et autres particules. Et ces brumisateurs resteront opérationnels au-delà pour fixer les produits stockés après concassage.

J'avais salué ces projets en assemblée communautaire le 30 mai, car ils s'inscrivent clairement dans une logique vertueuse de circuit court, et l'ADEME en est partenaire. Le Syndicat Centre Hérault est par ailleurs très intéressé par l'arrivée d'une telle activité sur notre territoire, car le traitement des déchets du bâtiment lui coûte de l'argent alors que cela ne relève pas de sa compétence première (i.e. traitement des déchets ménagers).

Monsieur Bilhac m'a aimablement fourni ces détails, et je regrette que même les conseillers communautaires qui votent pour ces projets n'en aient que des descriptions sommaires. Alors que dire de l'information des citoyens ...

05/09/2018

Après Système U, la salamane va accueillir deux nouvelles ICPE ... poussiéreuses

Les deux délibérations présentées en assemblée communautaire le 30 mai étaient succinctes, la vente des lots 11-3 (cf. délibération) et 11-4 (cf. délibération) aux entreprises Astruc Matériaux et Baldare TP évoquant "une activité de revalorisation de déchet bois et agrégats ou inertes de chantier, couplé avec du négoce de TP et VRD". Le vice-président au développement économique, Olivier Brun, ne s'est pas plus exprimé sur ces activités, et j'étais intervenu en séance pour souligner l'importance d'une telle activité sur notre territoire où c'est actuellement le Syndicat Centre Hérault qui collecte ces déchets des professionnels du bâtiment. L'ADEME a produit une fiche technique très intéressante sur les déchets du bâtiments (cf. document au format PDF).

demolition.jpgEn effet, les déchets du bâtiment constituent en France un gisement de plus de 48 millions de tonnes par an. 65% de ces déchets proviennent de la démolition, 28% de la réhabilitation des ouvrages et 7% de la construction neuve. Nous sommes bien au-delà des déchets ménagers et ce gisement constitue une filière économique et écologique de premier ordre. Des installations de traitement des déchets du bâtiment existent dans l'Hérault (cf. http://www.dechets-chantier.ffbatiment.fr/), à La Tour-sur-Orb, à Lespignan, à Montpellier, à Villeneuve-les-Maguelone et à Lunel, mais ce sont des plateformes de regroupement de déchets qui n'assurent pas leur valorisation. Les projets portés par les entreprises Baldare TP et Astruc Matériaux sont donc à considérer dans ce contexte de vacance d'installation assurant un process global de collecte, de regroupement et de valorisation.

concassage.JPGMais je n'avais aucune idée du volume de déchets du bâtiment qui serait traité par ces deux entreprises. Or, les informations acquises aujourd'hui font état d'une activité d'échelle départementale, à savoir que sur ces deux sites de la Salamane seront accueillis les déchets de bâtiments démolis provenant de tout le département de l'Hérault. Du matériel de broyage, de concassage et de criblage industriel sera utilisé sur site, afin de réduire des déchets inertes (bétons, briques, tuiles, céramiques, verre, matériaux bitumineux sans goudron, terre et pierres), voire des déchets non dangereux non inertes (métaux et alliages, bois, cartons, plastiques, laines minérales, peintures, vernis, colles, ...) en granulats de béton, en matériaux tout venant et en déblais de terrassement. Les déchets inertes représentent 72% du gisement de déchets du bâtiment, les déchets non dangereux 26% et les 2% restant sont des déchets dangereux.

ICPE.jpgOr, les installations permanentes de broyage, concassage, criblage, ensachage,  nettoyage, tamisage, pulvérisation, mélange de pierres, cailloux, minerais et autres produits minéraux naturels ou artificiels ou de déchets non dangereux inertes sont soumises à la rubrique n° 2515 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Selon la puissance des installations (de 40 kW à 200 kW, de 200 kW à 550 kW et au-delà de 550 kW), l'exploitant est respectivement soumis à déclaration (D), à enregistrement (E) ou à autorisation (A)

Un fait surprenant est que deux entreprises pratiquant exactement la même activité se partagent à égale surface (juste un peu moins d'un hectare) du foncier sur la Salamane ; est-ce pour diviser par deux la puissance des installations à déclarer à l'autorité environnementale ? Et peut-être échapper à une demande d'autorisation ...

Mais les activités envisagées sur la Salamane ne seront pas sans conséquence sur le voisinage ! En effet, s'agissant d'activités de plein air, le vent va répandre de la poussière sur les parcelles voisines, qu'il s'agisse des entreprises installées à la Salamane comme des vignes qui bordent ces lots 11-3 et 11-4 ... le raisin sera tout blanc pour les vendanges :=(

Zonage_Plu_BW_71_72_73_74.jpgEt puis il s'y ajoute la présence de la ligne à haute-tension qui va survoler cette installation, les entreprises Baldare TP et Astruc Matériaux allant occuper les anciennes parcelles BW71, BW72, BW73 et BW74, c'est à dire pour la moitié de leur lot dans le couloir d'interdiction de construire du PLU de Clermont-l'Hérault. Mais même si ces entreprises n'envisagent pas d'y construire de bâtiments, la présence d'engins de chantier importants et le dégagement de poussières contenant des résidus métalliques n'est pas sans conséquence sur la sécurité de leur personnel.

A suivre peut-être un avis de la DREAL Occitanie ...


Suite à un complément d'information que m'a apporté le gérant de la société Astruc Matériaux après la publication de cette note, une nouvelle note complémentaire a été publiée : http://ecopol34.midiblogs.com/archive/2018/09/06/traiteme...