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12/12/2016

9 candidates et 9 candidats titulaires investis par EELV aux législatives de 2017 en Languedoc-Roussillon

Le Conseil fédéral d'Europe Écologie Les Verts réuni ce week-end à Paris a validé 351 investitures pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017 [1]. Pour les autres circonscriptions, soit 40% des 577 circonscriptions législatives, le Conseil fédéral les a gelé en vue de rassembler les écologistes bien au-delà du seul cercle d'EELV. C'est ce qu'avait exprimé Yannick Jadot après avoir gagné la primaire, c'est qu'il était le candidat des écologistes, et pas seulement d'EELV.

http://avecjadot.fr/
Le Conseil fédéral d'EELV a adopté ce dimanche une motion pour « Rassembler les écologistes » - Cf. texte de la motion en PDF. Il s'agit du socle autour duquel le rassemblement peut s'effectuer, et les personnes de la société civile qui se reconnaissent dans ce texte ont toute légitimité pour se porter candidat(e).

En Languedoc-Roussillon, ce sont 18 des 23 circonscriptions législatives qui ont été investies, les 5 autres restant ouvertes pour des candidatures de rassemblement. Ces circonscriptions se situent dans l'Hérault, mais EELV pourrait prendre en compte des candidatures d'ouverture sur les autres départements si elles s'avéraient synonymes de rassemblement de l'écologie.

Aude 11-01   Claude-Marie BENSON
  11-02   Marie-Laure ARRIPE
  11-03   Stéphane LINOU
Gard 30-01   Dominique ANDRIEU BONNET
  30-02   Béatrice LECCIA
  30-03   Marie-Pierre MERCIER
  30-04   Dirk OFFRINGA
  30-05   Benjamin DECEUNINCK
  30-06   Sibylle JANNEKEYN
Hérault 34-01   Jean-Louis ROUMEGAS
  34-04   Laurent DUPONT
  34-07   Agnès GIZARD-CARLIN
  34-09   Bertrand COISNE
Lozère 48-01   Grégoire de SAINT-JORRE
Pyrénées-Orientales  66-01   Jean-Marc PANIS
  66-02   Véronika DAAE
  66-03   David BERRUE
  66-04   Franck HUETTE

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[1] Tableaux des investitures pour tout le territoire national.

23/04/2016

Carole Delga n'a pas de majorité à la Région et ses Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité ne feront pas changer d'avis ses partenaires du Nouveau Monde en Commun

Cela a été un point d'achoppement majeur pendant la campagne des élections régionales entre la candidate socialiste Carole Delga et ses futurs alliés du Nouveau Monde en Commun : le tracé de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) entre Nîmes et Perpignan et ces gares nouvelles éloignées des cœurs de ville. La future présidente de Région y était très favorable (et elle continue de l'être), et l'accord signé le 21 décembre avec Gérard Onesta pour la mandature 2016/2021 contenait une concession sur le rail, à savoir d'engager une large concertation citoyenne au premier semestre 2016 et d'imposer un « moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat » (cf. texte intégral de l'accord en PDF). Les États Généraux du Rail [et de l'Intermodalité] étaient dans cet accord et ils se déroulent d'avril à juillet.

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Alors, succès politique pour l'écologiste Gérard Onesta et pour ses colistiers du Nouveau Monde en Commun ? Ou simple trompe-l’œil avec Carole Delga et ses communicants à la manœuvre ? J'opte résolument pour la seconde option.

Depuis cet accord de gouvernance du 21 décembre 2015, la très souriante Carole Delga n'a cessé de donner des gages aux promoteurs de ces infrastructures à grande vitesse et à tous les projets d'urbanisation qui vont avec. Elle presse la SNCF de boucler son projet pour la gare nouvelle de Nîmes-Manduel, elle rassure Philippe Saurel sur l'avenir de la gare de la Mogère et elle salue les annonces du ministre des transports Alain Vidales sur les arbitrages de l’État.

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Le conseiller régional écologiste Christian Dupraz est depuis longtemps un farouche opposant à la gare TGV de la Mogère, et il lui est revenu la tâche d'organiser cette concertation. Mais il est en réalité devenu l'otage de Carole Delga, ce que les communistes des années 50 nommaient l'idiot utile. Il n'ira quand même pas encenser la stratégie de Carole Delga, comme Jean-Paul Sartre légitima le régime soviétique pour ne pas désespérer Billancourt, mais sa parole est désormais contrainte.

