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01/12/2013

Congrès fédéral d'EELV à Caen, le parti de l'écologie politique reste dans la coulisse du système

C'est peut-être le destin de tous les partis dont les cadres sont au gouvernement, c'est à dire de rester en coulisse, ne pas porter trop haut des contestations légitimes et penser l'avenir avec la grille de lecture du Président de la République. Le Parti Socialiste d'Harlem Désir joue très bien cette partition, mais c'est assez naturel puisque tous ses cadres sont au gouvernement, et avec eux la pluralité des courants du PS. Mais pour Europe Ecologie Les Verts, il n'en va pas de même.

Un exemple, le Parti Socialiste et le Président de la République espèrent plus que tout le retour de la croissance, c'est à dire un PIB qui croît de quelques points par an, alors qu'en même temps les écologistes veulent inverser la tendance au réchauffement climatique de la planète. Or, on sait que la croissance du PIB est fortement couplée avec l'augmentation des dépenses énergétiques, et donc celle des gaz à effet de serre. Ces deux aspirations de long terme sont totalement antinomiques, mais il se trouve des écologistes pour partager avec les socialistes une vision politique de très court terme.

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Alors que dit le Congrès fédéral d'EELV à Caen ? La motion majoritaire qui compte parmi ses signataires les deux ministres et la presque totalité des parlementaires EELV fait 51,1%. Une autre motion qui aspire à une réelle autonomie du parti vis à vis de ses élus réalise 33,73% des suffrages des 600 délégués. Enfin, la motion portée par Eva Joly et qui porte un message plus radicalisé à gauche fait 7,5%. Et c'est important de le noter parce que les votes blancs constituent des votes exprimés à EELV, 7,66% des délégués ont voté blanc. Le parti EELV sort de ce week-end scindé en deux ; ceux qui soutiennent les élus qui participent aux majorités de gauche pour faire avancer l'écologie dans les politiques publiques, et ceux qui veulent rompre avec le cap fixé par François Hollande et que le parti EELV a adopté.

L'écologie politique incarnée par EELV s'inscrit désormais dans le paysage des partis de gouvernement, ces partis qui s'accommodent du système pour alterner démocratiquement au pouvoir. Et si encore par le passé la gauche et la droite se caractérisaient par des projets très différents, plus social pour la gauche et plus économique pour la droite, les 18 premiers mois du quinquennat de François Hollande sèment le trouble .... Et dans cette confusion des genres où tous les pouvoirs politiques ne semblent plus agir que conformément aux directives des banques centrales, EELV rate l'occasion de faire entendre son projet si singulier.

Je répète de nouveau ces trois dogmes qui nous asphyxient : le productivisme, par lequel les ressources naturelles de la planète sont exploitées sans limite pour créer de l'activité économique, le matérialisme qui transforme nos cerveaux en récepteurs de publicités vantant l'esthétique de produits commerciaux (l'émotion se substitue à la fonction), et le consumérisme qui est la première addiction sur Terre. L'exemple des pays en voie de développement est remarquable, les nouvelles classes moyennes s'empressent de vivre comme dans les pays développés. Mais ce sont des centaines de millions de personnes qui vont consommer de plus en plus et donc nécessiter de produire de plus en plus ...

Tout le monde sait que ce modèle n'est plus viable et que les populations autour de la Terre devront lutter de plus en plus pour avoir de l'eau, pour se nourrir, pour se soigner, pour se déplacer sans risque, etc. Nous, occidentaux, regardons cet horizon funeste avec beaucoup de recul ; les bouleversements qui touchent les populations d'Afrique, d'Amérique du Sud, d'Asie ou de l'océan Indien ne sont encore que des nouvelles du journal télévisé, très loin de nos petits eldorados. Mais en France aussi le modèle atteint ses limites, avec un écart croissant entre les plus pauvres et les plus riches, avec un chômage de masse qui ne baissera jamais si nous conservons la même trajectoire socio-économique. Et ce n'est pas aujourd'hui de l'Europe que l'optimisme pourrait revenir !

Il n'y a que deux issues possibles face à la finitude de notre biosphère et à l'accroissement de la population mondiale : le chacun pour soi ou une répartition équitable. En gros, on continue dans le système actuel ou on change de système ; et cela peut se décider à l'échelle locale, nationale ou internationale. A côté de cet enjeu, les agitations actuelles de nos politiques sont dérisoires ; elles semblent être la respiration normale d'une démocratie moderne, mais elles sont plutôt une comédie pour nous divertir, pour nous écarter des débats fondamentaux.

23/11/2013

Conférence sur le climat de Varsovie, le fiasco !

Ce qui est en jeu dans ce cycle de conférences des Nations Unies sur le changement climatique, c'est que des négociations multilatérales aboutissent à un accord qui doit être adopté lors de la Conférence de Paris en 2015, les termes de cet accord entrant en vigueur en 2020. La Conférence de Varsovie s'est ouverte le 11 novembre en présence de délégations de plus de 190 pays, et elle doit s'achever ce week-end. Mais jeudi 21 novembre, de grandes organisations non-gouvernementales (ONG) environnementales telles que Greenpeace, le WWF, Oxfam, les Amis de la Terre Europe, ... ont décidé de quitter la table des négociations car elles ne débouchent sur rien.

Cette Conférence avait déjà mal démarré, car se tient en même temps à Varsovie le sommet international du charbon ...

