Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

10/04/2013

Le Coeur d'Hérault doit changer de braquet !

A l'instar d'Hadj Madani dont les propos étaient rapportés dans les colonnes du Midi Libre de mardi 9 avril, il m'apparaît aussi que le Coeur d'Hérault est en panne. Le premier adjoint au Maire de Lodève compte sur une fusion des trois communautés de communes (Lodévois/Larzac, Vallée de l'Hérault et Clermontais) pour disposer d'une structure efficiente ; il a totalement raison et je m'en suis déjà expliqué sur mon blog. Surtout qu'avec l'évolution du mode de scrutin des communautés de communes (fléché en 2014 et certainement au suffrage universel direct en 2020), une même intercommunalité pour les 77 communes du Coeur d'Hérault serait en lien direct avec les préoccupations de ses 73.300 habitants.

Aujourd'hui, un Pays s'ajoute à trois communautés de communes, mais il faut aussi compter sur de nombreux syndicats mixtes. En réunissant le tout sous un même toit, le Coeur d'Hérault ferait d'importantes économies de fonctionnement ! Mais la dispersion des structures éloigne surtout les habitants des mandats qu'exercent leurs élus, et les élus eux-mêmes sont pris dans une spirale chronophage qui ne leur permet plus d'informer et de faire de la pédagogie. La réforme des rythmes scolaires en témoigne, mais c'était aussi le cas pour les réformes de la fiscalité locale ou pour l'impact du Grenelle de l'environnement sur le code de l'urbanisme.

L'autre point de vue sur lequel je rejoins Hadj Madani, c'est la nécessaire participation de la société civile dans les équipes municipales. Il faut sortir des clivages politiciens pour s'attacher à entendre et à répondre aux besoins de nos concitoyens. La classe politique s'est totalement disqualifiée depuis quelques années, au travers des affaires, et nous avons besoin de revenir à une relation de proximité sincère et vraie. Or, les élus locaux que je côtoie sont dévoués, ils ne comptent pas leur temps et ils ne cherchent pas une carrière en politique ; ils viennent d'ailleurs bien souvent du milieu associatif où l'on retrouve le même état d'esprit.

A Lodève comme à Paulhan, et dans toutes les communes du Coeur d'Hérault, les habitants sont attachés à leur territoire, ses paysages, son patrimoine et à ses activités. Le retour à l'emploi, la création ou la rénovation de logements, la solidarité envers les plus fragiles, les questions de mobilité et la qualité de vie sont des préoccupations largement partagées, mais il manque des espaces de projets. Les politiques publiques engagées par les grosses communes du territoire et par les principales intercommunalités sont bancales et elles subissent l'éparpillement des responsabilités. Si je prends le cas de la formation professionnelle, il est clair qu'elle n'est pas en phase avec le potentiel de développement économique du Coeur d'Hérault. Combien d'établissements de formation en hôtellerie, en tourisme, en agriculture ou dans les métiers des services à la personne ?

Quand nous regardons vers Montpellier, et demain nous aurons la métropole de Montpellier, toute l'aire urbaine de Montpellier semble se développer de façon cohérente. Il y a des pépinières d'entreprises ou des parcs d'activités répartis sur tout le territoire, le tramway accroît chaque année le maillage des communes membres, des équipements tels que des médiathèques, des crêches ou des piscines se développent de façon homogène. Je ne dis pas que c'est l'idéal et ça tiraille sur bien des sujets, je pense par exemple à l'usine de méthanisation ou à la délégation de service public pour l'eau potable, mais les habitants de l'agglomération de Montpellier sont depuis 35 ans dans une dynamique de projets qui se perpétue.

