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13/03/2014

Pierre Rabhi, une voix alternative en pleine campagne électorale

  Ce matin sur France Inter, ma journée a démarré en Ardèche où la matinale s'était arrêtée ; et les propos de Pierre Rabhi sur la route du bureau, ça met la tête à l'envers ;-) Ecouter Pierre Rabhi, c'est une piqûre de rappel pour la planète et pour l'espèce humaine.

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disponible jusqu’au 06/12/2016 08h20

Et quand en fin de journée on revient après le boulot dans l'arène de la campagne des municipales, les récits qui font le sel de ces élections locales demeurent bien fades à l'échelle de l'avenir de l'humanité. Mais c'est aussi un exutoire, celui de ne pas avoir le courage de Pierre Rabhi et de sa femme qui ont quitté la région parisienne en 1961 pour s'installer en Ardèche à l'époque où justement la campagne ne faisait plus rêver.

Mais est-ce un échec dans sa vie personnelle que de ne pas suivre les traces d'un Pierre Rabhi ? Non, bien évidemment, mais ce serait un échec que de rester sourd à son message. Et cela relève même du domaine de la spiritualité, c'est à dire un niveau de conscience qui donne du sens à un parcours personnel. Dans la même logique, on peut aussi être catholique ou musulman sans être prêtre ou imam, et on peut être républicain sans être député ou Président de la République.

La seule différence avec les exemples précédents, c'est qu'il y a par exemple plus d'un milliard de catholiques sur la planète, alors que les disciples d'un Pierre Rabhi ou d'autres apôtres de sa sobriété heureuse sont encore trop peu nombreux. Et un idéal ne peut-il se répandre que par les armes ?  Car l'évangélisation catholique ou la victoire de la République sur la Monarchie n'est pas advenue sans souffrances ... Et c'est le paradoxe de notre société de la connaissance, de la transmission numérique des savoirs et de l'intelligence collective dématérialisée, les idées révolutionnaires heurtent toujours les habitudes d'une minorité égoïste. Ne serait-ce que cet aveuglement français devant le vieillissement de notre parc de centrales nucléaires ; un accident de type Fukushima nous pend au nez, mais on fait comme si ...

Alors, soyons tous des colibris !

09/03/2014

Débat radio des municipales de Clermont l'Hérault : quel projet intercommunal ?

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  Le débat public et radiophonique entre les candidats aux municipales de Clermont l'Hérault est en ligne sur le site Web de Radio Pays d'Hérault et il faut prendre le temps de l'écouter.
Si la campagne électorale sur la ville de Clermont l'Hérault ne me concerne pas du tout, les prises de position vis à vis de l'intercommunalité sont par contre plus préoccupantes.

Sur la rénovation du centre ancien de la ville de Clermont l'Hérault, nous pouvons entendre que c'est la zone d'activité de la Salamane et sa fiscalité induite qui apportent les ressources financières nécessaires. Et pour le commerce en centre-ville, c'est encore la fiscalité payée par les entreprises et par les salariés de la Salamane qui est convoitée. Un seul candidat a présenté un projet intéressant sur la Salamane pour des entreprises de fabrication et de transformation de produits agricoles, et donc avec un impact significatif sur l'emploi local.

La Communauté est souvent citée pour le développement culturel de Clermont l'Hérault, le maire sortant précisant même que le transfert du théâtre à la Communauté "allège substantiellement les finances de la ville" ... L'avenir du cinéma et de la médiathèque de Clermont l'Hérault reposent là encore sur la Communauté. Mais un opposant du maire ajoute même que la Communauté devrait financer des équipements structurants pour assurer le rayonnement de Clermont l'Hérault, citant la salle G. Brassens elle-même comme bien insuffisante pour un bourg centre. La Communauté est aussi citée pour le rachat de la gare de Clermont l'Hérault, un patrimoine de Clermont l'Hérault que la SNCF aurait sinon vendu à un privé ... mais la gare de Paulhan n'a pas suscité le même intérêt de la part du maire-président :=(

Le débat dure une heure et demi, mais jamais les autres communes du Clermontais ne sont évoquées (ah si, la commune de Ceyras a été citée à propos de l'association l'ACARLET, mais le maire a expliqué que cette structure fonctionnait bien quand elle était à Clermont l'Hérault). En fait, la Communauté est surtout la vache à lait pour le développement de la ville de Clermont l'Hérault, mais cette ville ne semble pas devoir grand-chose à ses voisines du Clermontais. C'est une vision très jacobine du territoire ; je plaide moi pour un développement en réseau, chacune des 21 communes du Clermontais apportant sa plus-value à l'intérêt intercommunal et tirant en retour profit des équipements et des services intercommunaux.

