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06/06/2017

Une campagne qui se fait de plus en plus sur le Web, et cela permet de toucher plus de monde sur des thématiques mieux ciblées

Les formes de campagne électorale évoluent, Mélenchon et Macron l'ont très bien illustré lors de la présidentielle, et le candidat à l'élection législative que je suis s'y adapte. Si je vais sur les marchés rencontrer des citoyens, ce n'est pas pour leur tendre un tract qui ne sera pas lu, mais pour échanger ; la diffusion des idées se fait de plus en plus sur le Web et sur les réseaux sociaux. J'ai aussi renoncé aux réunions publiques, où seuls ne viennent que les militants et les électeurs qui avaient de toutes façons déjà décidé de voter pour vous ... Par contre, les associations et les collectifs profitent de cette élection pour interroger les candidats à la députation, et c''est une opportunité que nous n'avions pas par le passé de toucher un très large éventail de publics.

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L'une de ces associations (et l'ordre d'apparition n'a pas d'importance) est « Des Terres, pas d'Hypers ! ». Leur courrier était direct et la question de la préservation (moi je préfère parler de reconquête) des terres agricoles est au cœur de mes combats locaux et nationaux. Sur 8 candidats sollicités sur la 34-04, nous n'avons été que deux à répondre ; sur la 34-05 où je suis élu local à Paulhan, un seul des 7 candidats sollicités à répondu. Je vous invite à lire les réponses des candidats, mais il est tout aussi important de pointer celles et ceux qui n'ont pas répondu ... Je le disais plus haut, la leçon de l'élection présidentielle est justement que les électeurs veulent d'autres rapports avec leurs élus que de serrer des mains sur les marchés et boire un verre à la fin d'une réunion. Il est temps d'aborder les questions de fond, sans tabou !

La lettre de l'association aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Les deux réponses sur la 34-04             >    picto_pdf.jpg
L'unique réponse sur la 34-05               >    picto_pdf.jpg

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Une autre sollicitation est venue du comité des usagers du Bassin de Thau du cycle de l'eau. Dans son courrier, le comité demande aux candidats s'ils sont d'accords ou non pour porter leur projet de révision constitutionnelle sur le droit à l'eau. Autant je suis en phase sur les motivations de cette démarche, autant je trouve que leur issue est radicale ; car nous ne manquons pas d'alternatives pour arriver au même résultat. Sur les 44 candidats des trois circonscriptions qui bordent le bassin de Thau (34-04, 34-07 et 34-08), le comité n'a réussi à n'en contacter que 23, et seulement 11 réponses ont été retournées.

Comme pour les terres agricoles, les élus locaux ont entre leurs mains tous les outils pour maîtriser l'impact environnemental du développement de leurs communes, et en passer par une révision de la Constitution pour que les collectivités locales agissent de façon responsable dans l'intérêt général, c'est un peu trop radical à mon goût. J'ai apprécié que le comité juge mon courrier de réponse comme ... encourageant ;-)

La lettre du comité aux candidats     >    picto_pdf.jpg
Les réponses des candidats             >    picto_pdf.jpg

Collectif Oxygene 

Dans le même objectif de protéger les terres agricoles, c'est le Collectif Oxygène qui a contacté tous les candidats des circonscriptions du Nord de Montpellier (en réalité 42 sur 53 car le Collectif ne dispose pas de l'adresse mail ou d'un moyen de contacter tout le monde) ; les circonscriptions concernées sont la 34-02, la 34-03 et la 34-04.

Le Collectif met sur son site Web les réponses des candidats au fur et à mesure de leur arrivée ; je ne suis donc pas en mesure d'en publier la synthèse et je ne peux donc que mettre en ligne que ma propre réponse.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

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Autre registre de revendications citoyennes, les rayonnements électromagnétiques ; et c'est le Collectif Antennes Relais Montbazin qui m'a adressé ses questions. Je n'ai pas trouvé sur ce site ou ailleurs la démarche suivie par le Collectif ; quels candidats ont été contactés et où leurs réponses peuvent être lues, mais je ne doute pas que nous saurons tout cela d'ici dimanche.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

J'ai encore d'autres questionnaires sous le coude, comme celui pour la campagne « 15 propositions pour une France solidaire dans le monde » à l'initiative de ActionAid France-Peuples Solidaires, de CCFD-Terres Solidaire, d'Oxfam France et du Secours catholique-Caritas France.

Mais ces structures que j'appellerai des « corps intermédiaires citoyens » invitent aussi les candidats à venir les rencontrer ; c'est ce que je vais par exemple cette semaine auprès de la Confédération Paysanne.

