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19/04/2013

L'eau, une ressource qui se fera de plus en plus rare dans l'Hérault !

Le Conseil général de l'Hérault organisait le 17 avril une journée d'échange d'expériences et d'informations sur l'eau, sous l'intitulé "Agir ensemble pour sauver l'eau". C'est Monique Pétard qui présidait cette journée, Monique Pétard est Vice-présidente du Conseil général et elle est déléguée à l'environnement, au développement durable et à l'agenda 21. De nombreux intervenants se sont succédés à la tribune pour partager leurs informations et pour présenter des actions en faveur de l'eau.

Mais le fil conducteur de toutes ces interventions était la fragilité de cette ressource, déjà aujourd'hui, mais demain de façon encore plus aïgue. Le climat est l'un des facteurs à prendre en compte. Par exemple, les experts ciblent une baisse de -20% à -60% en été sur le littoral méditérranéen. Dès 2030, la durée de l'enneigement baissera de -40% à -60% à 1200 mètres, avec une disparition de la neige au printemps au dessus de 1800 mètres dans les Alpes du sud ; cela aura un impact négatif sur les crues nivales, plus précoces dans l'année. Les étiages des rivières seront alors plus longs et plus sévères.

Les services de l'Etat (DDTM34) constatent une augmentation des périodes de sécheresse (environ tous les deux ans), et avec une gestion structurellement inefficace. Il faut passer d'une gestion de crises chroniques à une gestion durable de la résorption des déséquilibres avec par exemple une prise en compte de l'eau dans la planification territoriale (cf. SCOT et PLU). Aux conflits d'occupation des sols entre l'habitat et l'agriculture, va s"ajouter un conflit d'usage de l'eau.

Villas_piscines.JPG

Dans le cadre du projet européen de recherche WAT (Water and Territories), le BRGM étudie des scénarios d'évolution de l'urbanisme et de l'habitat en Coeur d'Hérault sur une période 2007-2030. Le BRGM a déjà mesuré la consommation d'eau en fonction de la taille des parcelles ainsi que de la présence de jardins ou d'une piscine ; cette mesure réalisée dans l'agglomération de Perpignan fournit un modèle de consommation d'eau en fonction des types d'habitat. Avec ce modèle, et à partir des perspectives de croissance démographique sur le Coeur d'Hérault, le BRGM a évalué les besoins en eau selon plusieurs scénarios : laisser faire comme aujourd'hui (peu de logements collectifs et prépondérance de pavillons sur de grandes parcelles avec piscine), maîtrise timide de l'urbanisation (sur la taille des parcelles et sur les piscines), démarche volontariste (logements collectifs, habitat individuel sur des parcelles plus petites et sans piscine).

Le graphique ci-dessous illustre les résultats de cette étude. En fonction du scénario, le besoin en eau d'ici 2030 pour des usages domestiques augmente de +62% à +110% par rapport à la consommation de 2008 :

Eau_2030_Coeur_Hérault.JPG

Michel Deblaize, le responsable de la délégation à Montpellier de l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse, a réagit à ces données en indiquant que le Coeur d'Hérault n'aurait même pas ces 680 000 m3 en plus par an dans le meilleur des scénarios.

Le dernier volet de cette journée sur l'eau a porté sur la qualité de l'eau. L'alimentation en eau potable de l'Hérault provient à 90% d'eaux souterraines, mais les nappes subissent des pollutions agricoles et urbaines. Des nitrates autour de Mauguio, de l'arsenic dans les environs du Salagou, des pesticides dans les zones agricoles, etc. Il s'y ajoute aussi des nouvelles molécules issues de notre vie moderne (produits chimiques domestiques, désherbants, molécules pharmaceutiques, ...).

Les élus locaux présents ce mercredi 17 avril au Conseil général ont reçu le message, il reste maintenant à le traduire sur le terrain. Il faut une urbanisation responsable, il faut améliorer le rendement des réseaux d'adduction d'eau potable, il faut lutter contre les pollutions diverses, il faut introduire une facturation incitative et il faut faire beaucoup de pédagogie pour que la ressource en eau devienne un enjeu collectif. Sinon, il y aura beaucoup de Jean de Florette dans l'Hérault d'ici quelques décennies :=(

10/04/2013

Le Coeur d'Hérault doit changer de braquet !