Je ne crois pas moi non plus dans la femme ou dans l'homme providentiel qui sortira le Coeur d'Hérault de sa létargie, ni même dans telle grosse commune qui serait une locomotive pour toutes les autres, je préfère miser sur des compétences, sur des ressources et sur des mobilisations en réseau. Au travers des nombreuses associations que je rencontre sur le Coeur d'Hérault, et la mobilisation contre la Salamane m'en a révélé de nombreuses, je sais qu'il y a un potentiel énorme ; l'association de configuration du Pays Coeur d'Hérault qui a produit la charte de Pays il y a 10 ans en était un embryon. Mais il faut recréer du lien et faire vivre ce réseau à construire.

Et puis nous devons surtout penser le territoire du Coeur d'Hérault au travers de sa capacité de résilience. Les infrastructures routières, le potentiel ferroviaire et l'espace agricole sont quelques-uns des atouts à mobiliser. Je serai donc un peu moins à l'heure du bilan que mon collègue de Lodève, mais surtout dans une logique de projets partagés.

20/02/2013

Développons de nouvelles activités plutôt que de soutenir des entreprises de façon articicielle

Des élus du Coeur d'Hérault distribuaient hier des éthylotests devant la Préfecture de l'Hérault ; ils manifestaient ainsi leur soutien à l'entreprise Contralco de Gignac qui voit son activité mise à mal par la décision de Manuel Valls de ne pas rendre obligatoire la possession d'éthylotests dans sa voiture. La société qui avait profité de la directive du précédent Ministre de l'Intérieur se voit ainsi obligée de réduire ses effectifs qui passent de 310 à 84 salariés.

parmi-les-elus-presents-marie-christine-bousquet-frederic_528265_510x255.jpg

Mais ce soutien d'élus du Coeur d'Hérault est-il pertinent ? C'est la même démarche que celle d'Arnaud Montebourg chez Pétroplus, chez Arcelor Mittal à Florange ou chez PSA à Aulnay. Il faut éviter la casse, il faut mettre en place des "amortisseurs sociaux", mais il faut surtout trouver des alternatives économiques pérennes.

Mais je reprends le cas de Contralco ...

Bon, personne n'était dupe sous Sarkozy que cet éthylotest obligatoire était une mesure inefficace. Et il est heureux que Manuel Valls ait mis fin à cette fable. La lutte contre la délinquance routière liée à l'alcool passe avant tout par la prévention et par la répression. Et on imagine mal une personne fortement alcoolisée souffler dans un éthylotest avant de prendre la route ... Si cette personne a bu en sachant qu'elle allait conduire, c'est qu'elle est imperméable à tout message de prévention. D'où l'utilité de multiplier les contrôles routiers aux endroits et aux heures où circulent des conducteurs alcoolisés.

ethylotest,contralco,coeur d'hérault,gignac

Par contre, le Préfet de l'Hérault dans ses orientations contre l'insécurité routière a évoqué un amendement de la loi LOPPSI2 imposant la pose d'éthylotest antidémarrage. Et avec la clé une expérimentation intéressante dans notre département ; cela consiste à obliger les personnes déjà contrôlées en état alcoolémique grâve au volant à s'équiper d'un anti-démarreur couplé à un éthylotest électronique. Plutôt que d'avoir à payer une amende, la peine serait d'équiper sa voiture d'un tel dispositif. L'idée est intéressante car elle cible les conducteurs à risque, qu'elle dissuade efficacement la conduite en état d'ivresse et qu'elle offre aux industriels de ce secteur une perspective de développement.

ethylotest_elect.JPG

 

Et c'est là où les élus devraient se mobiliser, car Contralco distribue aussi des éthylotests électroniques. Si malheureusement son produit phare qu'est l'éthylotest à usage unique se vend moins bien que prévu, alors il faut aider Contralco à faire de la recherche et à développer son offre commerciale sur ces anti-démarreurs. L'entreprise Contralco a un savoir-faire industriel dans ce domaine, il faut donc en profiter pour conquérir ce marché.

