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10/05/2017

Services d'urgence et permanence des soins, Guy Lassalvy et Jean-Claude Lacroix se veulent être au centre du Coeur d'Hérault ...

La séance du Conseil communautaire du Clermontais a débuté ce mercredi 10 mai par une intervention de Guy Lassalvy, du docteur Laurent Garcin et de la directrice de l'hôpital local de Clermont l'Hérault, madame Florence Fries. L'objet de cette intervention était d'informer les élus et de les mobiliser pour les aider à structurer et à pérenniser l'unité médicale d'urgence et de permanence de soins (UMUPS) créée en mars 2013 à Clermont-l'Hérault. A l'époque, un Contrat local de santé était signé par le Pays Cœur d'Hérault et l'Agence Régionale de Santé (ARS) ; l'UMUPS était et reste toujours une expérience exemplaire en France.

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Ce Contrat local de santé signé pour trois ans prenait fin au début de l'année 2016. Il avait ensuite été prorogé pour deux ans, mais Guy Lassalvy (Président de la commission « Santé » du Pays Cœur d’Hérault nous informait ce soir que cela fait quatre mois que l'ARS est aux abonnés absents ; le docteur Garcin était lui aussi en attente de réponses. Ils craignent tous deux que l'ARS qui a déménagé à Toulouse cesse de soutenir ce projet, d'où leur présence ce soir pour que l'assemblée communautaire adopte une motion de soutien, et puis que les communes en fassent de même.

Je suis intervenu pour dire que les propos entendus à la tribune étaient les mêmes que ceux entendus à Lodève à l'occasion d'autres réunions. La directrice de l'hôpital de Clermont l'Hérault expliquait que l'UMUPS et que la maison médicale de garde étaient des composants d'un véritable écosystème des soins, attractif pour les professionnels de santé ; les mêmes arguments sont portés à Lodève. Alors qu'en 2012 l'ARS avait autorisé le Centre d’Accueil et de Permanence des Soins (CAPS) de l'hôpital de Lodève de devenir un véritable service d'urgence, l'agence revenait sur sa décision en septembre 2015. Le Groupement Hospitalier Territorial (GHT) de l'Aveyron et du Nord Hérault impose par ailleurs une organisation des offres de soins qui prive le Lodévois de structure d'urgence. 

Et ce que j'ai reproché à Guy Lassalvy, qui préside pourtant la commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, c'était de ne pas présenter sa motion au Syndicat de développement du Pays, mais à la seule Communauté de communes du Clermontais. Guy Lassalvy attend des élus du Clermontais qu'ils se mobilisent, mais ceux du Lodévois sont mobilisés eux-aussi, la Communauté de communes du Lodévois-Larzac et de nombreuses communes de ce territoire ont délibéré dans ce sens (cf. délibération de la CC du Lodévois-Larzac).

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Un collectif pour des urgences hospitalières à Lodève s'est constitué ces derniers mois, il informe et mobilise les citoyens du Lodévois, et son objet est bien légitime. L'un de ses représentants, Thierry Bousquel, est d'ailleurs venu à la réunion du Conseil de développement du Pays Cœur d'Hérault, le 6 mai à Lodève, pour justement étendre la question des urgences à l'ensemble du territoire du Coeur d'Hérault. Ce soir, Guy Lassalvy expliquait que Clermont l'Hérault était en position centrale, l'UMUPS pouvant très vite transférer des cas graves sur les urgences de Pézenas ou de Montpellier. Mais si quelqu'un a un accident à Saint-Privat, à Sorbs ou à Romiguières combien de temps mettra l'UMUPS pour se rendre sur place et ensuite pour rejoindre Montpellier ou Pézenas ?

Guy Lassalvy a indiqué que l'hôpital de Lodève ne serait jamais en capacité de traiter une urgence comme un infarctus, une pancréatique ou même une fracture osseuse. Je lui ai opposé qu'il fallait s'en donner les moyens, mais il a répondu qu'il fallait « cesser de rêver à l'impossible ». Et le docteur Garcin d'insister sur l'obligation d'économie de moyens. Nos collègues du Lodévois qui délibèrent pour des urgences à Lodève seraient-ils des ânes ?

