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08/12/2012

Le marché européen des quotas de CO2 au bout du rouleau

Le renoncement d'Arcelor-Mital à l'appel à projets européen UCLOS est fondé sur le fait que le prix de la tonne de CO2 sur le marché des quotas européens s'est effondré. Le système communautaire d'échange de quota d'émission (Sceqe) a été ouvert en 2005 ; il permet aux entreprises qui émettent moins de CO2 que prévu de vendre ces quotas de CO2 non émis à des entreprises qui dépassent leur quota annuel.

Le premier handicap de ce système d'échange, c'est que les 27 Etats membres de l'Union Européenne sont un peu trop généreux envers les entreprises européennes. Un exemple, la France a négocié en 2010 pour que le site ARCELOR ATLANTIQUE ET LORRAINE de Florange, après avoir annoncé la prolongation de son activité au moins jusqu’en 2012, se voie attribuer 800.000 tonnes de CO2 supplémentaires par an. Évidemment, les quotas de CO2 non émis depuis que les hauts fournaux sont à l'arrêt pourront être revendus par Arcelor Mital :=(

Le second handicap est que ce système ne dépasse pas les frontières de l'Union Européenne, créant une fois de plus un frein pour le secteur industriel européen. Et c'est la négociation en cours pour intégrer le transport aérien au Sceqe qui en démontre les limites. Les compagnies aériennes américaines ou chinoises refusent de devoir payer des quota de CO2 pour compenser leurs propres émissions, et les USA comme la Chine menacent l'Europe de représailles ...

Mais la crise économique qui nous frappe depuis quelques années a conduit à une réduction des activités industrielles ... Nous produisons moins d'acier, nous raffinons moins de pétrole et nous construisons moins de voitures ! Et au final, toutes ces entreprises restent avec des quota de CO2 sur les bras, et le prix de la tonne de C02 s'effondre ... Il y a l'équivalent de presque neuf mois de quotas qui inonde ce marché !

tonne_de_CO2.jpg

La tonne de CO2 est actuellement autour de 7 euros alors qu'elle devrait tourner autour de 28 euros pour que les industriels investissent dans la sobriété carbone. Là, les entreprises bénéficient de véritables "permis de polluer" ...

Une option envisagée pour rendre de nouveau le système incitatif, c'est de permettre aux entreprises d'épargner leur excédant de quotas en les bloquant plusieurs années pour les réutiliser ultérieurement. Mais la croissance sera-t-elle de retour ? En 2016 ? En 2019 ?

Le système pourrait aussi évoluer positivement à partir de 2O13. En effet, les quotas ne seront plus alloués gratuitement aux entreprises, mais ces dernières devront les acheter aux enchères.

18/11/2012

François Hollande en Pologne pour y promouvoir l'Europe du ... 20ème siècle :=(

C'est accompagné d'une vingtaine de chefs d'entreprises que François Hollande s'est rendu en Pologne en fin de semaine. Le Président de la République a évoqué la possibilité de coopération dans les domaines de l'énergie, l'eau, l'environnement, les infrastructures, le nucléaire et le secteur militaire. Les dirigeants de TOTAL, GDF/Suez, AREVA, EDF, Eurocopter, DCN, PSA, Alsom, ...) l'accompagnaient. Souhaitant " en terminer avec un certain nombre de clichés qui ont d'ailleurs fait beaucoup de mal ", dixit F. Hollande, le Chef de l'Etat français a déclaré que " Nous avons à la fois une base solide quant à la qualité des relations humaines (...) des industries qui sont complémentaires et nous avons la même volonté de préparer l'avenir, d'assurer la transition énergétique, d'être les plus innovants en matière de nouvelles technologies, et d'avoir les meilleures infrastructures. Tout cela peut donner à notre relation la dimension que je voulais lui accorder ".

Or, la Pologne cherche à diversifier ses sources d'énergie puisque le charbon représente aujourd'hui 95% de la filière électrique, quand l'électricité française est à 75% nucléaire. Et la Pologne est avec la France l'un des pays d'Europe au plus fort potentiel théorique en gaz de schiste (sic).

Et on retrouve, dans cet extrait de son discours devant les membres des deux chambres du Parlement polonais, toute la science du compromis que sait déployer François Hollande : " Nous devons être, sur la question de l'énergie, où nous avons nos débats -- j'imagine ici les mêmes qu'en France -- sur le nucléaire, sur le gaz, et sur tant d'autres choses. Mais faisons en sorte d'aller de l'avant, ensemble, sur la transition énergétique, sur le respect de l'environnement et sur la capacité de tirer de nos ressources tout le potentiel nécessaire ".

Et avec TOTAL et AREVA dans sa suite, il y a peu de chance que François Hollande soit venu faire la promotion du photovoltaïque, de l'éolien offshore ou encore de la géothermie profonde ... Et c'est là toute l'ambiguïté de la stratégie industrielle et commerciale de la France qui ne traduit pas du tout la volonté d'ancrer les énergies renouvelables dans l'économié européenne du 21ème siècle. Car en parlant de transition énergétique, le Président Hollande pense encore et toujours "nucléaire" ...

A l'occasion d'un déplacement récent en Chine, Angela Merkel a fermement défendu l'énergie solaire et elle s'est faite la porte-parole des industriels européens qui comptent saisir la justice européenne pour un dumping déloyal. Le commissaire européen au commerce devra néanmoins ouvrir une enquête pour d'un côté faire toute la lumière sur les aides généreuses de l'Etat chinois à ses propres entreprises, et d'un autre côté pour détailler les mesures de protection qu'impose la Chine aux sociétés étrangères. Accompagnée du patron d'EADS, la Chancellière allemande en a aussi profité pour inaugurer une usine Airbus.

Dans ces deux déplacements politico-commerciaux des dirigeants français et allemand, on retrouve une France arc-boutée sur ses vieilles industries qui sont confrontées à une concurrence internationale très forte, et une Allemagne qui va de l'avant pour conquérir des marchés où ses entreprises investissent énormément en recherche et innovation ! Mais si François Hollande a longuement parlé de l'histoire de l'Europe devant le Parlement polonais, avec un volet militaire franchement affirmé, Angela Merkel promeut l'Europe de demain ... Le dynamisme économique de l'Allemagne ne tient pas qu'à la "compétitivité-prix" de ses entreprises, la "compétitivité hors-prix" y est pour beaucoup.

Les élites politiques françaises restent empreintes du discours de Villepin en 2003 à l'ONU ; " Et c’est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur ". Or, l'Europe est un acteur mondial de poids qui doit, et peut tirer vers le haut le développement durable de tous les continents ... Il faut d'urgence que d'autres politiques en soient les porteurs !

15/09/2012

Fessenheim, pourquoi attendre 2016 ?

L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) impose à EDF d'importants travaux de mise en sécurité de la centrale pour qu'elle puisse continuer à fonctionner ; le coût de ces travaux est estimé à 30 M€ par tranche, soit un total d'au moins 60 M€ pour ce site le plus ancien de France.

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D'où le dilemme ... Si la centrale de Fessenheim ne doit fermer qu'en 2016, ces travaux seront-ils réalisés ou bien cette centrale qui accumule les petits incidents continuera-t-elle de tourner encore 4 ans comme cela ? Et si ces travaux sont entrepris, alors cela conduira à un arrêt temporaire de la centrale et à un gaspillage d'argent public ... Bref, le plus logique serait de la fermer sans tarder et d'investir ces 80 M€ dans une filière de démantèlement de réacteurs nucléaires qui sera pourvoyeuse d'emplois.