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15/09/2012

Fessenheim, pourquoi attendre 2016 ?

L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) impose à EDF d'importants travaux de mise en sécurité de la centrale pour qu'elle puisse continuer à fonctionner ; le coût de ces travaux est estimé à 30 M€ par tranche, soit un total d'au moins 60 M€ pour ce site le plus ancien de France.

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D'où le dilemme ... Si la centrale de Fessenheim ne doit fermer qu'en 2016, ces travaux seront-ils réalisés ou bien cette centrale qui accumule les petits incidents continuera-t-elle de tourner encore 4 ans comme cela ? Et si ces travaux sont entrepris, alors cela conduira à un arrêt temporaire de la centrale et à un gaspillage d'argent public ... Bref, le plus logique serait de la fermer sans tarder et d'investir ces 80 M€ dans une filière de démantèlement de réacteurs nucléaires qui sera pourvoyeuse d'emplois.

30/06/2011

Dis M'sieur Cazorla, dessines moi un site SEVESO II ...

Il s'est pas démonté M'sieur Cazorla face à la rumeur qui courre dans sa ville ... Une installation SEVESO ? AZF ? Non, au contraire c'est mieux quand c'est estampillé SEVESO, c'est un gage de sécurité renforcée ...

Allez, je grossis le trait, mais pour M'sieur Cazorla un classement SEVESO ce serait un peu à l'industrie ce que le bio est à l'agriculture, un label de qualité ! Ne riez pas, je crois qu'il en est persuadé lui-même. Mais le pire, c'est qu'il en a convaincu la presque totalité de son Conseil Municipal (excepté trois dangereux écologistes qui ont voté contre).

En réalité, une installation SEVESO est un site extrêmement dangereux, même s'il ne s'agit pas d'une raffinerie ou d'une usine chimique. En Charente, des chais et des entrepôts d'alcool sont classés SEVESO et les incidents ne sont pas rares. Le risque technologique a une probabilité d'apparition non nulle, et toute la difficulté est justement de disposer des moyens de prévention et de lutte contre la survenance de tels risques majeurs.

L'un des principaux acteurs concerné par les risques industriels majeurs sur une plate-forme telle que celle de Système U, c'est le SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours). Ce sont les pompiers qui réalisent pédiodiquement des exercices, ce sont eux qui contrôlent les installations et ce sont eux encore qui interviennent quand un incident à des conséquences à l'extérieur du site, sous l'autorité du Préfet. Or, le 1er juin 2010 quand le SDIS participait à la réunion des personnes publiques associés à la révision simplifiée du PLU de Clermont l'Hérault, personne n'a évoqué le fait que la plate-forme logistique de Système U serait une installation classée pour l'environnement, et encore moins en SEVESO II ! Or, une telle installation sur Clermont l'Hérault nécessite des moyens supplémentaires en hommes et en matériels, mais aussi de la formation et la qualifation des pompiers ... On envoie pas des pompiers volontaires sur l'incendie d'un site SEVESO II (ou alors dans le monde rêvé de M'sieur Cazorla).

J'ai donc adressé une lettre recommandée au Directeur du SDIS, le Colonel Risdorfer, pour qu'il nous informe des moyens qu'il comptait mettre sur Clermont l'Hérault d'ici un ou deux ans :

Lettre au patron du SDIS

Une installation classée telle que Système U nous en promet une sur la Salamane, c'est aussi la mise en place d'un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et la diffusion auprès du public du DICRIM (Dossier d'Information Communal sur les Risques Majeurs). Et avec le label SEVESO "Seuil Bas", il faudra aussi mettre en place une Commission Locale d'Information (CLI).

Bref, les habitants de Clermont l'Hérault vont devoir s'habituer avec une nouvelle signalétique qui diffère sensiblement de celle des sentiers de randonnée ...

Matières toxiques Matières inflammables
Signal d'alerte
Téléphone Ecole Cigarette
Radio Enfermez-vous Arrivées d'air
Fin de signal d'alerte

16/03/2011

USA, URSS, Japon, ... Quand débattrons-nous enfin du nucléaire ?

Le 28 mars 1979, la centrale nucléaire de Three Mile Island (USA) rencontre des problèmes de vannes et de pompes qui conduisent à une élévation de température et de pression, puis ensuite à des rejets radioactifs dans l'eau et dans l'air suite à des opérations d'urgence.

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) connaît l'accident le plus grave jamais rencontré sur une installation nucléaire civile, et cela suite à un exercice banal dont les conséquences ont été mal gérées. Il s'est produit une fusion du coeur du réacteur avec le rejet dans l'air de fortes quantités de radionucléides (iode 131, césium 134, ...) qui ont touché les populations humaines (cancers, décès, ...), et qui ont pollué les terres agricoles de façon irréversible.

Mars 2011, ce sont les quatre réacteurs de la centrale de Fukushima (Japon) qui sont endommagés suite à un tsunami qui a inondé les installations électriques. Les mesures qui sont prises ces jours ci pour contenir la catastrophe sont ... ridicules ! Refroidir une enceinte de confinement avec un hélicoptère ou remplir la piscine à combustibles du réacteur n°4 avec un camion citerne des pompiers de Tokyo, c'est un épisode des pieds nickelés, en totale contradiction avec la confiance que les citoyens peuvent avoir dans les technologies de sureté nucléaire.

Bien évidemment, c'est vers les populations touchées par ces catastrophes que vont toutes nos compassions. Mais les reportages qui passent sur Tchernobyl montrent que 25 ans après des enfants souffrent des rejets de l'époque, que les terres sont totalement incultivables et que c'est donc un territoire tout entier qui est anéanti. Il en sera certainement de même pour le nord-est du Japon.

Et la France, avec ses 52 réacteurs nucléaires, est plus menacé que tout autre pays. Une erreur humaine ou un évènement climatique peut mettre à mal tous les automatismes et toutes les technologies de pointe. Les centrales en bord de mer sont sensibles aux inondations (cf. centrale de Blayais en 1999), et celles qui sont refroidies par l'eau des rivières sont sensibles aux forts étiages d'été ainsi qu'au gel des cours d'eau l'hiver (cf. gel de la Loire en janvier 1987 et incidents sur la centrale de St-Laurent-des-Eaux). Bref, l'édifice est d'une fragilité inouïe !

Le débat n'a jamais eu lieu, et il est temps de l'ouvrir. Les écologistes combattent depuis longtemps cette fuite en avant de nos technocrates (du corps des mines), allant même jusqu'à rallonger de 10 ans la durée de vie de centrales qui sont à bout de souffle (cf. Fessenheim). Nos voisins européens ont fait le choix de sortir de la technologie de l'atome, en même temps que nous leur vendons notre électricité nucléaire, et c'est la seule perspective à retenir pour ne jamais connaître de telles catastrophes. Sur un délai de 20 à 25 ans, la sortie du nucléaire passe d'abord par une réduction de 50% de nos dépenses énergétiques (sobriété de nos besoins + efficacité des équipements électriques). Et les énergies renouvelables doivent constituer le second volet d'un tel plan. Mettons déjà autant d'argent dans la recherche sur ces énergies renouvelables que nous en avons donné au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) pendant 40 ans !

Sans vouloir être un apôtre de l'apocalypse, ou ne serait-ce qu'un catastrophiste indécrottable, je constate que la population est touchée par ce qui se passe au Japon ces jours ci. Il y a une véritable prise de conscience et nous sortons de l'état d'hypnose dans lequel l'Etat nous avait placé depuis De Gaulle dans les années 70.