Dommage que Radio Pays d'Hérault n'ait pas organisé un débat 100% intercommunal, avec par exemple des candidats à la présidence de la Communauté de communes.

08:19 Publié dans CCC, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

05/03/2014

Les collectivités locales prochainement asphyxiées financièrement ...

Deux facteurs explicites incitent le gouvernement à réduire ses dotations aux collectivités locales, c'est d'une part la baisse du déficit public et d'autre part ce fameux pacte de responsabilités qui offre quelques dizaines de milliards d'euros de cadeaux aux entreprises françaises. Et puis il se cache un facteur plus structurel, l'Etat peut pousser les collectivités à des réorganisations de leurs missions par le levier budgétaire, là où l'Etat a échoué à convaincre par la concertation.

Les Départements ne veulent pas fusionner avec les Régions ? Et bien l'Etat va leur serrer le kiki jusqu'à ce que l'évidence budgétaire s'impose aux réticences partisanes. Les communes ne veulent pas fusionner pour créer des communes nouvelles ? Même pression budgétaire, quand la dotation sera réduite à peau de chagrin alors les toutes petites communes viendront frapper à la porte des plus grandes. Les communes ne veulent pas transférer ou mutualiser des compétences avec leur EPCI, et bien l'Etat va orienter ses dotations vers ces EPCI afin d'obliger les communes à rentrer dans le rang. Eh oui, l'argent est le nerf de la guerre !

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  Marylise Lebranchu a confirmé ces jours-ci dans la presse que son gouvernement ne s'arrêtera pas aux 4,5 milliards de baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) sur 2014 et 2015. Dix autres milliards seraient à prélever sur ces dotations aux collectivités locales d'ici la fin du quinquennat de François Hollande.

Un pacte de responsabilité en début d'année avec le patronat et les syndicats de salariés, un programme de stabilité en préparation pour le mois d'avril à Matignon et les élus locaux seront donc fixés après les municipales sur leur sort. Car le gouvernement ne se contenterait pas que de la DGF, il réfléchit aussi au fonds de compensation de la TVA (FCTVA) qui permet aux collectivités de se faire rembourser une partie de la TVA sur leurs investissements. Il réfléchit aussi au fonds de compensation de dégrèvements d'impôts ; l'Etat compense en effet le manque à gagner par les collectivités quand l'Etat décide des exonérations, des abattements ou des dégrèvements sur la fiscalité locale. Ci-dessous la répartition exacte des transferts de l'Etat vers les collectivités locales :

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Mais le pavé que la ministre Lebranchu a jeté dans la mare des collectivités locales, c'est l'augmentation de 3 milliards d'euros chaque année de leurs dépenses. Ecrit comme ça, tout seul sur une page blanche, ça fait effectivement un très gros chiffre. Mais mis à côté des dépenses totales de fonctionnement et d'investissement des Régions, des Départements, des Communes, de leur EPCI et de leurs syndicats mixtes, ça relativise pas mal ... Ce qu'on appelle les administrations publiques locales (APUL) ont dépensé 157,6 Md€ pour leur fonctionnement en 2012 et 68,2 Md€ d'investissement. Ces 3 Md€ d'augmentation annuelle est donc à juxtaposer avec une dépense totale annuelle de 226 Md€ ! C'est à dire +1,32 % d'augmentation annuelle ... et avec un taux d'inflation en 2013 qui a été de +0,9%. Sans oublier que l'Etat transfère aussi, ou plutôt abandonne aux collectivités locales des missions en matière d'éducation (cf. activités périscolaires en marge de la réforme des rythmes scolaires), d'environnement (gestion des milieux aquatiques, traitement des déchets, corridors écologiques, ...), de santé (maisons médicales de garde, contrats locaux de santé, ...), de sécurité (CLSPD/CISPD, police municipale, justice de proximité, ...), etc.

En passant, il faut lire le rapport annuel de l'Observatoire des Finances Locales (OFL) ; le rapport de l'année 2013 apporte des éléments d'information très précieux pour appréhender tous ces mécanismes par lesquels nos dirigeants font passer des dosettes d'une réforme générale de plus long terme.

Quant à faire des économies de fonctionnement, il y a effectivement des nécessités conjoncturelles et des pistes à explorer ; la mutualisation est en effet à généraliser.