Au final, le président Jean-Claude Lacroix a demandé à tous les conseillers communautaires s'ils étaient d'accord pour voter la motion ... motion dont le texte n'avait pas été rédigé et qui le serait donc ultérieurement dans l'esprit des propos de Guy Lassalvy. Et il n'a même pas procédé au décompte des pour, des contre et des abstentions.

C'est véritablement indigent de procéder ainsi, autant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, cette intervention en ouverture de séance ne permettait pas un débat sérieux, et en gros on demandait aux élus du Clermontais de se mobiliser pour un projet Clermontais. Sur le fond, la question ne peut pas être étudiée qu'à l'échelle de notre intercommunalité ; un vrai travail de concertation et de proposition avec tous les acteurs locaux de santé, avec les citoyens et avec les agences de l’État est un préalable à toute décision.

Les trois intercommunalités du Coeur d'Hérault, le Clermontais, la Vallée de l'Hérault et le Lodévois-Larzac sont en constante concurrence, chacune voulant tirer la couverture à soi. Cela vaut pour le développement économique, pour le tourisme, pour la mobilité, ... mais aussi pour la santé ; et là c'est irresponsable !

21/04/2017

Observatoire de l'Eau en Coeur d'Hérault, outil qui pourrait se mettre en place en 2017 ...

Ce vendredi matin en Conseil Syndicat du Pays Cœur d'Hérault, j'ai présenté une note à propos de la création d'un Observatoire de l'Eau (cf. texte en version PDF).

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Je ne vais redévelopper le contenu de ce document dont j'ai par ailleurs souvent publié des éléments sur ce blog, mais il est plus intéressant d'évoquer les échanges en Conseil syndical. De façon générale, tous les élus sont unanimes à souhaiter que les informations soient mieux collectées, mieux exploitées à l'échelle de notre territoire et mieux portées à la connaissance de nos concitoyens et de tous les usagers de l'eau sur ce tronçon du fleuve Hérault qui s'écoule de Saint-Guilhem-le-désert à Uscals-d'Hérault (et pour la rive gauche de Puéchabon à Campagnan).

Pour la gouvernance d'un tel outil, cet observatoire de l'eau, beaucoup trouvent opportun de s'appuyer sur les élus qui siègent déjà dans des structures supra (SMBFH, CLE, ASA, SIEVH, SYBLE, ...) ; c'est le gage d'un meilleur partage des informations, et sans ajouter d'interfaces compliquées. Pour d'autres, comme Louis Villaret, il ne faut pas s'interdire de demander à ces structures-là de mieux communiquer, car cela peut déjà répondre aux attentes des usagers. Pour Béatrice Négrier, les élus qui siègent dans ces structures externes ne sont que de passage ; et il est important de maintenir la mémoire de tous les travaux, de toutes les études et de toutes les délibérations qu'elles prennent.

Mais, comme l'évoquait Nicole Morère, faut-il encore que le SYDEL dispose des moyens humains et financiers pour faire vivre un tel observatoire, dont par ailleurs les tâches seront dévolues à l'élaboration du SCoT. En conclusion, le Président Villaret a chargé son Directeur d'étudier la faisabilité de mise en oeuvre d'un tel Observatoire de l'Eau, en collaboration avec les services des intercommunalités membres et avec nos partenaires habituels (AERMC, CD34, SMBFH, DDTM34, ...).

Nos voisins de la Métropole de Montpellier ont lancé le mois dernier un même outil de concertation et de gouvernance de l'eau sur leur territoire, l'Observatoire Montpellier Métropole de l'Eau (OMME). Il se compose de 45 membres répartis en quatre collèges, et il dispose d'un budget annuel de 10.000 €. La Métropole de Montpellier est elle aussi en révision générale de son SCoT, mais un Observatoire de l'Eau est structurant pour les prises de décisions politiques, et il va bien au-delà de ce besoin-là qui lui est conjoncturel.

16/04/2017

Le projet de Golf résidentiel à Lavagnac ranime les craintes sur les usages de l'eau ... Un Observatoire de l'Eau sur le Coeur d'Hérault est l'une des réponses.

