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28/08/2015

La Salamane, future aire de service sur l'A75 :=(

Une aire de service de l'autoroute A75 à la Salamane ... Non, nous ne sommes pas un 1er avril, mais ce projet-là est la suite logique d'une absence totale d'anticipation de la part des élus du Clermontais. Cf. article de Midi Libre.

Déjà, il est assez original que des élus locaux conçoivent une aire de service autoroutière, alors que ce sont plutôt les services de l’État qui programment ce type d'équipement le long d'un trajet autoroutier. Car ces aires répondent à des besoins de service qui doivent répondre aux besoins des usagers de l'autoroute, sans qu'une aire à un endroit ne porte préjudice à d'autres aires, tout en assurant la fluidité du trafic. Une aire de service est par ailleurs un espace exclusivement dédié à l'autoroute, avec un accès direct. Là, c'est le giratoire de l'A75 entre la Salamane et les Tanes Basses qui servirait d'entrée et de sortie vers cette aire de service. Cela apportera un supplément de trafic pas du tout prévu dans le dossier de création de la ZAC de la Salamane ! Rappelons que cette ZAC a été voulue par les élus du Clermontais pour créer de l'emploi, pas des bouchons ...

Dans le rapport de l'inspection des installations classées de février 2012, le Préfet de l'Hérault actait que le trafic routier engendré par les activités logistiques de la plateforme de Système U entraînerait un trafic supplémentaire de 213 poids lourds et de 478 véhicules légers par jour. Le rapport ajoute que « l'incidence du projet sur le trafic est qualifiée de peu significative sur la fluidité aux alentours du site ». Mais c'était sans compter toutes les activités commerciales et cette aire de service qui vont accroître de façon significative le trafic routier autour du giratoire de l'A75.

Mais au registre des aires de service, d'autres lieux avaient été étudiés par le passé. Quand l'A75 a été réalisée, une aire de service avait été souhaitée à Paulhan par l'équipe municipale de l'époque ; l’État ne proposait alors qu'une aire de repos et avait un projet d'aire de service à Valros. Mais au final, ceux qui empruntent l'A75 vers Béziers constatent par eux-mêmes que l'emprise foncière de cette aire de service n'a jamais été aménagée sur Valros. Au nord, c'est sur la commune du Bosc qu'une aire de service est en projet. A l'époque de l'enquête publique, en 2011, j'avais déposé mes commentaires auprès du commissaire enquêteur et j'en avais donné les détails sur mon blog (cf. publication).

Ci-joint la note déposée en marie du Bosc en juillet 2011 :

Lettre au patron du SDIS

Mon argumentaire pour le Bosc pourrait être repris mot pour mot dans le cas de Clermont l'Hérault. Nous sommes sur une autoroute gratuite dont chaque sortie vers des villages du Cœur d'Hérault est une invitation à venir découvrir notre patrimoine et à rester un peu plus longtemps que pour une pause pipi ou qu'un plein d'essence. Alors que le Clermontais a le plus grand mal à capter le flux touristique qui emprunte l'A75, nous nous satisferions d'une aire de service en bord d'autoroute ... sans rien faire pour que les usagers de l'A75 fassent quelques kilomètres de plus pour visiter nos commerces de ville, nos sites touristique et contribuent ainsi au développement économique du Clermontais.

En février 2013, je publiais une note intitulée « La Salamane, future Méga-aire de repos sur l'A75 » tant l'opportunisme commercial de quelques porteurs de projet prenait le pas sur le portage politique d'un projet structurant pour notre territoire.

