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09/04/2014

Le nouvel exécutif du Clermontais sera élu mardi 15 avril à Paulhan.

C'est le mardi 15 avril à partir de 18h dans la salle des fêtes de Paulhan que se tiendra le premier conseil communautaire de ce nouveau mandat 2014-2020, et à l'ordre du jour l'élection de l'exécutif (présidentE et vice-présidentEs). Les 51 conseillers communautaires sont désormais tous connus (cf. tableau), avec la moitié de nouveaux et seulement 16 femmes (31%).

Pour remplacer Alain Cazorla à la tête de l'exécutif intercommunal, nous sommes trois candidats. Je viens en effet de porter à mes 50 collègues une lettre où j'explique les raisons de ma candidature. Les deux autres candidats sont le maire de Clermont l'Hérault, Salvador Ruiz, et le maire de Ceyras et ancien 1er vice-président aux finances, Jean-Claude Lacroix. Une réunion des maires du Clermontais s'est tenue en début de semaine, histoire d'évoquer les candidatures entre pairs. Or, la loi a changé la donne et les conseillers communautaires ne représentent plus des communes mais des citoyens ; et un conseiller comme moi représente 599 électeurs quand par exemple Yvan Poncé à Clermont l'Hérault en représente 1 269. Il est donc essentiel que l'assemblée communautaire prenne toute sa place dans le processus décisionnel et que nous sortions du cercle trop fermé des maires. Et le conseiller Laurent Dupont est légitime à revendiquer les mêmes mandats que ses collègues maires.

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Cette élection et ce mandat s'inscrivent dans le cadre de la transformation territoriale évoquée hier au Parlement par le 1er ministre : division par deux du nombre de régions, suppression des départements, modification de la carte intercommunale, baisse de 10 milliards d'euros des dotations de l'Etat aux collectivités locales d'ici 2017, etc. Les intercommunalités sont au coeur de cette réforme, elles vont récupérer des compétences à la fois des communes (par exemple les Plans locaux d'urbanisme) et des départements (action sociale, culture, environnement, ...). C'est donc plutôt à une révolution qu'il faut se préparer, et pour cela il faudra faire les bons choix aux bons moments.

Je n'oublie pas l'élection des vice-présidentEs dont le nombre est limité à 30% de l'effectif communautaire, sans dépasser le plafond de 15. Ils étaient 8 lors du mandat précédent : Jean-Claude Lacroix aux finances et au personnel, Jean-Noël Satger à l'environnement et à l'agenda 21, Francis Gairaud aux travaux, François Lieb au développement économique, Bernard Coste au sport, Gérald Valentini au tourisme, Olivier Brun à la petite enfance et à la jeunesse, et Bernard Foulquier-Gazagne à la prospective territoriale. Personnellement, j'estime que le rôle des vice-présidents a été totalement dévalorisé dans le précédent mandat, caricaturé dans leur rôle de lecteurs atones de rapports que tous les conseillers avaient déjà sous les yeux depuis plusieurs jours. Au vu des chantiers qui attendent l'intercommunalité, il sera urgent de constituer un exécutif plus opérationnel sur les thématiques économiques (tourisme, agriculture, commerce, artisanat, industrie), mais aussi sur l'urbanisme et le logement.

Car le risque est grand de laisser les fonctionnaires décider seuls des politiques publiques mises en oeuvre. En effet, nous avons dans nos communes, dans les intercommunalités et dans les syndicats mixtes des fonctionnaires territoriaux très compétents, mais aussi très investis dans leurs missions. La facilité serait donc de les laisser faire ... Mais les dossiers deviennent de plus en plus complexes et ils exigent un engagement politique affirmé. Or, ceux qui rendent des comptes à l'issue de leur mandat, ce sont bien les élus, mais qui ne doivent pas pour autant devenir des experts !

22:53 Publié dans CCC, Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

03/04/2014

La démocratie municipale, une réalité républicaine.

Démocratiquement éliminés du premier tour des municipales le 23 mars, puis démocratiquement installés dans la minorité municipale le 28 mars, je dois dire que dès l'annonce des résultats de l'élection j'ai assimilé notre nouvelle position au sein de l'équipe municipale. Si notre défaite a été une surprise, je m'y étais préparé tout ce dimanche 23 mars ; les électeurs n'avaient pas à notre égard l'attention habituelle, la participation n'était pas exceptionnelle et les cent premières enveloppes dépouillées peu après 18h ont anéanti tout espoir de repartir pour un nouveau mandat dans la majorité.

