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29/04/2018

Développement économique en Coeur d'Hérault, à qui doit-il profiter ?

Le développement économique local est dans toutes les bouches et fait couler beaucoup d'encre, mais de quoi parle-t-on réellement ? Pour les entrepreneurs eux-mêmes, au travers de leurs structures représentatives (associations, syndicats patronaux, chambres consulaires, ...), il s'agit de voir des projets se créer, se développer et s'inscrire dans la durée. La remise annuelle des prix de la Très Petite Entreprise (TPE) sur le Cœur d'Hérault fait écho à l'enthousiasme des porteurs de projet, et les outils mis en place par la Maison de l'économie du Cœur d'Hérault contribuent à leurs réussites. C'est la facette positive souvent médiatisée du développement économique local, et il est naturel que chacun(e) s'en félicite.

Pour les collectivités locales, leurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et leurs syndicats mixtes, le développement économique local se décline de façon plus hétérogène, et essentiellement sous l'angle du foncier d'entreprises. Le feuilleton de la Salamane en témoigne sur le Clermontais, dans un EPCI qui a en réalité mis tous ses œufs dans un seul panier. Nos voisins de la Vallée de l'Hérault ont eux neuf parcs d'activité sur Aniane, Gignac, Montarnaud, le Pouget, Saint-André-de-Sangonis et Saint-Pargoire. Le Lodévois-Larzac dispose de six parcs d'activité sur Le Bosc, Le Caylar, Lodève et Soubès, plus un hôtel d'entreprises intercommunal à Soubès. Mais les élus locaux sont obnubilés par ce volet foncier, et ils en oublient le volet social.

Pôle emploi comble cette lacune car cette agence de l’État publie régulièrement des documents sur le marché du travail et sur les besoins en main d’œuvre des entreprises du bassin d'emploi de Lodève (et qui épouse le territoire du Cœur d'Hérault). Les derniers indicateurs publiés sur le marché du travail indiquent qu'à fin décembre 2017 il y avait 8 959 demandeurs d'emploi sur ce bassin d'emploi (cf. document en version PDF). Et les besoins en main d’œuvre exprimés par les entrepreneur du bassin d'emploi de Lodève pour 2018 est évalué à 2 710 intentions d'embauche (cf. document en version PDF). Il ne faut pas être très calé en arithmétique pour constater en un coup d’œil que le tissu économique du territoire est très loin de satisfaire les attentes des demandeurs d'emploi. Et les Rendez-vous de l'emploi qu'organisent les EPCI, pôle emploi et le Pays Cœur d'Hérault sont des gouttes d'eau dans un océan d'incertitudes professionnelles ...

PCH_Affiche-RDV-Emploi-mars-2018.jpg    Fly_rdv_2017-Fév-CCC.jpg

La première réponse la plus efficace, et elle n'est jamais évoquée, c'est de permettre à celles et ceux qui recherchent un emploi d'aller en trouver un là où il y en a ; car la mobilité au sein de la population active est un réel problème en France. Et il faut déjà donner envie d'avoir envie, c'est à dire de présenter les aspects les plus positifs de cette mobilité, tout en donnant les moyens pour qu'elle devienne réalité. Cela peut aller d'un projet Erasmus pour étudier une année en Europe à des moyens de transport plus denses pour rejoindre Béziers ou Montpellier.

La seconde réponse, que les EPCI tentent "maladroitement" de mettre en œuvre, c'est de faciliter la création d'entreprises. En effet, cela ne peut pas se limiter à proposer du foncier ; il doit inévitablement y avoir en amont des études prospectives qui prennent en compte les spécificités de notre territoire. Et là, c'est la page blanche :=(

Qu'indiquent les documents de pôle emploi ? Par exemple que l'emploi saisonnier représente 56% des recrutements prévus pour 2018, ou encore que l'agriculture correspond à un tiers des projets de recrutement, et cela sans difficulté remarquable de recrutement. En même temps, les métiers recherchés par les demandeurs d'emploi collent assez bien aux métiers recherchés par les employeurs : services à la personne et à la collectivité, commerce et vente, BTP, hôtellerie et restauration, etc. L'apprentissage et le formation professionnelle sont déficitaires sur le Cœur d'Hérault, et il y là une nécessité à le faire entendre par la Région et par l’État !