Nous pouvons désormais parler d'enfumage à propos de ces États Généraux du Rail et de l'Intermodalité (EGRI), avec cette étape de 36 réunions publiques au cours desquelles les citoyens sont invités à venir s'exprimer. S'exprimer sur quoi ? Sur ce qu'ils veulent ... Il n'y a aucun cadre précis, il n'y a pas de document d'information pour se faire une opinion ; il faut juste remplir les salles et qu'il y ait un débat sur le rail. Delga aura alors rempli une part du contrat. Ainsi, pour la réunion prévue le 24 mai à Lodève, je ne sais pas ce que les participants pourront dire sur le train, vu que des trains en Cœur d'Hérault il n'en passe plus depuis 40 ans.

Autre manipulation subtile des communicants de Delga, ce questionnaire qui est en ligne sur le site de la Région. Les questions sont orientées de façon à ce que l'analyse des réponses soit favorable aux projets de Delga & Co. Ce questionnaire ne s'intéresse déjà qu'à ceux qui prennent le train, même occasionnellement ; et il ne demande pas aux autres les motifs de ce renoncement au train (gares trop lointaines, accessibilité des gares, horaires des trains, le prix, ...). Et puis les questions conduisent très vite à demander s'il faut des gares TGV hors des centres-villes, et si un TGV circulant à 320 km/h c'est mieux qu'un train roulant à moins de 250 km/h ... mais sans mettre en face de cette alternative les impacts financiers, environnementaux et économiques sous-jacents. Cf. questionnaire à télécharger en PDF.

L'enjeu majeur que soulèvent les écologistes est celui du fret ferroviaire. Historiquement, le contournement Nîmes-Montpellier (CNM) était prévu pour favoriser le développement de cette alternative à l'engorgement d' l'A9 par des noria de camions, et les aides européennes étaient exclusivement dédiées à cette finalité. Mais au fil du temps, les élus du Gard et de l'Hérault ont projeté de pharaoniques projets urbains avec des gares nouvelles excentrées. Et pour cela, ils font miroiter des temps de parcours de trois-quarts d'heure de moins grâce à des TGV circulant à plus de 300 km/h, mais avec une cadence ne faisant pas la place attendue pour le fret ferroviaire. Pour faire circuler des TGV à plus de 300 km/h entre Nîmes et Perpignan, le coût estimé est de 5,2 milliards d'euros, alors qu'une ligne mixant grande vitesse et fret coûterait 3,9 milliards d'euros ; le voyageur gagnerait 35 minutes sur son voyage contre 45 minutes à plus de 300 km/h. Est-il utile de gaspiller 1,4 milliars d'euros pour gagner 10 minutes de voyage ???

Les experts estiment à 1,5 milliards d'euros le coût de toutes façons inévitable de réhabilitation du réseau ferré de cette grande région, réseau non encore modernisé. Ils évaluent aussi à 1 milliard d'euros le coût de réouvertures de lignes anciennes qui permettraient ainsi de desservir des territoires qui s'urbanisent sans desserte ferroviaire. Le gain de 1,4 milliards d'euros ne serait-il pas mieux investi dans ces réhabilitations ? Car non seulement Madame Delga ne souhaite pas faire cette économie, mais en plus elle veut investir dans des gares nouvelles à Manduel et à la Mogère alors que les gares actuelles de Nîmes et de Montpellier ne sont pas du tout saturées.

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Nous sommes ici dans le même scénario que celui de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où les pouvoirs publics opposent les défenseurs de la planète (et en l'occurrence à des morceaux de planète qui nous offrent une vie de qualité) à la démocratie. Ici en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées la Région se targue de concerter toute la population quand l’État propose un référendum pour la Loire-Atlantique. Mais ce ne sont que des artifices, et ils donnent bonne conscience à quelques Docteurs Folamour des grands projets inutiles.

Carole Delga sait qu'elle n'a pas de majorité sans ses alliées du Nouveau Monde en Commun. Elle sait que ces EGRI ne les feront pas changer d'avis, mais elle compte bien les exploiter dans le cadre des futures échéances de 2017. Elle, la socialiste progressiste favorable à des projets modernes validés par les citoyens au terme d'une large concertation aura beau jeu de taxer ses alliées d'EELV, du PG et du PCF d'être d'affreux rétrogrades nostalgiques du 20ème siècle. Elle mettra inévitablement dans la balance des milliers d'emplois que ses partenaires ne lui permettront pas de créer, mais des emplois Macron / El Khomri qui eux sont socialement rétrogrades.