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C'est évidemment une frustration que de ne pas pouvoir réaliser nos projets, et nous n'en manquions pas ; par exemple sur l'urbanisme dont j'avais la délégation. Mais la démocratie municipale offre une compensation, celle de distinguer le projet de mandat de l'intérêt général de la commune.

Au sein du Conseil municipal, notre groupe compte quatre conseillers municipaux ; le groupe majoritaire en compte vingt et un, et la troisième liste en a deux. Dans ce nouveau contexte, la majorité a une obligation démocratique, celle de réaliser le projet pour lequel elle a été élue. Et contrairement à ce que j'entends ici et là, il n'est pas possible de dire pendant des semaines de campagne électorale qu'une liste a des capacités en son sein, qu'elle donnera de l'énergie une fois élue et qu'elle mettra en oeuvre toutes les propositions faites aux citoyens, et puis venir demander à ceux qui ont été battus de travailler avec eux. Oui, notre équipe compte trois conseillers sortants sur quatre, dont un maire-adjoint sortant. Oui, notre expérience de 6 ans de mandat est un facteur de réussite pour gérer une mairie. Oui, nous avons des compétences exploitables pour des missions municipales. Mais les électeurs ne nous ont pas choisi, ils ont choisi les candidats qui composent aujourd'hui le groupe majoritaire.

Néanmoins, je ne résume pas cet exercice démocratique à une majorité et à une minorité qui s'opposent systématiquement. Oui, sur moults projets de l'équipe majoritaire que nous avons combattus pendant la campagne, il n'est pas possible de les soutenir aujourd'hui. Echanger deux hectares de terrains municipaux en zone urbaine contre une cave coopérative pour en faire un équipement culturel ? Non. Agrandir la bibliothèque à l'étage alors que nous proposions de la déplacer pour en faire une médiathèque ? Non. Rendre aux halles des produits régionaux sa vocation commerciale (avec des petits commerces en rez-de-chaussée) contre l'avis de la CCI de Montpellier ? Non. Créer une association appelée Office Municipal des Sports pour gérer les équipements sportifs de la commune vis à vis des clubs et des associations ? Non. Ces projets, et d'autres, présentés pendant la campagne seront peut-être votés par le Conseil municipal, mais nous ne les voterons pas.

Par contre, il y a toutes les actions qui relèvent de l'intérêt général de la commune et auxquelles nous participerons. Un exemple, le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) qui va nécessiter un exercice de simulation pour les nouveaux élus ; nous y participerons avec motivation, car le jour où il y aura vraiment une catastrophe alors il vaudrait mieux que chacun collabore efficacement aux actions de mise en sécurité. Il en va de même pour les incivilités et pour les dégradations commises sur les biens, nous serons autour de la table et sur le terrain avec la municipalité pour que la vie dans le village reste agréable à tous. Ensuite, pour tous les dossiers qui nous seront présentés en commission municipale, sur les finances, sur le sport, sur la culture, sur l'urbanisme, sur l'environnement, ... nous apporterons des contributions, nous ferons des commentaires et nous prendrons en compte l'intérêt supérieur du village pour justifier nos positions.

Et puis un groupe minoritaire est aussi là pour assurer une forme de vigilance démocratique. Il est sain que le pouvoir en place soit contrôlé, c'est même pour lui une forme d'assurance. Car quelle reconnaissance pour l'équipe aux commandes d'une mairie que sa minorité au Conseil municipal lui accorde son satisfecit ! En tous cas, c'est notre philosophie : contribuer aux débats en commission, servir l'intérêt général de la commune et veiller à la bonne gouvernance de la municipalité. C'est cet état d'esprit qui prédomine de part et d'autre, quelques jours après la mise en place des nouveaux élus, et souhaitons tous que cela dure le plus longtemps possible.

Je n'oublie pas l'alternance qui est un autre bénéfice de la démocratie ; il est sain là aussi de passer la main et de revenir sur les fondamentaux. Notre échec a été de ne plus sentir la respiration du village, trop pris par les dossiers, trop persuadés que nos choix étaient les meilleurs et trompés aussi par une relation aux citoyens où la politesse occulte souvent les ressentiments. Il faut profiter d'une cure d'opposition pour reprendre le vrai contact ; et de ne plus être aux affaires nous en laisse le temps. Car c'est le temps qui manque quand l'exercice de mandats et de délégations multiples nous éloigne des exigences de nos voisins, de nos amis et de nos concitoyens.

