Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/06/2017

Comment voter blanc ?

A J-1 du second tour des élections législatives, tous les électeurs ont normalement reçu l'enveloppe du ministère de l'intérieur avec à l'intérieur les professions de foi et les bulletins de vote des candidats. Mais que faire si à la lecture de ces documents l'envie de déserter le bureau de vote demain est prédominante ?

Enveloppe_ministerielle.jpg

Un profond sens citoyen nous invite néanmoins à aller voter, mais pour qui ? Ah, et le vote blanc ... Mais comment on vote blanc ? Bon, là on va sur Google pour savoir ce qu'est un vote blanc, mais la vraie référence est le Code Électoral ; l'article L65 indique que « Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n'entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc ». Ça ne nous avance pas beaucoup ...

Car en plus, sur les tables qui présentent les bulletins dans un bureau de vote, il n'y a pas de bulletin blanc, au prétexte qu'une enveloppe vide suffit ; alors comment voter blanc ? Le code électoral nous indique qu'une enveloppe vide correspond à un bulletin blanc, oui mais c'est quand même frustrant de voter avec une enveloppe vide, et puis au moment de poser l'enveloppe dans l'urne, ça peut se voir que l'enveloppe est vide (surtout aux régionales avec un bulletin de vote d'un format A4 plié en 6), ce qui n'est pas très respectueux du secret de notre vote. Alors c'est quoi un bulletin blanc ? Ces bulletins ci-dessous sont-ils recevables ?

Bulletins_Blancs.jpg

Parce qu'ils sont tout blancs, qu'il n'y a rien d'écrit dessus et qu'ils sont aussi une façon inventive de voter blanc. Le sénateur Yves Détraigne a posé la question par écrit au ministre de l'intérieur en septembre 2014, mais la réponse ne nous avance pas plus, car aucune exigence de format n'y est exprimée (cf. question publiée au JO en version PDF). Mais en réalité, si les présidents de bureaux de vote n'ont rien pour apprécier la qualité du vote blanc, ils disposent de circulaires pour déterminer les bulletins nuls. Ainsi, l'une des exigences est qu'un bulletin doit respecter la taille et le grammage réglementaire auquel cas il est considéré comme nul. Alors le plus simple pour ne pas mettre toute une table de scrutateurs en ébullition et risquer de voir son bulletin blanc devenir nul, il faut au moins le fournir au même format que les autres bulletins.

Une feuille blanche, une paire de ciseaux et un stylo sont indispensables pour la confection de son vote blanc.

empreinte.jpg

En posant l'un des bulletins trouvé dans l'enveloppe ministérielle sur sa feuille blanche, on peut tracer des traits de contour qu'il suffit ensuite de suivre avec ses ciseaux.

Bulletin_predecoupe.jpg

Mais attention, après la découpe, de ne laisser apparaître aucun trait de stylo sur le bord, parce que sinon ça finit en "vote nul" ! Et voilà un bulletin blanc qui vient s'ajouter à la panoplie de l'électeur, prêt à aller voter avec son bulletin blanc en poche.

2_et_un_blanc.jpg

Et ce petit exercice pratique donne même un p'tit complément d’âme à son vote blanc, le sentiment de ne plus aller pour rien. Après, le jour J, il faut prendre les bulletins sur la table du bureau de vote, et c'est dans l'isoloir que le dernier acte se réalise. Mais là, chacun est dans le secret de son vote.

Personnellement, je plaide pour la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé. Et ce serait même, dans le contexte actuel d'abstention massive, une façon de susciter l'envie de venir voter.

07/06/2017

Loi de moralisation de la vie publique, un focus sur la forme afin de ne plus parler de fond

Un sénateur et deux députés socialistes de l'Hérault avaient donné rendez-vous à la presse début juin pour signifier leur mécontentement face au recul du nouveau ministre de la justice, François Bayrou, qui renonce à mettre dans son projet de loi l'inéligibilité à vie pour tout(e) citoyen(ne) ne disposant pas d'un casier judiciaire vierge. Alors que le candidat Macron s'y était engagé, la loi sur la moralisation de la vie publique ne propose plus cette disposition ; elle se contente d'une période d'inéligibilité de 10 ans.