La salle des fêtes de Paulhan était pleine ce vendredi 14 avril en fin d'après-midi, et c'est à l'initiative des filières agricoles que professionnels, citoyens et élus étaient réunis.

Lavagnac_SdF_Paulhan_1.jpgIci de dos à la tribune, étaient assis Nicolas Lienart (Hydrogéologue du Département de l'Hérault), Christophe Vivier (Directeur du Syndicat du Bassin du Fleuve Hérault), Louis Villaret (Président de la CC de la Vallée de l'Hérault et du Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault), René Moréno (Président de la cave coopérative de Montagnac et Conseiller régional), Claude Valéro (Maire de Paulhan), Christophe Morgo (Président du Syndicat du Bassin du Fleuve Hérault, Maire de Villeveyrac et Conseiller départemental), Philippe Doutremepuich (Maire de Causse-de-la-Selle et Président de la Commission Locale de l'Eau du SAGE du Bassin du Fleuve Hérault), Jean-François Soto (Maire de Gignac et Conseiller départemental), Audrey Imbert (Conseillère départementale), Béatrice Négrier (Maire de Plaissan et Conseillère régionale), Jérôme Despey (Président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault), Christian Ballester (Viticulteur et conseiller municipal à Paulhan). Je suis exhaustif dans cette énumération, car il est assez rare qu'autant d'élus et de responsables de structures publiques puissent répondre aussi promptement à l'urgence que suscite le projet de golf touristique sur le domaine de Lavagnac.

Dans la salle, de nombreuses filières agricoles étaient présentes, la viticulture principalement, mais aussi un représentant des producteurs d'oignons doux de Lézignan-la-Cèbe, des maraîchers, des semenciers, etc. Pour tous, la ressource en eau est vitale pour leur exploitation. Un participant évoquait par exemple qu'une interruption récente de l'adduction d'eau brute de BRL pendant 48 heures avait réduit à néant ses plantations de fraisiers. Le Président de l'ASA du Canal de Gignac, Jean-Claude Blanc, évoquait lui les efforts importants pour réduire les prélèvements et pour sensibiliser les agriculteurs aux usages de l'eau brute.

Tous les participants ont évoqué le réchauffement climatique, la croissance démographique, le niveau d'étiage du fleuve Hérault, les divers usages de l'eau, les restrictions estivales décidées par le préfet, et ce projet de golf à Lavagnac avec ses centaines de villas avec piscine est d'une évidente incongruité.

Alors qu'elle est la situation ? Déjà, les informations et les données chiffrées fournies par le Syndicat du Bas Languedoc, par le préfet ou par le promoteur France Pierre changent tout le temps. Ainsi, l'enquête publique menée en début d'année pour le captage d'eau potable à Lavagnac évoquait deux fois plus de villas et deux fois plus de besoins en eau que les données fournies récemment par le préfet. Or, comme l'indiquait un participant, ce qui va compter ce sont les conclusions du commissaire-enquêteur sur les données qu'il a soumis à enquête publique. Donc, si le préfet minimise aujourd'hui les besoins, d'autres après lui pourront s'appuyer sur cette enquête publique pour augmenter les prélèvements d'eau. Il est donc impératif de savoir de quoi on parle !

Sur l'enquête publique, elle prenait fin le 8 février 2017. Le commissaire-enquêteur avait ensuite un mois pour rédiger son rapport et le remettre au Syndicat du Bas Languedoc. Cela fait donc un peu plus d'un mois déjà que ses conclusions ont été transmises au maître d'ouvrage du projet de captage d'eau potable à Lavagnac ; et là le syndicat mixte est peu disert ... Idem pour la mairie de Montagnac qui avait délivré les autorisations d'urbanisme, et qui semble peu soucieuse de l'intérêt général tel qu'il s'est exprimé une nouvelle fois à Paulhan ce 14 avril.