Autre indication, 64% des personnes inscrites à pôle emploi sur ce bassin d'emploi sont indemnisés ; ces 5 414 personnes sont à rapprocher des 5 789 inscrits en catégorie A. Pour les 3 170 inscrits en catégories B et C, leur accroissement est de +12;3% sur un an pour la catégorie B et +16% pour la C. Ce sont des personnes qui "travaillent un peu" et qui recherchent un emploi mieux adapté à leur situation (financière, familiale, patrimoniale, professionnelle, ...). Il y a derrière ces chiffres des révélateurs de paupérisation, et donc d'autres priorités sociales pour les collectivités locales.

Créer et pérenniser des emplois devrait être LA priorité de tous les acteurs économiques d'un territoire, et plus encore celui des élus locaux et des services de l’État. Car il est déjà loin ce temps où un commissariat général du Plan (CGP) définissait tous les cinq ans la planification économique du pays. Né au lendemain de la seconde guerre mondiale pour reconstruire la France, cette institution a disparu sous cet intitulé-là en 2006, et on la retrouve aujourd'hui avec une autre vocation moins intérieure, sous le label de France Stratégie. Mais les collectivités locales sont désormais face à une immense responsabilité, et l’État les place plus en concurrence les unes envers les autres qu'il ne leur fournit des outils stratégiques. Et c'est donc une mutation profonde de la classe politique locale qui permettra de prendre ce challenge socio-économique à bras le corps, à l'échelle de chacun des territoires.

28/04/2018

La Salamane, des compromis en veux-tu en voilà ...

La Salamane est une « mine d'or », avec 80% des lots qui sont aujourd'hui commercialisés (vendus pour 7,5 M€ et sous compromis pour 6 M€), et il ne resterait donc plus que 8 hectares encore cessibles sur les 50 ha que comporte la zone d'activités économiques créée il y a maintenant huit ans. Sauf que pour celles et ceux qui passent tous les jours devant, le ressenti visuel n'est pas de même nature ... Et le totem qui est à l'entrée de la zone en témoigne.

Totem_1.JPG

Et il en est de même pour les élus communautaires qui siègent dans l'EPCI depuis le mandat précédent, car l'énumération des compromis de vente qui ont fait l'objet d'une délibération, c'est un étonnant inventaire. Notre assemblée communautaire a délibéré à 42 reprises depuis 2011 pour vendre des lots de la ZAC de la Salamane à des entreprises :

1 > Le 13/07/2011 pour céder à Système U le mot principal de la ZAE pour y installer une activité de plate-forme logistique au prix de 4 298 658 € (204 698 m2 au prix de 21 €/m2). L'essentiel de l'effectif de Système U à Clermont-l'Hérault provient de sa centrale de Vendargues.

Plateforme_Systeme_U.jpg

2 > Le 27/06/2012 pour céder à SOCAH le lot 10 pour installer une activité de production de pneus au prix de 1 099 710 € (une surface de 24 438 m2 au prix de 45 €/m2). La société était installée aux Tanes Basses et elle franchit l'A75 pour passer du statut de locataire à propriétaire de son foncier.

SOCAH_1.JPG

3 > Le 19/12/2012 pour céder à la SAS VIVALAU le Lot 1 pour y installer un complexe commercial au prix de 1 687 301 € (une surface de 21 913 m2 au prix de 77 €/m2)

4 > Le 19/12/2012 pour céder à MR FINANCE le Lot 2 pour y installer un complexe commercial au prix de 1 479 247 € (une surface de 19 211 m2 au prix de 77 €/m2)

5 > Le 19/12/2012 pour céder à MM PEREZ le Lot 15 (+ bout de Lot14) pour y installer une activité de bricolage et jardinerie au prix de 2 125 000 € (25 000 m2 au prix de 85 €/m2)

6 > Le 13/02/2013 pour céder à la SCI LES BORIES le Lot 4.1 pour y installer un restaurant au prix de 187 425 € (2 205 m2 au prix de 85 €/m2)

7 > Le 13/02/2013 pour céder à la SCI BRUVAL le Lot 4.2 pour y installer un restaurant au prix de 179 775 € (2 115 m2 au prix de 85 €/m2)

8 > Le 13/02/2013 pour céder à la SCI SKAL le Lot 4.3 pour y installer un service de traiteurs au prix de 266 050 € (3 130 m2 au prix de 85 €/m2)

9 > Le 13/02/2013 pour céder à la  SCI LA TORTE le Lot 12.1 pour y installer une activité de menuiserie métallique au prix de 193 600 € (3 520 m2 au prix de 55 €/m2) ; c'est la société (SARL) Normand Alu, installée par le passé aux Tanes Basses, qui investit sur ce lot.