Qu'un crime ou qu'un délit très grave ait pour conséquence de priver un(e) justiciable de ses droits civiques pour une durée limitée, cela répond au fait qu'à la peine civile ou pénale s'ajoute le constat d'une rupture du pacte républicain entre un(e) citoyen(ne) et sa nation. Et s'il faut un temps pour appliquer une peine issue d'une décision de justice, il faut aussi passer au temps de la réhabilitation. N'avoir aucune perspective d'être rétabli(e) dans ses libertés individuelles, ce serait totalement contraire à nos valeurs humanistes. Même un(e) criminel(le) condamné(e) à une peine de prison à vie a la perspective de retrouver un jour la liberté quand les années de peine incompressibles seront écoulées et que la justice aura constaté sa capacité à vivre de nouveau en société.

En même temps, nous constatons la judiciarisation des conflits syndicaux et politiques. Les militants qui affirment leurs positions sont facilement arrêtés et jugés, noircissant alors leur casier judiciaire. Et avec une loi obligeant les candidats à avoir un casier judiciaire vierge, quelqu'un comme José Bové ne serait pas aujourd'hui député européen. Et combien de syndicalistes et de militants humanistes se voient épingler à leur casier judiciaire des condamnations pour avoir manifesté, pour avoir nourri des réfugiés, pour avoir refusé un prélèvement ADN, pour avoir occupé leur lieu de travail, etc ?

Bove_prison.jpg

Bové_député.jpg

Je me méfie donc de ses lois moralisatrices où tout le monde devrait être tout propre, tout vierge, tout neuf. Car il ne manque pas de lois pour punir celles et ceux qui commettent infraction, délit ou crime, avec la possibilité dans la loi de renforcer les peines qui en découlent. Prenons alors le temps de prendre chacun de ces actes délictueux ou criminel à la loupe et ajoutons dans le code pénal des sanctions civiques adaptées, mais pas de loi en trompe-l’œil.

Prenons le cas des emplois par un(e) élu(e) d'un membre de sa famille ... mais si cette personne est compétente et qu'elle exerce bien un travail, alors pourquoi l'interdire ? Parce qu'il y a des élus qui n'hésitent pas à contacter quelques obligés pour trouver un emploi à leur conjoint(e) ou à leur enfant, dans le privé comme dans le public. L'éthique en politique passe-t-elle par une loi, ou bien plutôt par la presse ?

Qui a le plus permis de rendre la vie politique plus éthique ces dernières années ? Des lois, oui, mais bien après que des abus aient été constatés. Non, ce sont les journaux qui font cet indispensable travail dans une démocratie, et je ne vois pas dans les projets de loi du Président Macron de textes visant à donner plus de moyens à la presse d'investigation, plus de droits aux journalistes et plus de protection pour les lanceurs d'alerte. Car au final, une loi sur la moralisation de la vie politique alors que la presse est contrainte dans l'exercice de ses enquêtes, ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire silence sur tous les scandales comme ceux révélés dans le passé par le Canard Enchaîne, par Médiapart, par Cash Investigation, etc ?

Radio_Libertaire.jpgJe m'étonne que le très libéral Macron préfère corseter la vie publique plutôt que de libérer la presse. Je me souviens de François Mitterrand en 1981 qui permettait aux radios pirates (ou radios libres) de rentrer officiellement dans la bande FM ; ça ne s'est pas fait dans le mois qui a suivi son élection, mais il a permis à un tas de stations de pérenniser leur audience.

26/04/2017

Pour ne jamais s'habituer, pour ne jamais oublier et surtout pour que notre esprit critique prédomine sur tout !

matin-brun.jpg