Aire_A75.JPG

Ce projet d'aire de service sur la ZAE de la Salamane est donc vraiment une aberration. Déjà, penser à mettre une station service sur une parcelle voisine de la plateforme Système U (« devant le mur latéral des entrepôts Hyper U » selon Midi Libre), c'est oublier un peu vite que nous avons là un site classé Seveso seuil bas. Or, suite à la double explosion survenue à la mi-juillet sur le site pétrochimique à Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône) qui a mis en lumière les difficultés de sécuriser les sites industriels sensibles, et ce qui survenait peu de temps avant, à savoir l’attentat du 26 juin 2015 contre un établissement Seveso seuil bas à Saint Quentin Fallavier (Isère), la ministre de l’Énergie et de l’Écologie, Ségolène Royal, a décidé de mobiliser les 1.300 agents en charge de l’inspection des sites classés pour qu’il y ait une inspection d’ici fin 2015 de chacun d'eux. Les installations concernées devront aussi d’ici fin septembre répondre à un questionnaire précis sur les mesures de sécurité et de vigilance qu’elles sont censées mettre en place. Cf. instruction du 30 juillet 2015 qui précise les modalités de mise en œuvre opérationnelle des actions suivantes de contrôle. Alors une station service au pied de ce site, ça doit certainement faire l'objet d'une case à cocher sur le questionnaire ;-)

Pour conclure, ce projet d'aire de service illustre l'échec économique, écologique, social et politique de la ZAC de la Salamane. Économiquement, les élus intercommunaux restent incapables de proposer un projet de territoire fondé sur un diagnostic économique et sur des orientations de long terme ; et la Salamane reste du foncier d'entreprise à vendre à ceux qui en veulent. Écologiquement, il y avait là 70 hectares de terres agricoles irriguées pour lesquelles la chambre d'agriculture s'était opposée à la révision du PLU de Clermont l'Hérault ; espérons néanmoins que cet échec de commercialisation va dissuader d'autres projets dans la grande plaine de l'Hérault. Socialement, je rappelle qu'Alain Cazorla avait promis de 500 à 600 créations d'emploi sur cette zone d'activité économique. Aujourd'hui, le solde net de création d'emplois doit tourner autour de 50. Enfin, politiquement, les élus ne portaient aucun projet cohérent ; pas de filière industrielle ou commerciale sur laquelle former des jeunes et embaucher des demandeurs d'emploi du Clermontais, pas d'identité forte portée par cette ZAE afin de la rendre plus attractive, pas de synergie avec les autres ZAE des territoires voisins pour envisager des complémentarités, aucune étude sur la desserte ferroviaire de la Salamane, etc.

29/07/2015

Un beau livre pour le Salagou, une belle collection de contributions

Pour tous ceux qui sont attachés au patrimoine naturel et à l'attractivité du Cœur d'Hérault, Il n'est pas possible de passer à côté de cet ouvrage passionnant produit par 200 contributeurs (experts, scientifiques, acteurs locaux, témoins historiques, ...).

Philippe Martin, Matorral, Salagou

C'est autour de Philippe Martin que ce livre s'est élaboré. L'écologue Philippe Martin renouvèle ici un exercice exigeant de témoignages, d'explications et de découvertes sur le Salagou, ce site qui est devenu sa passion. Le livre ne peut pas se raconter ou se résumer, c'est comme un bon repas dans un restaurant étoilé dont la carte ne peut révéler les vrais plaisirs, il faut le lire.

Chaque page de l'ouvrage est une ardente invitation à venir sur place retrouver un paysage, un panorama, une plante ou un animal, un vestige de l'histoire du lac, un ouvrage d'art, ... car même pour ceux qui ont déjà parcouru le site, le livre nous fait découvrir des trésors qui appellent à d'autres voyages. On mesure d'ailleurs, au fil des 228 magnifiques pages du livre, que les élus locaux, que les associations et que tous les spécialistes du Salagou en ont encore sous le pied pour valoriser ce site. Et sans en faire un site touristique comme l'est le Mont Saint-Michel, un autre grand site de France, le Cœur d'Hérault dispose là, avec le cirque de Navacelles et Saint-Guilhem-le-Désert, d'un potentiel touristique à développer avec intelligence, avec responsabilité et en y associant tous les acteurs locaux.

