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14/07/2013

Quel(s) programme(s) pour l'intercommunalité en mars 2014 ?

Les élections municipales de mars 2014 suscitent depuis déjà quelques mois une fièvre politique qui porte avant tout sur les candidats. Nous avons récemment suivi les primaires de l'UMP pour la tête de liste à Paris et à Lyon, ainsi que le feuilleton socialiste pour la mairie de Montpellier qui dure d'ailleurs depuis si longtemps que les médias n'en parlent presque plus.

Et dans toutes les communes de France, les équipes municipales sortantes élaborent des scénarios pour poursuivre dans un nouveau mandat les actions engagées. J'appartiens à une telle équipe municipale sortante, je connais bien les chantiers engagés depuis 2008 et je mesure tout le chemin qu'il reste à faire en matière d'action sociale, de logement, de culture, d'éducation, pour les plus jeunes comme pour les plus anciens, pour les nouveaux quartiers pavillonnaires comme pour le centre ancien, etc.

Mais ce souci de réaliser les engagements pour lesquels nous avons été élus et ce focus pour la politique locale intra-muros ne peuvent plus occulter l'échelon intercommunal. Le premier échelon est celui de la communauté de communes qui a des compétences aussi diverses que la petite enfance, les équipements aquatiques, l'aménagement de zones d'activité économique, l'accueil des gens du voyage, la collecte des déchets ménagers, etc. Je rappelle par ailleurs que l'acte III de la décentralisation qui va arriver (par morceaux) au Parlement prévoit d'affecter de nouvelles compétences telles que la production électrique, l'assainissement collectif ou encore la gestion des milieux aquatiques. Mais il y a aussi l'échelon du Pays où s'élaborent une charte de Pays, un plan local de l'habitat (PLH), un schéma de cohérence et d'organisation territoriale (SCOT) ou encore un plan climat énergie territorial (PCET), autant d'outils qui vont conditionner les politiques de développement local. Et je n'oublie pas les syndicats mixtes tels que le syndicat mixte de gestion du Salagou (SMGS) ou le syndicat mixte de gestion des déchets du Centre Hérault (SCH).

Bref, une commune comme Paulhan ne peut plus envisager son avenir sans dépendre très étroitement des choix qui seront fait par la Communauté de communes, les syndicats mixtes et le Pays. Mais ces orientations stratégiques de l'échelon intercommunal se définissent sans débat politique. Je ne nie pas le travail de concertation qui est réalisé, et le séminaire qu'a organisé le Pays mercredi 10 juillet au Domaine de la Tour à Nébian pour travailler sur les 8 défis de la future charte de Pays était de haute qualité, réunissant des élus, des techniciens, des associatifs et des professionnels, mais tout cela ne peut pas échapper à un rendez-vous démocratique.

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Les partis politiques, car ce sont eux qui alimentent le débat démocratique, doivent s'emparer de tous ces enjeux. En même temps, les assemblées intercommunales ne connaissent pas aujourd'hui de clivage politique tel que nous l'entendons au niveau national ou régional ; même l'Assemblée départementale délibère essentiellement de façon consensuelle alors qu'il y a pourtant des groupes poliques.

Je proposerai donc, après les vacances d'été, que s'établisse une plateforme d'élaboration d'un projet politique pour le Coeur d'Hérault. Avec quelques élus, adhérents d'un parti politique ou non, nous devons donner à des orientations institutionnelles une dimension plus politique ; c'est à dire qui se traduit par une formalisation politique, par un programme qui engage tous ceux qui y adhèreront.

Quelques exemples. Le SCOTcomporte par exemple un document d'aménagement commercial (DAC) ; est-ce que les candidats aux élections de 2014 s'engagent sur des orientations précises ou laisseront-ils les fonctionnaires et les bureaux d'étude définir les limites du développement commercial sur notre territoire ? L'eau est un enjeu majeur pour tous, et des conflits d'usage viennent s'ajouter à la rareté ainsi qu'à la qualité de la ressource ; les citoyens n'ont-ils pas leur avis à donner à l'occasion des scrutins locaux ? L'aménagement du territoire voit une urbanisation prédatrice des meilleures terres agricoles qui s'ajoute à une baisse constante du nombre d'exploitations agricoles. Mais autant pour la création d'emplois non délocalisables que pour l'indépendance alimentaire de notre territoire, l'agriculture est un vecteur de développement qui doit faire débat et qui doit donner lieu à une feuille de route audacieuse et ambitieuse.