A l'instar d'Hadj Madani dont les propos étaient rapportés dans les colonnes du Midi Libre de mardi 9 avril, il m'apparaît aussi que le Coeur d'Hérault est en panne. Le premier adjoint au Maire de Lodève compte sur une fusion des trois communautés de communes (Lodévois/Larzac, Vallée de l'Hérault et Clermontais) pour disposer d'une structure efficiente ; il a totalement raison et je m'en suis déjà expliqué sur mon blog. Surtout qu'avec l'évolution du mode de scrutin des communautés de communes (fléché en 2014 et certainement au suffrage universel direct en 2020), une même intercommunalité pour les 77 communes du Coeur d'Hérault serait en lien direct avec les préoccupations de ses 73.300 habitants.

Aujourd'hui, un Pays s'ajoute à trois communautés de communes, mais il faut aussi compter sur de nombreux syndicats mixtes. En réunissant le tout sous un même toit, le Coeur d'Hérault ferait d'importantes économies de fonctionnement ! Mais la dispersion des structures éloigne surtout les habitants des mandats qu'exercent leurs élus, et les élus eux-mêmes sont pris dans une spirale chronophage qui ne leur permet plus d'informer et de faire de la pédagogie. La réforme des rythmes scolaires en témoigne, mais c'était aussi le cas pour les réformes de la fiscalité locale ou pour l'impact du Grenelle de l'environnement sur le code de l'urbanisme.

L'autre point de vue sur lequel je rejoins Hadj Madani, c'est la nécessaire participation de la société civile dans les équipes municipales. Il faut sortir des clivages politiciens pour s'attacher à entendre et à répondre aux besoins de nos concitoyens. La classe politique s'est totalement disqualifiée depuis quelques années, au travers des affaires, et nous avons besoin de revenir à une relation de proximité sincère et vraie. Or, les élus locaux que je côtoie sont dévoués, ils ne comptent pas leur temps et ils ne cherchent pas une carrière en politique ; ils viennent d'ailleurs bien souvent du milieu associatif où l'on retrouve le même état d'esprit.

A Lodève comme à Paulhan, et dans toutes les communes du Coeur d'Hérault, les habitants sont attachés à leur territoire, ses paysages, son patrimoine et à ses activités. Le retour à l'emploi, la création ou la rénovation de logements, la solidarité envers les plus fragiles, les questions de mobilité et la qualité de vie sont des préoccupations largement partagées, mais il manque des espaces de projets. Les politiques publiques engagées par les grosses communes du territoire et par les principales intercommunalités sont bancales et elles subissent l'éparpillement des responsabilités. Si je prends le cas de la formation professionnelle, il est clair qu'elle n'est pas en phase avec le potentiel de développement économique du Coeur d'Hérault. Combien d'établissements de formation en hôtellerie, en tourisme, en agriculture ou dans les métiers des services à la personne ?

Quand nous regardons vers Montpellier, et demain nous aurons la métropole de Montpellier, toute l'aire urbaine de Montpellier semble se développer de façon cohérente. Il y a des pépinières d'entreprises ou des parcs d'activités répartis sur tout le territoire, le tramway accroît chaque année le maillage des communes membres, des équipements tels que des médiathèques, des crêches ou des piscines se développent de façon homogène. Je ne dis pas que c'est l'idéal et ça tiraille sur bien des sujets, je pense par exemple à l'usine de méthanisation ou à la délégation de service public pour l'eau potable, mais les habitants de l'agglomération de Montpellier sont depuis 35 ans dans une dynamique de projets qui se perpétue.

Je ne crois pas moi non plus dans la femme ou dans l'homme providentiel qui sortira le Coeur d'Hérault de sa létargie, ni même dans telle grosse commune qui serait une locomotive pour toutes les autres, je préfère miser sur des compétences, sur des ressources et sur des mobilisations en réseau. Au travers des nombreuses associations que je rencontre sur le Coeur d'Hérault, et la mobilisation contre la Salamane m'en a révélé de nombreuses, je sais qu'il y a un potentiel énorme ; l'association de configuration du Pays Coeur d'Hérault qui a produit la charte de Pays il y a 10 ans en était un embryon. Mais il faut recréer du lien et faire vivre ce réseau à construire.

