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16/03/2011

USA, URSS, Japon, ... Quand débattrons-nous enfin du nucléaire ?

Le 28 mars 1979, la centrale nucléaire de Three Mile Island (USA) rencontre des problèmes de vannes et de pompes qui conduisent à une élévation de température et de pression, puis ensuite à des rejets radioactifs dans l'eau et dans l'air suite à des opérations d'urgence.

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) connaît l'accident le plus grave jamais rencontré sur une installation nucléaire civile, et cela suite à un exercice banal dont les conséquences ont été mal gérées. Il s'est produit une fusion du coeur du réacteur avec le rejet dans l'air de fortes quantités de radionucléides (iode 131, césium 134, ...) qui ont touché les populations humaines (cancers, décès, ...), et qui ont pollué les terres agricoles de façon irréversible.

Mars 2011, ce sont les quatre réacteurs de la centrale de Fukushima (Japon) qui sont endommagés suite à un tsunami qui a inondé les installations électriques. Les mesures qui sont prises ces jours ci pour contenir la catastrophe sont ... ridicules ! Refroidir une enceinte de confinement avec un hélicoptère ou remplir la piscine à combustibles du réacteur n°4 avec un camion citerne des pompiers de Tokyo, c'est un épisode des pieds nickelés, en totale contradiction avec la confiance que les citoyens peuvent avoir dans les technologies de sureté nucléaire.

Bien évidemment, c'est vers les populations touchées par ces catastrophes que vont toutes nos compassions. Mais les reportages qui passent sur Tchernobyl montrent que 25 ans après des enfants souffrent des rejets de l'époque, que les terres sont totalement incultivables et que c'est donc un territoire tout entier qui est anéanti. Il en sera certainement de même pour le nord-est du Japon.

Et la France, avec ses 52 réacteurs nucléaires, est plus menacé que tout autre pays. Une erreur humaine ou un évènement climatique peut mettre à mal tous les automatismes et toutes les technologies de pointe. Les centrales en bord de mer sont sensibles aux inondations (cf. centrale de Blayais en 1999), et celles qui sont refroidies par l'eau des rivières sont sensibles aux forts étiages d'été ainsi qu'au gel des cours d'eau l'hiver (cf. gel de la Loire en janvier 1987 et incidents sur la centrale de St-Laurent-des-Eaux). Bref, l'édifice est d'une fragilité inouïe !

Le débat n'a jamais eu lieu, et il est temps de l'ouvrir. Les écologistes combattent depuis longtemps cette fuite en avant de nos technocrates (du corps des mines), allant même jusqu'à rallonger de 10 ans la durée de vie de centrales qui sont à bout de souffle (cf. Fessenheim). Nos voisins européens ont fait le choix de sortir de la technologie de l'atome, en même temps que nous leur vendons notre électricité nucléaire, et c'est la seule perspective à retenir pour ne jamais connaître de telles catastrophes. Sur un délai de 20 à 25 ans, la sortie du nucléaire passe d'abord par une réduction de 50% de nos dépenses énergétiques (sobriété de nos besoins + efficacité des équipements électriques). Et les énergies renouvelables doivent constituer le second volet d'un tel plan. Mettons déjà autant d'argent dans la recherche sur ces énergies renouvelables que nous en avons donné au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) pendant 40 ans !

Sans vouloir être un apôtre de l'apocalypse, ou ne serait-ce qu'un catastrophiste indécrottable, je constate que la population est touchée par ce qui se passe au Japon ces jours ci. Il y a une véritable prise de conscience et nous sortons de l'état d'hypnose dans lequel l'Etat nous avait placé depuis De Gaulle dans les années 70.

26/12/2010

Produire du gaz en France ? Une ineptie contre laquelle il faut résister dès à présent !

Le terme a fait son apparition il y a quelques mois en France, il s'agit du gaz de schiste ; de petites poches de gaz enfermées dans le sol et dont l'extraction s'avère désormais lucrative dans le contexte mondial de production d'énergies fossiles.