10 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI LA TORTE  une extension du Lot 12.1 pour y installer une activité de menuiserie métallique au prix de 118 € (118 m2 au prix de 1 €/m2). Cette délibération, un mois après la précédente, était justifiée par le souhait de l'acquéreur d'acheter un délaissé impacté par une servitude électromagnétique de la ligne à haute tension qui passe sur la Salamane. D'où le prix de vente à l'euro symbolique.

Normand.JPG

11 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI LILY le Lot 12.2 pour y installer une activité de vente à distance sur catalogue spécialisé au prix de 192 500 € (3 500 m2 au prix de 55 €/m2)

12 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI LAURA le Lot 13.1 pour y installer une activité de contrôle technique automobile au prix de 100 128 € (1 788 m2 au prix de 56 €/m2)

13 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI LANTE le Lot 13.2 pour y installer un garage automobile au prix de 100 128 € (surface de 1 788 m2 au prix de 56 €/m2)

14 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI MEEF le Lot 13.3 pour y installer une carrosserie automobile au prix de 100 128 € (surface de 1 788 m2 au prix de 56 €/m2)

15 > Le 27/03/2013 pour céder à la SCI I.C.I. le Lot 13.4 pour y installer une concession automobile au prix de 607 096 € (surface de 10 841 m2 au prix de 56 €/m2)

16 > Le 18/09/2013 pour céder à SAN PRINCE MANAGEMENT le Lot 4.4 pour y installer une activité de Stockage et de messagerie au prix de 850 000 € (10 000 m2 au prix de 85 €/m2), mais c'est finalement un Leclerc Drive qui s'y est installé ...

Leclerc_Drive_2.JPG

17 > Le 19/02/2014 pour céder à CLAPIE INDUSTRIES le Lot 11 pour y installer une activité de taille de pierre au prix de 1 080 000 € (27 000 m2 au prix de 40 €/m2)

18 > Le 19/02/2014 pour céder à CLAPIE INDUSTRIES le Lot 13.1 pour y installer une activité de taille de pierre au prix de 120 000 € (4 000 m2 au prix de 30 €/m2)

19 > Le 19/02/2014 pour céder à COLADIS le Lot 12.4 pour y installer une activité de fabrication et vente de structures en aluminium au prix de 194 810 € (3 542 m2 au prix de 55 €/m2)

20> Le 04/03/2015 pour céder à SCI JD 1 (Damien Pérez) le Lot 4.1 pour y installer une activité de vente de biens d'équipement de maison au prix de 634 100 € (7 460 m2 au prix de 85 €/m2)

21 > Le 23/09/2015 pour céder à la SPM6 le Lot 2 pour y installer une activité d’aire de covoiturage, d’aire de stationnement pour poids lourds, de station-service, d’ateliers pour artisans, de restauration, de commerces, de salle polyvalente au prix de 768 440 € (19 211 m2 au prix de 40 €/m2). Les travaux de la station-service et des aires de stationnement a démarré ; elle devrait ouvrir pour fin juin.

22 > Le 09/12/2015 pour céder à Robin BESSIERE le Lot 12.2 pour y installer une activité d’activités physiques douces et de détente au prix de 110 000 € (2 000 m2 au prix de 55 €/m2)

23 > Le 09/12/2015 pour céder à ADPEP34 (l’Ensoleillade de St-André-de-Sangonis) )le Lot 9.1 pour y installer un établissement accueillant des personnes avec des besoins d'accompagnement spécifiques au prix de 750 000 € (surface de 15 000 m2 au prix de 50 €/m2)

24 > Le 24/02/2016 pour céder à la SCI Castellum  le Lot 1 pour y installer une activité de vente de biens d'équipements de la personne, vente de biens d'équipements de la maison, hôtellerie, restauration, services au prix de 1 680 000 € (surface de 24 000 m2 au prix de 70 €/m2)

25 > Le 24/02/2016 pour céder à SCI Castellum le Lot 15 pour y installer  une jardinerie et  un magasin de bricolage au  prix de  1 750 000 € (surface de 25 000 m2 au prix de 70 €/m2)