Greenpeace_Varsovie_Nov_2013.jpg

Mais ce qui bloque réellement ces négociations, c'est le clivage entre les pays occidentaux (Europe, Japon, Australie, Amérique du Nord, ...) et le reste du monde. Il est rétorqué aux pays occidentaux que le réchauffement climatique actuel est du à leurs activités économiques (industrie, transports, consommation, ...), et qu'ils doivent donc faire plus d'efforts que tous les autres pays du monde. En même temps, les pays émergents réclament un traitement de faveur afin de leur permettre d'élever le niveau de vie de leurs populations. Or, dans la compétition économique mondiale, une contrainte environnementale appliquée aux uns et pas aux autres fausserait la concurrence. Et les deux pays les plus accrocheurs dans ce bras de fer sont les USA et la Chine !

Le Rapport Meadows publié en 1972 pour le Club de Rome ainsi que les rapports du GIEC alertent en vain sur le réchauffement du climat de notre planète ; c'est la trajectoire pessimiste de +4°C qui se réalise aujourd'hui alors que la cible ne devrait pas dépasser +2°C !

Or, la croissance du PIB, ce si précieux indicateur de l'activité économique, est directement corrélé avec la consommation d'énergie. De nombreuses études le démontrent, sur un temps très long comme dans les dernières décennies, énergie et économie sont dépendantes l'une de l'autre. Mais consommer de l'énergie "pas chère", cela signifie émettre des gaz à effet de serre et donc contribuer au changement climatique. Et là où ça devient pervers, c'est que le changement climatique va coûter des points de croissance à un paquet de pays dans le monde ; et plus particulièrement les pays pauvres dont les économies sont très sensibles aux aléas climatiques ...

OCDE_croissance_PIB_energie_GES.jpg

Pour les Chinois, les USA doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et par conséquent freiner leur activité économique, tout en finançant les pays pauvres pour qu'ils puissent se développer sans trop polluer ni émettre de gaz à effet de serre. Mais pour les USA en revanche, pas question d'attribuer des faveurs économiques ou financières à des pays comme la Chine. Une aide de 100 milliards par an est prévue d'être attribuée aux pays du Sud afin de faire face aux conséquences locales du changement climatique, mais les règles du jeu restent encore à approuver.

La France qui reçoit la Conférence sur le climat en 2015 à Paris essaie de peser le plus possible pour que celle de Varsovie ne vienne pas s'ajouter à la longue liste des grandes conférences internationales inutiles. Et le Président Hollande devra tout faire pour que cette Conférence à Paris en 2015 ne soit pas perçue par les Français comme une nième reculade vis à vis de ses promesses de la campagne de 2012.

21/11/2013

Europe Ecologie Les Verts : le soutien au gouvernement divise !

Ils ont pourtant signé la même motion d'orientation stratégique pour le Congrès d'Europe Ecologie Les Verts, à savoir "Pour un Cap Ecologiste" la motion qui est arrivée en tête samedi dernier avec 36% des suffrages, mais ils viennent quelques jours après de diverger sur le projet de loi de finance pour 2014. A l'Assemblée Nationale, le député EELV Eric Alauzet a défendu le PLF2014 en ponctuant son intervention par quelques satisfécits sur la future réforme fiscale présentée par le Premier Ministre, sur la fiscalité écologique ou encore sur la TVA réduite pour le logement social. Au Sénat, c'est le Président du groupe écologiste Jean-Vincent Placé qui a expliqué les motifs qui conduisent les sénateurs écologistes à ne pas voter le volet recettes du PLF2014. Dans ses explications : une austérité de gauche qui atrophie les recettes fiscales, le crédit d'impôt compétitivité-emploi attribué sans condition, une économie sociale-libérale obsolète et dangereuse. 

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Cette divergence entre députés et sénateurs écologistes, tout au moins celle des orateurs au nom de leur groupe politique, fait écho au débat qui traverse actuellement le parti EELV. Le premier tour du Congrès national s'est déroulé dans chaque région le 16 novembre dernier, sept motions d'orientation étant soumises au vote des adhérents, et c'est à Caen le 30 novembre prochain que se jouera le second tour. Entre temps, les tractations vont bon train pour constituer des alliances et faire émerger un rassemblement majoritaire au Conseil Fédéral d'Europe Ecologie Les Verts.

Les deux logiques qui s'affrontent sont d'une part "que quand un convoi va dans le mur, c'est dans la cabine de pilotage qu'est la meilleure place pour changer de trajectoire", et d'autre part "que c'est le système qui nous assène qu'un convoi va droit dans le mur qu'il faut remplacer". Soit nous changeons de système, soit nous restons dans le système ; mais en sachant aussi que ceux qui sont bien installés dans ce système n'ont pas vraiment envie d'en changer ...

Or, ce qui a toujours caractérisé l'évolution de l'être humain depuis la préhistoire, c'est l'amélioration continue de la qualité de vie. Aujourd'hui, cet axe de progrès collectif est occulté au profit de la sainte croissance économique qui ne profite qu'à quelques-uns. Alors des murs, toutes les populations de la terre en rencontrent sans cesse, et les politiques publiques consuméristes culpabilisent ces populations que ces murs attirent inlassablement. De la santé publique à l'emploi en passant par le logement et la pollution, ceux qui se plaignent sont forcément responsables ; il faut donc qu'ils fassent des efforts !

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"Le changement c'est maintenant", voilà certainement le slogan qui rend aujourd'hui le Président Hollande et son gouvernement aussi impopulaires. Car si l'Etat n'est pas à un ou deux ans près, il y a des millions de Français qui peuvent voir leur vie basculer en un an ou deux. Idem pour notre environnement qui fera payer aux générations futures les gaspillages, les destructions et les pollutions que nous générons.

Afin de poursuivre cette réflexion, je vous invite à consulter le dossier du site Reporterre intitulé "Le débat de l'écologie politique", et sa série d'interviews "A quoi EELV sert-il ?". Avec Paul Ariès, Jean-Claude Guillebaud, etc.  

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