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23/12/2015

Acheter de l'air canadien pour survivre ... Joyeuses fêtes !

Non, ce n'est pas du vent que vend cette société canadienne Vitality Air, mais tout simplement de l'air, et le marché est en train de croître contre toute attente. Les deux co-fondateurs Troy Paquette et Moses Lamde entrent désormais sur un marché plutôt lucratif, alors qu'ils avaient lancé leur affaire comme une plaisanterie, en 2014. Ils avaient mis aux enchères sur eBay des sacs en plastique remplis d'air. Enchère minimum : 50 centimes. C'est quand un sac a finalement été vendu 160 dollars que l'idée a germé.

Les Chinois commandent massivement ces bouteilles d'air comprimé qui sont commercialisées entre 13 € et 20 € en fonction du volume ; le format de 7,7 litres offre 150 bouffées d'air frais du lac Louise ou de la station balnéaire de Banff en Alberta.

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C'est le journal Les Échos qui nous révèle cet engouement des chinois pour l'air en bouteille, mais qui illustre surtout le degré d'urgence sanitaire que constitue la pollution de l'air dans les bassins industriels de Chine.

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C'est le volet moins séduisant de la mondialisation qui s'affiche ainsi ; l'air est pollué (et irrespirable) en Chine, mais dans d'autres endroits du Monde qui connaissent d'exceptionnelles croissances économiques, ce sont les eaux des rivières et des lacs, les terres cultivables, les poissons et les volailles qui constituent des atteintes graves pour la santé humaine.

23/10/2015

SCOT du Coeur d'Hérault, le Lodévois-Larzac dit "Oui, mais ..."

C'est à l'ordre du jour du prochain Conseil syndical du Pays Coeur d'Hérault, et Midi Libre nous informe que ce sera aussi inscrit à l'ordre du jour d'un prochain Conseil communautaire du Lodévois et Larzac, et c'est une excellente nouvelle que les élus du Lodévois-Larzac acceptent d'adhérer au SCOT du Cœur d'Hérault. Ils y arrivent néanmoins un peu tard, car l'arrêté de périmètre du SCOT a été signé par le préfet de l'Hérault le 11 octobre 2012, et que depuis trois ans des études ont été diligentées qui se focalisent essentiellement sur les territoires du Clermontais et de la Vallée de l'Hérault. Le Lodévois-Larzac n'a jamais été occulté, mais il faudra compléter les études avant d'entamer les phases formelles de diagnostics et de construction du projet de SCOT. Nos voisins du Lodévois-Larzac y étaient par ailleurs incités par la loi Grenelle II qui fixe au 1er janvier 2017 la généralisation des SCOT à toutes les communes (ou plus précisément l'application du 1er alinéa de l'article L 122-2 du Code de l'Urbanisme qui restreint les possibilités d'urbanisation des communes).

Le Lodévois-Larzac semble aussi s'orienter vers la mise en place d'un Plan Local d'Urbanisme intercommunal (PLUi), ce qui permettra évidemment à ce territoire de porter plus solidairement encore ses orientations d'aménagement, « qui préserve sa diversité paysagère, patrimoniale et agricole » comme le précise le député de l'Hérault Frédéric Roig dans les colonnes de Midi Libre.

Je lis dans l'article de Midi Libre que nos voisins du Lodévois-Larzac veulent que les maires soient étroitement associés à la démarche, mais c'est déjà la gouvernance du SCOT telle qu'elle s'applique depuis 2013 :

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Il y a donc déjà une conférence des maires, comme le souhaite Marie-Christine Bousquet, mais cela ne pourra en aucun cas répondre à son exigence que « ce sont les maires qui doivent être décisionnaires du Scot, le conseil des maires du Pays doit être l'organe délibérant et décisionnaire ». La loi prévoit que c'est un EPCI ou un Syndicat mixte qui délibère sur le SCOT et qui en assure le suivi et ses mises en révision.

Je comprends bien la crainte des élus locaux de voir un "bureau du SCOT", leurs fonctionnaires et des bureaux d'études prendre seuls les initiatives dans un souci d'efficacité, surtout au vu d'un calendrier très contraignant. Mais le contrôle démocratique de ce processus ne se réduit pas qu'à la vigilance des maires, il doit absolument inclure les citoyens !

Et je tiens à rappeler que le Pays Cœur d'Hérault comporte un Conseil syndical, l'organe délibérant, mais aussi un Conseil de développement. Ce Conseil de développement est composé d'associations et de personnes qualifiées qui collaborent à l'élaboration des projets du Pays, et qu'il faut véritablement lui donner plus de moyens et une meilleure articulation avec les actions du Conseil syndical.

06/10/2015

Construire des parkings inondables, mais si c'est (encore) possible

Voilà une étrange décision d'un préfet que d'accorder un permis de construire en zone inondable pour la future gare TGV de la Mogère, au sud de Montpellier. Un collectif et de nombreux mouvements dénoncent ce projet dont la gare n'est que le germe ; la métropole de Montpellier y voit là son nouveau puzzle urbain.

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Dans l'interview qu'il donne à TV Sud, le prefet de l'Hérault précise que : « S'agissant de l'inondabilité, il y a de fait une petite partie du parking, donc pas du tout une zone habitée, qui se trouve potentiellement dans une zone inondable telle que nous-mêmes l'avons repéré dans le PPRI ». Est-ce vraiment sérieux ? Vous imaginez celles et ceux qui laissent leur voiture pour un déplacement à Paris ou à Lille et qui reviennent le soir pour voir leur voiture inondée ? Et vous pensez que les assurances vont continuer à rembourser des dégâts prévus ? Et puis les drames de ce week-end dans les Alpes-Maritimes montrent bien que même des parkings peuvent devenir des pièges mortels.

Ce projet Gare Sud de France dont le préfet vient de signer le permis de construire est au cœur d'un plus vaste projet urbain : Oz Montpellier Nature Urbaine, projet porté par Jean-Pierre Moure quand il présidait l'Agglomération de Montpellier. Tout cela est dans le prolongement de l'idée fixe de Georges Frêche de voir Montpellier rejoindre la mer ... Mais qu'ils se rassurent tous, avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau de la mer, le sud de Montpellier aura bientôt les pieds dans l'eau.

Aujourd'hui, les victimes et les observateurs des conséquences terribles des inondations côtières pointent la responsabilité des services de l’État et des collectivités locales pour leurs décisions prises il y a 20 ou 30 ans. Et c'est donc dans 20 ou 30 ans, quand des drames surviendront sur ces zones-là que nous nous demanderons qui a autorisé ce type de développement urbain, là en zone inondable.

Il n'y a pas si longtemps encore, mais la tradition remonte à la nuit des temps, les anciens construisaient toujours en hauteur, pour prévenir des attaques guerrières, mais aussi pour se mettre à l'abri des risques naturels. Ce type d'urbanisme ancien a donné naissance dans notre région aux villages en circulade, avec un habitat très dense, mais qui est aussi synonyme de plus grande cohésion sociale. Évidemment, construire à flanc de colline coûte plus cher que de poser des légos en plaine, ces bâtiments parallélépipédiques qui se construisent en quelques semaines. Toujours le moindre coût à très court terme ... et personne pour penser les territoires aménagés un demi-siècle plus tard.

Je l'ai certainement raté, mais j'imagine que ces projets vont créer de l'emploi, non ? Imparable !