Enfin, j'ai une activité politique qui me donnera d'autres défis à relever. Il y a déjà les européennes le 25 mai, les sénatoriales en septembre de cette année, et puis les cantonales et les régionales en mars 2015 (dans moins d'un an). Autant d'occasions pour exprimer des idées, pour défendre des projets politiques et finalement faire en sorte que nos enfants aient encore demain une planète pour y vivre aussi bien que nous aujourd'hui.

01/04/2014

Les écologistes d'EELV se libèrent de l'errance socialiste

Sur la forme, le départ des écologistes du gouvernement est complètement raté. La secrétaire nationale expliquait encore dimanche soir sur les plateaux de télévision, en écho à d'autres parlementaires écologistes, que ce n'est qu'au gouvernement que l'on peut faire avancer les dossiers. Et de stigmatiser l'attitude de Mélenchon jugée stérile ...

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Or, de Conseil fédéral en Conseil fédéral, la grogne des militants écologistes a fini par alarmer Cécile Duflot ; elle veille au grain. En effet, pourquoi renoncer à être n°2 du gouvernement à la tête d'un grand ministère sur l'environnement, l'énergie, les transports et le logement ? Faut relire le corbeau et le renard. Car en quoi dire oui à Manuel Valls est si différent aujourd'hui que dire oui à Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012 ? En dehors du Grenelle de l'Environnement, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont-ils vraiment marqué cette période par des décisions historiques ? Et quand ils veulent s'y aventurer, les ministres de l'Environnement se heurtent à des lobbies très efficaces. N'est-ce pas mesdames Bricq et Batho ?

Si l'accord signé fin 2011 entre le PS et EELV semblait engageant, force est de constater que le soutien du PS aux attentes écologistes est plutôt mou. Mais il n'y a pas que les centrales nucléaires, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les OGM, les gaz de schiste, la fiscalité environnementale, les énergies renouvelables, les transports, l'isolation du parc de logements anciens, l'agriculture, ... qui sont quelques-unes des thématiques qui sont chères aux écologistes, il y a aussi le virage social-libéral du PS. Très sincèrement, qui peut voir aujourd'hui une différence entre la France de Hollande et celle de Sarkozy ? Et que ce soit sur l'Europe comme sur le dépeçage de notre modèle social sur l'autel de la rigueur budgétaire.

Le choix de Manuel Valls comme Premier ministre n'a qu'un seul objectif : remporter la présidentielle de 2017. Avec Manuel Valls, l'espace laissé à l'UMP et à l'UDI va s'amenuiser, coincés entre le PS au centre (proximité socio-économique) et le FN sur leur droite (proximité sociétale). Les socialistes misent sur le fait que le reste de la gauche, dispersée, votera PS au second tour de la présidentielle de 2017 ...

Mais le choix de François Hollande pour l'aggravation de son inflexion à droite libère les écologistes de leur solidarité gouvernementale. C'est un peu comme quand une cordée décroche, il faut couper le lien pour ne pas dégringoler avec le groupe. A Grenoble, le scrutin des municipales a montré la voie à suivre.

Désormais, les écologistes vont enfin pouvoir se concentrer sur leurs projets. Les européennes du 25 mai constituent d'ailleurs le premier jalon de cette phase d'émancipation. En 2009, les écologistes faisaient 16,28% des voix, contre 16,48% pour le PS et 27,88% pour l'UMP. Le FN était à 6,34%.  Les derniers sondages pour le scrutin de 2014 donnent 10% aux écologistes, contre 19% au PS et 24% à l'UMP ; mais le FN est donné à 22% ! Europe Ecologie Les Verts a moins de 8 semaines pour parler d'Europe, pour aborder le catastrophique traité de libre-échange transatlantique (Transatlantic free trade area - TAFTA) auquel le gouvernement de Manuel Valls ne fera jamais obstacle.

Car l'essentiel ce n'est pas d'être, mais de faire. Et être ministre sans faire d'écologie politique, c'était quand même le comble. Là, nous pourrons être écologistes et faire un vrai travail de terrain, surtout localement.

23:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)