Cette façon de questionner des candidats et de publier leurs réponses est un exercice démocratique nouveau dans notre paysage politique, tant les candidats étaient habitués à asséner leurs certitudes, même quand ça ne répond pas du tout aux attentes de leurs concitoyens. Et pour des candidats qui veulent exercer un mandat électif, n'y a-t-il pas meilleure entrée en matière que de se prêter à ces sollicitations ? Car cela préfigure aussi la façon dont les candidats vont rendre compte de leur mandat au fil de l'eau ...

26/04/2017

D'une lutte ne nait pas que le chaos, peuvent germer aussi des réflexions collectives et des initiatives partagées

Le Collectif Oxygène organisait ce samedi 22 avril une réunion avec des ateliers et la projection d'un film sur le thème « Des Terres, Pas d'Hypers ! ».  Ce collectif s'est constitué à l'automne 2014 pour lutter contre le projet d'implantation d'un ensemble commercial Oxylane le long de la route départementale de Saint-Gély-du-Fesc (D986 - Route de Ganges), sur la commune de Saint-Clément-de-Rivière. Là, sur 24 hectares de terres agricoles, il est prévu d'en bétonner la moitié ! Car si au départ l'installation d'un magasin Décathlon s'inscrivait dans une complémentarité avec des activités de sport et de loisir sur le site, il s'est vite avéré que le projet était réellement celui de commerces qui profiteraient ainsi de leur situation aux portes de Montpellier.

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L'ordre du jour de l'après-midi était assez dense (cf. ordre du jour en version PDF), chaque intervenant ayant 10 à 15 minutes de présentation, mais les échanges avec la salle ont été nourris.

De l'intervention de Mickaël Delafosse et des échanges qui suivirent, j'ai noté la concurrence des intercommunalités entre elles. Alors que la Métropole de Montpellier investit pour le logement social et sur des équipements et des infrastructures publiques, la Communauté du Grand Pic-Saint-Loup se contente de poser en périphérie une zone commerciale dont elle tirera de substantielles recettes fiscales. Et cette obsession de la prédation fiscale pour alimenter le budget de l'EPCI se soucie très peu des commerces de proximité au cœur des villages. Les conséquences négatives ne manquent pas, depuis la dégradation paysagère des entrées de village jusqu'à la montée d'un vote FN alimenté par l'abandon des services de proximité.

Pour certains, la responsabilité d'un EPCI comme la Communauté du Grand-Pic-Saint-Loup serait plutôt de créer un pôle commercial au cœur de son territoire, comme par exemple autour de Saint-Mathieu-de-Tréviers. Car les espaces agricoles, naturels ou boisés constituent des ceintures vertes, mais aussi des ruptures entre deux intercommunalités voisines. Si demain le projet Oxylane se réalise, il y aura alors une continuité urbaine entre d'un côté les communes voisines de la métropole de Montpellier, comme Grabels, Montferrier-sur-Lez et Prades-le-Lez, et de l'autre Saint-Clément-la-Rivière ; celle-ci serait donc naturellement éligible à rejoindre le périmètre de Montpellier Méditerranée Métropole ...

Dans l'aire urbaine de Montpellier, c'est la démographie qui est le paramètre le plus difficile à maîtriser, avec ce phénomène d'étalement urbain observé depuis un demi siècle. Car ce sont toujours les terres agricoles les plus fertiles qui sont urbanisées, en gros celles que l'on trouve en plaine ; alors que par le passé nos anciens avaient le bon sens de construire sur les hauteurs et de laisser la plaine pour les cultures et l'élevage. Certains élus en profitent pour eux-mêmes, mais Renaud Calvat, maire de Jacou, évoquait l'acquisition sur le territoire de sa commune du domaine de Viviers à la famille Pagezy par la Métropole ; ce sont 200 hectares d'espaces agricoles et naturels boisés sur lesquels sont pérennisés des projets agricoles depuis 2011. Renaud Calvat informait par ailleurs qu'il y a deux jours la SAFER venait de finaliser l'installation d'un agriculteur sur 5 hectares en agro-écologie, et cela à quelques centaines de mètres de l'arrêt de tramway.

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Les communes peuvent, si elles le souhaitent, jouer un rôle considérable pour assurer l'indépendance alimentaire sur leur territoire. L'exemple de Barjac a été immortalisé par le film de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront », et il fait référence, mais c'est un autre village des Alpes-Maritimes qui était évoqué ce samedi ; la commune de Mouans-Sartout a créé une Régie Agricole Municipale (RAM) et embauché un agriculteur pour fournir en fruits et légumes bio la cantine de l'école du village. Et à la question que j'ai posé pour mieux cerner les outils dont disposaient les communes, souvent propriétaires de terrains en friche et sollicitées par des porteurs de projets sans pouvoir y répondre de façon efficiente, la maire de Murviel-les-Montpellier, Isabelle Touzard, a évoqué les associations foncières pastorales (AFP) qui permettent de sanctuariser des terrains agricoles pour faciliter l'accès au foncier de porteurs de projets. De plus, l'AFP est une personne morale qui peut obtenir des subvention et être maître d'ouvrage pour des travaux d'aménagement.