La manifestation de quelques élus du Coeur d'Hérault est compréhensible, elle apporte un soutien aux salariés en danger de perdre leur emploi, mais elle devrait être plus prospective. Les entreprises doivent faire de la R&D (le crédit d'impôt recherche est destiné à cela), elles doivent investir (la Banque Publique d'Investissement vient d'être créée pour ça) et elles doivent saisir toutes les opportunités pour diversifier leurs marchés. Maintenir une activité industrielle avec des incitations de l'Etat, comme la prime à la casse dans l'automobile ou l'obligation de posséder un éthylotest dans toutes les voitures, c'est créer artificiellement un besoin, ça n'a qu'un temps et l'issue n'en est que plus difficile.

26/01/2013

Le Coeur d'Hérault grignotté à l'est par l'aire commerciale de Montpellier et à l'ouest par l'aire touristique de la Méditerranée !

La ZAC de la Salamane est la première avant-garde d'une économie qui déborde de l'aire de Montpellier, elle grignote des terres agricoles pour y implanter le long de l'autoroute des dépôts de marchandises, des complexes commerciaux et d'autres entreprises liées à la logistique.

coeur_herault.JPG

Mais voilà que l'aire touristique du littoral méditerranéen grignotte désormais sur le coeur d'Hérault pour y attirer des touristes un peu à l'étroit en bord de mer. Et c'est encore une avant-garde avec le domaine de Lavagnac sur la commune de Montagnac ; ce projet porté par un investisseur britannique est longtemps resté en stand-by avant que tout récemment un groupe immobilier parisien, épaulé par le Groupe Vinci et financé par une banque du Qatar, ne lui redonne vie. Interviewé par Midi Libre cette semaine, le Maire de Montagnac nous a donné les caractéristiques de ce projet : "Quant au château de Lavagnac, également, le projet est sorti de la léthargie dans laquelle il avait été plongé, il y a quelques années ! Là aussi, une promesse de vente a été signée, le 19 décembre dernier. Le projet est donc rentré dans sa phase concrète et active. « Tous les obstacles juridiques, financiers ou comptables ont été levés. Malgré un changement d'orientation de la part des repreneurs, le projet n'a pas été remis en cause ». Le château devrait devenir un hôtel haut de gamme de 70 chambres, un restaurant, un spa, un golf 18 trous ainsi qu'une résidence touristique de luxe de 663 unités d'hébergement. Les travaux débuteront sous peu".

Ces projets commerciaux et touristiques qui artificialisent nos meilleures terres agricoles vont aussi épuiser nos ressources en eau ! Le Syndicat Mixte du Bassin du Fleuve Hérault (SMBFH) s'est déjà positionné contre ce projet à Lavagnac, car ses besoins en eau (brute ou potable) ne peuvent pas être satisfaits par le fleuve Hérault.

Ci-joint deux cartes qui présentent le potentiel du fleuve Hérault en matière de ressource en eau (cliquez sur les cartes pour les agrandir) :

  

ressources_prelevements_herault.JPG

  

Etiages_prelevements_herault.JPG

Le projet Aqua Domitia porté par BRL et par le Conseil Régional se compose d'un maillon "Val d'Hérault" qui passe justement à Lavagnac ... Mais ce "tuyau" destiné principalement à l'irrigation a-t-il vocation à apporter de l'eau à des touristes ?

1-maillonvalherault-avecnappesv4-460px.jpg

Mais comme pour la ZAC de la Salamane sur Clermont l'Hérault, ce type de projet ne créera pas d'emploi pérenne. Ces projets offrent des "petits boulots" et font travailler les sociétés d'intérim, mais ils ne permettent pas à des habitants de notre territoire de se former et de valoriser leur savoir faire.

Je le maintiens, il faut développer l'agriculture ! Avec l'économie agricole, nos territoires seront plus résilents et il y aura de l'emploi à la clé. Et ce sera un enjeu majeur du SCoT Coeur d'Hérault dont l'élaboration va prochainement démarrer.