On peut se passer de tels débats, et ils feront l'objet de délibérations diverses sur la période 2014-2020, mais quel mandat précis les citoyens auront-ils donnés à leurs représentants ? Car nous sommes en démocratie "représentative", c'est à dire que les citoyens délèguent leur souverainneté à des élus pour la durée du mandat ; et il ne peut s'agir d'un chèque en blanc.

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20/04/2013

L'agriculture reste un sujet d'études sur le Coeur d'Hérault ...

Plusieurs bonnes nouvelles sont arrivées ces dernières semaines, les collectivités territoriales donnant un bon coup d'accélérateur au développement des filières agricoles. La première, et je l'évoquais dans une précédente note, c'est le prêt à taux zéro mis en place par Thau Initiative, un dispositif qui permet à des agriculteurs de reprendre une exploitation ou de s'équiper, avec un prêt sur 5 ans qui fait aussi effet levier auprès des autres financeurs.

La seconde information (cf. Midi Libre) vient de l'Agglomération Hérault-Méditérannée qui propose à côté de Pézenas un îlot foncier de 14 hectares où pourra se développer un hameau agricole. Les agriculteurs pourront bâtir, à côté de leurs parcelles de fruits et légumes, des bâtiments pour le stockage, la transformation et le conditionnement de produits destinés à des circuits courts.

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Enfin, c'est le Conseil général qui amène la cerise sur le gâteau avec le projet Agrilocal ; c'est une plate-forme Internet départementale de mise en relation directe entre producteurs et acheteurs publics (lycées, collèges, écoles, maisons de retraite, hôpitaux, ...). Les collectivités locales et les établissements publics sont soumis à un code des marchés publics qui les obligent à mettre en concurrence leurs fournisseurs dès le premier euro dépensé ; cette plate-forme Agrilocal offrira des fonctions de commande publique en ligne, ce qui facilitera énormément le travail des responsables de marchés publics et qui donnera un accès plus facile aux marchés publics pour des professionnels qui n'ont vraiment pas le temps de répondre à un appel d'offres.

Alors que faisons-nous sur le Coeur d'Hérault pour agir ? D'abord des études ... Hier après-midi, en réunion du comité syndical du Pays Coeur d'Hérault, et dans le cadre du SCOT, les délégués ont par exemple adopté une délibération pour une étude complémentaire sur les problématiques et sur le foncier agricole. En parallèle, la mise à jour de la charte de développement du Pays donne lieu à des travaux complémentaires sur l'agriculture. Beaucoup d'études, mais la filière ne bénéficie d'aucun soutien concret pour se développer ... Alors que la plaine de l'Hérault comme les massifs du Lodévois sont propices aux activités de maraîchage, d'élevage, d'arboriculture et céréalières.

Il est très frustrant de constater un tel immobilisme, alors que les anciens ont été si audacieux. Le canal de Gignac a été construit à la fin du 19ème siècle pour irriguer 3.000 ha de terres agricoles ; et avec les moyens techniques et les financements de l'époque !

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Au milieu du 20ème siècle, c'est le barrage du Salagou qui permettait de créer un réservoir de 125 millions de mètres cube d'eau destinés initialement à irriguer les terres agricoles en aval le long de l'Hérault.

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Aujourd'hui, il semble que nous n'ayons plus aucune ambition collective sur le Coeur d'Hérault. En dehors d'attirer de nouvelles populations et des touristes, profitant ainsi d'une situation géographique et patrimoniale exceptionnelle, aucun projet structurant pour les générations futures n'est envisagé :=(

19/04/2013

L'eau, une ressource qui se fera de plus en plus rare dans l'Hérault !