Ce projet de captage mobilise ses détracteurs, nombreux à Usclas-d'Hérault le 23 janvier, plus encore à Cazouls-d'Hérault le 3 février, encore plus le 28 février à Saint-Pargoire et là ce 14 avril à Paulhan. Comme l'on indiqué de nombreux intervenants, il n'est pas question de poursuivre ce cycle de réunions inutiles ; il faut agir. Pour le charismatique viticulteur Jean Huillier, il faut engager un rapport de force citoyen. Pour le Conseiller régional de Montagnac René Moréno, il faut créer un collectif. Pour Louis Villaret, il faut mobiliser pour témoigner auprès du préfet que ce projet est rejeté. J'avoue que la réunion de Paulhan ne s'est pas clôturée sur un plan d'action très clair. Et l'intervention du Président de la chambre d'agriculture, Jérôme Despey, était à l'image de la réunion, c'est à dire plutôt « langue de bois ».

L'expérience de 2008 est dans la mémoire de tous ceux qui militent contre ce projet. A l'époque, la chambre d'agriculture, la commission locale de l'eau et de nombreuses structures publiques avaient délibéré contre le projet, mais le préfet était passé outre. Le préfet actuel a rappelé à la délégation qu'il a reçu que la commission locale de l'eau est le « parlement de l'eau » qui arbitre les conflits d'usage de l'eau dans le respect du schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (SAGE) du fleuve Hérault, mais ces interlocuteurs en le quittant étaient loin d'en être convaincus. Pire, selon le maire de Paulhan qui faisait partie de cette délégation, des pressions ont été évoquées à l'encontre des maires qui s'opposent au projet et qui ont besoin en parallèle que le préfet les autorise à délivrer des permis de construire sur leur commune. Et c'est vrai que c'est le cas à Paulhan où les ressources en eau potable de la commune et les capacités de la station d'épuration interdisent tout nouvel aménagement urbain, sauf avis dérogatoire des services de l’État comme cela s'est passé à l'été 2015 pour un lotissement de 14 lots.

Il est par contre une échéance évoquée en début de réunion et qui est comme une alarme pour beaucoup, c'est la production du Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE). J'ai publié une note sur ce blog il y a un mois à propos de cet outil prospectif qui est mis à la disposition de l'Agence de l'Eau, et qui dans le cas présent devra être produit d'ici le mois de décembre 2017. Et c'est dans ce document-là que devront figurer les usages de l'eau du Fleuve Hérault, avec à la clé des financements publics.

Je n'oublie pas non plus que le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SAGE) du Fleuve Hérault  date de 2010 (cf. avis préfectoral du 20 octobre 2010), et il a été approuvé en novembre 2011 (cf. site Web de Gest'Eau). Il s'agit-là du document de planification par excellence encadré par la loi (cf. infographie), et il mériterait certainement une révision au vu des évolutions rapides des contextes.

Enfin, le Syndicat mixte du Bassin du Fleuve Hérault a commandé à Cereg Ingénierie la réalisation d'une étude sur l'élaboration du schéma directeur de la ressource en eau sur le bassin de l'Hérault et sur la détermination des volumes maximums prélevables (cf. rapport d'étude) ; cette étude permettra d'élaborer le PRGE d'ici la fin de cette année. A la lecture du rapport, il est évident qu'à l'horizon 2030 les prélèvements vont croître alors que la ressource de l'Hérault va diminuer. Les solutions proposées misent sur des apports extérieurs (renforcement de la station de pompage Georges Debaille sur Fabrègues pour le Syndicat Bas Languedoc, les ressources Aquadomitia, la gestion du barrage du Salagou, ...).

J'ai une proposition que je ferai lors d'un prochain Conseil syndicat du Pays Cœur d'Hérault (en l'occurrence ce 21 avril), c'est la mise en place d'un Observatoire de l'Eau. La Métropole de Montpellier vient de le mettre en place (cf. OMME), et il me paraît opportun d'en faire de même sur notre territoire du Cœur d'Hérault. En effet, l'échelle d'un bassin versant est trop vaste pour informer, pour concerter et pour sensibiliser. Or, le Pays Cœur d'Hérault est en cours d'élaboration de son Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), et un Observatoire de l'Eau est un outil tout à fait propice.