26 > Le 24/02/2016 pour céder à la SARL Sterbat le Lot 12.3 pour y installer une activité d’ascensoriste, de serrurerie et métallerie au prix de 165 000 € (3 000 m2 au prix de 55 €/m2)

STERBAT_2.JPG

27 > Le 24/02/2016 pour céder à la SCI Nonat  le Lot 13.1 pour y installer une activité de travaux publics (hangar, atelier, bureau, logement de gardien) au prix de 150 000 € (3 000 m2 au prix de 50 €/m2)

28 > Le 12/07/2016 pour céder à la SCI Lily le Lot 12-2 pour y installer une activité de vente via internet de mosaïques pour piscines, salles de bain, … et tous produits afférents au prix de 110 000 € (2 000 m2 au prix de 55 €/m2). La société Concept Mosaique était jusque-là installée sur la zone de la Barthe à Paulhan.

Concept_Mosaique.JPG

29 > Le 07/11/2017 pour céder à Oxylio le Lot 14-1 pour y installer une activité d’entreposage et d’entretien de véhicules au prix de 675 000 € (15 000 m2 au prix de 45 €/m2)

30 > Le 07/11/2017 pour céder à Société Ginhoux le Lot 4.5 pour y installer une activité d’entreposage de véhicules de transport en commun au prix de 250 000 € (5 000 m2 au prix de 50 €/m2)

31 > Le 06/12/2017 pour céder à Société Ginhoux le Lot 4.6 pour y installer une activité d’entreposage de véhicules de transport en commun au prix de 227 650 € (4 553 m2 au prix de 50 €/m2)

32 > Le 06/12/2017 pour céder à Flash Enseignes le Lot 5.1 pour y installer une activité de fabrication d'enseignes, publicité, fabrication d'autres matériels électroniques et activités annexes au prix de 137 500 € (2 500 m2 au prix de 55 €/m2)

33 > Le 06/12/2017 pour céder à TAMROCH le Lot 11.1 pour y installer une activité de chaudronnerie industrielle et activités annexes au prix de 180 000 € (4 000 m2 au prix de 45 €/m2)

34 > Le 06/12/2017 pour céder à TAMROCH le Lot 11.2 pour y installer une activité de chaudronnerie industrielle et activités annexes au prix de 180 000 € (4 000 m2 au prix de 45 €/m2)

35 > Le 06/12/2017 pour céder à la SCI HB le Lot 14.2 pour y installer une industrie de menuiseries PVC et aluminium, et activités annexes au prix de 400 000 € (8 000 m2 au prix de 50 €/m2)

36 > Le 16/11/2016 pour céder à SCCV Castellum Promotion le Lot 4.1 pour y installer une activité d’hôtellerie et restauration au prix de 522 200 € (7 460 m2 au prix de 70 €/m2)

37 > Le 14/02/2018 pour céder à SAS La Dourbie le Lot 9.1 pour y installer une activité de négoce de vins et vente de produits régionaux au prix de 555 000 € (15 000 m2 au prix de 37 €/m2)

38 > Le 14/02/2018 pour céder à Rêve d'intérieur le Lot 6.1 pour y installer une activité de vente de salles de bain, cuisines et accessoires afférents au prix de 178 750 € (3 255 m2 au prix de 55 €/m2)

39 > Le 14/02/2018 pour céder à LAVINI le Lot 13.2 pour y installer une activité de terrassement au prix de 125 000 € (surface de 2 500 m2 au prix de 50 €/m2)

40 > Le 11/04/2018 pour céder à Chausson Matérieux le Lot 9.2 pour y installer une usine d'ossature métallique et de bande à joint au prix de 343 105 € (9 803 m2 au prix de 35 €/m2)

41 > Le 11/04/2018 pour céder à Chausson Matérieux le Lot 16 pour y installer une usine d'ossature métallique et de bande à joint au prix de 660 275 € (18 865 m2 au prix de 35 €/m2)

42 > Le 11/04/2018 pour céder à NPA Holding le Lot 6.2 pour y installer un programme immobilier à destination des professionnels (bureaux, salles de coworking, atelier relais, espaces dédiés) au prix de 760 620 € (13 884 m2 au prix de 55 €/m2)

J'ai surligné les délibérations qui donnent, ou qui ont donné lieu à une réalisation effective, que l'on peut voir aujourd'hui en visitant la ZAE de la Salamane ; pour les 34 autres, je ne sais pas dans le détail où en sont les projets. Néanmoins, la diversité des pétitionnaires et de leur projet témoigne d'un manque de discernement de la CCC pour le rayonnement économique de cette zone ; cela fait donc 7 ans que l'on prend tout ce qui se présente, sans réelle orientation stratégique. Restaurant, garage automobile, tailleur de pierres, galerie commerciale, ... il s'agit juste de vendre du foncier et d'en attendre des retombées fiscales.