Pour sa part, le maire de Grabels, René Revol, a cité le cas de sa commune où le préalable est la démocratie alimentaire. En gros, il est vain d'imposer à des habitants tel ou tel comportement de consommation, et il est préférable de leur laisser se fixer leur propre cadre alimentaire. Le territoire de Grabels se compose de 16% de parcelles urbaines et de 84% de parcelles en espace agricole ou naturel ; le potentiel d'installation agricole n'est donc pas négligeable, mais la commune a tenu a mettre en place un marché de producteurs locaux afin de renforcer et de fidéliser le lien entre producteurs et consommateurs. Et par ailleurs, Grabels participe à un Périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN) avec 5 communes voisines (Combaillaux, Clapiers et Vailhauquès) ; il s'agit là de graver dans le marbre la vocation agricole de terrains destinés à la production agricole, car seul un arrêté ministériel peut modifier ou annuler un PAEN.

J'ai jeté ici en vrac un ensemble de notes de cet après-midi-là, mais elles illustrent la richesse des échanges que nous pouvons avoir, et cela à partir de la contestation d'un projet inutile. Et non, refuser un aménagement n'est pas synonyme d'opposition systématique, butée et fermée ; cela peut se traduire en propositions et en opportunités partagées sur d'autres territoires. C'est d'ailleurs ce qui nous manque le plus aujourd'hui, cette capacité à échanger et à promouvoir des alternatives à tout ce qui entame la durabilité de notre planète. Donc un grand merci à toutes les personnes engagées dans le collectif Oxylane !

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21/04/2017

Observatoire de l'Eau en Coeur d'Hérault, outil qui pourrait se mettre en place en 2017 ...

Ce vendredi matin en Conseil Syndicat du Pays Cœur d'Hérault, j'ai présenté une note à propos de la création d'un Observatoire de l'Eau (cf. texte en version PDF).

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Je ne vais redévelopper le contenu de ce document dont j'ai par ailleurs souvent publié des éléments sur ce blog, mais il est plus intéressant d'évoquer les échanges en Conseil syndical. De façon générale, tous les élus sont unanimes à souhaiter que les informations soient mieux collectées, mieux exploitées à l'échelle de notre territoire et mieux portées à la connaissance de nos concitoyens et de tous les usagers de l'eau sur ce tronçon du fleuve Hérault qui s'écoule de Saint-Guilhem-le-désert à Uscals-d'Hérault (et pour la rive gauche de Puéchabon à Campagnan).

Pour la gouvernance d'un tel outil, cet observatoire de l'eau, beaucoup trouvent opportun de s'appuyer sur les élus qui siègent déjà dans des structures supra (SMBFH, CLE, ASA, SIEVH, SYBLE, ...) ; c'est le gage d'un meilleur partage des informations, et sans ajouter d'interfaces compliquées. Pour d'autres, comme Louis Villaret, il ne faut pas s'interdire de demander à ces structures-là de mieux communiquer, car cela peut déjà répondre aux attentes des usagers. Pour Béatrice Négrier, les élus qui siègent dans ces structures externes ne sont que de passage ; et il est important de maintenir la mémoire de tous les travaux, de toutes les études et de toutes les délibérations qu'elles prennent.

Mais, comme l'évoquait Nicole Morère, faut-il encore que le SYDEL dispose des moyens humains et financiers pour faire vivre un tel observatoire, dont par ailleurs les tâches seront dévolues à l'élaboration du SCoT. En conclusion, le Président Villaret a chargé son Directeur d'étudier la faisabilité de mise en oeuvre d'un tel Observatoire de l'Eau, en collaboration avec les services des intercommunalités membres et avec nos partenaires habituels (AERMC, CD34, SMBFH, DDTM34, ...).

Nos voisins de la Métropole de Montpellier ont lancé le mois dernier un même outil de concertation et de gouvernance de l'eau sur leur territoire, l'Observatoire Montpellier Métropole de l'Eau (OMME). Il se compose de 45 membres répartis en quatre collèges, et il dispose d'un budget annuel de 10.000 €. La Métropole de Montpellier est elle aussi en révision générale de son SCoT, mais un Observatoire de l'Eau est structurant pour les prises de décisions politiques, et il va bien au-delà de ce besoin-là qui lui est conjoncturel.