Et puis nous devons surtout penser le territoire du Coeur d'Hérault au travers de sa capacité de résilience. Les infrastructures routières, le potentiel ferroviaire et l'espace agricole sont quelques-uns des atouts à mobiliser. Je serai donc un peu moins à l'heure du bilan que mon collègue de Lodève, mais surtout dans une logique de projets partagés.

20/02/2013

Développons de nouvelles activités plutôt que de soutenir des entreprises de façon articicielle

Des élus du Coeur d'Hérault distribuaient hier des éthylotests devant la Préfecture de l'Hérault ; ils manifestaient ainsi leur soutien à l'entreprise Contralco de Gignac qui voit son activité mise à mal par la décision de Manuel Valls de ne pas rendre obligatoire la possession d'éthylotests dans sa voiture. La société qui avait profité de la directive du précédent Ministre de l'Intérieur se voit ainsi obligée de réduire ses effectifs qui passent de 310 à 84 salariés.

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Mais ce soutien d'élus du Coeur d'Hérault est-il pertinent ? C'est la même démarche que celle d'Arnaud Montebourg chez Pétroplus, chez Arcelor Mittal à Florange ou chez PSA à Aulnay. Il faut éviter la casse, il faut mettre en place des "amortisseurs sociaux", mais il faut surtout trouver des alternatives économiques pérennes.

Mais je reprends le cas de Contralco ...

Bon, personne n'était dupe sous Sarkozy que cet éthylotest obligatoire était une mesure inefficace. Et il est heureux que Manuel Valls ait mis fin à cette fable. La lutte contre la délinquance routière liée à l'alcool passe avant tout par la prévention et par la répression. Et on imagine mal une personne fortement alcoolisée souffler dans un éthylotest avant de prendre la route ... Si cette personne a bu en sachant qu'elle allait conduire, c'est qu'elle est imperméable à tout message de prévention. D'où l'utilité de multiplier les contrôles routiers aux endroits et aux heures où circulent des conducteurs alcoolisés.

ethylotest,contralco,coeur d'hérault,gignac

Par contre, le Préfet de l'Hérault dans ses orientations contre l'insécurité routière a évoqué un amendement de la loi LOPPSI2 imposant la pose d'éthylotest antidémarrage. Et avec la clé une expérimentation intéressante dans notre département ; cela consiste à obliger les personnes déjà contrôlées en état alcoolémique grâve au volant à s'équiper d'un anti-démarreur couplé à un éthylotest électronique. Plutôt que d'avoir à payer une amende, la peine serait d'équiper sa voiture d'un tel dispositif. L'idée est intéressante car elle cible les conducteurs à risque, qu'elle dissuade efficacement la conduite en état d'ivresse et qu'elle offre aux industriels de ce secteur une perspective de développement.

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Et c'est là où les élus devraient se mobiliser, car Contralco distribue aussi des éthylotests électroniques. Si malheureusement son produit phare qu'est l'éthylotest à usage unique se vend moins bien que prévu, alors il faut aider Contralco à faire de la recherche et à développer son offre commerciale sur ces anti-démarreurs. L'entreprise Contralco a un savoir-faire industriel dans ce domaine, il faut donc en profiter pour conquérir ce marché.

La manifestation de quelques élus du Coeur d'Hérault est compréhensible, elle apporte un soutien aux salariés en danger de perdre leur emploi, mais elle devrait être plus prospective. Les entreprises doivent faire de la R&D (le crédit d'impôt recherche est destiné à cela), elles doivent investir (la Banque Publique d'Investissement vient d'être créée pour ça) et elles doivent saisir toutes les opportunités pour diversifier leurs marchés. Maintenir une activité industrielle avec des incitations de l'Etat, comme la prime à la casse dans l'automobile ou l'obligation de posséder un éthylotest dans toutes les voitures, c'est créer artificiellement un besoin, ça n'a qu'un temps et l'issue n'en est que plus difficile.