La décision de la DDTM34 et la volonté du maire de Clermont-l'Hérault vont obliger la CCC à mieux cibler les prospections pour faire venir des artisans, des industriels et du commerce de gros pour les 8 hectares qui restent à commercialiser.


Pose FO.jpgUne entreprise est actuellement en train d'installer la fibre optique sur la ZAE de la Salamane, et c'est une excellente opération, indispensable aujourd'hui pour le développement de nos entreprises. Les aménagements de voirie avaient été réalisés dans cette perspective, et l'entreprise se contente donc de poser la fibre optique au fil des trappes de visite ; ce devrait donc aller très vite.

18:30 Publié dans CCC | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2018

Le fiasco de la Salamane

Depuis 2008 que je suis élu communautaire sur le Clermontais, la zone d'activités de la Salamane est un véritable boulet. En 2008, le Président Alain Cazorla ouvre deux budgets annexes pour des zones d'activité économique, l'une à Clermont-l'Hérault (ZAE des Tanes-Hautes) et l'autre à Paulhan (ZAE de Vareilhes). Mais au même moment la centrale d'achats de Système U vient chercher 20 hectares pour s'installer à Clermont-l'Hérault, et depuis 2009 nous vivons au rythme de la Salamane. Mais pas selon un plan de développement qu'auraient élaborés les élus communautaires, non, mais au grès des propositions d'installation. Alain Cazorla a clôturé la ZAE des Tanes Hautes en 2012 et la ZAE de Vareilhes est à l'abandon. C'est un fiasco politique !

Nouvel épisode du feuilleton Salamane ce mois-ci avec la visite du préfet sur site le 12 avril. Il était prêt à lever le refus d'installer des commerces de détail à la Salamane, à certaines conditions, mais ce jour-là le maire de Clermont-l'Hérault se faisait l'écho des commerçants de sa commune en refusant lui aussi tout commerce à la Salamane. Et comme c'est lui qui délivre les permis de construire, la messe était dite.

C'est ce que le président Jean-Claude Lacroix a souhaité expliquer à son conseil communautaire ce mercredi soir, et il a été clair : aucun commerce ne s'installera à la Salamane, c'est sans appel. Les prises de parole sont essentiellement venues des conseillers de Clermont-l'Hérault, auxquels les vice-présidents de la CCC et leur président ont tenté d'apporter des réponses. Ce que j'en ai retenu c'est que beaucoup d'élus se sont dit trahis par des commerçants avec qui ils étaient en discussion depuis des mois, et avec une charte à la clé. Le mercredi 11 avril, les commerçants de Clermont-l'Hérault et leur maire Salvador Ruiz étaient d'accord pour tenir le même langage devant le préfet, mais le lendemain à l'issue de la visite de ce dernier ils l'informaient d'un avis contraire ...

JCL_Plan_Salamane_2.jpg

Et la rencontre prévue ce jeudi 26 avril avec les commerçants de Clermont-l'Hérault n'a guère d'autre intérêt que de crever l’abcès ; pourquoi ? Jean-Claude Lacroix avait appris à gérer l'hostilité de l'association Commercer et Investir en Clermontais (CIC) et de son président Thierry Viala, mais il a été décontenancé par la volte-face de l'association Clermont à plein cœur, de sa présidente Béatrice Fabre, ainsi que de la CCI.