Le Conseil général de l'Hérault organisait le 17 avril une journée d'échange d'expériences et d'informations sur l'eau, sous l'intitulé "Agir ensemble pour sauver l'eau". C'est Monique Pétard qui présidait cette journée, Monique Pétard est Vice-présidente du Conseil général et elle est déléguée à l'environnement, au développement durable et à l'agenda 21. De nombreux intervenants se sont succédés à la tribune pour partager leurs informations et pour présenter des actions en faveur de l'eau.

Mais le fil conducteur de toutes ces interventions était la fragilité de cette ressource, déjà aujourd'hui, mais demain de façon encore plus aïgue. Le climat est l'un des facteurs à prendre en compte. Par exemple, les experts ciblent une baisse de -20% à -60% en été sur le littoral méditérranéen. Dès 2030, la durée de l'enneigement baissera de -40% à -60% à 1200 mètres, avec une disparition de la neige au printemps au dessus de 1800 mètres dans les Alpes du sud ; cela aura un impact négatif sur les crues nivales, plus précoces dans l'année. Les étiages des rivières seront alors plus longs et plus sévères.

Les services de l'Etat (DDTM34) constatent une augmentation des périodes de sécheresse (environ tous les deux ans), et avec une gestion structurellement inefficace. Il faut passer d'une gestion de crises chroniques à une gestion durable de la résorption des déséquilibres avec par exemple une prise en compte de l'eau dans la planification territoriale (cf. SCOT et PLU). Aux conflits d'occupation des sols entre l'habitat et l'agriculture, va s"ajouter un conflit d'usage de l'eau.

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Dans le cadre du projet européen de recherche WAT (Water and Territories), le BRGM étudie des scénarios d'évolution de l'urbanisme et de l'habitat en Coeur d'Hérault sur une période 2007-2030. Le BRGM a déjà mesuré la consommation d'eau en fonction de la taille des parcelles ainsi que de la présence de jardins ou d'une piscine ; cette mesure réalisée dans l'agglomération de Perpignan fournit un modèle de consommation d'eau en fonction des types d'habitat. Avec ce modèle, et à partir des perspectives de croissance démographique sur le Coeur d'Hérault, le BRGM a évalué les besoins en eau selon plusieurs scénarios : laisser faire comme aujourd'hui (peu de logements collectifs et prépondérance de pavillons sur de grandes parcelles avec piscine), maîtrise timide de l'urbanisation (sur la taille des parcelles et sur les piscines), démarche volontariste (logements collectifs, habitat individuel sur des parcelles plus petites et sans piscine).

Le graphique ci-dessous illustre les résultats de cette étude. En fonction du scénario, le besoin en eau d'ici 2030 pour des usages domestiques augmente de +62% à +110% par rapport à la consommation de 2008 :

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Michel Deblaize, le responsable de la délégation à Montpellier de l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse, a réagit à ces données en indiquant que le Coeur d'Hérault n'aurait même pas ces 680 000 m3 en plus par an dans le meilleur des scénarios.

Le dernier volet de cette journée sur l'eau a porté sur la qualité de l'eau. L'alimentation en eau potable de l'Hérault provient à 90% d'eaux souterraines, mais les nappes subissent des pollutions agricoles et urbaines. Des nitrates autour de Mauguio, de l'arsenic dans les environs du Salagou, des pesticides dans les zones agricoles, etc. Il s'y ajoute aussi des nouvelles molécules issues de notre vie moderne (produits chimiques domestiques, désherbants, molécules pharmaceutiques, ...).

Les élus locaux présents ce mercredi 17 avril au Conseil général ont reçu le message, il reste maintenant à le traduire sur le terrain. Il faut une urbanisation responsable, il faut améliorer le rendement des réseaux d'adduction d'eau potable, il faut lutter contre les pollutions diverses, il faut introduire une facturation incitative et il faut faire beaucoup de pédagogie pour que la ressource en eau devienne un enjeu collectif. Sinon, il y aura beaucoup de Jean de Florette dans l'Hérault d'ici quelques décennies :=(