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19/08/2010

Ecologie, ce qui se joue à Nantes en cette fin de semaine estivale ...

Cet évènement militant annuel s'intitulait jusqu'à présent les "journées d'été des Verts". Depuis son édition 2009 à Nîmes, ce sont les "journées d'été du rassemblement des écologistes". Et cette année à Nantes, se joue l'avenir de l'écologie politique sur la scène nationale et dans la perspective des prochains scrutins.

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Deux sphères se confrontent depuis les élections européennes de 2009, le parti des Verts et la galaxie des sympathisants écologistes. Les premiers existent depuis 1984 et ils ont une histoire ainsi qu'un appareil politique structuré, les seconds entretiennent avec les Verts un parcours à la "je t'aime moi non plus". Mais depuis 2009, les sympathisants peuvent s'appuyer sur des élus non Verts, députés européens et conseillers régionaux. Et des élus dont la notoriété pèse fortement dans le rapport entre Verts et non Verts ... D'où certaines analyses dans la presse qui voient une confrontation structurelle entre le parti des Verts et Europe Ecologie ; ce n'est pas totalement faux sur la forme.

Mais sur le fond, les objectifs des uns comme des autres sont communs. Nous partageons tous les mêmes diagnostics sur l'empreinte écologique de l'homme ainsi que sur la finitude des ressources de la planète. Nous sommes tous d'accord sur le fait que ce sont les plus démunis qui sont les premiers à payer un lourd tribu à cette économie libérale et mondiale ; on le constate en France comme dans les pays du tiers-monde. Alors, Yves Cochet serait plus radical et Dany Cohn-Bendit serait plus libertaire ... Cécile serait plus jeune qu'Eva ... Mais tout cela fait la richesse de ce mouvement !

Il sortira de ces quelques jours Nantais une nouvelle organisation de l'écologie politique, et des moyens derrière un calendrier très serré. Les sympathisants seront associés aux prises de décision et les Verts resteront la colonne vertébrale de la future structure. L'accent sera mis sur l'action locale en valorisant l'apport ponctuel des sympathisants autant que celle des militants encartés. Le Conseil National des Verts validera les nouveaux termes de l'organisation des écologistes en septembre et les assises de novembre à Lyon seront l'assemblée constituante de cette nouvelle organisation.

L'écologie politique n'est pas derrière une femme ou un homme, comme d'autres partis n'existent que derrière un leader (Bayrou, Lepage, Besancenot, Mélanchon, ...). Aujourd'hui, ce sont tous les sympathisants de l'écologie politique qui vont décider de la forme que prendra ce mouvement, de la façon la plus démocratique et la plus conviviale qui soit.

16/08/2010

Face au chômage, il ne faut pas sombrer dans la culpabilité !

Je viens de terminer ce week-end le dernier livre de Florence Aubenas, "Le quai de Ouistreham". L'immersion de la journaliste dans la réalité qui est celle de millions de français se révèle être un témoignage qui supplante tous les chiffres et toutes les analyses qui tournent autour de la situation sociale de notre pays.

   
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Déjà, pour quelqu'un comme moi qui ait connu les guichets de l'ANPE et des Assedic pendant deux ans (2002-2004), le sort que réserve aujourd'hui Pôle Emploi aux demandeurs d'emploi est consternant. L'impératif des agents de Pôle Emploi est clairement de faire baisser les chiffres du chômage, et tous les moyens sont bons. Et les quelques témoignages dont je dispose sur l'agence de Clermont l'Hérault confirment l'incapacité de Pôle Emploi à répondre efficacement au public. Bien sur, on nous dira qu'à l'impossible nul n'est tenu et que les agents de Pôle Emploi n'ont pas les moyens d'exercer normalement leur mission ...

Mais le livre de Florence Aubenas témoigne aussi du changement d'attitude des demandeurs d'emploi face au chômage. Il y a quelques années encore, seul l'Etat était pointé du doigt face à la dégradation de l'emploi, mais désormais les demandeurs d'emploi se sentent coupables, ils se trouvent une part de responsabilité non pas dans l'origine de leur situation, mais essentiellement dans les solutions pour s'en sortir. Et je pense immédiatement aux demandeurs d'emploi américains qui assument à 100% leur situation. Outre-Atlantique, mais aussi outre-Manche, l'individualisme est poussé à un tel paroxysme que les personnes actives ne comptent absolument pas sur l'Etat ; et ils sont prêts à tous les petits boulots précaires (dans l'esprit des conquérants).

Or, la France a un long passé ouvrier marqué par de nombreux acquis sociaux. La solidarité n'est pas l'une des devises de la République, mais elle s'est imposée au 20ème siècle, au travers de l'action syndicale et des lois votées par le Parlement (ou le Conseil National de la Résistance de 1944 à 1947). Dans "Le quai de Ouistreham", on voit une partie de la population s'enfermer dans une paupérisation durable. Et ça, ce n'est pas acceptable au 21ème siècle dans un pays dont la richesse globale est une réalité.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, et afin de fixer des objectifs économiques stratégiques à tous les acteurs concernés (entreprises, marchés financiers, régions, ...), a été mis en place un "Commissariat Général du Plan".  Ainsi, l'Etat planifiait sur des périodes de 3 à 4 ans ses réformes majeures pour moderniser l'économie, mais aussi pour la dynamiser et la rendre plus concurrentielle. Cette implication du Gouvernement dans l'économie du Pays faisait la singularité de la France, mais ses détracteurs ne se lassaient pas de la comparer aux économies planifiées des régimes communistes. Mais la mondialisation en a sonné le glas ! Entre la construction européenne qui donnait le tempo des réformes économiques fortement empreintes de libéralisme (l'Europe a été le laboratoire de l'OMC), et une globalisation de l'économie qui vit au rythme des marchés financiers, les gouvernants qui se sont succédés depuis 30 ans ont été incapables de positionner la France dans ce vaste échiquier. Et il était alors plus simple de laisser les fameuses "lois du marché" rythmer nos stratégies économiques. Fini Le Plan, et voilà les petits plans (plans de la ville, plans Etats-Régions, plans d'aménagement du territoire, plans de relance, ...).