La technique employée est la "fracturation hydraulique", fracking en anglais. Il s'agit d'injecter dans un puit un mélange à haute pression d'eau, de sable et de produits chimiques pour y provoquer un petit séisme. Tout le long du conduit, les roches souterraines se fissurent, libérant le gaz, qui peut ensuite être acheminé vers la surface. Les conséquences néfastes sur la qualité de l'eau souterraine du fracking ont été mises en évidence dans un reportage américain de Josh Fox intitulé Gasland. On y voit, à l'occasion d'une audition de la commission d'enquête du Congrès, un industriel énumérer quelques uns des 596 produits chimiques utilisés pour le fracking : de l'acide chlorydrique pour dissoudre certaines boues, l'aldéhyde glutarique comme agent antibactérien, du persulfate d'ammonium pour diminuer la viscosité des liquides, du formaldéhyde diméthyle comme inhibiteur de corrosion, du sel de bore comme agent de réticulation, un distillat de pétrole comme réducteur de friction, l'acide citrique comme agent de neutralisation et du chlorure de potassium pour absorber l'oxygène.

Le reportage Gasland montre comment l'eau du robinet s'enflamme au contact d'une flamme de briquet :

eau_enflammee.JPG

Mais chaque forage utilise entre 4 et 28 millions de litres d'eau, un même puit pouvant être "hydrofracturé" jusqu'à 18 fois. Pour les Etats du Nouveau-Mexique, du Colorado, du Texas, du Wyoming, de l'Oklahoma, de l'Arkansas, de la Lousiane et de l'Alabama, ce sont 450.000 puits qui ont nécessité 40.000 milliards de litres d'eau !

Au printemps de cette année, Jean-Louis Borloo a attribué trois permis exclusifs de recherche de gaz de schiste à Total, à Gaz de France et au Texan Schuepbach. Dans le sud de la France, ce sont ainsi 15.000 km2 qui sont livrés aux intérêts financiers de quelques grands groupes indusriels. Plusieurs permis de prospection ont été accordés :

  • le permis de Montélimar (Drôme) pour cinq ans sur environ 4 000 km² au groupe Total, qui cimote y investir près de 40 millions d'euros ;
  • le permis de Nant (Aveyron) pour trois ans, sur une zone équivalente, au groupe américain Schuepbach Energy ;
  • le permis d'Alès (Gard) a été attribué au Suisse Mouvoil sur une zone moins étendue ;
  • trois autres permis ont été déposés dont celui de Nîmes, celui de la plaine du Languedoc et celui du Sud-Ardèche.

Carte_gaz_schiste_sud_de_france.jpg

La mobilisation démarre. Le 20 décembre dernier, des dizaines d'élus, d'associatifs et de militants sont entrés en résistance à Saint-Jean-du-Buel sur le plateau du Larzac (cf. article de Midi Libre). Un dossier complet est en ligne sur le site Web d'Europe Ecologie Les Verts du Languedoc-Roussillon.

Un tel projet, outre ses impacts sur l'eau et le fait qu'il puisse voir le jour dans notre région, est totalement contraire aux engagements du Grenelle de l'Environnement. Une fois de plus, Borloo et Sarkozy se sont moqués du monde, décrédibilisant une fois de plus l'action politique. Un comité de vigilance s'est créé contre ce projet et j'aurai encore l'occasion d'y revenir ultérieurement.

16/09/2010

Conseil Municipal de Paulhan - La téléphonie mobile entre nécessité et précaution

Ce soir, le Conseil Municipal de Paulhan avait à son ordre du jour l'approbation d'un bail avec la société Orange pour installer une antenne relais de téléphonie mobile. Nous avions déjà reçu l'an dernier les représentants de l'opérateur national pour expliquer aux conseillers municpaux les enjeux de cette installation, mais aussi pour évoquer les polémiques sur ce sujet. Nous n'avions pas été convaincus ...

Mais à l'occasion de la délibération de ce soir, et plutôt que d'imposer une position plus dogmatique que pragmatique sur la question des ondes électromagnétiques, j'ai préféré soumettre à mes collègues une motion pour évoquer les incertitudes sanitaires et donc un nécessaire principe de précaution, mais aussi pour pointer du doigt l'absence de l'Etat dans ce qui constitue un véritable service public, et enfin pour communiquer auprès de la population.

La motion a été adopté à l'unanimité. Cela témoigne d'une réelle vigilance des élus sur ces questions sanitaires, mais c'est aussi un gage de responsabilité collective.

img_motion_telephonie_mobile.JPG