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23/10/2014

Le bloc communal se divise dans l'Hérault

C'est une structure très confidentielle qui va se renouveler le 3 novembre, il s'agit de la commission de conciliation en matière d'élaboration de documents d'urbanisme. Cette commission départementale est saisie par les collectivités locales, par des associations ou par le représentant de l’État dans le département pour faire des propositions relatives aux documents d'urbanisme (SCOT, PLU, PLUI, ...).

Pour cette élection du 3 novembre, dont le corps électoral est composé des maires et des présidents des EPCI de l'Hérault, deux listes sont présentes : la liste "Les communautés plurielles" qui réunit des représentants d'EPCI (Montpellier Agglomération, Béziers Méditerranée, Thau Agglomération, Pays de l'Or, Grand Pic Saint-Loup et Lodévois-Larzac) et la liste "Hérault Urbanisme Conciliation" portée par l'Association des maires de l'Hérault. Cf. Listes des candidats.

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Ces deux listes sont non partisanes, et on y trouve des élus de gauche comme de droite, mais elles opposent clairement des intercommunalités à des communes. Dans la promotion qu'il en fait, Frédéric Larcas le président de Béziers Méditerranée s'engage pour la synergie des territoires, il met au passé les "vieilles rivalités" et il s'inscrit dans "cet environnement institutionnel en pleine mutation" pour une "nouvelle dynamique". La liste des communautés plurielles anticipe déjà ce dont la réforme territoriale voudrait accoucher, à savoir le renforcement des intercommunalités dans le millefeuilles territorial.

Et j'y souscris volontiers, comme tous les écologistes d'ailleurs, car les collectivités structurantes pour un développement soutenable sont les intercommunalités, les régions et l'Europe. Ces collectivités sont aujourd'hui très insatisfaisantes, elles doivent urgemment se refonder, mais ce sont les échelons les mieux adaptés aux enjeux de notre siècle.

20/10/2014

Départementales des 22 et 29 mars 2015 : le PS pourrait perdre l'Hérault ...

C'est peu dire que les solfériniens enchaînent les uppercuts qui laissent le Parti Socialiste groggy, et Jean-Christophe Cambadélis est bien impuissant à redresser la barre. Ce climat national se répercute localement, et les dernières élections européennes de mai 2014 ont témoigné du divorce entre les citoyens et leurs représentants politiques ; les trois quarts des électeurs ont préféré  ne pas aller voter ou voter pour Marine Le Pen.

Le principal responsable de cette Bérézina électorale est le Président de la République qui met à mal sa propre famille politique ; les frondeurs ne font pas florès et des leaders comme Martine Aubry sont contraints à une critique très diplomatique. Or, les français rejettent de plus en plus le système politique qui est au pouvoir depuis le début de la 5ème République. Il n'y a d'ailleurs plus de clivage gauche-droite, mais il y a un clivage entre ceux qui adhèrent (et profitent) du système et ceux qui veulent la rupture.

C'est dans ce contexte que vont se dérouler les élections départementales au printemps 2015. J'ai déjà rédigé une note sur la difficulté à faire campagne quand les compétences des départements ne seront connus qu'en janvier ou février 2015, et j'ai aussi rédigé une autre note sur l'émergence des représentants de l'anti-système.

Or, le maire de Montpellier Philippe Saurel annonçait officiellement ce week-end qu'il allait présenter des candidats dans tous les cantons de la métropole ; et il a présenté son quatuor pour le 3ème canton de Montpellier (Michèle Dray Fitoussi et Sauveur Tortorici comme titulaires, Valérie Barthas et Ghislain Balsan comme remplaçants). Si Philippe Saurel s'impliquera directement sur les 5 cantons de Montpellier, il aura une influence sur les 4 autres cantons extra-muros qui se situent dans l'agglomération (Castelnau-le-Lez, Castries, Lattes et Pignan).

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  Au total, ce sont 18 conseillers départementaux "sauréliens" qui pourraient siéger dans la future assemblée départementale. Car un an après son élection comme Maire et comme Président de l'Agglomération, puis quelques mois après la création de la Métropole (au 1er janvier 2015), les électeurs de l'aire urbaine de Montpellier seront enclins à lui donner d'autres clés pour réussir dans ses projets, et pour leur intérêt général. Philippe Saurel sera là dans une dynamique conquérante, et avec le souci de peser dans le duo qu'il animera avec Toulouse.

Au delà de Montpellier, le redécoupage des cantons et le mode de scrutin qui fait élire deux conseillers départementaux avec un seul bulletin de vote est assez favorable à la droite. Sur le littoral et sur le bittérois, l'UMP peut faire élire plus de 10 conseillers départementaux. Et les candidats de Marine le Pen pourraient aussi faire leur entrée à l'Hôtel du Département.