Aujourd'hui, il n'y a plus de pilote dans l'avion France, juste un roitelet et sa cour. Il est urgent pour 2012 que le pays se choisisse un Gouvernement de vraie rupture, il faut libérer les français du poids que la situation économique fait peser sur chacun d'eux et il faut affronter collectivement le challenge d'un pacte social fondé sur la solidarité.

15/08/2010

Un(e) écologiste élu(e) en mars prochain sur le canton de Clermont l'Hérault, c'est un objectif réaliste et nécessaire

En mars 2011, se dérouleront les élections cantonales. Dans l'Hérault, 26 des 49 cantons sont renouvelables, dont celui de Clermont l'Hérault où le socialiste Clermontais Alain Cazorla est candidat à sa réélection. D'autres personnalités ont déjà fait part de leur candidature, comme la Clermontaise Claude Blaho-Poncé qui représente la parti de Jean-Marie Bockel (La Gauche Moderne), et la Popianaise Marie-Agnès Sibertin-Blanc pour l'UMP.

Europe Ecologie et les Verts ont lancé cet été un appel à candidatures en interne de leurs structures, mais aussi vers l'extérieur. En effet, Europe Ecologie a construit son succès aux europénnes et aux régionales sur l'ouverture à des candidats non encartés, des militants expérimentés dans des domaines variés. Je pense par exemple à la magistrate Eva Joly dont Dany Cohn-Bendit disait récemment qu'elle n'aurait jamais été qualifiée si elle avait du passer toutes les étapes de sélection interne aux Verts, et quand aujourd'hui elle est pressentie pour représenter les écologistes à l'élection présidentielle de 2012 ! Mais d'autres militants qui n'avaient pas jusqu'à présent un passé d'écologiste émérite ont été acceuillis sur les listes des régionales (Philippe Meirieu, Robert Lion, Augustin Legrand, Bruno Rebelle, Laurence Vichnievsky, Pierre Larrouturou, Pascal Frissant, ...) ; et c'est cette dynamique d'élargissement qui va se poursuivre lors des prochains scrutins.

Pour Clermont l'Hérault, j'ai proposé ma candidature en interne des Verts ; j'étais déjà candidat aux cantonales de 2004. Mais la situation sur Clermont l'Hérault est compliquée, le combat autour de la ZAC de la Salamane illustre les divergences politiques profondes exprimées par les divers acteurs politiques locaux. Et l'élection cantonale de mars 2011 ne doit pas se transformer en un référendum démagogique pour ou contre la ZAC de la Salamane, pour ou contre la création de centaines d'emplois dans le secteur tertiaire. Il faut dépasser cette question finalement très ponctuelle pour aborder le projet de territoire pour le Coeur d'Hérault, celui-ci s'inscrivant dans un projet de société porté par les écologistes à l'échelle mondiale.

Aussi, et pour réussir ce pari sur Clermont l'Hérault, je me fais l'écho de l'appel lancé par les instances Vertes pour que des personnalités locales fassent acte de candidature. Evidemment, et quand on sait qu'il n'y a qu'une seule femme actuellement conseillère générale sur 49 élus départementaux, une cadidature féminine serait idéale. Par ailleurs, des discussions sont déjà bien engagées avec d'autres formations politiques de la gauche non socialiste, une candidature de rassemblement pouvant favoriser les chances de gagner. Il ne faut pas occulter non plus que la dynamique du collectif de la Salamane est un formidable catalyseur politique que bien des structures locales de partis politiques peuvent envier.

La perspective de voir un(e) élu(e) écologiste du Clermontais intégrer l'Assemblée Départementale en mars 2011 est d'une probalibilité non négligeable. Cela constiturait une alternance salvatrice pour le Coeur d'Hérault, mais aussi un retour des écologistes au sein du Conseil Général de l'Hérault. Il est donc très important de ne pas se précipiter, de ne pas suivre le tempo de la création de la ZAC de la Salamane dans lequel Alain Cazorla essaiera de focaliser sa campagne, mais aussi de choisir le couple de candidats (**) qui sauront entraîner derrière eux des électeurs attachés à leur territoire, à sa dynamisation économique comme à sa valorisation patrimoniale.

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(*) Eva Joly dans le quotidien Sud-Ouest du 15 août 2010 : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/oui-l-election-presiden... et http://www.sudouest.fr/2010/08/15/la-vie-remp-lie-d-eva-j...
(**) A l'élection cantonale, il faut présenter un(e) titulaire et un(e) suppléant(e) de sexes opposés.