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09/04/2017

Coopérons !

J'ai assisté en fin de semaine à la projection d'un documentaire réalisé par Sabine Ternon, « Tous pour chacun, chacun pour tous ». Cinq caves coopératives sont au cœur de ce documentaire d'une heure-vingt qui exhale les métiers de la vigne ainsi que le mouvement coopératif. La coopération, c'est être plus forts ensemble, c'est s'entre-aider et c'est aussi s'adapter plus facilement aux aléas économiques, sociaux et climatiques.

tous_pour_chacun_chacun_pour_tous.jpgComme je l'ai indiqué lors du débat qui suivait la projection, je souhaite à ce documentaire une diffusion la plus large possible, car il a une vocation pédagogique précieuse en ces temps de sécheresse économique. Nous avons vu ces derniers mois des filières agricoles asphyxiées par leurs donneurs d'ordre ; les producteurs de lait, les éleveurs de porc et de volaille, les arboriculteurs, ... vendent leurs produits sur des marchés concurrencés par nos voisins européens et ils ne touchent pas le juste prix des ventes en grande surface. La société Lactalis a ainsi résilié unilatéralement son contrat d'achat de lait auprès de producteurs qui avaient témoigné peu de temps auparavant dans un reportage de France 2.

Les coopératives viticoles en Languedoc-Roussillon se caractérisent par leur implantation locale ; chaque village a sa cave coopérative, même si aujourd'hui bien peu sont encore en exploitation. D'autres coopératives existent dans les filières agricoles en France, comme chez les céréaliers ou dans l'agro-alimentaire. Mais une cave coopérative artisanale comme celle de Montpeyroux ou une coopérative comme Axereal sont toutes deux sur des marchés concurrentiels, et en particulier à l'export. Nos coopératives viticoles ont peu à peu fusionné pour peser plus sur ces marchés, mais le fonctionnement ne change pas ; c'est toujours le principe « un coopérateur, une voix » dans une gouvernance d'entreprise démocratique.

J'avais assisté en novembre 2016 à une table ronde «CoopérationS» à Gignac : regards croisés sur culture et agriculture. Cette thématique de la coopération qui est partie prenante de l'économie sociale et solidaire mérite plus de promotion, et ça tombe bien parce que ça va dans le sens de l'histoire ;-)

04/03/2017

Ne faisons plus de l'emploi un prétexte mais une cause !

J'avais publié il y a quelques jours une note sur la préservation des terres agricoles à l'occasion de la révision des documents d'urbanisme (SCOT, PLUi, PLU, PLH, PDU, ...), et de souligner que cette dans cette voie-là que s'oriente la révision générale du PLU de Paulhan.

Aujourd'hui, c'est le Figaro qui publie un article sur ce sujet-là : « L'Hérault face au défi de l'urbanisation galopante » - cf. version papier JPG / version numérique PDF. Et il me permet de revenir sur ces mirages que sont tous ces projets qui vont créer de la richesse et des emplois, comme la ZAE de la Salamane à Clermont-l'Hérault. Je me souviens de mes échanges en assemblée communautaire avec Alain Cazorla ; il jurait déjà en 2009 que ce projet allait créer 500 emplois, et en tous cas autant que la ZAE voisine des Tanes-Basses. Et puis cela allait générer des recettes fiscales abondantes pour financer des missions de services publics auprès des habitants du territoire.

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Nous devrions aujourd'hui faire de la création d'emplois une priorité, parce que c'est là un fléau qui gangrène notre société. Et dans les orientations stratégiques du Pays Cœur d'Hérault comme de ses trois communautés de communes, ce devrait être de favoriser les secteurs créateurs d'emplois locaux (tourisme, agriculture, artisanat, commerce de proximité, professions libérales, ...) et de former les jeunes qui sortent de nos écoles à ces métiers-là. Mais cela semble inentendable pour tous les élus que je croise sur ce territoire du Cœur d'Hérault. Et effectivement, comme le relate le journaliste Guillaume Mollaret, les élus ont d'un côté les recettes fiscales à faire croître pour financer leurs projets et de l'autre la pression démographique qui pèse sur les budgets des collectivités locales ... Et on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

1054232_mf-nachez-maire-arboras-2014_667x333.jpgMais cela illustre aussi le fait que tous les élus locaux et communautaires ne se parlent qu'entre eux sur des sujets de pure gestion locale. Jeudi soir au Sonambule à Gignac pour la diffusion du documentaire sur la permaculture, dans une salle bondée, nous n'étions, avec Marie-Françoise Nachez, que deux élus locaux à nous intéresser à cette thématique. Or, nous ne devons pas évoluer dans des bulles d'élus ! Parce que nos concitoyens se moquent un peu que la mise en conformité d'une station d'épuration soit compliquée ou que l'organisation des temps d'activité périscolaires soit un casse-tête, ils veulent qu'on leur parle des boulots qu'il y a sur le territoire pour eux et pour leurs enfants, de leur capacité à pouvoir continuer à vivre décemment.

24/02/2017

Accompagner les entreprises ou la population active ? La CCVH semble avoir choisi ...

Dans son édition de la Vallée de l'Hérault, Midi Libre publie deux informations dont la juxtaposition interpelle. Dans la première, la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault (CCVH) investit 966 000 € pour la rénovation de la Maison des Entreprises à Saint-André-de-Sangonis. Dans la seconde, la CCVH se retire de la Maison de l'Emploi du Cœur d'Hérault qui lui coûte quelques dizaines de milliers d'euros en participation chaque année. Alors ces décisions signifient-elles que la CCVH privilégie les entreprises à l'emploi ?

C'est une réalité que depuis bientôt 9 ans que je siège au syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault, le développement économique qui consiste à accueillir, à accompagner et à valoriser les entreprises de notre territoire fait l'impasse sur le volet social. Or, les Maisons de l'Emploi ont une mission de gestion prévisionnelle des emplois et des carrières (GPEC) qu'elles réalisent essentiellement avec les filières et avec les syndicats professionnels. Car en effet, comment favoriser le développement de notre tissu économique si nous ne connaissons pas leurs besoins en ressources humaines ainsi que le potentiel des emplois du territoire ?

Logo_Maison_Emploi.jpgLes Maisons de l'Emploi sont trop souvent ramenées à leur dispositif PLIE (Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi), c'est à dire à un volet de "réparation sociale". Sur le Cœur d'Hérault, et le maire de Gignac l'évoque fort justement dans l'article de Midi Libre, les chantiers et les missions d'insertion fonctionnent très bien ; il y a environ 500 personnes qui sont ainsi accompagnées chaque année dans un retour vers l'emploi. Et sur les aires urbaines de Montpellier et de Béziers, les collectivités locales appuient fortement ces opérations d'insertion par l'économie.

Que l'on aborde les secteurs du tourisme, de l'agriculture, de l'artisanat, du commerce, ... dans des formes d'économie circulaire ou traditionnelle, l'effort de l’État et des collectivités territoriales se concentre presque systématiquement sur les entrepreneurs. Que veulent-ils ? Comment les aider à réussir et à se développer ? Et on met en place des outils pour y répondre (couveuses, pépinières, hôtel d'entreprises), ainsi que du foncier dans des zones d'activité économique. Mais quid des employés ? Et pour ceux qui aspirent à le devenir ? Les élus locaux laissent alors Pôle Emploi et la Région s'en occuper ...

La robotisation et l'automatisation n'ont pas encore anéanti le potentiel d'emploi sur le Cœur d'Hérault, et il est donc impératif de prendre en compte les itinéraires d'emploi et les besoins des entreprises ; les deux de concert !