Alors que reste-t-il à la majorité départementale sortante ? C'est indéniablement sur les cantons ruraux que le Parti Socialiste reste le mieux enraciné, mais là non plus il n'est pas à l'abri de candidatures "anti-partis". Par exemple sur le 6ème canton de Clermont l'Hérault (regroupé avec les cantons de  Bédarieux, Lunas et St-Gervais-sur-Mare), les maires des deux plus grosses communes évoquent un possible ticket. L'émergence de ces maires-candidats non encartés pose le problème de la cohérence du projet politique sous-jacent. Quand Europe Ecologie Les Verts présente des candidats dans l'Hérault, ils portent un projet commun, projet qui sera le fil conducteur de leur mandat. Mais avec des candidatures isolées qui s'agrègent au lendemain du scrutin pour former un groupe politique, quel sera alors leur projet commun ?

Pour un militant politique, cette élection à venir est vraiment déroutante. Nous savons qu'elle ne déplacera pas beaucoup d'électeurs, les programmes ne pourront pas s’appesantir sur des politiques publiques qui ne seront connues qu'un mois avant la date du scrutin, une nouvelle aristocratie politique (de premiers magistrats) supplante les partis et l'avenir même de l'institution concernée est incertain ... Et si on tirait au sort 25 femmes et 25 hommes issus des listes électorales des 343 communes du département ?

01/10/2014

Candidat sur le 6ème canton de l'Hérault, je souhaite continuer à nourrir le débat politique local, pas à l'abandonner à l'abstention ou aux enchanteurs

Il faut sauver la gauche ! Tous les responsables socialistes en appellent à la responsabilité des formations de gauche pour que 2015 ne soit pas la suite de 2014. Six Conseils généraux sur dix sont gérés par une coalition de gauche et, dans un contexte socio-économique défavorable au gouvernement socialiste, les revers des municipales, des européennes et des sénatoriales devraient se poursuivre avec les élections départementales de mars 2015. Dans 6 mois !

Mais en 2015, une élection en cache une autre : les régionales de 2015. Aussi, une stratégie électorale pour des départementales de mars impactera la stratégie des régionales en décembre. Deux formations politiques ne pourront se rassembler pour les départementales que si elles font le même choix aux régionales, et là les stratégies restent à valider au sein des formations politiques.

L'autre facteur à prendre en compte, c'est la fusion des régions. Prenons le cas de notre région et de ses cinq départements, et où chaque formation pourra avoir une stratégie locale différente, l'élargissement à 13 départements du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées pour les régionales ne devra pas être parasité par des choix antagonistes au printemps.

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A priori, l'élection départementale devrait aussi être le premier tour des régionales, chaque formation portant son propre projet en mars et l'issue du scrutin permettant d'affiner la stratégie aux régionales. Pour les écologistes qui sont sortis il y a quelques mois du gouvernement de Manuel Valls et qui se sont présentés en listes autonomes aux sénatoriales, la stratégie aux départementales devraient encore être l'autonomie.

Se présenter en candidatures autonomes aux départementales permet d'avoir une photographie précise de l'électorat à six mois des régionales, et ça permettra de faire quelques économies en sondages. Par ailleurs, les électeurs ne comprendraient pas que deux formations qui sont rassemblées aux départementales s'opposent aux régionales ...

Mais au delà de ces réflexions stratégiques, il y a le fond des projets politiques. Le gouvernement vient de présenter un projet de loi de finance pour 2015 (PLF2015), et les projections pluriannuelles restent fondées sur des prévisions de croissance illusoires. Et le rabot est devenu l'unique réponse aux exigences budgétaire de la France au 21ème siècle ... Il n'y a aucune vision à long terme, aucun projet politique qui puisse susciter l'adhésion, juste des mesures conjoncturelles pour rassurer Bruxelles :=(

Et puis l'élection départementale de mars 2015 sera quand même exceptionnelle car l'avenir de cette collectivité territoriale se lit aujourd'hui dans une boule de cristal. Dans l'Hérault, il semblerait que la future métropole de Montpellier se substitue totalement au Département sur son territoire, à l'image du Département du Rhône et de Lyon (cf. déclaration de politique générale du Premier ministre devant la représentation nationale le 16/09/2014). En même temps, les routes départementales et les collèges seront transférés à la Région en 2017 ... Faire campagne pour un mandat de conseiller départemental dans un tel contexte constitue un joli exercice d'anticipation.

Pour que l'abstention ou pour que le vote fourre-tout du Front National ne sortent pas gagnants du scrutin de mars 2015, il faut l'aborder dans une démarche constructive, pédagogique et déterminée. Nos concitoyens en ont marre d'entendre les "on a pas le choix" ou "il n'y a pas d'alternative", et il faut bien au contraire avoir le courage de présenter une alternative crédible.

Je serai personnellement candidat sur le nouveau canton de Clermont l'Hérault. Je connais bien l'institution départementale et les services qu'elle apporte sur le territoire, je connais bien le territoire du canton, je mesure les incertitudes liées à la réforme territoriale qu'il faut surmonter et je souhaite aborder cette élection sans dogmatisme.

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