Le 11 avril en Conseil communautaire, avec un ordre du jour consacré au vote des budgets, Jean-Claude Lacroix avait annoncé que si la réunion du lendemain se concluait sur un véto alors le budget annexe de la Salamane aurait besoin, en 2019, d'une subvention d'équilibre proche de celle accordée au centre aquatique, on est là autour du million d'euros. Mais ce soir devant l'assemblée communautaire, le président Lacroix a réfuté le terme de fiasco financier parce que ses services ont changé leur fusil d'épaule dès le lendemain de la visite du préfet. Il n'était plus question de geler 15% des lots cessibles pour du commerce, mais il fallait désormais ressortir des cartons tous les pétitionnaires en attente, et dans le domaine des services, de l'artisanat et de l'industrie. Aussi, le vice-président au développement économique, Olivier Brun, annonçait ce soir que la Salamane aurait bientôt tous ses lots commercialisés.

Mais à la sortie du conseil ce soir, les conseillers en étaient encore à se poser des questions ; tout le monde n'avait pas tout compris ...

Plan_Salamane_2.jpgPremière interrogation sur les lots contestés, ceux qui devaient accueillir des commerces, Jean-Claude Lacroix les a pointé comme les zones coloriées en bleu sur le plan de masse de la Salamane. Ce sont deux zones pour lesquelles la communauté de communes fera une moins-value financière en les vendant à des entreprises non commerciales. Or, la pomme de discorde qui aurait fait changer d'avis le maire de Clermont-l'Hérault et les commerçants, c'est le projet de SPM sur la pointe devant Système U, parce qu'au lieu d'y avoir une salle des fêtes, un espace pour les produits régionaux, un vétérinaire, ... il y a désormais un Buffalo Grill (contesté par le préfet lui-même) et des cellules commerciales à la location. Jean-Claude Lacroix nous a invité à aller sur Internet pour voir ce projet, et c'est en effet celui qui est sur la pointe, dans ce "triangle" :

Projet_Aquila_SPM.jpgAu final, on sort de là encore plus interrogatif qu'en y entrant ... Qu'est-ce qu'il y aura demain à côté de la station service Leclerc actuellement en construction et qui devrait être ouverte en juin ? Le projet de SPM verra-t-il ses permis de construire accordés par le maire de Clermont-l'Hérault ?

L'autre interrogation qui préoccupe les élus de Clermont-l'Hérault, c'est l'avenir des commerçants des Tanes-Basses qui pensaient investir à la Salamane pour échapper à des loyers prohibitifs qui les asphyxient ; vont-ils quitter Clermont-l'Hérault ? Et nous avons assisté à un ping-pong entre Marie Passieux qui attendait du président de la CCC qu'il fasse des propositions, et ce dernier qui lui répondait qu'il ne pouvait pas se substituer au maire de Clermont-l'Hérault ... Sauf qu'il y a un SCoT en cours d'élaboration, avec un Document d'Aménagement Commercial qui distribuera les zones commerciales entre Lodève, Gignac et Clermont-l'Hérault, et que le PLU de Clermont-l'Hérault permet des extensions urbaines, comme par exemple sur les Tanes-Hautes.

Pour conclure, je considère que la Salamane est aussi un fiasco économique, parce qu'à ne se focaliser que sur cette ZAE depuis bientôt 10 ans, que l'exécutif continuait ce soir de considérer comme une mine d'or, le Clermontais a tourné le dos au développement touristique, à l'agriculture et à l'artisanat, autant de filières qui peuvent créer de l'emploi et contribuer à un véritable projet de territoire. Par exemple, nos voisins de la Communauté de communes du Grand Orb sont ainsi plus multi-sectoriels, et plus offensifs en matière de tourisme (que nous le sommes avec nos seuls offices de tourisme), puisque le Grand Orb prévoit de créer un établissement d'hôtellerie de plein air moderne, et avec une expertise prise en charge par Hérault Tourisme qui doit être finalisée au printemps.

Mais le Clermontais ne pèsera pas grand chose dans le futur SCoT si l'exécutif intercommunal continue à phosphorer en petit cercle restreint. En exposant ce soir ma vision de la sectorisation du Clermontais, le président Lacroix m'a répondu qu'un bureau d'études était venu animer trois demi-journées de brainstorming, et que tout cela avait déjà été écrit ; qu'il fallait relire les compte-rendus. Sauf qu'aucun conseiller communautaire n'a jamais été invité à ces réunions et qu'aucun compte-rendu n'en a jamais été diffusé. Alors que nous avons pourtant une commission économique. Non, la démocratie sur le Clermontais ne se réduit qu'à la chambre haute, celle du conseil des maires (cf. ma note sur le bicamérisme local). Il faut ouvrir portes et fenêtres pour aérer tout ça ;-)