En même temps, et à l'opposé des deux autres sites, le Salagou est un site récent (un demi-siècle) et il est en équilibre fragile entre ses deux orientations majeures, à savoir sa vocation initiale de réservoir d'eau pour l'irrigation agricole et sa dimension touristique acquise au fil du temps. Mais les infrastructures touristiques reposent sur une côte entre 139 et 142 ; il suffirait que les besoins en eau en aval de la Lergue et de la vallée de l'Hérault soient plus importants qu'aujourd'hui, et le réchauffement climatique nous y conduit, pour que le tourisme en pâtisse lourdement. La nature elle s'y adapterait, comme elle s'est adaptée à la mise en eau du barrage en 1969, mais les évolutions du climat nous montrent que même à cette échelle les activités humaines sont plus fragiles que la planète elle-même.

Philippe Martin, Matorral, Salagou

Le lecteur se laisse emporter par les contenus de toutes ces pages étonnantes, et on ne s'étonne même pas de quitter les ruffes du Salagou pour les figures du cirque de Mourèze, ou de passer du panorama du mont Liausson pour celui du pic de Vissou à Cabrières. La manufacture royale de Villeneuvette est peut-être la seule exception à ces errances paysagères, car cette cité ouvrière témoigne d'abord de l'innovation humaine.

On peut trouver cet ouvrage à la librairie du boulevard à Clermont l'Hérault, c'est là où je l'ai acheté pour 20 €. Et c'est un très beau cadeau à faire à des amis ; c'est en tous cas le cadeau qu'a fait le Président de la Communauté de communes du Clermontais, Jean-Claude Lacroix, au Président du Conseil départemental de l'Hérault, Kléber Mesquida, le 8 juillet dernier.

philippe martin,matorral,salagou

24/03/2013

Pourquoi le Maire-Président Cazorla fait-il acheter la gare de Clermont l'Hérault par la Communauté de communes, et pas celle de Paulhan ?

La SNCF a mis en vente les gares de Clermont l'Hérault (pour le prix négocié de 260.000 €) et de Paulhan (offre de départ à 340.000 €). Dans les deux cas, ces gares font partie du patrimoine local ; elles témoignent du dynamisme économique qu'a connu notre territoire tout au long du 20ème siècle et nombreux sont ceux qui se souviennent encore de leur voyages sur ces anciennes lignes du Coeur d'Hérault.

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Aujourd'hui, la gare de Clermont l'Hérault accueille une agence commerciale de la SNCF pour la distribution de billets, ainsi que l'office de tourisme intercommunal. A Paulhan, la gare est utilisée pour des logements ainsi que pour des salles d'activités municipales.

Depuis plusieurs mois, Alain Cazorla annonce qu'il fera acheter la gare de Clermont l'Hérault par sa Communauté de communes. Il répond ainsi aux Clermontais qui se mobilisent contre la fermeture de l'agence SNCF, mais il est évident que la SNCF ne maintiendra pas son service commercial, que la gare soit vendue ou non. Ce service pose des problèmes d'affectation de personnels, en même temps que les usagers peuvent se faire livrer des billets de train commandés sur Internet ou les retirer dans des agences de voyage.

Le projet de Clermont l'Hérault est donc d'acquérir la gare pour y étendre l'office de tourisme, mais aussi pour y proposer des services pour la petite enfance et la jeunesse. Côté Paulhan, le Conseil municipal a délibéré pour que la gare soit aménagée et offre des logements aidés (conformément au Plan Local de l'Habitat).

Ainsi, Clermont l'Hérault et Paulhan ont chacune une gare qui revêt un caractère patrimonial très fort et dont la destination future répond à des besoins d'intérêt général. Alors pourquoi Alain Cazorla s'entête-t-il à n'inscrire au budget général primitif 2013 de la Communauté de communes que le seul achat de la gare de Clermont l'Hérault ? Le Maire de Paulhan s'en est déjà inquiété en Assemblée Communautaire, le délégué de la Commune de Paulhan s'en est fait l'écho en commission des finances, mais en vain car la gare de Paulhan reste écartée des investissements communautaires.

Peut-être le Président de la Communauté de communes fera-t-il une proposition concrète aux délégués de Paulhan lors de la séance du 27 mars ; nous ne pensons pas qu'il puisse en être autrement.