Un lien utile pour en savoir plus sur les projets ferroviaires des socialos-progressistes : http://garetgv.free.fr/actus.html

02/01/2016

Renversons la gouvernance des formations politiques

Le sondage que le quotidien Le Parisien-Aujourd'hui a commandé à l'institut Odoxa (cf. sondage), et qu'il a publié ce matin, vient confirmer le désaveu de l'actuelle classe politique, sentiment collectif que nous constatons de façon plus accrue depuis les municipales de mars 2014. Les Français aspirent au changement, et la perspective d'une élection présidentielle où F. Hollande, N. Sarkozy et M. Le Pen seraient les vedettes ne suscite guère d'enthousiasme ...

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Alors comment renouvelle-t-on la façon de faire de la politique ? En changeant le personnel politique ? Ce n'est pas suffisant si ceux-là reproduisent les pratiques actuelles. Si je reprends les questions posées par l'institut Odoxa, les Français souhaitent plus de convergences entre la droite et la gauche sur les crises économiques et sociales, moins d'affaires qui pourrissent la politique, plus d'apaisement dans les débats et une plus grande prise en compte des courants d'opinion. Les priorités diffèrent entre sympathisants de gauche et de droite, mais il est clair que les Français ne sont pas cléments avec leur classe politique.

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Ce qui a changé depuis quelques années, c'est que les grandes orientations politiques ont été confisquées par l'Europe de la mondialisation libérale, et que tous les autres acteurs politiques et sociaux n'en sont plus que les spectateurs. Les syndicats de salariés comme ceux des entrepreneurs ne sont plus incontournables, et le Président de la République a annoncé lors de ses vœux que le Gouvernement allait produire des textes pour simplifier le Code du travail sans même évoquer les partenaires sociaux. Il en va de même pour les partis politiques dont je rappelle le premier alinéa de l'article 4 de la Constitution de 1958 : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. » ; il y a longtemps que les partis politiques ne vendent que des promesses et que l'exercice du pouvoir rend caduques du jour au lendemain.

Ce sont les partis politiques qui sont au cœur de la vie politique de la Vème République et l'article 4 de la Constitution de 1958 s'achève par : « La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation » ; et leur financement public y contribue significativement.

D'où le dilemme qui saisit le militant politique que je suis ! Je milite dans un parti politique qui subit comme tous les autres une perte d'attractivité, et la tentation est forte de faire vivre d'autres formes d'expression politiques, mais qui finalement nuisent aux formations politiques et font le lit du vote Front National. Comme mon ami Daniel Bourguet à Mauguio, le concept d'une fabrique citoyenne est tentant ; mais les derniers scrutins ont montré que cela n'endigue pas le vote FN. Il en va de même en s'engageant exclusivement dans des formes alternatives de militantisme, depuis les Colibris aux Zadistes en passant par les collectifs qui prônent d'autres modes de consommation. Je ne les désapprouve pas du tout, mais cela ne doit pas aboutir à un message du type "on se débrouille tout seul" :=(

Autre approche, celle du Pays Cœur d'Hérault. Il dispose d'un Syndicat de développement, mais aussi d'un Conseil de développement ; le premier réunit les élus locaux qui votent des délibérations, le second réunit des associations et des citoyens qui contribuent aux contenus de ces délibérations. C'est en réalité une forme plus aboutie de fabrique citoyenne puisqu'elle est directement associée à un organe délibérant, mais alors pourquoi les élus du SYDEL s’embarrasseraient-ils d'un engagement politique au sein d'un parti politique ? Il faut plutôt se faire élire ... et les programmes s'élaborent après de façon collaborative.

Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que le développement économique et social d'un territoire s'élabore de plus en plus à l'échelle locale. Ce n'est évidemment pas un parti politique qui a son siège à Paris qui peut porter des propositions de fond qui se déclinent pour tous les territoires de France. Non, c'est maintenant l'inverse. Il reste, pour une formation comme EELV, à exister régionalement et localement, à se rendre suffisamment attractive pour que des adhérents et des sympathisants viennent y construire les socles des projets pour leur commune, pour leur intercommunalité et pour leur bassin de vie.